pop/folk

Ashes Divide – Keep Telling Myself It’s Alright

Ashes Divide est le nouveau projet de Billy Howerdel, leader chauve de A Perfect Circle.
Bon avec une phrase d’intro pareille je suis à peu près sûr d’avoir gagné quelques clients qui resteront jusqu’au bout de la chronique.
Bien qu’on ne sache pas vraiment aujourd’hui si APC doit être considéré comme en sommeil ou pas, Ashes Divide a le mérite d’apporter une bonne dose de nouveauté à travers ces 11 titres.
Alors, comment s’inscrit Ashes Divide par rapport à APC, me demanderez-vous certainement ?

Pour être clair, les deux projets, même s’ils partagent certaines similarités, sont quand même assez différents, ne serait-ce que dans l’approche.
On retrouve certes ce sens aigu des mélodies vénéneuses et un son proche de celui d’APC, mais le tout se présente à nous dans un enrobage beaucoup plus pop et direct.

La première chose qui frappe inévitablement, c’est que ce n’est pas Maynard Keenan (Tool) qui tient ici le micro mais Billy Howerdel lui-même. Et il faut d’autant plus le souligner, que Monsieur Howerdel (on avait eu quelques aperçus avec APC) chante vraiment très bien, sa voix étant parfois assez proche de celle de Jared Leto (30 Seconds to Mars). La comparaison avec les 30 Seconds ne s’arrête d’ailleurs pas là à mon sens, car s’il est bien une comparaison qui tient la route pour décrire le style pratiqué par Ashes Divide, c’est bien celle-là.
Une pop-rock sophistiquée qui ose parfois quelques incursions timides dans le métal à travers un riff ou un passage de double grosse caisse (comme sur l’excellent « Enemies »), mais qui reste toujours très mélodique, voilà comment la musique de Ashes Divide -comme celle de 30 Seconds- pourrait être décrite.

Alors c’est sûr on ne retrouve pas cette légère complexité progressive qu’APC proposait pour le plus grand bonheur de certains. Pour autant les arrangements valent le coup, les incursions de piano sont vraiment réussies et quelques passages pourraient même sonner un peu indus à la NIN ou électro (discrets) à la Björk (comme sur « A Wish » par exemple). Il y a définitivement de quoi se rassasier sur ces 11 titres : ne serait-ce qu’avec le génial single « The Stone » (allez allez, foncez m’écouter ça sur MYSPACE hop !) qui pourrait bien devenir le tube de l’été sur TF1 (enfin en fait, non). « Denial Awaits », l’excellent « Enemies » (qui était le premier titre dévoilé sur Myspace), le très beau « Ritual » ou l’enlevé « The Prey » sans oublier le presque APCien « Sword », autant de titres qui ne manqueront pas de provoquer le ravissement.

Certes, Howerdel n’évite pas toujours le piège du titre radio friendly, « Too Late » par exemple sonne un peu trop ballade au susucre facile. « Defamed » également sonne un peu Placebo sur les bords et n’est peut-être pas la plus grande réussite de l’album.

Qu’importe, ces 2 exceptions ne nuisent pas à la qualité globale de l’album qui n’empêchera pas d’espérer un retour inspiré d’APC, mais aidera très efficacement à patienter en attendant ce jour!

  1. stripped away
  2. denial waits
  3. too late
  4. forever can be
  5. defamed
  6. enemies
  7. a wish
  8. ritual
  9. the stone
  10. the prey
  11. sword

