2008

Bilan annuel 2008

Une fois n’est pas coutume, la laborieuse tache de nous concerter pour élaborer ce bilan de l’année a réuni les plus motivés de notre équipe et en voici le résultat.
Tout d’abord, il semble que l’année 2008 fasse pour certains d’entre nous figure de petite année comparée à l’excellent cru 2007, et très peu d’albums auront cette fois créé un consensus contrairement à l’année dernière, preuve d’une année moins chargée en albums majeurs. Mais halte à tout catastrophisme, la plupart des médias bêlent déjà en choeur notre supposée sinistrose sans qu’on ait besoin d’en rajouter, 2008 fut tout de même riche en découvertes et peut-être y a-t-il d’autres explications à trouver à cet éparpillement de nos sélections, à commencer par la masse incommensurable d’albums sortant en permanence et la toujours plus grande ouverture de nos goûts musicaux, qui continuent à refléter en 2008 le crédo et le parti pris d’origine d’Eklektik.

Certains albums apparaissent cependant plusieurs fois dans nos classements, mais là encore, ce sont finalement plutôt des outsiders, à commencer par l’Idolum des italiens de Ufomammut qui trône fièrement dans plus de la moitié des bilans individuels, preuve que le doom/stoner poursuit sa résurrection (il n’y a qu’à constater le succès phénoménal du festival hollandais Roadburn), et se permet de continuer à surprendre.
Le retour de Portishead, et son sobrement intitulé III enthousiasme également une bonne partie d’entre nous avec 5 sélections, le groupe de trip-hop anglais ayant su renaitre de ses cendres après 10 ans d’inactivité avec une musique réactualisée et des concerts magiques, la voix de Beth Gibbons n’a pas fini d’en faire chavirer plus d’un.

Retour controversé pour le groupe de métal le plus emblématique qui soit, Metallica, dont le Death Magnetic a séduit plusieurs chroniqueurs (et en a ulcéré d’autres!) mais moins que dans de nombreuses rédactions internationales (album de l’année chez Kerrang, Metal Hammer par exemple). Pas de controverse avec l’excellent Communion des grecs Septic Flesh et leur death aux élans symphoniques, qui a obtenu les faveurs d’une majorité du public metal européen, ainsi que le The Goliath in Bedlam de The Mars Volta reconnu comme étant un retour en force du groupe avec un esprit plus rock, coupant une série d’albums un peu trop expérimentaux pour intéresser sur la durée. On pourra ensuite s’étonner de la présence de groupes dont on aura (à notre grand regret) finalement très peu parlé cette année en dehors d’Eklektik. C’est d’abord le cas deSongs to Defy signé par un des meilleurs représentants noise français, Doppler, qui remet en avant une scène lyonnaise à l’illustre renommée dans les années 90, le léthargique What You Don’t Know is Frontier d’Asva qui aura convaincu tous les adeptes de doom/drone et se hisse ainsi devant Earth et Sunn O))), Lava de Sludge, groupe formé par différentes personnalités de la scène metal suisse (membres de Samael, Unfold) qui proposent un death écrasant à la lourdeur menaçante tirant sur le doom,Intronaut et son curieux Prehistoricisims à base de sludge et de jazz, et le III de Cursed qui semble avoir ravi tous les amateurs de crust bien crasseux.

Enfin en vrac, et c’est peut-être là qu’il faut trouver les pépites de l’année, notre équipe a retenu en black les albums de DarkspaceLeviathanProclamation et Darkestrah, en metal moderne, ceux de MeshuggahTexturesBurstGenghis Tron, pour des sonorités plus noise, les uniques Impure Wilhelmina et These Arms Are Snakes, mais également les albums des Melvins, de Harvey MilkUS Christmas et Earth, et sur une note plus indie ceux de Nick Cave & The Bad SeedsGutter Twins et Black Angels.
Quant aux groupes français, ils sont peu présents dans notre classement, le dernier Gojira, plebiscité à l’étranger, n’arrive pas à s’y placer, et à vrai dire un seul groupe français outre Doppler nous aura suffisamment convaincu pour faire son trou dans le top albums, les poitevins de Klone et leur metal alternatif.

Les 10 albums nous ayant le plus marqué collectivement cette année sont donc :
ufommamut – idolum
portishead – third
doppler – songs to defy
septic flesh – communion
the mars volta – the bedlam in goliath
asva – what you dont know is frontier
metallica – death magnetic
intronaut – prehistoricisms
sludge – lava
cursed – III

ufommamut - idolum

Bilans individuels:

jonben

DarkaneDemonic Art
TexturesSilhouettes
IntronautPrehistoricisms
BurstLazarus Bird
KloneAll Seeing Eye
Protest the HeroFortress
The Mars VoltaThe Bedlam in Goliath
Fuck the FactsDisgorge Mexico
Impure WilhelminaPrayers and Arsons
She Said DestroyThis City Speaks in Tongues

(bilan détaillé de jonben)

krakoukass

DopplerSongs to Defy
KloneAll Seeing Eye
OpethWatershed
Septic FleshCommunion
Genghis TronBoard Up the House
Impure WilhelminaPrayers and Arsons
DarkestrahThe Great Silk Road
TexturesSilhouettes
SludgeLava
These Arms Are SnakesTail Swallower and Dove

(bilan détaillé de krakoukass)

neurotool

PortisheadThird
Helms AleeNight Terror
The Black AngelsDirections to See a Ghost
Harvey MilkLife… the Best Game in Town
CursedIii Architects of Troubled Sleeps
UfommamutIdolum
The Gutter TwinsSaturnalia
DopplerSongs to Defy
MelvinsNude With Boots
U.s. ChristmasEat the Low Dogs

(bilan détaillé de neurotool)

fewz

LeviathanMassive Conspiracy Against All Life
AsvaWhat You Dont Know Is Frontier
DopplerSongs to Defy
UfommamutIdolum
DarkspaceIii
CursedIii Architects of Troubled Sleeps
EarthThe Bees Made Honey in the Lion’s Skull
PortisheadThird
These Arms Are SnakesTail Swallower and Dove
MossSub Templum

(bilan détaillé de fewz)

darkantisthene

NyktalgiaPeisithanatos
AirbourneRunnin’ Wild
Daylight DiesLost to the Living
StoneriderThree Legs of Trouble
Battle DagorathEternal Throne
Electric MaryDown to the Bone
ColdworldMelancolie²
TotalselfhatredTotalselfhatred

(bilan détaillé de darkantisthene)

hororo

MeshuggahObzen
Genghis TronBoard Up the House
Kayo DotBlue Lambency Downward
VerseAggression
The Cool KidsThe Bake Sale Ep
Gnaw Their TonguesAn Epiphanic Vomiting of Blood
Venetian SnaresDetrimentalist
KralliceKrallice
BurstLazarus Bird
Trap ThemSeizures in Barren Praise

(bilan détaillé de hororo)

wakos

SludgeLava
Septic FleshCommunion
MetallicaDeath Magnetic

Toboggan! E Brutal !
UfommamutIdolum
Kehlvin / RorcalAscension
The RaconteursConsoler of the Lonely
IntronautPrehistoricisms
PortisheadThird

(bilan détaillé de wakos)

kollapse

PortisheadThird
Ez3kielBattlefield
Made Out of BabiesThe Ruiner
U.s. ChristmasEat the Low Dogs
Harvey MilkLife… the Best Game in Town
DopplerSongs to Defy
UfommamutIdolum
The Gutter TwinsSaturnalia
CursedIii Architects of Troubled Sleeps
SludgeLava

(bilan détaillé de kollapse)

joss

Ayreon01011001
MetallicaDeath Magnetic
Guns n’ RosesChinese Democracy
IntronautPrehistoricisms
BumblefootAbnormal
EuropeAlmost Unplugged
Ultra VomitObjectif : Thunes
SlipknotAll Hope Is Gone
Septic FleshCommunion
The Mars VoltaThe Bedlam in Goliath

