emo/screamo/noise

Shin Guard – 2020

Intéressante trajectoire que celle de Shin Guard, jeune groupe de Pittsburg (Pennsylvanie) ayant démarré ses activités fin 2017 avec un Five Songs aux contours emo à l’ancienne (avec quelques touches screamo) très prometteurs. Pourtant moins d’un an plus tard c’est avec un ton un peu plus durci que le groupe sort Cerebral, contenant beaucoup plus de passages nerveux mais émotionnels pouvant rappeler Touché Amoré. Un durcissement qui se densifiera sur ce 2020, Shin Guard ayant décidé d’injecter une grosse dose de folie à sa musique ainsi qu’une envie de dérouter l’auditeur.

Sleep Talk – Everything In Colour

Originaire d’Adelaide (Australie), Sleep Talk aura attendu quelques années avant de sortir un premier album, deux ans après la sortie de « New Tradition », leur premier single (que l’on retrouve d’ailleurs ici). Le groupe a profité de ce laps de temps pour composer le reste des morceaux de ce Everything In Colour pour ensuite mieux les tester en live lors de tournées dans leur pays natal.

JØTNARR – S/T

Si l’on s’en était tenu à la simple lecture de son nom, tout porterait à croire que JØTNARR est un nouveau groupe venu de Norvège voire du Danemark, mais raté, ce trio barbu débuté en 2013 vient d’un peu plus au sud, de Grande-Bretagne plus précisément (Colchester). Mais forcément avec un tel patronyme, l’influence nordique transparaît dans leur musique. Le black metal occupe une place prépondérante mais se voit complété par des éléments venus du crust, du screamo comme du sludge, tout ça pour un résultat final bien loin de la mode « post-black » actuelle.

Fou de Joie – S/T

Fou de Joie s’est formé en 2015 du côté de Clermont-Ferrand, souhaitant mettre en commun les influences de chacun des membres: du post-rock, du math-rock et du midwest emo. Détail intéressant, le groupe n’a pas de chanteur à proprement identifié, chacun y va de sa participation vocale, et parfois en chœur. Ce premier album (financé via une plate-forme collaborative) ne se range donc dans aucune case prédéfinie, les clermontois nous guidant au gré de leurs fourmillantes idées.

Membrane – Burn Your Bridges

Comme la coupe du monde de foot, c’est tous les quatre ans que l’on prend rendez-vous avec Membrane pour un nouveau long-format. Entre-temps, le groupe de Vesoul n’aura pas chômé, ayant sorti en 2017 un live et un EP (Erase). Le trio n’a pas trop touché à sa recette depuis presque vingt ans, à savoir un mélange de noise et de post-hardcore (voire de post-metal), et montre avec ce Burn Your Bridges qu’il sait y faire pour installer un climat aussi tendu que mélancolique.

Barque – Pyre Builders

Un peu plus de deux ans après la très bonne découverte Coffin Cutters, les lillois de Barque se remettent à l’eau avec ce Pyre Builders, nouvel EP mettant une fois de plus à contribution de nombreux labels internationaux (ils sont cette fois au nombre de douze !). Leur mélange de hardcore à tendance dark, chaotique et très émotionnelle (tout ça à la fois) n’a pas foncièrement changé, pour notre plus grand bonheur !

Minors – Abject Bodies

Un peu plus d’un an après l’excellent Atrophy, les canadiens de Minors font leur retour, toujours chez Holy Roar Records, toujours aussi énervé ! Abject Bodies en est un solide successeur, mélangeant peut-être un peu plus de courants énervés pour une alchimie fatale !

Husbands – Self-Titled

Si Spotify est désormais un très bon outil de découvertes de nouveaux groupes, le boulot allant même jusqu’à être prémâché chaque semaine, Bandcamp résiste et se montre toujours efficace en nouveautés pour peu que l’effort de quelques clics en plus ne vous effraie pas. C’est donc par ce biais que j’ai déniché Husbands, quintet de Toronto, qui livre là un nouvel EP faisant suite à une démo parue il y a trois ans, l’occasion de se prendre dans la gueule une courte mais bouleversante dose de bon screamo.

Fange – Punir

Après nous avoir gratifié d’artworks morbides mais laissant faire l’imagination sur Purge (2014) puis sur Pourrissoir (2017), Fange passe au concret avec celui de Punir, qu’on pourrait qualifier de « mort-bide » cette fois. La représentation de ce gars décapité s’étant lui-même éviscéré repousse autant qu’il intrigue. Et si avec ce gros indice graphique, on s’attendait à ce que les limites audibles soient à nouveau repoussées, Fange surprend avec sa nouvelle approche…