http://www.youtube.com/watch?v=xQ_Q-GiQ7qY

Chewy – Somanydynamos

Si Chewy n’est plus, il est indéniable que le groupe aura marqué la scène indie rock Lausannoise en proposant une mixture détonante, qui mélangeait guitares abrasives, rythmes effrénés, et mélodies imparables.
En piochant dans un registre qui n’est pas sans rappeler Dinosaur Jr., Pavement, ou encore Superchunk, le groupe sort son premier maxi (Prime time (1996)) ainsi qu’un EP (Chewy (1998)) sur le label Fierce Panda. Le cap du premier album est franchi en 2000 avec l’excellent Whattookyousolong qui sort chez B Track Records, et qui assied la réputation du quartet comme une des valeurs sûres de l’indie rock Suisse.
Le combo revient deux années plus tard avec Somanydynamos avant de splitter en 2003. Suite à cette séparation, deux nouvelles formations – aux inspirations musicales totalement opposées – verront le jour : Pendleton, qui propose une pop folk acoustique teintée de country des plus agréables, et Sigurd, qui navigue quand à lui dans des eaux nettement plus noisy et oppressantes.

J’ai longtemps hésité entre Whattookyousolong et Somanydynamos pour cette chronique, car il s’agit là de deux disques de qualité, mais si mon choix s’est finalement porté sur la dernière réalisation du groupe, la raison est pourtant simple : la diversité des compositions, et le fait que le combo ne s’impose clairement aucune barrière.
Avec des titres tels que Black belt, Ain’t no light, ou encore King of the hill, on retrouve clairement la patte du quartet, qui mélange toujours avec habilité guitares énervées et passages mélodiques entêtants.
D’un autre côté, des morceaux comme l’instrumental Call of the wild (véritable clin d’œil aux Shadows, qui aurait très bien pu figurer sur la BO d’un film de Tarantino), le dépaysant Tornado, ponctué de quelques notes d’orgue, l’envoûtant et planant Winnetoo, ou encore l’étrange et touchant Where’d you go, viennent nuancer le tout et démontrent le talent de compositeur de Greg (chant, guitare), qui signe la majeure partie des titres présents sur cet album.
Sur les onze morceaux présents sur la galette, trois sont en effet signés et interprétés par Mathieu (guitare, chant), lesquels, sans être diamétralement différents de ce que le groupe a l’habitude de nous proposer, offrent une approche tantôt plus noisy (Bushes), tantôt plus intimiste (Virgin forest), mais toujours avec un mélodie imparable qui vous restera dans le ciboulot des heures durant (Dreamland).
Si les avalanches de larsen et les grosses guitares à la Sonic Youth se font plus discrètes, c’est clairement au profit de titres mieux ficelés et fouillés, mais qui ne perdent rien à leur force de frappe.
Avec cet album, le groupe nous livre là son œuvre la plus variée, mais aussi la plus complexe à digérer. Bien entendu, nous ne sommes pas en présence d’un disque qui nécessitera quinze mille passages dans votre chaîne hi-fi pour que vous en captiez l’essence, mais certains détails et autres subtilités ne se révéleront qu’après un certain nombre d’écoutes attentives.

En ce qui me concerne, Chewy reste un groupe incontournable dans le paysage indie rock Suisse, dont l’aventure s’est arrêtée malheureusement trop prématurément. Sans jamais dénigrer son adulation envers Dinosaur Jr., le groupe a su aisément imposer son identité, son « son » – reconnaissable principalement grâce à la voix d’éternel ado de Greg – et a toujours cherché à faire évoluer sa musique, plutôt que de stagner et d’opter pour la facilité.
Un excellent groupe que je conseille les yeux fermés aux amateurs de titres aux mélodies implacables, ainsi qu’aux fans des groupes précités.
D’ailleurs, pour ceux qui en veulent encore plus, je vous invite à découvrir l’album Almost pretty cool de Brainwash, qui était en fait la première mouture du groupe, et qui vaut lui aussi son pesant

  1. black belt
  2. bushes
  3. december
  4. call of the wild
  5. ain’t no light
  6. tornado
  7. virgin forest
  8. king of the hill
  9. winnetoo
  10. dreamland
  11. where’d you go

Fink – Distance and Time

Le précédent album de Fink, Distance And Time, s’était distingué dans une veine folk et pop aux arrangements discrets et élégants en 2006 et cette nouvelle production du musicien anglais n’entend pas bouleverser sa formule musicale.
Avec un véritable talent de composition, Fink arrange des éléments folks traditionnels, à une guitare ample et ronde répond une voix discrète, presque atone, régulière, chaleureuse et jamais plaintive. A cette base musicale viennent également se greffer des éléments électroniques en accompagnement et en arrangement, sans qu’ils ne prennent jamais le pas sur les autres instruments.