(bilan détaillé de joss)

guim

ProclamationMessiah of Darkness and Impurity
AscendAmple Fire Within

MossSub Templum
RevengeInfiltration.Downfall.Death
MorbosidadProfana la Cruz Del Nazareno
AsvaWhat You Dont Know Is Frontier
EarthThe Bees Made Honey in the Lion’s Skull
EhnahreThe Man Closing Up
ArghoslentHornets of the Pogrom
VargsangWerewolf of Wysteria
UfommamutIdolum
MeshuggahObzen

(bilan détaillé de guim)

matt_moussiloose

UfommamutIdolum
October FallsThe Womb of Primordial Nature
Steve Von TillA Grave Is a Grim Horse
LeviathanMassive Conspiracy Against All Life
Bohren Und Der Club of GoreDolores
AsvaWhat You Dont Know Is Frontier
ProclamationMessiah of Darkness and Impurity
Stille OpprøRS.O2
NachtmystiumAssassins : Black Meddle Pt. 1
DarkspaceIii

(bilan détaillé de matt_moussiloose)

somath

31knotsWorried Well
PortisheadThird
MelvinsNude With Boots
Nick Cave & the Bad SeedsDig, Lazarus, Dig !!!
Woven HandTen Stones

Dub TrioAnother Sound Is Dying

The Mars VoltaThe Bedlam in Goliath
UfommamutIdolum

(bilan détaillé de somath)

adrien

The KillsMidnight Boom
The Black AngelsDirections to See a Ghost
The Last Shadow PuppetsThe Age of Understatement
The HellacoptersHead Off
MetallicaDeath Magnetic
Vile ImbecilesQueenie Was a Blonde
Aqua Nebula OscillatorUnder the Moon of…
Nine Inch NailsGhosts I-Iv
Nick Cave & the Bad SeedsDig, Lazarus, Dig !!!

(bilan détaillé de adrien)

portishead - third
doppler - songs to defy
septic flesh - communion
the mars volta - the bedlam in goliath.jpg
asva - what%20you%20dont%20know%20is%20frontier
metallica - death%20magnetic
intronaut - prehistoricisms
sludge - lava
Cursed – III Architects of Troubled Sleeps
 

Bilan 2008 hororo

France

Deux concerts supplémentaires de Celeste auront renforcés ma conviction dans la force de ce groupe. A n’en pas douter, 2009 devra compter avec leur troisième album. Mais, mon coup de coeur de l’année part vers le Sud pour frapper Monarch! pour un concert jubilatoire en ouverture d’Overmars.

Concerts

Monarch! au Point Ephémère
Dj Krush à la Maroquinerie
The Dillinger Escape Plan à l’Elysée Montmartre
Kayo Dot au Main d’Oeuvres
Ken Mode au Glaz’art
And also the trees au Théatre de l’Alhambra
Corrupted au Point Ephémère
Squarepusher au Trabendo
Unexpect au Nouveau Casino

Futur

Peut être un nouvel album de Fantomas ? Un nouvel album de Maudlin of the Well ?! Un nouveau disque de Xanopticon ? Le troisième album de MF DOOM ? Et puis l’album annuel de Venetian Snares.

Révélations

En matière de hardcore j’aurais découvert un grand nombre de groupes tels que Trapped Under Ice, Killing the Dream, Ceremony et j’en passe. Au rayon electro je mentionnerais surtout Xanopticon. Je continue aussi de construire ma culture musicale rap avec MF DOOM, le projet Madvillain, Del tha funkee homosapien et les Puppetmastaz. 2008 aura été aussi une année très metal avec les excellents albums de Textures, All Shall Perish, The Faceless, Withered, Misery Signals et Esoteric. Le prix du nouveau groupe culte de l’année revient par contre à Sigh.

Déceptions

Isis en Décembre à la Maroquinerie. Un concert gâché par un problème de son qui continue de me faire grincer des dents.

Culture

The Host de Bong Joon-Ho
Deux ans après sa sortie, je découvre enfin le film de monstre qui a tant plu aux cinéphiles et aux moins passionnés et je les rejoins pour célébrer ce très bon moment passé en compagnie d’un monstre aquatique et d’une famille de perdant héroïque.

I’m a cyborg de Park Chan-Wook
Devenu un de mes réalisateurs favoris avec sa trilogie sur la vengeance, Park Chan-Wook change de registre et m’enthousiasme dans le dernier genre de film que je me serais attendu à regarder et à aimer : la comédie romantique.

Sukiyaki Western Django de Takeshi Miike
Miike, Tarantino, Django. Un trio qui pouvait donner du bon comme du passable et finit par transcender les trois avec un western asiatique déjanté, violent et drôle à la fois.

Save the Green Planet de Jeong Jun-Hwan
Un thriller de science fiction rencontre une comédie dramatique en Corée et réussit à mener en bateau le spectateur pendant un peu moins de deux heures. Spectaculaire !

Cure de Kiyoshi Kurosawa
Ce film est sorti il y a déjà 11 ans mais l’ayant découvert cette année je le fait figurer à ma liste rien que pour sa scène finale qui continue de me terrifier.

Albums de l’année

MeshuggahObzen
Une année où sort un album de Meshuggah est une année où un album de Meshuggah doit se trouver dans mon top des albums de l’année. C’est aussi simple que ça.


Genghis TronBoard Up the House
Le jeune groupe que personne n’attendait rafle la mise et dépasse les attentes que le prometteur et génial Dead mountain mouth avait délivrés.


Kayo DotBlue Lambency Downward
Toby Driver sait faire beaucoup de choses sauf une, me décevoir. Le Kayo Dot 2008 est plus coloré et changeant mais, ce n’est pas pour me déplaire.


VerseAggression
Hardcore ou pas hardcore, ce disque m’a touché instantanément et continue de m’affecter comme peu de disques savent le faire.


The Cool KidsThe Bake Sale Ep
Tout simplement l’album le plus accrocheur, désinvolte et enthousiasmant que j’ai entendu cette année.


Gnaw Their TonguesAn Epiphanic Vomiting of Blood
Sombre, effrayant mais vivant et original. Chaque plage trouve sa propre voix et permet à ce disque de franchir le pas qui le sépare des expériences intéressantes à celui des albums cohérent et complexes.


Venetian SnaresDetrimentalist
Cette année le breakcore du canadien le plus attendu de la scène electro se colore de jungle et de ragga et reste donc toujours aussi imprévisible et génial.


KralliceKrallice
Un nouvel album de black metal par des musiciens qui n’ont rien à voir avec la Norvège mais, usent des armes des nordiques pour forger leur propre joyaux.


BurstLazarus Bird
La progression prodigieuse effectuée par Burst entre Prey on life et Origo continue au même rythme pour un résultat riche et enthousiasmant.


Trap ThemSeizures in Barren Praise
Coup-de-foudre instantané avec le death grind matiné de hardcore de ces américains que l’on pourrait croire revenu de Suède. Tout simplement jouissif.


Bilan 2008 wakos

Une fois de plus, les fêtes de fin d’année pointent leur nez, et il est à nouveau temps de faire un petit bilan sur les douze derniers mois écoulés. Le moins que l’on puisse dire, c’est que 2008 aura été une année chargée au niveau musical, apportant son lot de bonnes et mauvaises surprises. La liste serait bien trop longue à établir, mais en tout cas, on ne peut pas dire que 2008 aura été une mauvaise année, bien au contraire. Les dix albums listés ci-dessous sont ceux que j’ai le plus écoutés et / ou que j’ai vraiment envie de faire découvrir. Ces dix albums résument d’ailleurs très bien les différents styles musicaux qui m’ont suivis tout au long de l’année. Du rock au métal, en passant par le hip-hop ou les musiques électroniques, cette année a vraiment été placée sous le signe de l’éclectisme en ce qui me concerne. En plus des dix albums ci-dessous, voici une autre petite liste de ce qu’il ne fallait pas louper en 2008 :

Le ObZen de Meshuggah, Crown fire de Confier, Varsovie – L’Alhambra – Paris de Saez, Silhouettes de Textures, Eutheris de Equus, Arabian panther de Medine, The manical vale de The Esoteric, Myrra, mordvynn, marayaa de Rorcal, Songs to defy de Doppler, Declaration de Bleeding Through, Sermons de Zodiak, Godspeed on the devil’s thunder de Cradle Of Filth, Battlefield d’Ez3kiel, Station de Russian Circles, Quietly de Mouth Of The Architect, Welcome Home de 20 Box Stories, ou encore Titan de Four Question Marks et All de Colour Haze.

