Chronique

Découvre un groupe qui tue : Barishi

Si vous êtes comme moi, il est probable que vous n’ayez jamais entendu parler de Barishi, ce groupe américain formé en 2012 dans le Vermont, et qui sort cette année son 2ème album chez Season of Mist : Blood from the Lion’s Mouth. Or il se trouve que cet album, et plus généralement ce groupe m’ont mis une claque pas possible, claque accentuée par la découverte des deux autres réalisations du groupe précédant ce nouvel album.

Wrist Deep – Silver & Nails

Les ricains ont toujours été habitués à ces phénomènes de mini-tornades, ces putains de spirales de vent fou qui débarquent de nulle part et qui dévastent tout sur leur passage, ne laissant que des miettes derrière elles. Wrist Deep, c’est un peu la même tambouille. Jeune trio formé l’an dernier du côté de Brooklynn, les mecs débarquent avec un second EP qui tend à confirmer les promesses perçues sur leur premier (Pescador, sorti il y a un an).

Sarabante – Poisonous Legacy

Après Remnants (2011), les crustcoreux grecs de Sarabante ont connu une ascension plutôt conséquente. Sorti sur leur propre structure (Sara Records), le groupe a été repéré par une pointure, Southern Lord en l’occurrence, qui a ressorti ce premier album. Cinq ans après, les athéniens en donnent enfin une véritable suite (ils n’ont sorti qu’un EP en 2013 entretemps), toujours habités d’une rage agrémentée de désespoir, ce directement inspiré par le contexte économique et social de leur pays…

Feral Light – A Sound Of Moving Shields

Originaire du Minnesota et contenant des ex Wolvhammer, Empires, Manetheren, et Finger Of Scorn, Feral Light est un nouveau venu sur la scène black metal, attention pas la « pure » (bien que pas si loin) mais celle qui ne rechigne pas à aller un peu en périphérie pour flirter avec le crust et le post-metal. Fraîchement signés sur Sentient Ruin Laboratories, le jeune groupe signe un premier cinq-titres plutôt prometteur.

The Brave – Epoch

Bring Me The Horizon est un groupe qui a évolué avec son époque. De ses débuts Myspace-deathcore, la bande à Oli Sykes a ensuite muté vers un hardcore/metal plus ouvert sur les parties mélodiques au point de carrément virer ensuite dans une direction plus pop, re-au point même d’ajouter des parties electro sur leur dernier album. Pourquoi je parle de Bring Me The Horizon alors que cette chronique n’est pas de ce groupe ? Tout simplement parce que The Brave semble tellement admirer le groupe anglais qu’il nous en livre une version copie quasi conforme…

Goblin Cock – Necronomidonkeykongimicon

Cela faisait de longues années que ces mystérieuses entités du stoner rock au nom fleuri n’avaient pas donné de nouvelles. Les gars de San Diego, responsables de clips particulièrement badass (matez donc ça et ça) il y a une dizaine d’années, sortent donc de leur silence en livrant enfin leur troisième album (le dernier étant sorti il y a huit ans) qui annonce une fois de plus la couleur: on joue sur le côté dark mais on ne se prend pas au sérieux (Necronomidonkeykongimicon, quel titre !).

Sink – Ark of Contempt and Anger

La bizzarerie de l’année sortie sur Svart Records (uniquement en vinyle, ne cherchez pas le cd), entre dark-folk, ambient et gothique, avec un chanteur à la voix superbe (on pense à Johann Edlund, et au Tiamat de A Deeper Kind of Slumber notamment sur « Dream Map »). Froid, mais non moins superbe même quand Sink se lance dans un instrumental tout électronique avec le superbe -donc- « Consolation ». Finalement Sink évoque un peu le Ulver des sorties récentes, avec un côté experimental et libéré qui croise le fer avec des mélodies envoûtantes.

The Album Leaf – Between Waves

Relapse a toujours été un label en marge, siège d’un maximum de groupes à fort statut depuis sa forte expansion dans les années 90/2000 au point de devenir une référence. L’éminent label a ces derniers temps fait pourtant preuve d’une étonnante ouverture d’esprit en signant des formations à mille lieues de leurs habitudes situées autour du metal et du hardcore, ainsi ont plus ou moins récemment rejoint leur roster des groupes comme les shoegazeux Nothing, les rétrofuturistes S.U.R.V.I.V.E. (la B.O de la série Stranger Things) ou les post-rockeux The Album Leaf qui nous intéressent aujourd’hui.

Billy Talent – Afraid of Heights

Sur le papier, les choses étaient simples : on annonçait un nouveau Biffy Clyro et un nouveau Billy Talent pour 2016. Si j’avais du parier sur l’un il est évident que j’aurais mis tous mes kopecks sur le premier, n’attendant plus grand chose du deuxième. Sauf que dans les faits, le nouveau Biffy (Ellipsis) s’avère malheureusement d’une médiocrité à pleurer, et à l’inverse Billy Talent se montre enfin à nouveau à la hauteur des promesses de ses deux premiers albums (je ne compte pas l’album sorti sous le nom de Pezz).

Gif From God – …Defragmented…Reformatted

Mélanger screamo/emo violence et grindcore semble passé de mode, la plupart de ces groupes « mélangeurs » ayant tout dit en début des années 2000 (remember Reversal Of Man, Love Lost But Not Forgotten ou encore Some Girls). Quelques rares groupes comme I Hate Joanna Lumley tentent de perpétuer ce genre de mix ces dernières années mais cela reste loin de l’effervescence Myspacienne qu’il y avait alors. .Gif From God débarque donc de Richmond, Virginie, avec un premier album en « name your price » rappelant au bon souvenir de cette scène mélangeant folie et agression.