Fink ne révolutionnera rien, ne suscitera pas d’émoi démesuré, on pourra même lui reprocher d’être parfois trop monotone, mais on revient toujours ponctuellement à cet album. Il s’en dégage une atmosphère véritablement singulière, suave et réconfortante qui pourra parfaitement accompagner les matins brumeux – les yeux perdus dans le vague face à la fenêtre – ou les après midi mornes et grisâtres.

  1. trouble’s what you’re in
  2. this is the thing
  3. if only
  4. blueberry pancakes
  5. get your shares
  6. under the same stars
  7. so many roads
  8. make it good
  9. little blue mailbox

Porcupine Tree – We Lost the Skyline

Décidément nos amis de Porcupine Tree ne chôment pas. Après un excellent EP, Nil Recurring déjà chroniqué ici, voici que le groupe sort, pour l’instant uniquement via son site web ou dans les magasins affiliés au réseau Think Indie, un mini-live acoustique de huit titres et une trentaine de minutes.

C’est un showcase acoustique donné par Steven Wilson et John Wesley en 2007 à Orlando qui a donné lieu à l’enregistrement de ce live. Pour les trois premiers titres, on retrouve uniquement Steven Wilson en solo, avec sa guitare pour trois titres de la première période du groupe : « The Sky Moves Sideways », « Even Less » et « Stars Die ». Puis John Wesley rejoint son collègue, apportant sa guitare et sa voix pour quelques harmonies bien senties. On va alors aller chercher des titres plus récents, dont « Normal » extrait de l’EP Nil Recurring, justement ou le magnifique « Lazarus » extrait de Deadwing, présenté ici dans une version fort émouvante. Pour les amateurs de raretés, on trouvera aussi « Drown With Me », bonus-track présent sur la version européenne 2 CD de In Absentia.

La prise de son est très « intime » et donne vraiment l’impression d’être à quelques mètres des deux musiciens. Preuve s’il en est que Porcupine Tree n’a pas besoin d’artifices pour convaincre tant la qualité des titres et de la voix de Wilson se suffisent à eux-mêmes. On pense bien évidemment parfois à Blackfield, pour l’ambiance. Porcupine Tree contente ses fans avec cet EP live, qui rejoindra sans doute Nil Recurring, XM et XM2 dans le rayon des disques pas indispensables mais tellement agréables à ressortir de temps en temps.

  1. the sky moves sideways
  2. even less
  3. stars die
  4. waiting
  5. normal
  6. drown with me
  7. lazarus
  8. trains

The Cesarians – Flesh Is Grass – Woman

Ici l’esprit du rock se drape d’un long manteau noir. Il navigue dans les bas fonds de la ville, se jette dans les bras de la nuit et de ces clubs enfumés. L’alcool coule encore même s’il n’a plus de prise depuis bien longtemps et The Cesarians en est le nouvel ange noir. Ou tout du moins Charlie Finke, le chanteur, l’ange de la désolation qui souffre, s’envole et plane au-dessus de ce projet dont il est le créateur. Son groupe et sa musique sentent les nuits sans sommeil, l’alcool et le reste. Finke entraîne ces Cesarians dans des cabarets, au cœur de marches aussi nocturnes qu’héroïques, là où le trombone de Suzi Stampella, la clarinette de Alison Beckett, la batterie de Jan Noble et le piano de Justine Armatage se perdent dans les volutes de fumée, s’entremêlent pour donner vie à un rock singulier emprunt de ces ambiances de cabaret du Berlin des 30’s. Cette musique ne renierait pas un Jacques Brel, ou plus proche de nous les Dresden Dolls ou un Nick Cave et son Birthday Party. Elle convoque le lyrisme et le romantisme noir à son comptoir. L’expressionnisme allemand aussi – avec des références au musicien Kurt Weill – et la musique Klezmer y sont invités. On pourrait alors penser que le groupe se vautre dans un rock un rien arty. Mais non, il n’en est rien. Nulle intellectualisation surannée du groupe n’est à déplorer. Bien au contraire ! C’est l’intensité qui vous lie en premier à cette musique. De celles qui peuvent vous mener au chaos et à la décadence. De celles dont Kerouac se faisait le chantre à travers ces écrits.

