KoRn – The Nothing

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Style: Néo Metal (ouais)Annee de sortie: 2019Label: Roadrunner RecordsProducteur: Nick Raskulinecz

On parlait de cette tendance récente (qui nous réjouit dans l’absolu) à une quasi réhabilitation du néo-métal dans notre chronique du dernier album de Slipknot. Comme pour appuyer ce constat, et nous donner raison, on est cette fois plutôt franchement énervé de voir la toile s’enflammer dans un quasi consensus pour le nouvel album de KoRn. « Le meilleur depuis Issues », « le retour du VRAI néo-métal », et j’en passe et des meilleures… Du grand n’importe quoi en mode XXL.

Beaucoup semblent surtout redécouvrir les californiens, après des années de bouderie où le groupe était devenu paraît-il infréquentable… Alors qu’il est toujours resté intéressant (avec quelques passages à vide certes), et parler de ce nouvel album comme du meilleur de KoRn depuis longtemps, c’est oublier les très bons albums que KoRn a sortis à la pelle, inlassablement. On parle d’Untouchables? de Take a Look in the Mirror? See you on the Other Side? The Path of Totality (si si)?

Alors attention à ne pas mal interpréter les propos de cette chronique : le nouvel album de KoRn est effectivement plutôt correct voire parfois bon. On y trouve quelques bonnes pépites dont le groupe a le secret, comme « Cold » et « You’ll Never Find Me », agressifs, et aux refrains franchement réussis.

Mais… on a honnêtement du mal à trouver honnêtes certains effets de manche qui témoignent d’une volonté à notre avis un peu forcée, de renouer avec le passé ou d’essayer de nous vendre le KoRn des débuts. La cornemuse en ouverture (titre introductif totalement inutile par ailleurs, on est très loin de l’utilisation de cet instrument sur le monstrueux « Shoots & Ladders ») : check. Les gémissements et pleurnicheries de Davis, rapport cette fois à son (EX) femme décédée récemment d’une overdose sur l’ouverture de l’album encore : check. Le retour de la guitare criarde et dissonante de Life is Peachy sur « The Darkness is Revealing » : check. Une tentative de retrouver le groove dansant d’un « Got the Life » sur « Idiosyncrasy » : check. Ca fait un peu beaucoup pour être parfaitement honnête, surtout que rien n’est aussi réussi dans ces exercices que les références justement mentionnées avec ici des refrains qui tombent parfois un peu à plat, car trop faciles ou pas très intéressants (« Idiosyncrasy » par exemple ou « The Ringmaster » et « H@rder » franchement casse-couilles).

Ah oui, vous lirez aussi que Davis n’a jamais aussi bien chanté. Ah bon. A notre avis il chante tout simplement toujours aussi bien, et l’on serait bien en peine d’expliquer en quoi il chanterait ici mieux que sur un Untouchables (album sorti il y a plus de 20 ans, on dit ça comme ça hein) par exemple.

KoRn semble être redevenu un groupe fréquentable. On ne peut que s’en réjouir tant on n’a jamais fait partie de ceux qui tiraient dessus à boulets rouges. Cela ne nous empêchera pas de prendre ce nouvel album pour ce qu’il est simplement : un bon album, mais pas du tout (du tout) un excellent album ou le meilleur de KoRn depuis ce que vous voulez (ah si, depuis le précédent oui, précédent album qui est d’ailleurs un poil meilleur que ce nouvel album à notre avis). Et pour être francs, on préfère largement quand KoRn essaye d’explorer de nouvelles voies, tente des choses, au lieu d’essayer de nous resservir de la nostalgie ou des gimmicks usés et forcés pour tenter de raviver un passé glorieux qui n’a nullement besoin de ça. Car force est de constater que KoRn nous a déjà fait le coup du soi-disant retour aux sources et a échoué dans cette entreprise, avec III – Remember Who You Are, qui restera probablement au final comme le moins bon album du groupe.

Bref : vous n’avez pas écouté KoRn depuis Issues, Untouchables ou Take a Look in the Mirror? Bonne nouvelle, vous avez un paquet de bons albums à découvrir, et vous pourrez ainsi constater que The Nothing n’est (malheureusement) qu’un album correct pour un groupe qui a toujours été plus que respectable fort d’une personnalité dont peu de groupes peuvent se targuer…

Tracklist :

1. The End Begins
2. Cold
3. You’ll Never Find Me
4. The Darkness is Revealing
5. Idiosyncrasy
6. The Seduction of Indulgence
7. Finally Free
8. Can You Hear Me
9. The Ringmaster
10. Gravity of Discomfort
11. H@rd3r
12. This Loss
13. Surrender to Failure

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 901 articles sur Eklektik.

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