Non Serviam – Le Cœur Bat

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Style: metal expérimentalAnnee de sortie: 2020Label: Autoproduction

Dans le genre curiosité pour public ayant le cœur bien accroché, voici Le Cœur Bat par Non Serviam, projet collectif anonyme parisien qui définit sa musique comme de l’industrial/experimental/black metal/grindcore/trip hop/baroque/electro/doom/crust (pfiou ça en fait beaucoup là non ?!) et actif depuis quelques années (son premier album Un peu d’amour pour la haine datant de 2014). Et même si l’on peut rester quelque peu perplexe devant cette impressionnante liste stylistique, une fois ce nouvel album lancé on se rend compte que Non Serviam ne ment absolument pas.

Le Coeur Bat démarre par le morceau-titre et quel titre ! Pendant vingt-cinq minutes (!), ce titre introductif nous immerge dans un univers étrange et malsain, où les sons distordus accompagnent des phases de rêverie devenant forcément cauchemardesques, où les voix féminines apparaissent comme voilées dans une brume (pleine de réverb) irrespirable tandis que la violence prend parfois le pas dans un déluge ultra rageur. Une entrée en matière rappelant par moment ce que faisait The Angelic Process dans sa gestion des textures dont le rendu apparaît comme si tous les sons fondaient et s’amalgamaient entre eux, créant une paradoxale alchimie hypnotique après quelques essais (car il faut avouer qu’on décroche quelquefois aux premières écoutes).

« Infanticide » poursuit avec ce même type d’ambiance éthérée (presque cold wave) mais suffocante, menée d’abord par des voix parlées un peu irritantes, parlant notamment d’absence d’amour avant que le brouillard ne s’épaississe au profit d’une rythmique métallique plus lourde (même si toujours aussi brouillée). Après un court interlude, « Salem » nous plonge à nouveau dans ce mélange d’ambiance fantomatique et d’ultra violence aussi soudaine que dévastatrice. Comme pour les titres précédents, un temps d’appréhension est nécessaire pour tout comprendre tant le mur de son proposé par Non Serviam est mouvant et bordélique. Entre le bien nommé « S’Evaporer », à l’ambiance vaporeuse (electro version ferraille) et « I Watch You From Afar », à la rythmique indus/métallique façon Anaal Nathrakh (influence notable que l’on retrouve aussi sur la cover ultra nerveuse du titre anarchiste « Inno Individualista »), le grand écart est conséquent mais l’identité du groupe totalement perceptible quel que soit l’angle d’attaque.

La description de chacun des titres de cet album est fastidieuse tant son intensité ne faiblit jamais. Le nihilisme des paroles en français (nous sortant parfois un peu du délire par leur côté poétique un peu trop forcé, l’un des principaux points négatifs de l’album) côtoie cette impression de grandeur ultra saturée au profit d’un album long et étouffant (plus d’une heure de sons), totalement hors des clous, se vivant comme une véritable expérience (qui ne laisse pas indifférent), difficilement digeste, très déstabilisante mais finalement intéressante pour qui parviendra à s’en imprégner.

A noter que cet album sortira officiellement le 2 septembre prochain, si par hasard un label à la recherche d’un album plus que singulier lisait ces quelques lignes, n’hésitez pas à directement prendre contact avec Non Serviam !

  1. Le Cœur Bat
  2. Infanticide
  3. Nights In Black Masses (Interlude)
  4. Salem
  5. S’Evaporer (Instrumental)
  6. I Watch You From Afar
  7. Inno Individualista (Cover)
  8. Je Contre (Demo)

beunz
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