Avec The Cesarians c’est bien de rock dont il est question. De rock mais aussi de chanson. Notamment avec le premier morceau Flesh is grass où la clarinette et le piano se taille la part du lion pour une ambiance un rien mélancolique. Woman repose lui sur une architecture plus primaire, plus rock, à la rythmique bien plus marquée, à même de vous faire bouger comme ces vieux blues imparables. Et au delà de la qualité de composition de ces deux morceaux, c’est bien la voix de Finke qui marque les esprits. Charismatique, un rien rauque et rageuse, elle déclame des textes comme on prêche. Avec une force et une concision qui inspire le respect.

Il m’est donc avis que vous devriez tenter la marche avec ces clochards célestes à partir du 28 janvier date à laquelle ce premier single sort. En attendant un album dont on vous reparlera sans coup férir.

  1. flesh is grass
  2. woman

Aaron – Artificial Animals Riding On Never Land

Aaron. Un prénom pour un duo français qui s’est fait connaître avec le single « U-Turn (Lili) », titre emblématique du film « Je vais Bien Ne t’en fais pas » de Philippe Lioret. La chanson a bien tourné sur Internet et sur les ondes. Un titre efficace, bien calibré mais pas creux pour autant. Non. Une sorte d’électro-pop aux relents trip-hop servie par une voix légèrement rocailleuse. Un peu de baume aux oreilles qui fait du bien dans le paysage actuel fadasse du rock français grand public où se battent Les Naast, Les plasticines, Bbbrunes et j’en passe…

Les deux garçons (Simon Buret et Olivier Coursier) font illusion. Le chant est anglais mais l’accent est parfait. La production n’a rien à envier à ce qu’il peut se faire aux US ou en Grande-Bretagne. Du très bon travail comme on l’aime. On sent la très forte influence de Radiohead sur le travail du combo mais pas seulement. Au côté nocturne se joint une sensation de flottement, de repos du corps et d’agitation de l’esprit. Le duo a réussi son projet: retranscrire cette sensation, cet instant « où l’esprit s’envole, est libre de recevoir et de donner » comme il le dit lui-même (NDLR: dans une interview dans 20minutes l’année dernière).

Aaron a remporté un NRJ music awards (sic!). Mais bon, c’est mainstream et de qualité. C’est easy listening mais pas honteux. De quoi réconcilier avec le « rock » « français » radiodiffusable. Attendons un deuxième album pour confirmer tout ça.

  1. endless song
  2. u-turn (lili)
  3. o-song
  4. mister k.
  5. blow
  6. beautiful scar
  7. strange fruit
  8. angel dust
  9. war flag
  10. lost highway
  11. le tunnel d’or
  12. little love
  13. last night throughts
  14. u-turn (lili) (bonus)