Voilà, maintenant il ne me reste plus qu’à vous souhaiter à toutes et à tous une excellente année 2009 et j’espère que vous serez encore nombreux l’année prochaine à rendre ce site vivant et interactif.

Concerts

– Entombed au VnV Rock Festival
– Explosions In The Sky au Romandie
– Neurosis au VnV Rock Festival
– Lôzanne’s Burning VIII à la Grande Salle de Vennes

Albums de l’année

SludgeLava
Sans conteste l’album qui a le plus tourné chez moi cette année. Impossible de résister à la déflagration et à la puissance qui se dégage de ces neufs titres. Mélangeant habilement la hargne du death et les ambiances inquiétantes du doom, la formation nous offre un album tout simplement magistral. L’arrivée de Danek au chant ainsi que de Ulik à la basse est une véritable deuxième jeunesse pour le groupe, qui paraît d’ailleurs plus remonté et plus prêt à en découdre que jamais. Sur les neuf titres présents, pas un seul n’est à jeter, cet album est excellent du début à la fin (et quelle fin d’ailleurs !), tout en étant varié et homogène. Maintenant, à vous de voir, mais il faut être fou pour passer à côté d’une telle boucherie…


Septic FleshCommunion
Grosse découverte pour ma part ! C’est en effet avec cet album que je me suis penché sur le cas SepticFlesh, et il ne m’a pas fallu longtemps pour réaliser que cet album était un véritable petit bijou. Hormis sa courte durée, il me semble assez difficile de trouver d’autres défauts à cet album. En un peu moins de quarante minutes, on se retrouve transporté dans un autre âge. L’utilisation d’un orchestre de quatre-vingt musiciens ainsi que d’un chœur comptant trente deux voix permet au groupe de proposer un death metal symphonique de haute voltige, mais surtout épique à souhait. Excellent album que je vous recommande vivement !


MetallicaDeath Magnetic
Merci. Voilà ce qui me vient à l’esprit lorsque je pense à cet album. Après une longue traversée du désert, les four horsemen sont enfin remontés en selle pour nous livrer leur meilleur album depuis bien des années. Ok, cette nouvelle livraison ne révolutionne en rien le répertoire du combo de la Bay Area, mais ce retour à des compositions plus rentre-dedans et plus thrashy s’avère gagnant en ce qui me concerne. Malgré une deuxième moitié d’album un poil moins transcendante, et un mastering fait à la truelle, cet album a quand même réussi à se hisser dans mon top 10, car ça fait vraiment plaisir de retrouver un groupe dont on attendait plus grand-chose, et qui a quand même bercé une bonne partie de mon adolescence…



Pour moi, il était impossible d’établir ce top 10 sans y inclure le premier volet du double album (voire triple, d’après mes dernières informations) de Rockin’ Squat, ancien leader d’Assassin. Bien que toujours engagé politiquement et socialement, on découvre une autre facette de l’artiste au travers de nombreux textes plus personnels. Toujours aussi bien écrits, les textes du rappeur du XVIIIème prennent forme sur des fonds musicaux allant de la salsa au crunk, en passant par la soul, ou encore le jazz, pour un voyage que vous n’êtes pas prêts d’oublier. Un album tout simplement indispensable pour tout amateur de hip-hop intelligent et réfléchi.

Toboggan! E Brutal !
Après deux excellents albums, les Lausannois de Toboggan nous livrent là ce qui est certainement leur album le plus abouti. Leur mélange de post-rock et de noise teinté de math-rock ça et là fait mouche, pour le plus grand bonheur des amateurs du genre. En proposant des compositions généralement assez courtes (entre 3 et 5 minutes), le groupe va droit au but et évite clairement de tomber dans la redondance ou le remplissage inutile. La voix frissonnante et fragile de Valérie vient caresser la moitié des compositions avec une certaine classe, renforçant ainsi cette sensation de mélancolie et de tristesse qui peut se dégager de certains titres. Un album dont il est difficile de se passer une fois qu’il est apprivoisé – ce qui ne nécessite pas quinze mille écoutes, vu que l’on se rend compte d’emblée si l’on adhère ou pas la musique du groupe – et qui ne cesse de tourner chez moi ces derniers temps.


UfommamutIdolum
Voilà mon gros coup de cœur de l’année ! Avec « Idolum », les Italiens de Ufomammut prennent un malin plaisir à vous mettre des coups sans que vous ne vous en rendiez compte. Sans être directement agressive, la musique du trio arrive à mettre n’importe qui à terre, grâce à des riffs hypnotiques, mais aussi (et surtout) grâce à cette capacité à construire des titres qui vous retournent le cerveau et qui vous pètent à la gueule alors que l’on s’y attendait pas. Pas besoin de discutailler pendant des heures, cet album est tout simplement l’un des indispensables de 2008 !


Kehlvin / RorcalAscension
Tiens, encore des Suisses… Avec ce split, les deux formations réussissent un sacré pari, à savoir rendre un morceau de plus d’une demie heure intéressant et prenant. Les deux formations se complètent et ont donné naissance à un monstre de lourdeur et de puissance, qui va sacrément mettre à mal les membranes de vos enceintes. Entre deux attaques écrasantes et saturées, les guitares savent aussi se faire plus aériennes, permettant ainsi à l’auditeur de reprendre ses esprits, même si l’accalmie sera de courte durée… Un projet très intéressant qui s’avère vraiment une excellente surprise et qui mérite clairement que l’on y jette une oreille.


The RaconteursConsoler of the Lonely
Même si je suis loin d’être le plus fervent admirateur de Jack White, je dois avouer avoir été étonnement surpris en bien avec la sortie du deuxième album de son side-project : The Raconteurs. A la fois riche et abouti, cet album propose un véritable déluge de titres endiablés qui mélangent blues, country, rock n’roll, ou encore ska avec une facilité assez déconcertante. Sur cet album encore, il n’y a rien à jeter. A aucun moment le groupe ne montre un signe de faiblesse, il est là pour faire du rock et il donne tout ce qu’il a pour nous en mettre plein les esgourdes. Un album rafraîchissant qui vous refilera une patate d’enfer, tout en vous faisant passer un excellent moment de rock n’roll.


IntronautPrehistoricisms
Les ricains d’Intronaut continuent leur parcours sans fautes avec ce deuxième album. En optant pour une approche un brin plus calme, les nouvelles compositions du groupe prennent des allures plus progressives, aériennes, tout en restant dans la parfaite continuité de « Void » et du EP « The challenger ». Mené par une section rythmique hallucinante et carrée au possible, le combo nous à concocté un album époustouflant qui mélange à merveille technicité et brutalité, saupoudré ça et là de quelques incartades jazzy ou un poil psychés du meilleur effet. Un groupe assez unique en son genre qui vous propose un album intense, puissant, et tout simplement indispensable !


PortisheadThird
La clique à Beth Gibbons a fait un retour fracassant avec son troisième opus, attendu depuis plus de dix années. Déroutant lors des premières écoutes, ce troisième opus du combo de Bristol prend son temps avant de dévoiler toutes ses subtilités. La voix à fleur de peau de Beth est toujours aussi prenante et se marie une fois de plus à merveille avec ces nouvelles compositions généralement très sombres. Certes, la musique du groupe n’a jamais un hymne à la joie, mais ce troisième opus dégage un petit je ne sais quoi qui le rend encore plus froid et sombre que ses prédécesseurs. A écouter d’urgence si ce n’est pas encore fait !


