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Grand Theft Auto 4

Une fois n’est pas coutume, une chronique de jeu vidéo sur Eklektik. Mais pas n’importe quel jeu puisque Grand Theft Auto 4 est sans aucun doute le jeu le plus attendu depuis plusieurs mois (voire plusieurs années) par des cohortes de gamers en mal de sensations fortes depuis le dernier épisode en date (GTA San Andreas) et désireux d’étrenner enfin la liberté d’action propre à la franchise sur une console nouvelle génération.
C’est donc le 29 avril que le messie a finalement débarqué dans les meilleures crémeries (il s’est d’ailleurs retrouvé en rupture de stock en quelques heures dans de nombreux magasins).

Au programme, tout ce qui a fait le succès de la série (surtout depuis le révolutionnaire GTA3)… et beaucoup plus encore !
Après avoir incarné un anonyme muet dans GTA3, un mafieux façon Scarface dans GTA3 Vice City, et une petite frappe de banlieue dans GTA San Andreas, c’est avec Niko Bellic que le joueur fait rapidement connaissance. Cet européen (qui a servi dans l’armée) a quitté sa Serbie natale pour débarquer à Liberty City retrouver son cousin et vivre la grande vie que ce dernier lui a promis. Evidemment à l’arrivée dans la superbe ville (à l’architecture fortement calquée sur celle de New-York, statue comprise), les choses ne sont pas aussi roses qu’attendu et le fameux cousin (Roman), vit en fait dans un taudis, et est harcelé par un mafieux russe qui lui rend la vie misérable.
Vous l’aurez compris, une fois de plus (la règle de GTA est toujours la même) il faudra partir de zéro, se construire une réputation, des alliances, se faire une garde-robe correcte et remplir son compte en banque au départ désespérément vide.
Le scénario d’apparence basique va finalement rapidement révéler quelques surprises, notamment que Niko n’a peut-être pas débarqué à Liberty City que pour vivre le rêve américain…

Mais qu’importe le scénario, ce n’est évidemment pas uniquement cet aspect du jeu qui intéresse les joueurs avec cette franchise, mais surtout son univers et son gameplay « bac à sable » qui a fait la renommée de la série.
Et pour le coup, le joueur ne va pas être déçu du tout tant la liberté d’action atteinte avec ce 4ème opus est désormais purement et simplement hallucinante.
En gros et pour résumer l’esprit du jeu, il devient quasiment possible de faire tout ce que vous pouvez imaginer.
Une grosse nouveauté du jeu est le fait que l’on se balade désormais en permanence avec un téléphone portable (finie la sempiternelle cabine téléphonique) qui sera une pièce maîtresse de tous les évènements qui auront lieu (ça et le GPS désormais installé dans toutes les voitures, permettant de se guider facilement).
Ce téléphone vous permettra notamment d’interagir avec tous les personnages rencontrés dans le cadre du scénario, afin de développer des relations amicales avec ceux-ci. Vous pourrez ainsi appeler une de vos connaissances et lui proposer en vrac : de boire un verre, d’aller au restau, au cabaret voir un spectacle (on y assiste vraiment et les spectacles sont assez drôles), d’aller faire un bowling, un billard ou de jouer aux fléchettes (chacune de ces 3 activités donnant lieu à un mini-jeu bien sympathique), d’aller au club de strip-tease, de faire un tour en hélico… Bref beaucoup d’activités possibles qui ont pour seul objectif de vous distraire et de resserrer les liens d’amitié avec les personnages que vous fréquentez. Aucune de ses activités n’est indispensable pour le déroulement du jeu, vous pouvez très bien vous contenter d’effectuer les missions prévues dans le scénario. La maître-mot est vraiment : liberté.
Autre possibilité du téléphone, appeler le 911 pour demander qu’une voiture de police arrive (bien pratique lorsqu’on a besoin de se procurer une voiture de flics), une ambulance ou les pompiers…
Autre nouveauté : à certains moment-clés du scénario il vous faudra choisir entre laisser vivre ou exécuter certains personnages et il semblerait que le choix fait influe éventuellement sur le déroulement ultérieur du jeu.