Dirty Sweet – Of Monarchs and Beggars

STOOOOP malheureux ! Lâchez ces ciseaux et ce rasoir ! Z’êtes pas un peu malade de vouloir réduire à néant ce qu’il reste en vous de wackeur !? Et vous me ferez le plaisir de me refaire pousser ces roufflaquettes qui accompagnent si merveilleusement les jeans vieillis et les près le corps huilés.
Comment ? Vous n’êtes pas au courant ? Vous ne savez pas que l’avenir du rock ne se situe pas forcément dans le passé des 60’s et 70’s ? Va falloir arrêter de travailler plus pour écouter plus moi j’vous l’dis.
Bon allez j’arrête les frais, je sens que déjà vous vous repentez et languissez de savoir quel petit groupe sorti de nulle part peut bien provoquer cette fougue fougueuse dans le langage de votre chroniqueur préféré. Dirty Sweet, les amis. From the States. And they do the show à donf les ballons.
Premier contact avec les ‘ricains : l’artwork. Esthétiquement et symboliquement, moi j’adore. On sent immédiatement que les garçons ont de la suite dans les idées et le sens de l’humour suffisant pour apporter la touche de fun qui me semble indissociable du genre pratiqué.
Deuxième contact : bah les oreilles forcément, je rappelle aux distraits qu’un cd n’est pas comestible. Deux grattes, une basse, une batterie, un chant ; pas besoin de plus que ça pour assurer une déferlante de frissons, de bougeage de cul, de tapage de pieds et de levage de coude. Nombreux sont les groupes qui savent y faire en matière de compos sur une petite distance (2/3 titres et puis s’en vont) ; nombreux aussi sont les groupes dont l’approximation de la voix a une fâcheuse tendance à flinguer la qualité musicale. Rares, en revanche, sont les groupes à tenir la distance et à marier à merveille instruments et voix. Et, vous l’aurez compris, Dirty Sweet s’inscrit dans ce courant de rareté. De la ballade à pleurer (« Long line down ») au Hendrixien (« Red River »), en passant par du bluesy/soul sudiste (« Delilah », « Come again », « Goldensole ») ou du roll pas encore vraiment hard mais déjà plus vraiment rock (« Baby come home », « Born to bleed ») quasi innombrables sont les moments jubilatoires.
2006 m’avait offert The Answer. 2007 me sert sur un plateau les Dirty sweet. Allez allez 2008, on traîne pas là oh!

  1. baby come home
  2. delilah
  3. come again
  4. goldensole
  5. long line down
  6. born to bleed
  7. sixteen
  8. man’s ruin
  9. isabel
  10. red river

Fiction Plane – Left Side of the Brain

Fiction Plane , groupe de fils à papa ? La tentation est grande en effet. Le leader du groupe n’est autre que Joe Sumner, fils de Gordon Sumner, alias Sting, et en regardant de plus près le nom du groupe, on peut se rendre compte que Fiction Plane est un anagramme de Infant Police. De plus, quand on sait que The Police a proposé à Fiction Plane de faire leur première partie lors de leur tournée mondiale de réunion, on serait tenté de penser qu’on se trouve en face du même genre de supercherie que Lauren Harris, par exemple.

Il n’en est rien. Après un premier album, Everything Will Never Be OK sorti en 2003 dans un relatif anonymat –en tout cas en France- le trio revient cette année sur le devant de la scène avec ce Left Side Of The Brain qui nous offre onze titre d’une pop / rock alternative énergique qui peut parfois faire penser à des groupes comme I Mother Earth. Quelques influences reggae ou ska s’infiltrent également comme sur le single « Two Sisters ». La voix de Sting fils ressemble bien sûr un peu à celle de son père, mais en reste tout de même suffisamment différentiée pour qu’on ne crie pas au plagiat.

L’album s’ouvre sur un mid-tempo , « Anyone », à la rythmique simple et efficace, mais surtout à la ligne de basse imparable. On rentre dans le vif du sujet avec « Death Machine » et sa rythmique funky, un titre entraînant ponctué d’un superbe solo de guitare. On frôle la Jamaïque avec « Two Sisters », une très belle chanson rock aux influences reggae, portée à bouts de bras par la voie de Joe Sumner. Ces trois titres mettent bien dans l’ambiance de l’album et son un bon résumé ce que peut faire le groupe dans sa facette énergique. Un des points forts du groupe est également d’écrire des refrains efficaces, ceux de « It’s A Lie » ou de « Running The Country » vous trotteront dans la tête des jours durant.