Bilan 2008 kollapse

Culture

Films de l’année :

There will be blood
No country for old men
Into the wild
No(r)way of life
La Zona

Autres

Au pied du classement :

IntronautPrehistoricisms
UltraphallusThe Clever
MeshuggahObzen
ConiferCrown Fire
These Arms Are SnakesTail swallower & dove
GojiraThe Way of all flesh

Albums de l’année

PortisheadThird
Le come-back de l’année. Fini le trip-hop made in Bristol des deux premiers albums, presque 10 ans plus tard ce nouvel album redéfinit le son et la façon dont les Anglais voient leur musique en 2008. Un groupe qui, plus que jamais, vit avec son temps car reste ouvert sur l’actualité des musiques novatrices, les sources d’influence indéniables de ce Third vénimeux (Earth, Sunno))), Om…).


Ez3kielBattlefield
Au départ affilié à une scène dub/électro rapidement trop étroite pour les Français, ceux-ci ne cesseront de progresser aux fil des albums dans un genre qui n’appartient qu’à eux. Confirmation avec ce dernier album enivrant, faisant montre d’un talent bluffant pour ce qui est du mariages de genres (tout passe à la moulinette) et des ambiances hypnotiques.


Made Out of BabiesThe Ruiner
L’album décomplexé du groupe, et ce dans tous les compartiements possibles. Le groupe se fait plus mélodique, mais aussi fait preuve de plus de variétés dans les tempos. Pour Julie Christmas aussi c’est un cap : Elle chante désormais, ne hurle plus forcément systématiquement, et elle le fait très bien. Leur meilleur album.


U.s. ChristmasEat the Low Dogs
Sorti sur Neurot Recordings, cet album est certainement la meilleure sortie du label de l’année. Le heavy space-rock de ces Américains renvoye autant au psychédélisme d’un Hawkwind que les sonorités Americana des derniers Earth. Pas besoin de LSD, le trip est total.

Harvey MilkLife… the Best Game in Town
Harvey Milk est unique et le prouve une fois de plus avec cet album lourd de chez lourd. Plus accessible (comprendre plus « rock ») qu’antant, le sludge de ces fils des Melvins alterne avec brio balades éthiliques et titres rock tubesques balancés avec un groove précis et d’une rare lourdeur.

DopplerSongs to Defy
Ils sont français et ils font de la noise comme on en fait désormais plus beaucoup. Ces fils spirituels de Deity Guns et Condense s’installent au sommet du noise/rock national au détour de ces 7 titres ravageurs et ultra maitrisés, dont il est aisé d’estimer l’impact que doit avoir le groupe en live.


UfommamutIdolum
L’ambiant doom/sludge de ces Italiens est dantesque. D’une lourdeur monolithique assomante et paradoxalement reposante, ce nouvel album nous envoye droit dans l’espace et ses contrées aussi larges qu’inconnues.


The Gutter TwinsSaturnalia
Projet de Lanegan et Mark Dulli, ce Saturnalia sonne comme un album intemporel, ce que l’on appelle communément les classiques. un rock sombre teinté de blues crade, celui du fin fond de l’Amérique bien sur, voilà ce à quoi on a droit durant douze titres dont pas un n’est à ignorer.


CursedIii Architects of Troubled Sleeps
Ces Canadiens signent ici leur dernier album, le groupe ayant splitté suite à de tristes mésaventures rencontrées en tournée. Plus vindicatif, vicieux et brutal que jamais, Cursed joue à fond les ballons durant une petite demi-heure et ne ralentit le tempo que pour mieux trainer nos esgourdes bans la boue.


SludgeLava
Ces Suisses ont pondu ici un album peu classifiable, car pas totalement affiliable à un courant particulier, mais pourtant 100% métal. Avec un excellent Danek au chant (ex-Unfold, Houston Swing Engine), ces huit titres démontrent un groupe autant à l’aise dans le domaine du brutal et lourdissime que celui plus lancinant et glauque. Grosse Tuerie.


Bilan 2008 joss

Futur

Comme tous les ans, pas d’attente particulière. On va se laisser porter, au gré des découvertes, écouter sans pré-jugés des groupes récents ou anciens, connus ou inconnus et espérer une année 2009 un peu plus riche que 2008. J’ai entendu parler d’un nouveau Maiden, ce sera donc forcément une grande année !

Déceptions

A coté de ces 10 albums, dont une petite moitié est là plus par défaut, faute de prétendants, l’année 2008 livra son lot de déceptions. Tout d’abord Textures, qui choisi d’affirmer sa brutalité (certes toute maîtrisée) au lieu d’approfondir les incursions prog explorées sur le fantastique Drawing Circles. Pas un mauvais album en soit, mais juste décevant par rapport à ce que j’espérais. Il faudra y revenir sans a priori. Opeth ensuite, qui continue de ne pas me convaincre malgré un Watershed qui relève pourtant le niveau du médiocre Ghost reveries. Eluveitie sort un très décevant Slania après un Spirit prometteur. De plus, il faudra voir comment le groupe évolue à l’avenir, maintenant que deux des membres originaux se sont fait la malle. Et enfin le Black Ice d’AC/DC qui, même s’il ne figurait pas parmi mes attentes, réussi juste à montrer que les papy-rockeurs australiens ne sont pas morts, au lieu d’enterrer toute la concurrence.

Albums de l’année

Ayreon01011001
Première écoute de l’année, première claque et premier au classement 2008. Je n’avais jamais prêté attention au projet metal/prog du compositeur hollandais Arjen Lucassen et bien mal m’en a pris. Un talent de composition incroyable et une faculté à rendre cohérente la participation d’une vingtaine de chanteurs et musiciens différents. Fabuleux.


MetallicaDeath Magnetic
Sans doute LE retour inattendu de l’année. Certes, on peut sembler sceptique quand à la sincérité de la démarche car sortir un disque « retour au sources » après un album hué par la plupart des fan, ça sent la démagogie artistique à plein nez. Mais il est vivement conseillé de faire fi de cet aspect car cet album (du moins sa première moitié) contient son lot de titres absolument jouissifs.


Guns n’ RosesChinese Democracy
Un autre retour inattendu, du moins que l’on avait cessé d’attendre. Puis il est arrivé et beaucoup se sont acharnés dessus. A tord ou à raison ? Là n’est pas le problème. De mon coté, une fois accepté le fait qu’il s’agisse tout de même d’un album solo d’Axl, j’y trouve mon compte grâce à un songwriting leché qui met en valeur la superbe voix d’Axl Rose.

IntronautPrehistoricisms
La bonne surprise post-core de l’année. Sur un thème qui n’est pas sans rappeler le Precambrian de The Ocean, les Américains d’Intronaut assènent un post-hardcore aux ambiances tribales et jazzy ou la basse se taille la part du lion. Envoûtant.


BumblefootAbnormal
Le guitar-hero déjanté Ron Thal continue son petit bonhomme de chemin en parallèle de son mercenariat chez les Guns n’ Roses. Au programme : 12 hits percutants entre métal, pop, rock, ska ou encore musique de film.


EuropeAlmost Unplugged
Avec ses albums récents et ce live semi-acoustique, le groupe suédois réussi haut la main un come-back crédible. Composé de titres récents, de reprises et de vieux titres réarrangés, ce live enregistré à domicile, est une totale réussite. Il permet à Europe de prouver qu’il est toujours possible de casser une image un poil négative.


Ultra VomitObjectif : Thunes
En sortant du carcan restreint du death/grind rigolo pour aller vers le métal parodique sans barrière de style, le groupe nantais s’est mis un paquet de monde dans la poche grâce à un humour potache qui fait mouche_. Comment ne pas rire devant leur vision du métal-core, du black-métal ou encore du hardcore et ne pas s’incliner en même temps devant leur talent pour jouer à la perfection les styles pré-cités. On aime ou on aime pas, mais personne encore n’avait osé sortir un tel album. Respect donc.