Ce jeu peut donc se jouer avec une dose de moralité ou pas du tout (sachant qu’à la base le personnage de Niko n’est pas vraiment un saint), selon l’humeur, l’envie ou son propre caractère (d’ici à ce que Nicolas s’en serve pour repérer les psychopathes en puissance…).
Inutile de dire que ce n’est clairement pas un jeu pour les enfants, mais bien réservé aux adultes, car la violence et le sexe sont omniprésents dans l’univers de GTA.
Les exemples d’immoralités sont nombreux mais citons par exemple le braquage de magasin qui est désormais possible. Autre exemple, très vicieux : attendre la nuit, aller ramasser une prostituée (elles sont assez faciles à trouver dans la ville) puis l’emmener dans un coin sombre. Après avoir choisi la « formule » à 20, 50 ou 70$ (je vous laisse imaginer à quoi correspondent ces formules, sachant que sans pour autant tomber dans la pornographie, les choses sont très visuellement explicites durant l’acte) et une fois l’«affaire faite », la prostituée descend de la voiture, rien ne vous empêche de descendre à votre tour et d’abattre la malheureuse pour récupérer votre fric. C’est vrai quoi, il n’y a pas de petites économies.
Si vous souhaitez adopter un comportement plus « moral » rien ne vous empêche de jouer les justiciers en volant une voiture de flic, et en accédant à l’ordinateur de bord qui vous permettra de repérer les crimes en cours, ou de partir aux trousses de criminels recherchés pour diverses infractions ou crimes. Evidemment la justice s’abattra sur ces pauvres hères de la façon la plus brutale qui soit, puisque vous n’aurez pas pour objectif de les mettre en prison, mais de les rayer de la surface de la terre (la méthode étant à votre convenance).

Evidemment les forces de l’ordre sont toujours de la partie. Elles font d’ailleurs toujours preuve d’une certaine souplesse puisqu’elles fermeront toujours les yeux sur certaines infractions : vous pouvez donc toujours griller les feux rouges ou rouler à contresens, sans risque d’être inquiété (et heureusement sinon le jeu aurait été assez pénible). Par contre, refusez de payer le péage (oui puisqu’il y a des péages et que vous pouvez payer comme un honnête citoyen, ou passer en fonçant), tirez sur quelque chose ou quelqu’un, et votre indice de recherche grimpera. Il faudra alors semer la police (et donc sortir d’une zone de recherche matérialisée sur le radar) pour pouvoir vaquer à nouveau à vos occupations. Autant l’indice 1 vous laissera assez tranquille, autant dès le niveau 3 de recherche il faudra commencer à la jouer fine pour sortir de la zone de recherche, puisque la police se dotera d’hélicoptères qui vous lâcheront difficilement.

Si je vous dis en prime qu’il est également possible de s’acheter des fringues dans des magasins, d’aller au cybercafé, de surfer sur le net et même de rencontrer des filles (et de conclure) via un service à la Meetic, vous aurez je crois, compris l’idée : on tient avec ce GTA4 le meilleur épisode de la série (servi par des graphismes certes pas parfaits mais tout de même très réussis) et de loin.
Et encore je ne vous ai même pas dit que l’on peut également et pour la première fois dans un épisode de GTA, jouer en ligne sur Internet avec de nombreux autres joueurs, essentiellement dans des parties d’élimination des autres joueurs…

Bref, à un tel niveau, on ne parle plus seulement de jeu vidéo, mais d’une véritable expérience à vivre, un monde parallèle incroyablement riche et vaste qui s’offre au joueur et dans lequel il a la liberté de faire quasiment tout ce qu’il veut faire.
Attention quand même à ne pas confondre la réalité et le monde virtuel de GTA4 notamment lorsque vous serez au volant, le game over pourrait être brutal…

Disponible sur PS3 et XBOX 360.