Chronique

Masada – S/T

Masada est l’un des projets de John Zorn (accompagné de Joey Baron, Greg Cohen et Dave Douglas), actif entre 1994 et 1997 sous ce nom (trois ans durant lesquels dix albums studio ont été produits), avant d’en changer au fur de la valse des participants. Alors, le premier Masada se serait-il reformé ? Raté, cela n’a rien à voir, il s’agit là d’un homonyme (hommage ?) venant d’Allemagne et officiant dans un emo/screamo à l’ancienne.

The i.l.y’s – Scum With Boundaries

Deuxième album de cette formation qui est en fait le side-project de deux des furieux de Death Grips, dont le leader Zach Hill (complété d’Andy Morin), Scum with Boundaries est une excellente surprise même si l’on n’a (comme moi) jamais écouté le premier album, et même si on a jamais complètement adhéré aux sorties hip-hop bruitistes signées Death Grips.

Grindmother – Age Of Destruction

Si gueuler est universel, n’importe qui peut tenir le micro dans un groupe de grindcore. Caninus faisait gueuler des chiens, Sockweb une petite fille (dont le papa s’est malheureusement récemment donné la mort), Hatebeak un perroquet (et je pense qu’on peut trouver encore plein de « chanteurs » originaux). Comme son nom le suggère, dans Grindmother c’est donc une grand-mère qui gueule, celle-ci trône d’ailleurs fièrement sur la cover de ce Age Of Destruction.

Black fucking cancer – Black fucking cancer

Le black est un des styles de metal les plus foisonnants ; dresser un panorama serait fastidieux tellement ça part dans quasiment tous les sens. Sans aller jusqu’à plaider pour des retrouvailles exclusives avec l’essence même du genre, il faut bien reconnaitre que la nécessité de se recentrer est parfois salutaire. Malgré les nombreuses sorties scandinaves, il n’est pas impossible qu’en 2016 l’étendard de la haine soit porté par les USA.

No Vale Nada – Demain

Trio formé en 2009, No Vale Nada cultive une part de mystère en ne situant pas sa provenance (« une partie de la France dont on ignore la localisation précise ») et en n’indiquant que leurs initiales en guise d’identité. Du mystère et un peu d’appréhension en découvrant la cover que Demain, une gueule cassée, que dis-je carrément ravagée, soit l’état dans lequel il faut s’attendre de finir après l’écoute de cet album ?

Dead Ficus – Rise Or Fall

Les amateurs l’auront remarqué, le melodeath à la scandinave ne fait plus franchement recette, le grand public lui ayant préféré le metalcore/deathcore (pour la plupart) depuis (et encore, cette tendance semble elle aussi en déclin… alala les modes…). Dead Ficus est un jeune groupe strasbourgeois qui apparaît aujourd’hui avec un premier album qui tend à un peu mélanger ces deux tendances, un album qui aurait très bien pu sortir il y a 15 ou 20 ans, au moment de l’effervescence autour de groupes tels que In Flames ou Soilwork.

Remote – Resilient

Trois ans. C’est le temps qu’il a fallu à Remote pour donner une suite à leur deux sorties de 2013, un premier album (Starving Blaze And Hollow Shades) enchaîné par un split avec les norvégiens Barren Womb. Le groupe parisien, composé de membres de Quartier Rouge et de HKY, a pris son temps pour bien laisser maturer la rage qui l’anime habituellement, cela donne Resilient, second album de mathcore au grain noisy qui ne fait pas semblant d’être en colère !

Karcavul – Intersaone

Une petite natation dans les eaux de la Saône commentée par Pierre Bellemare himself, ça vous branche ? Dit comme ça, ça ressemble à une partie de kamoulox mais c’est bien ce que renferme ce Intersaone, premier long-format du trio lyonnais Karcavul (faisant suite à une démo et un split avec UHL). Nous avons donc affaire ici à une croisière champêtre que nous offre le groupe, pleine de réjouissances sonores dans un cadre bucoliq… Comment ça c’est tout le contraire ?!

Slow Bloom – S/T

Bandcamp et sa version « name your price » continuent de nous abreuver de découvertes parfois franchement excitantes. Slow Bloom en fait partie et n’en est pourtant pas à ses débuts puisque le groupe californien (comprenant des membres de State Faults/ex Brother Bear) avait signé il y a deux ans un premier EP aux trois titres aux confluents du post-hardcore à l’ancienne, d’un peu de post-punk, le tout baigné d’une ambiance noise/grunge. Trois titres repris de cet EP et ajoutés à trois nouveaux autres pour ce nouvel EP, logiquement un poil plus long.

Hollywood Burns – First Contact (EP)

Après l’excellent album de Perturbator chroniqué dans nos pages, voici un nouveau venu sur la scène synthwave qui tente (à juste titre) de se faire un nom cette année. Son nom de scène, Hollywood Burns, derrière lequel ne se cache pas Emeric Levardon, et vous l’avez certainement deviné… Il s’agit encore une fois d’un français qui vient prouver son savoir-faire sur cette scène décidément largement dominée par nos compatriotes. Et à l’écoute de ce First Contact, il y a tout lieu de penser que ça va continuer…