Barishi – Old Smoke

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Style: Progressive Sludge MetalAnnee de sortie: 2020Label: Season of Mist

Il y a 4 ans, je tombais éperdument amoureux de Barishi, dont je découvrais simultanément les 3 sorties existantes à date (un EP et 2 albums). Je considère encore à ce jour ce groupe comme l’une de mes plus belles rencontres musicales. J’étais donc fort logiquement impatient de découvrir la suite de leurs aventures discographiques… Malheureusement j’étais passé à côté d’un événement important survenu fin 2017 soit un an après la sortie de l’énorme Blood from the Lion’s Mouth : le départ du chanteur Sasha Simms. Les photos promo de ce nouvel album m’ont par conséquent tout de suite semblé assez étranges, voyant le groupe poser en trio, sans son illustre chanteur et renseignement pris j’ai donc appris la terrible nouvelle de ce départ.

Je l’avais expliqué dans mes chroniques des précédentes œuvres du groupe, j’adore ce chanteur, et comme la voix est souvent pour moi l’élément déterminant dans mon goût pour un groupe ou un album, le constat du départ de Simms fut une sacrée douche froide alors que je découvrais en même ce temps ce nouvel album il y a quelques mois… Et forcément la déception fut grande. Le rejet même pourrait-on dire… J’ai ainsi du écouter cet album une fois avant de ne plus le réécouter pendant plus d’un mois. Le deuil effectué (même si j’aimerais toujours savoir ce qu’est devenu Simms et s’il officie dans un autre groupe aujourd’hui, si quelqu’un lit ces lignes et a des infos je suis preneur), je suis retourné vers cet Old Smoke avec une approche moins partisane et revancharde.

Il va donc falloir s’y faire : c’est désormais sous forme de trio que les américains de Barishi officient, bassiste, batteur et guitariste, ce dernier (Graham Brooks) ayant aussi repris à son compte le chant.  En effet, malgré la perte de son chanteur, Barishi ne s’est pas décidé à devenir un groupe instrumental, et tant mieux car force est de constater que Brooks s’en tire extrêmement bien, dans un registre cependant très différent de celui de Simms. D’abord, il se contente d’un chant unique avec peu de variations (sinon quelques éructations et autres murmures sur « Old Smoke »), et son timbre est aussi plus caractéristique d’un death/sludge, assez caverneux, se prêtant bien au léger changement d’approche du groupe musicalement. Ce changement se perçoit immédiatement à la lecture de la tracklist : 6 titres seulement (dont un interlude) avec des durées très conséquentes, 3 titres dépassant les 10 minutes et les 2 autres dépassant les 6 minutes. Exit donc l’approche plus directe du précédent album, le groupe se fait plus lent, plus lourd, plus monolithique tout en restant heureusement intéressant et conservant son approche progressive qui lui sied si bien. Le dernier titre éponyme de l’album « Old Smoke » est celui qui rappellera le plus l’ancien Barishi, avec son approche plus légère et les mélodies de guitare tricotées de Brooks qu’on reconnaît assez vite, mais les autres titres sont clairement plus sombres et plombés et ce constat s’impose dès le démarrage du bien lourd « The Silent Circle ».

Ce changement d’approche les rapproche quelque part de leurs compatriotes d’Inter Arma en moins dilué et étiré et donc plus efficace. Cet Old Smoke va en effet vous rendre accro rapidement, une fois acceptés les changements instaurés par le groupe. L’ambiance de l’album est saisissante, les riffs souvent répétés sont très accrocheurs et le groupe mise beaucoup (et avec succès) sur les atmosphères sombres et mystérieuses (cf le bridge de « Blood Aurora » ou l’interlude presque mystique « Cursus Ablaze »). A l’image de l’artwork de l’album d’ailleurs, qui, contrairement à celui de son prédécesseur que j’estimais assez trompeur, sied parfaitement à l’ambiance distillée ici. Le tempo est plus lent qu’auparavant on l’a évoqué, ce qui n’empêche pas le groupe de se fendre d’accélérations et de passages bien nerveux (« The Longhunter ») en restant toujours accrocheur.

Un titre comme « Entombed in Gold Forever », l’un des meilleurs de l’album, est à ce titre assez représentatif du pouvoir d’accroche que le groupe a su conserver. Et puis il y a la guitare de Brooks qui apporte quelques éclats de lumière qui sont autant de respirations bienvenues. On se surprend à ne pas voir le temps passer alors que les titres défilent ce qui est indéniablement un signe que l’on passe un bon moment. Un très bon moment même, et si j’ai encore du mal à me faire à l’absence de Simms sur un album de Barishi, je dois avouer que je suis désormais conquis par ce disque qui revient régulièrement et qui s’avère être une fois de plus une excellente galette à mettre au crédit de ces talentueux américains!

Tracklist :
01 – The Silent Circle
02 – Blood Aurora
03 – The Longhunter
04 – Cursus Ablaze
05 – Entombed in Gold Forever
06 – Old Smoke

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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