SlipknotAll Hope Is Gone
J’ai toujours apprécié avec modération le brutal-neo des masqués de l’Iowa mais cet album fut tout de même une excellent surprise alors que je n’attendais rien de particulier. On retrouve la touche si caractéristique de Slipknot mais à laquelle on ajoute les cotés plus mélodiques de Stone Sour pour un résultat 100% assumé. Efficace à défaut d’être novateur.


Septic FleshCommunion
Retour gagnant des grecs de Septic Flesh. Le dernier album en date, Sumerian demons, était sans doute un peu « too much » et en choisissant la voie de la brutalité à tout va, ils en avaient oublié ce coté épique dans lequel ils excellent tant. Communion renoue avec ce que Septic Flesh sait faire de mieux. On l’aurait aimé plus long et un poil plus aventureux cela dit.


The Mars VoltaThe Bedlam in Goliath
L’ovni de l’année. Les anciens At the drive in ne lâchent rien s’affirment avec leur quatrième album comme l’un, sinon LE groupe de rock le plus intéressant de ces derniers années. Certes il faut s’accrocher pour les suivre dans leur délire rock-prog-jazz-latino mais le jeu en vaut la chandelle.


Bilan 2008 guim

2008 in the shades.

Je me joins à l’équipe du site pour vous donner rendez vous cette année, en ces pages, j’espère encore une fois que vous répondrez présent.
Bonne route à vous.

Mais dans le rétro voilà ce qui m’aura donné quelques suées ou qui aura retenu mon attention.
Il n’y a pas de classement. Donc sans ordre de préférence:

Autres

Au pied du podium mais les disques ont tourné :
Esoteric – The Maniacal Vale
Halo Manash -Language of Red Goats
Hecq – Night Falls
Jig-Ai – Katana Orgy
The Goslings – Occasion
Arditi – Omne ensis impera
Portishead – Third
Darkspace – Dark Space III
Leviathan – Massive Conspiracy Against All Life
Ainsi que les disques de Grails.

Albums de l’année

ProclamationMessiah of Darkness and Impurity
L’Espagne muy caliente, bestiale et rageuse, un album digne des plus belles réalisations de 90 pour le genre. Olé.


AscendAmple Fire Within
Un décor minéral, abrasif , exceptionnel.



Sauvage et pratiqué dans les règles de l’art et du cochon.

MossSub Templum
Le voyage de Dante entre le purgatoire et l’enfer.


RevengeInfiltration.Downfall.Death
C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures gerbes.


MorbosidadProfana la Cruz Del Nazareno
S’il y en a bien qui ont des comptes à régler avec le paradis cette année c’est peut être bien Morbosidad.


AsvaWhat You Dont Know Is Frontier
Initiatique, lancinant et mystique.


EarthThe Bees Made Honey in the Lion’s Skull
Des ballades digne d’un western à lysergic valley.

EhnahreThe Man Closing Up
Album que je préfère au dernier Kayo Dot qui lui aussi est assez exceptionnel, beaucoup plus de tension et une narration assez singulière.


ArghoslentHornets of the Pogrom
Un album aussi carré que son caractère est bien trempé


VargsangWerewolf of Wysteria
Vargsang a peut être mis de l’eau dans son vin, mais le lycanthrope est toujours là à rôder.


UfommamutIdolum
Lourd et ethéré, un témoignage plus que convaincant.


MeshuggahObzen
Meshu a encore des choses à dire et j’avoue ne pas m’en lasser.


Bilan 2008 matt_moussiloose

2008, une année fertile en (très) bons albums certes. Il n’y a qu’à voir ci-dessous, croyez moi sur parole. Mais 2008, une année de petits creux. Le début en fut diesel, les derniers mois relativement peu excitants. Ce qui nous donne un top 10 assez ramassé dans les mois verts ou censés l’être. Derrière ce n’est pas le Larzac, mais ce n’est pas non plus Byzance, avouons le. Certains groupes attendus ont manqué aux attentes, plus ou moins salement. D’autres peu ou pas attendus ont pris leur place au rayon des attendus de demain. En résumé se détache un peloton d’albums de facture émérite (des c’est du bon, selon le barème eklekticien), qui ont animé et animeront plus d’une heure à tuer.

Le black metal y tient une large place, qu’il se consomme classique et classieux (Melencolia Estatica), sec et slave (Lutomysl), putride et prophétique (Nåstrond), voire raw et war (Morbosidad). Au chapitre black mais pas trop, les Suédois de Lifelover ont fait jouir novembre avec un Konkurs en forme de cage à tubes, au décalage assumé. Sans faire de bruit, Agalloch nous ont pour leur part offert un entremets acoustique au bon goût de plat de résistance, et l’on ne salive que plus torrentiellement à l’attente de leur prochaine aventure “métallique”. Sans transition aucune, soulignons l’irruption pour le moins giclante de Gored dans l’élite du brutal death/grind à tendance anatomique. Avec pour seules armes une basse et une batterie, le duo allemand signe en Human un premier opus sérieusement sombre, aux relents de formol vicié.

Pas de rétrospective doom pour la bonne et simple raison que j’ai fait l’impasse sur les sorties du style en 2008. Brève parenthèse pour Moss, qui fait du Moss et reste balèze dans le créneau, et pour Skepticism dont le dernier cru, encore trop peu écouté pour lui porter un jugement dégrisé, s’annonce délicieusement funèbre et 90’s. On passe tout aussi rapidement sur le post-HxC et ses multiples dérivés pour ne retenir que le dernier opus de Mouth of the Architect, les Américains perpétuant sans fléchir – mais sans non plus éblouir, ne nous mentons pas – les ambiances lumineuses de The Ties that Bind.

Pour les musiques hors gros son, on a eu du Thee Silver Mt. Zion en 2008. Je le précise parce que l’album n’a pas enflammé les discussions familiales du dimanche après la messe. Moi-même j’ai mis un paquet de temps à me rendre compte qu’il dormait sur mes rayons. Pourtant il est fort bon, mais peut-être faut-il avoir vécu ses morceaux en live pour pouvoir recréer la chair de poule qui va bien avec. Le nouveau disque de Earth n’aura surpris personne, sauf ceux qui ne s’attendaient pas à voir des abeilles sur la pochette. Et c’est donc sans surprise qu’on aime à s’y glisser comme dans une douillette charentaise chauffée sur le radiateur. Pour leur troisième album en deux ans (ou est-ce quatre ?), Grails prennent le train du souffle cinématique, avec un résultat très heureux la plupart du temps, hélas un peu emprunté sur certains titres plus ambient. Enfin, Colour Haze ont préparé de la plus belle des façons leur prochain set de trois heures au Roadburn avec un All vecteur de trips indélébiles à l’ombre des cocotiers.

Peu de réelles déceptions mais quelques trucs oscillant entre le bof et le ok, en clair moyennement digne du pedigree de leurs auteurs. Le dernier Kayo Dot finira aussi anonyme que ses prédécesseurs sauf qu’il est moins inspiré en dépit d’un dernier morceau féerique. Après un premier album passionnant entre stoner et rock galactique à l’ancienne, My Sleeping Karma ont choisi de jouer le mimétisme avec le nom du groupe et j’en comate rien que d’y penser. Enfin, The Mars Volta… non rien.

Au final on peut refermer le couvercle sur 2008 avec le sourire, tout en espérant que 2009 soit quand même un peu plus prodigue en émotions fortes…

Albums de l’année

UfommamutIdolum
Attendus dans la crasse et la torpeur qui leur réussissaient à en jouir, les Italiens survolent leur promotion en ennoblissant leurs manières, sans abandonner un seul instant la basse de mammouth qui fait leur nom. Résultat : un disque à la fois classieux et écrasant, à la dimension mystique irrésistible. Une sirène des abysses. Leur concert au prochain Roadburn s’annonce déjà comme un des événements forts de 2009.


