Dark Fortress – Spectres from the Old World

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Style: Black Dark Metal mélodiqueAnnee de sortie: 2020Label: Century Media

Nous étions déjà plusieurs à avoir succombé en 2014 devant le précédent album des allemands de Dark Fortress. Le groupe a pris son temps pour revenir, peut-être que l’actualité assez chargée d’Alkaloid (le super groupe dans lequel est impliqué le chanteur de Dark Fortress Morean) y est pour quelque chose, en tout cas bien lui a pris de se donner le temps nécessaire pour ne pas décevoir après un Venereal Dawn qui allait théoriquement être difficile à surpasser.

Paré d’une très jolie pochette annonçant une ambiance plutôt glaciale, ce nouvel album constitue encore un met de choix pour tous les amateurs de black metal mélodique. Car le groupe n’a presque rien changé de son approche mélodico-prog du black metal et tant mieux! On notera quand même une volonté de se faire un peu plus direct que sur le précédent album qui s’ouvrait sur une pièce de 11 minutes. Pas de ça ici, Spectres rentre dans le vif du sujet sans se faire attendre, après une très courte intro (« Nascence ») qui déboule sur « Coalescence », morceau de black bien sombre et rentre-dedans qui va donner le ton pour la suite.

Et c’est parti pour près d’une heure de musique de grande qualité heureusement toujours aussi portée sur la mélodie que le groupe manie avec une dextérité une fois de plus particulièrement remarquable que ce soit sur les parties de guitare, ou les synthés plus présents que sur Venereal Dawn conférant une aura presque « symphonique » à certains passages, comme sur « Coalescence » ou « Spectres from the Olde World » qui ferait presque croire au retour du black sympho à la Dimmu Borgir que pratiquait le groupe sur ses premiers albums. Le groupe lève également largement le pied sur les passages acoustiques qu’on retrouvait auparavant (rappelez-vous de « Lloigor ») même si le pont ultra mélodique de « The Spider in the Web » n’en est pas très loin avec ses arpèges tout en joliesse, de même que le très beau final du morceau titre. Clairement Spectres est plus direct que son prédecesseur, moins progressif en un sens, les morceaux étant majoritairement plus concis, même si la deuxième moitié de l’album révèle plusieurs morceaux un peu plus progressifs dans leur déroulement (« Isa » et « Swan Song » en particulier). Et cette construction plus habile que sur leur précédent album, permet aux allemands de rendre leur album plus facile à digérer écoute après écoute, les passages mémorables s’incrustant dès les premières écoutes.

Vocalement aussi la mélodie est de mise. On en a l’habitude, Dark Fortress manie en effet déjà depuis plusieurs albums le mariage de vocaux de différents types, ne se contentant pas de la voix black basique (qui reste quand même largement dominante, surtout sur les premiers morceaux), et Morean, arrivé dans le groupe depuis 2007, fait une fois encore étalage de ses qualités vocales. Sans être un chanteur particulièrement incroyable dans aucun des registres utilisés, il se montre efficace notamment dans le registre black qui est le sien, loin des shrieks inaudibles, son chant flirtant avec celui de groupes plus dark que black, et restant toujours limpide ce qui permet aux paroles d’être parfaitement intelligibles.

Et alors que l’album démarre sur des tonalités sombres et bien black tant vocalement que musicalement sur les 4 premiers morceaux (plus exactement 3 + l’intro), « Pali Aike » va marquer la première rupture à la fois musicalement et vocalement puisqu’on retrouve les tonalités plus « dark » du groupe allemand et que Morean utilise ses vocaux plus « normaux » (mais pas tout à fait clairs non plus) à l’image de ceux qu’il utilise chez Alkaloid. Après un « Pazuzu » qui refait la part belle au black, c’est « Isa » (qui ne pensera pas aux norvégiens d’Enslaved ?) qui dévoile à nouveau la part plus progressive et dark du groupe (on retrouve les influences Tryptikon, rappelons que le guitariste V. Santura officie dans les 2 groupes et ça s’entend parfois même si Tryptikon est évidemment plus sombre/cauchemardesque que Dark Fortress) avec ses 7 minutes de beauté froide permettant aussi à des vocaux plus clairs (très beaux) de venir compléter ceux de Morean. La suite est à l’avenant, les grands moments se succèdent, et l’album varie magistralement les tempos et ambiances. « Pulling at Threads » est ensuite particulièrement remarquable dans son mélange de tempo rapide typiquement black metal, et de vocaux clairs magnifiques qui font de ce morceau un « tube » black de 3min16. Malgré un « Swan Song » peut-être moins mémorable en guise de gros morceau final, l’album enchaîne les réussites et varie magistralement les ambiances pour nous emporter tout du long.

Avec ses 58 minutes de bonheur, Spectres from the Old World est encore une fois un petit bijou, et certainement l’album de black mélodique du moment. Ne passez pas à côté si vous êtes amateur du genre!

Tracklist :
01. Nascence (Intro)
02. Coalescence
03. The Spider In The Web
04. Spectres From The Old World
05. Pali Aike
06. Pazuzu
07. Isa
08. Pulling At Threads
09. In Deepest Time
10. Penrose Procession (Interlude)
11. Swan Song
12. Nox Irae

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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