Quelques ballades viennent aérer un peu le disque. « Left Side Of The Brain » est un joli titre, qui peut rappeler U2 et agrémenté de jolis chœurs. À l’inverse, « Drink » est tout en retenue, une belle alliance entre la belle voix de Sumner, à la fois douce et éraillée, et une guitare acoustique, le Nirvana de l’Unplugged n’est pas très loin. On sent une nouvelle fois l’influence de U2 au début de « Cross The Line », où Sumner a également des intonations à la Chris Martin (Coldplay). Ce titre, le plus long de l’album (5:15) offre un beau pont planant et les plus belles envolées vocales du disque.

La production est assurée par Paul Corkett (Placebo, The Cure, Bjork, entre autres) et met particulièrement bien en valeur section rythmique et plus particulièrement la basse. On n’est pas dans le trop clinquant, mais pas dans le garage non plus. Tout sonne bien, sans en faire des tonnes ni être surproduit.

L’album se clôt sur une note mélancolique avec « Fake Light From The Sun », qui là encore rappelle Coldplay. Quand arrive la fin de l’album (42 min seulement), on ne peut louer sa concision. Pas de temps faibles, que des titres efficaces ! Il est sans doute mieux de faire un album court et efficace qu’un album d’un heure bourré de remplissage. Du coup, on se remet une nouvelle fois le disque pour le plaisir d’entendre à nouveau ces onze titres. Que ce soit par son énergie ou par sa facette plus mélancolique, Fiction Plane va droit au but, cela fait au moins pour Joe Sumner un point commun avec le groupe de son père.

  1. anyone
  2. death machine
  3. two sisters
  4. it’s a lie
  5. left side of the brain
  6. cold water symmetry
  7. running the country
  8. drink
  9. presuppose
  10. cross the line
  11. fake light from the sun

Iron And Wine – Shepherd’s Dog

Sam Beam is a busy man. Son premier album The Creek Drank the Cradle sortait sur Sub Pop en 2002. Il rejoignait ainsi le rang des mythiques découvertes à la Nirvana. Mais il ne s’agit pas vraiment de rock ici, ni de grunge. Depuis son premier album, le gentleman a sorti plusieurs EP et singles et un album en 2004 avant ce Shepherd’s Dog, sans oublier la BO du beau « Garden State ».
La folk « a little bit country » au bord du progressif de ce monsieur à l’écriture sobre et polie nous plonge dans un univers de rêves en couleurs parfaitement filmés par une voix suave au possible. Le rythme sautillant du compositeur complémente une mélodie superbement travaillée à base de guitares, banjos, violons et orgue hammond. On entendra même ce qui ressemble fortement à un harmonica, sur des paysages sonores saisissants de profondeur. Si l’ombre des Beatles plane en transparence sur quelques lignes mélodiques, l’effort sera plus à rapprocher de l’esprit de Neil Young ou Nick Drake sur son fantastique Pink Moon. The Shepherd’s Dog est une ode puissante et politiquement engagée dont les paroles aux humeurs changeantes sont subtilement distillées grâce à une composition savamment équilibrée.

Amy Winehouse – Back to Black

Amy Winehouse crée une belle surprise avec ce Back To Black, puissant succésseur du déjà très réussi Franck sorti en 2003.
La voix de la jeune anglaise dessine des lignes trouvant le parfait équilibre entre jazz et soul, sur une musique très 60’s/70’s, aux rythmiques simples, intelligentes et efficaces, nourries de sections cuivres et piano finement interprétées par Richard Edwards, Ian Hendrickson-Smith, et Victor Axelrod entre autres. Back To Black sent l’excuse, pue l’alcool et dégage ces fumées qui s’échappent lentement d’une cuillère au contenu aussi blanc que le l’arrière plan de cette page…
Macy Gray vient à l’esprit, pas seulement pour des thèmes lyriques et musicaux qui se rejoignent mais aussi pour cette présence scénique et personnelle que dégagent ces deux figures (j’ose) du cross-over soul/jazzrock moderne. On pensera cependant également au Fugees et Lauryn Hill, à Dinah Washington (si si) ou encore à Billie Holiday pour un placement vocal relativement proche. Un très bel album qui mérite amplement l’accueil que lui ont reservé les fans et la presse.