October FallsThe Womb of Primordial Nature
Sans chambouler ses fondamentaux, l’ami Mikko affine tranquillement sa recette et, bien aidé par l’apport de musiciens chevronnés à des instruments stratégiques, nous sort l’un des plus beaux albums de black metal nordique de récente mémoire. Impressionnant de plénitude, séduisant par ses ambiances boréales et ses leitmotivs acoustiques, The Womb of Primordial Nature fait neiger les enceintes, et pose October Falls en héritier instinctif d’Ulver époque Bergtatt.


Steve Von TillA Grave Is a Grim Horse
Le briscard à barbiche fait une troisième infidélité à Neurosis, et nous offre un troisième recueil essentiel, où ses accents de gentil bourru hantent de superbes paysages acoustiques. Entre la sérénité de l’ermite auscultant le cœur des choses qui l’entourent, et l’angoisse prémonitoire de celui qui se sait dans l’éphémère, Steve von Till signe un pur album de chansonnier-parolier. Un pèlerinage poignant qui agit sur l’âme comme un feu de cheminée contre la folie du monde.


LeviathanMassive Conspiracy Against All Life
Wrest publie beaucoup de choses c’est un fait. Mais le fait est aussi que Wrest ne stagne à aucune étape de son cheminement créatif. Et le plus ahurissant c’est que même les rééditions de ses vieux titres paraissent apporter une progression, ou tout au moins du sang neuf, à son univers (cf. le terrifiant double album Verräter). S’agissant du cru 2008, blasphèmes, vice et décadence tiennent bien évidemment le haut du pavé dans un maelstrom aveugle de metal infectieux qui lamine tout résidu de candeur avec une constance admirable.


Bohren Und Der Club of GoreDolores
Le nouvel album des arpenteurs de la nuit est un beau sortilège. Pourtant ce n’était pas gagné d’avance, le groupe étant déjà allé très loin dans la déstructuration de son ambient des bas-fonds sur l’aride Geisterfaust. Mais en rejouant de plus belle la carte des lucioles jazzy, Bohren abritent leur musique sous la coupole cotonneuse du spleen, et livrent ainsi l’une de leurs œuvres les plus touchantes.


AsvaWhat You Dont Know Is Frontier
Du drone à la fois beau et intelligent, c’est possible ? Asva prouvent que oui avec ce disque, véritable cathédrale de la matière son, sachant passer les tripes à la centrifugeuse comme tout bon album de Sunn O))), mais ne négligeant jamais la nécessité de nicher dans cette masse noire quelques magnifiques vapeurs d’orgue et autres lumières rassurantes. Constamment prisonniers du vertige, Asva dépeignent une réalité sombre et inexorable, tendue d’échappatoires idylliques qui sont peut-être autant de pièges et d’illusions. Une réalité qui n’est pas sans évoquer le Blade Runner de Ridley Scott. On a vu pire comme référence…


ProclamationMessiah of Darkness and Impurity
La caution poétique de ce top 10… L’Espagne n’est pas franchement une terre de metal, mais quand il s’y met, l’Ibère tabasse. Adhérant jusque dans ses moindres clichés à la mouvance war metal primitive des Blasphemy, Conqueror et autres Archgoat, Messiah of Darkness and Impurity célèbre le porcin en grande pompe à renfort de bastonnade rythmique ininterrompue, de riffs marécageux et autres shreds des cavernes non remboursés par la sécurité sociale. Et qu’est-ce donc qui en fait l’un des meilleurs albums de l’année, me demanderez-vous. Ce à quoi la seule réponse tolérable est : listen or die !!!


Stille OpprøRS.O2
Intéressante évolution pour le projet de Christer André Cedeberg (ex-InThe Woods…, ex-Drawn). Après le tout-acoustique intimiste de Prosjekt 2 13, Stille Opprør rejoignent un rock cérébral et débordant de feeling, accrochant dans leur traîne des influences aussi prestigieuses et variées que Bob Dylan, Anathema ou encore le post-rock electro-ouaté de Bark Psychosis. Un album gavé de belles trouvailles d’écriture, dont les morceaux laissent tous à leur manière une empreinte durable.


NachtmystiumAssassins : Black Meddle Pt. 1
Nachtmystium ont fait abondamment parler cette année, notamment dans le sillage de leur prestation détonante au Noise Festival d’avril dernier, qui pour beaucoup a fait office de révélateur. Que fallait-il dès lors penser d’un album de black metal se réclamant ouvertement de l’influence Pink Floyd, et jetant allègrement dans un chaudron bouillant cavalcades blastées, refrains fédérateurs à la Motörhead et surprenantes digressions psychédéliques ? Eh bien que c’est de la balle, tout simplement.


DarkspaceIii
Trois albums de la même chose, et pourtant on en reprendrait sans hésiter un quatrième. Et un cinquième, etc. Avec leur recette limpide et pourtant unique sur la scène metal, les Suisses slaloment dans les cellules grises comme le Millennium Falcon dans un champ d’astéroïdes. Le champ lexical de l’astrophysique ayant été maintes fois asséché au sujet de Darkspace, ne reste qu’à pousser votre système stéréo dans ses derniers retranchements et à vous laisser téléporter par cette musique au magnétisme surnaturel.


Bilan 2008 somath

Ah, l’exercice épineux du bilan de fin d’année est arrivé, c’est l’heure de se creuser la tête pour départager des albums ou des films qui n’ont rien à voir pour déterminer qui fera partie du fameux Top 10 ou qui va sombrer dans les limbes de l’inconnue pour ces prochaines années.

Parlons musique tout d’abord, avec une année qui m’a un peu déçue, surtout après l’avalanche de chef d’œuvres de l’année dernière (petite piqûre de rappel : Dillinger escape plan, 108, The bad plus…), mais qui n’est pas pour autant dénuée d’intérêt. Pour résumer, un paquet de bons albums mais peu de choses qui m’ont vraiment scotché sur des centaines d’écoutes passionnées. Si je devais résumer cette année par un mot cela serait quand même, confirmation, oui, confirmation. Tout d’abord, la confirmation que 31 Knots est le groupe le plus inventif et excitant de sa génération, confirmation que les Melvins ont bouffé du lion et comptent nous faire manger la poussière pendant un bon paquet d’années, confirmation également que Nick Cave et David Eugene Edwards (Woven Hand) sont des songwriters exceptionnels.Je vais plutôt m’intéresser ci dessous aux groupes exclus du fameux top 10 pour relever les albums qu’il ne faut pour autant pas oublier.

Tout d’abord le magnifique album de Steve von Till qui nous offre un bijoux de folk sombre et habité, là où son compère de Neurosis Scott Kelly se sera planté en livrant un album plat et peu intéressant. Pour rester dans le côté sombre de la force, relevons l’album des Gutter Twins, passionante collaboration entre Greg Dulli et Mark lanegan. Et si la délicatesse et la variété vous intéressent, foncez vers les joyaux que sont les disques de The Walkmen et Spiritualized.
Au niveau de la violence, notons qu’Opeth et Meshuggah nous ont pondu deux excellents albums qui contribuent à leurs excellentes discographies, que Disfear s’est fendu d’un album terriblement efficace et que Cursed (RIP) a mis une sérieuse claque à tout amateur de son crade et distordu. Ajoutons le sludge original d’Intronaut et le très bon disque éclectique d’Helms Alee.Je ne peux oublier le dernier album d’Alain Bashung, véritable chef d’œuvre de poésie.

Un petit passage par le rayon des espoirs me semble approprié, avec Maps & Atlases et un EP entre Animal Collective et Battles fortement recommandé, et surtout Crystal Antlers qui en six titres se place en tant que « next big thing » du revival prog-psychédélique, rien que ça. Je relèverai également Loose Lips Sink Ships qui malgré encore quelques imprécisions développe un post-math-rock passionnant et frais.

