Hath – Of Rot and Ruin

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Style: Death Metal ProgressifAnnee de sortie: 2019Label: Willowtip Records

Un peu trompeuse cette (jolie par ailleurs) pochette… Je ne sais pas pour vous mais de mon côté je m’attendais à ce qu’Hath oeuvre dans le black metal ou dans un funeral doom bien plombé… Or on n’est pas dans ce registre, puisque Hath s’adonne plutôt à un bon gros metal de la mort qui tape fort. Point d’old-school, on se situe avec ces 4 américains, dans une frange death progressive moderne qui peut rappeler Black Crown Initiate ou In Vain. Mais Hath est à la fois plus bourrin que les deux, n’a pas les rythmiques quasi djent qu’arbore parfois le premier, et se montre beaucoup plus technique et complexe que le deuxième ce qui les positionne sur un créneau un peu différent, finalement plus proche d’un Slugdge, les anglais étant certainement au final le groupe dont se rapproche le plus Hath notamment du fait de cette approche légèrement blackened qu’on retrouve chez les deux (le final bien noir et jouissif de « Rituals » par exemple). La comparaison est d’autant plus pertinente que l’on retrouve ponctuellement des similitudes vocales entre les deux chanteurs, lorsque le chant majoritairement hurlé en bonne grosse voix death typique se mue en chant nasillard et éraillé comme l’on sait si bien le faire chez Slugdge, Black Crown Initiate, ou encore Cattle Decapitation.

On peut aussi parfois penser à Fallujah, sur certaines sonorités guitaristiques (comme ce lumineux solo sur « Currents »), mais la comparaison ne tient pas sur la totalité de l’album. Car à différents endroits c’est l’ombre d’Opeth qui plane, et si les suédois apparaissent nettement comme une influence majeure pour Hath, c’est bien le Opeth duquel il n’est plus question aujourd’hui, c’est-à-dire celui qui ne s’était pas encore fourvoyé dans un virage prog 70’s d’abord sympathique puis au final juste pénible qui fait amèrement regretter les « anciens albums » des suédois. Sur « Worlds Within » d’abord, c’est cette juxtaposition de guitares acoustiques et électriques à mi-morceau avant que le gros son qui tâche reprenne ses droits, puis sur la totalité de l’interlude « Kindling » qui rappellent l’époque (bénie) Deliverance/Damnation des suédois. Mais c’est aussi et surtout sur le conclusif « Progeny » qu’on jurerait entendre un morceau échappé de Ghost Reveries notamment du fait de cette rythmique très réminiscente de la bande à Akerfeldt. Et ça fait un bien fou de voir les américains reprendre à leur compte un style malheureusement délaissé par ses géniteurs, surtout quand c’est fait avec autant de talent.

En 54 minutes, les américains assimilent et digèrent fantastiquement bien ces différentes influences pour accoucher de 8 titres très réussis (+ un interlude donc, qui s’enchaîne d’ailleurs parfaitement bien avec le très furibard « Accursed », en écoute ci-dessous), sans fausse note et avec ce qu’il faut d’accroches et de passages intéressants sans jamais se perdre dans des circonvolutions technico-techniques pénibles, avec pourtant des titres dépassant allègrement les 6-7 minutes. On pourra toujours objecter que les influences du groupe restent encore bien visibles (enfin audibles), et que l’originalité n’est donc clairement pas le fort de Hath, mais l’album est tellement bien foutu et passionnant de bout en bout qu’on ne trouve pas à redire pour le moment et qu’on se contente de prendre son pied… Une des claques de l’année, pas moins, que les amateurs des groupes cités dans cette chronique devraient forcément apprécier à sa juste valeur…

Tracklist :
01 – Usurpation
02 – Currents
03 – Rituals
04 – To Atone
05 – Withered
06 – Worlds Within
07 – kindling
08 – Accursed
09 – Progeny

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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