Chronique

Metric – Art of Doubt

Desservi par sa pochette franchement simpliste et moche, voilà pourtant un album qui s’est imposé chez moi au fil des semaines comme un indispensable de l’année, l’air de rien, grâce à une surprenante longueur en bouche (en oreilles plutôt). Entendez par là que cet album qu’on écoute d’abord distraitement sans plus d’enthousiasme, révèle au bout de quelques écoutes sa profondeur, que les écoutes successives ne font que confirmer pour au final aboutir à une sévère addiction.

Silent Planet – When The End Began

Pochette sombre, titre dans les mêmes tons, tout laisse à penser que ce troisième album de Silent Planet ne va pas être la fête au village. Confirmation directe lorsque l’on jette un œil aux thématiques abordées dans ce When The End Began, de la drogue à la maladie en passant par la société de consommation ou les relations compliquées, là aussi on se dit que son écoute devrait nous secouer un peu. Pourtant le groupe californien brouille toutes les attentes en délivrant un metalcore assez conventionnel mais plutôt percutant, et non dénué d’émotions bien entendu.

Embryonic Cells – Horizon

Qu’elle soit post ou orthodoxe, la scène black metal n’a pas cessé d’évoluer pendant ces dernières années, intégrant de nouvelles influences au sein d’une base « traditionnelle ». Puis il y a les résistants, ces groupes préférant conserver l’aura d’origine du black/death metal scandinave à tendance mélodique typique de la fin 90’s/début 2000. Fondé en 1994 du côté de Troyes, Embryonic Cells poursuit donc cette exploration dans son nouvel album Horizon.

City Hunter – Deep Blood

3 heures du mat’, la fête a été sympa mais il est l’heure de rentrer. Un peu pompette, vous vous élancez dans des dédales de rues nocturnes, vous n’habitez qu’à quelques pâtés de maisons, ça ira vite. Tout à coup, vous vous retournez, vous sentez que quelque chose vous suit, mais rien à l’horizon, ça doit être l’alcool. Vous accélérez quand même un peu et sentez que ça vous colle toujours aux basques sans vous laisser aucun répit. Il est là derrière vous, c’est certain, vous vous retournez encore alors que votre souffle s’accélère, toujours rien. Des chiens aboient [...]

Drug Church – Cheer

Un album « trop pop pour les fans de hardcore, trop hardcore pour les fans de pop ». C’est par cette description assez bien trouvée que la fiche promo décrit Drug Church. Le groupe d’Albany (New York) mené par le très charismatique Patrick Kindlon (Self Defense Family/ex End Of A Year), ayant fait l’essentiel de sa carrière chez le très respectable No Sleep Records, sort ce Cheer chez Pure Noise Records avec des promesses de changements.

Demande à la poussière – S/T

Tirant son nom du best-seller de John Fante, Demande à la poussière est un jeune groupe parisien monté l’an dernier autour de Jeff Grimal (ex The Great Old Ones). Ce dernier a réuni autour de lui des musiciens au background divers puisque l’on retrouve des gens qui sont ou ont été dans Omrade, No Return ou encore Würm. Signé sur Argonauta Records (qui se fait mine de rien un catalogue de qualité), le groupe délivre un premier album très dense d’un black metal infusé de différents genres annexes et intégralement chanté en français.

Slow Crush – Aurora

Le shoegaze connaît un regain d’intérêt ces dernières années entre le retour aux affaires de Slowdive ou le succès de Nothing, les nostalgiques des atmosphères cotonneuses sur fond de murs de guitares peuvent être aux anges. Originaire de Belgique, Slow Crush déboule à son tour dans le game avec ce Aurora, premier long-format faisant suite à l’EP Ease et signé chez les excellents Holy Roar Records qui sort un peu de sa zone de confort hardcore torturé.

Un – Sentiment

Il y a des groupes qui recherchent des noms compliqués, très recherchés puis il y a des groupes comme Un, prenant un nom ultra basique, bien relou si tu dois en chercher des infos sur Google (surtout quand l’album s’appelle Sentiment, il y a bien moyen de tomber sur des skyblogs). Sentiment est donc le second album de ces doomeux de Seattle après le très bon The Tomb Of All Things (2015), nouveau mélange subtil de funeral doom et de sludge/post-metal peignant sur ces quatre monolithes des nuances de noir qui voient parfois quelques éclaircies mélodiques.

Dysylumn – Occultation

Deux ans après l’EP Chaos Primordial, les lyonnais de Dysylumn font leur retour avec ce Occultation, l’occasion pour nous replonger dans l’obscurité que ce soit au niveau sonore comme au niveau visuel semblant signifier un retour dans l’espace. Le black/death metal teinté de doom du groupe se défait (quasi) intégralement du chaos qui l’habitait autrefois pour partir désormais dans des structures beaucoup plus claires, toujours majestueuses.