Jazz is not dead, tel était le slogan du festival Jazz à la Villette de cette année, autant dire qu’ils n’avaient vraiment pas tort car cette année fut très bonne pour ce style que certains pensent mort. Commençons par les 3 albums de collaborations d’Erik Truffaz, un chef d’œuvre d’electro avec Murcof, un concentré rythmiquement improbable avec le beatboxer Sly Johnson, et une balade indienne envoûtante pour son projet « Benares ». Rendons hommage au pianiste Esbjorn Svensson décédé cette année et au dernier album de son groupe E.S.T, véritable claque aux frontières du jazz et de la musique expérimentale. Citons en vrac la magie du Live at Belleville d’Arild Andersen, les envolées lyrique du trio de Jean-Philippe Viret, et la ballade en terre inconnue de Julia Hulsmann, le voyage oriental impressionnant de Secret Chiefs 3. Une déception au compteur, celle de The Bad plus qui nous sort un disque plutôt fade à cause d’une collaboration avec une vocaliste qui ne m’enchante pas.

Beaucoup de noms en vrac mais je ne pouvais pas oublier tous ces groupes qui ont émerveillé cette année musicale riche en découvertes.
Je laisse maintenant parler la cruelle loi des Tops 10 et vous souhaite plein de bruits, de sueurs et d’émotions pour cette nouvelle année.

Concerts

11 février / Magma-Paris
15 février / Pere Ubu+ Dirty Three-Villejuif
29 mars / Rhaa Lovely Festival :Enablers, Dead Meadow,Sleeping People
22 avril / Thee Silver Mt Zion– Genève
29 avril / Nick Cave and the Bad Seeds-Casino de Paris
1er mai / Magic Markers-Paris
6 mai / Portishead-Paris
7 mai / Prefuse 73-Paris
6/7 juin / Villette Sonique :Shellac + Melt Banana + Pan Sonic
20/21/22 Juin / Hellfest Dillinger Escape Plan, Meshuggah, Porcupine Tree,Between the Buried and me
4->14 septembre / Jazz à la Villette :Charles Lloyd, Tortoise , Pierre Henry feat. Erik Truffaz
26 septembre / 31 Knots + We insist ! + One second Riot– Saint ouen
15 novembre / Sigur Ros-Paris
23 novembre / Woven Hand-Paris
25 novembre / Mercury Rev-Paris

Déceptions

dEUS : Vantage Point
Mercury Rev : Snowflake Midnight
10 janvier / Tricky – Paris
29 Mars / Magyar Posse – Rhaa lovely festival
6 juin / Throbbing Gristle – Villette Sonique

Culture

Passons aux salles obscures, car 2008 fut une grande année pour le cinéma. Tout d’abord cette palme d’or pour Entre les murs qui l’a entièrement mérité, un film grandiose, bluffant, qui vous captive comme rarement. La fin d’année fut marquée par le « Two Lovers » de James Gray, impressionnante leçon de maîtrise d’un réalisateur définitivement génial confirmant le talent incroyable de Joaquin Phoenix. On pourra dire la même chose pour No country for old men, Vicky Cristina Barcelona, There will be blood ou Chronique des morts vivants qui, dans leurs styles respectifs, montrent la fraîcheur et le talent de réalisateurs connus et reconnus mais qui ne perdent pas leur verve créatrice pour autant. Notons deux autres films marquants qui ont révélé d’excellents réalisateurs, « Julia » d’Erick Zonka (avec la fabuleuse Tilda Swinton) et L’un contre l’autre de Jan Bonny, terrible film sur un couple qui n’est pas au mieux de sa forme. Si je devais décerner mon prix du meilleur film de l’année je crois que je diraisIt’s a free World de Ken Loach, histoire dramatique montrant l’étendu du problème de l’immigration en Angleterre tout en posant de grandes questions sur la nature humaine, cela a l’air rébarbatif résumé de cette façon mais ce film est totalement génial.
Je finis par une petite liste d’autres films qui auraient pu faire partie de ma sélection et j’espère que le curieux qui est en chacun de vous ira jeter un œil sur ces très bons moments que sont Deux jours à tuer, Le silence de Lorna, Funny Games U.S., Valse avec Bachir ou le délicieux Promets-moi.

Les 10 films qui ont marqué 2008 :

It’s a free world de Ken Loach
Entre les murs de Laurent Cantet
Eldorado de Bouli Laners
Two lovers de James Gray
No Country for old men de Joel & Ethan Coen
Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen
Julia d’Erick Zonca
There will be bloodde Paul Thomas Anderson
L’un contre l’autre de Jan Bonny
Chronique des morts vivants de
Georges A. Romero

Albums de l’année

31knotsWorried Well
Après la petite déception de l’année dernière, le trio revient au top avec un album brillant d’inventivité et d’
énergie.


PortisheadThird
Reformation surprenante par sa qualité pour un album sombre, protéiforme et déjà intemporel.


MelvinsNude With Boots
Melvins are not dead, et ils ont assez de rages pour clouer le bec au monde entier, let’s rock.


Nick Cave & the Bad SeedsDig, Lazarus, Dig !!!
Rien à dire, Nick Cave est une légende, il continue de me faire vibrer par ses chansons exceptionnelles.


Woven HandTen Stones
Comme pour Nick Cave, un songwriting qui vous prend aux trippes pour ne plus jamais vous lâcher.



Un voyage passionnant entre musique électronique et jazz,c’est beau, très très beau.

Dub TrioAnother Sound Is Dying
Un album d’une fraîcheur et d’une inventivité incroyable, tout simplement.



Découverte exceptionnelle, un mur de sons d’une puissance peu commune.

The Mars VoltaThe Bedlam in Goliath
Un album plus concis et plus efficace que le précédent, emmené par un nouveau batteur exceptionnel, grand groupe.


UfommamutIdolum
Le disque qui a cloué le bec a un nombre incroyable de personnes cette année, c’est lourd, sombre, drogué et d’une puissance ahurissante.


Bilan 2008 krakoukass

Et une année de plus au compteur…
Encore une fois 2008 a apporté son lot de bonnes choses, et c’est une nouvelle fois bien difficile de ne sélectionner que 10 albums à pointer du doigt comme les indispensables de l’année.

Prenons donc quelques instants pour évoquer les quelques autres excellents albums qui auraient pu figurer dans le top 10 mais qui finalement restent de peu au pied du podium. Quelques retours gagnants d’abord avec celui des anglais de Portishead qui frappent encore très fort avec leur glacial Third, certainement leur album le plus difficile d’accès mais dont la richesse compense les efforts nécessaires pour pénétrer leur univers. Autre retour en forme, inespéré celui-là, que celui de Metallica cette année. Les avis sont partagés sur ce Death Magnetic, pour ma part je n’en attendais rien après la déception causée par St Anger, et je me suis pris une douce claque, puisque c’est un vrai retour inspiré et thrash que les Four Horsemen nous proposent là.
Confirmation aussi par les norvégiens de Enslaved dont le Vertebrae m’a tout à fait convaincu et captivé après m’avoir pourtant rebuté aux premières écoutes. Décidément un groupe en marge des autres qui suit sa propre voie, et s’éloigne toujours un peu plus du black de ses débuts. Respect.
En black aussi, Darkspace a confirmé son statut de groupe à part, en sortant peut-être son meilleur album avec un III très riche et (un peu trop) dense.

Les autres outsiders 2008 ont constitué de bien belles découvertes pour moi :

Le black direct et sans concession des français de Hegemon m’a enchanté, tandis que le black aux atours progressifs ou même punk des américains de Nachtmystium m’a vraiment impressionné, tant sur l’EP Worldfall sorti quelques mois avant l’album, que sur ledit album Assassins : Black Medde Part 1. En black tirant sur le doom, bien dépressif et sombre, on ira voir du côté des finlandais de Totalselfhatred qui ont sorti un premier album d’une qualité exemplaire qui aurait bien pu figurer dans le top 10…
Découverte aussi de Burst, mieux vaut tard que jamais, avec le très bon Lazarus Bird, aux compositions riches et passionnantes, ainsi que de Withered dont le black poisseux flirtant avec le sludge de leur Folie Circulaire, m’a bien retourné la tête comme il faut.
N’oublions pas non plus les nouveaux albums de Keep of Kalessin, Scar Symmetry ou encore Meshuggah, tous trois très bons, même si le premier s’est de prime abord révélé un peu décevant.

France

Enfin, l’espoir français 2008 s’est incarné par Minushuman, né sur les cendres de Dark Poetry, et qui propose avec son Watch the World Die un premier album auto-produit terriblement réussi dans un registre de métal moderne, mélodique et puissant. Grosse claque que cet album, j’attends vraiment avec impatience de voir ce que le groupe sera capable de nous proposer par la suite.

DVD

Un peu déçu par le DVD d’Opeth, The Roundhouse Tapes, qui reste toutefois de bonne facture, je n’ai en revanche pas du tout été déçu par le FABULEUX DVD (vendu qui plus est avec la version audio en cd) de Between the Buried and Me, performance live magistrale complètement à la hauteur du génial Colors sorti l’an passé. Une acquisition absolument indispensable!!

Révélations

16 Horsepower. Malheureusement disparu aujourd’hui, ce groupe qui a sorti 4 albums (dont mon favori reste pour le moment Sackcloths & Ashes) et des live nous donnait pourtant l’occasion d’apprécier un songwriter et un chanteur de génie au service d’un rock flirtant avec la country sans jamais donner la désagréable impression de verser dans le kitsch. L’histoire se poursuit désormais pour David Eugene Edwards, avec son nouveau groupe Woven Hand un peu moins savoureux à mon avis, mais très intéressant et personnel néanmoins.

Déceptions

Pour être complet, on mentionnera aussi les déceptions, plus ou moins grosses, causées par quelques sorties en 2008.
Grosses déceptions d’abord avec les sorties médiocres de Ihsahn, Slipknot, Smaxone, Destinity ou encore Volbeat.
Déceptions plus relatives avec les dernières livraisons de The Evpatoria Report (on est loin du niveau du premier album le sublime Golevka), Satyricon (attention à la redite et à la facilité) et Gojira (ça reste excellent, mais pas du niveau des autres albums).

Culture

Films de l’année :
No Country for Old Men
Batman – The Dark Knight

Autres

Album hors rock/metal de l’année :
SantogoldSantogold : un très sympathique petit bonbon d’électro pop flirtant avec la soul.

Albums de l’année

DopplerSongs to Defy
Un album de noise rafraichissant et étourdissant. Autant le premier album de Doppler était un peu trop torturé et barré pour me plaire, autant les compositions virevoltantes mais carrées de Songs to Defy me conviennent parfaitement. Tout simplement la claque de l’année, et c’est français s’il vous plaît !


KloneAll Seeing Eye
Encore du français en 2ème position avec ce nouvel album des très talentueux Klone. Leur métal puissant s’accouple cette fois avec des sonorités presque alternatives et auxquelles les poitevins n’hésitent pas à adjoindre des instruments originaux (comme les cuivres ou la harpe). Une réussite insolente qui fait de ce groupe l’un des plus talentueux de l’héxagone.


OpethWatershed
Opeth, what else? Ce groupe reste décidément au-dessus du lot, et si j’avais été un peu déçu par le précédent album Ghost Reveries, cette fois je ne trouve rien à redire. C’est toujours aussi beau et puissant à la fois, Mikael chante toujours aussi magnifiquement bien et les compositions des suédois sont toujours d’une incroyable richesse.


Septic FleshCommunion
Revenus du royaume d’Hadès, les grecs font un retour triomphant avec un Communion non seulement très symphonique mais à la puissance écrasante. On n’osait pas espérer un retour d’une telle qualité pour ce groupe d’exception. Vivement le prochain album du coup !


Genghis TronBoard Up the House
Encore un groupe que j’ai découvert cette année et qui m’a mis une énorme claque avec ce fantastique Board up the House, mêlant la furie du grind à des arrangements et sonorités électroniques à la Aphex Twin. Le résultat est juste stupéfiant et constitue une réussite incontestable.


Impure WilhelminaPrayers and Arsons
Certainement moins bon que les deux précédents (d’un niveau exceptionnel à chaque fois), ce nouvel opus des suisses n’en a pas moins tourné un nombre incroyable de fois dans la platine cette année. Leurs mélodies noisy et la voix de Michael Schindl continuent de me faire chavirer et de me toucher au plus haut point. Un grand merci messieurs !


DarkestrahThe Great Silk Road
Quel album magnifique ! Ce groupe originaire du Kirghizstan émigré en Allemagne, propose avec The Great Silk Road, rien de moins que mon album de black de l’année. Dans la lignée d’un Drudkh au top de sa forme, le groupe emmené par une demoiselle au chant, sait se faire à la fois agressif et mélodico-atmosphérique en s’appuyant sur un folklore au remarquable pouvoir dépaysant.


TexturesSilhouettes
D’abord bizarrement déçu par ce nouvel album des bataves, j’ai finalement succombé devant un album presque aussi bon que le précédent… Mélangeant habilement la puissance et la polyrythmie d’un Meshuggah, aux qualités vocales et mélodiques d’un Devin Townsend, Textures est certainement pour moi le meilleur représentant actuel de ce type de métal « moderne ».


SludgeLava
Alternant entre compos rapides d’une efficacité implacable et énormes chapes de plomb assommantes (extraordinaire « Below (Litanies of Satan) », les suisses de Sludge (groupe monté par Makro de Samaël) emmenés sur ce Lava par le talentueux Danek et son chant possédé, écrasent et démolissent tout sur le passage. Efficacité maximale, puissance phénoménale, album dantesque.


These Arms Are SnakesTail Swallower and Dove
L’outsider de l’année. Je ne connaissais pas ce groupe, et j’ai accroché en fait très progressivement (à force d’y revenir l’air de rien) à ce rock aux accents noisy. Finalement, même si ce Tail Swallower & Dove n’est pas un album parfait (la 2ème partie n’étant pas à la hauteur de la sublime première), il a trop tourné pour que je ne lui accorde pas une place de choix dans mon top 10 annuel.


Bilan 2008 adrien

Concerts

The Black Angels/The Warlocks– The Aquarium, Fargo ND (USA)
The Last Shadow Puppets – L’Olympia, Paris (France)
The Lords Of Altamont – Le Nouveau Casino, Paris (France)

Culture

Films de l’année :
The Darjeeling Limited- Wes Anderson
Batman : The Dark Knight- Christopher Nolan

Livres :
(Le must de ce que j’ai lu ou relu cette année, sans distinction d’année de sortie)

Punk Is Dead, Punk Is Everything- Bryan Ray Turcotte
Eye Mind (The Saga Of Roky Erickson & The 13th Floor Elevators)- Paul Drummond
Choosing Death- Albert Mudrian
The Rum Diary- Hunter S. Thompson
We Owe You Nothing (Punk Planet : The Collected Interviews)- Daniel Sinker
Slam- Nick Hornby
King-Kong Theorie- Virginie Despentes

Albums de l’année

The KillsMidnight Boom
Sex, drogues et rock’n’roll.

The Black AngelsDirections to See a Ghost
Psychédélique, noir, ultra référencé mais passionné et passionnant.

The Last Shadow PuppetsThe Age of Understatement
Chansons rétros, pop orchestrale et ambiances dramatiques.

The HellacoptersHead Off
Des reprises qui sonnent comme des compos originales, pour ce qui est le dernier album de ce génial groupe.

MetallicaDeath Magnetic
Une véritable surprise, un album qu’on attendait pas aussi bon.


Vile ImbecilesQueenie Was a Blonde
Punk-rock, tordu, macabre et décadent.


Aqua Nebula OscillatorUnder the Moon of…
Guitares volcaniques, ambiances cosmiques, rituels vaudous…

Nine Inch NailsGhosts I-Iv
Ou comment composer un très bon album à partir des chutes des trois derniers.


Nick Cave & the Bad SeedsDig, Lazarus, Dig !!!
Quand je serai grand, je veux être Nick Cave.



Quand je serai vieux, je veux bien avoir la pêche de Lemmy.