Doppler + A place to bury strangers – 07 avril 2009 – Mécanique Ondulatoire – Paris

La mécanique ondulatoire est archi-pleine ce 7 avril 2009. Et ce n’est que par le concours de relations interposées que j’ai pu assiter aux concerts de Doppler et A Place to Bury Stranger. 15€ l’entrée sur place, contre 10 en prévente. Ouch, ça pique le porte-monnaire. Mais je pense que j’ai rarement aussi bien dépensé 15€ pour un concert.
Quand A Place to Bury Strangers arrive sur la mini-scène, il fait déjà très sombre dans la débordante cave chaude. Leur cold wave ultra [...]

Hateful Abandon – Famine (Or Into the Bellies of Worms)

Attention coup de coeur. Suivez sans question l’étroit chemin que la pochette vous invite à emprunter. Avancez dans la brume. Vous arriverez quelque part où se côtoient Joy Division, Velvet Cacoon, The Sisters of Mercy, Darkthrone, Bauhaus, et Jesu. L’apparition est soudaine, sublime; évidemment noire, mais bouleversante.
Hateful Abandon est le croisement inédit entre le post-punk et le black metal. Sur le papier, et même dans l’idée, ce projet des britanniques Vintyr et Swine pourrait faire penser à une sympathique blague. Pourtant ça fonctionne. C’est même magique. La cold wave pour la trame musicale minimaliste et la production. Le [...]

Overmars – Split Avec Icos

Overmars ne s’est pas endormi. Le combo lyonnais a partagé un split 7″ avec un groupe suédois, Icos : un titre chacun. Pour les premiers, la chanson est en deux phases. Une première lente qui amadoue l’auditeur pendant 2 minutes. Ensuite, ça explose dans un sentiment d’urgence, avec un son étrangement clair : un délicieux supplice inédit entre l’écartèlement, la chaise électrique, l’acupuncture au clou rouillé et le six pieds sous terre vivant. La douleur, difficilement descriptible, est si aïgue qu’elle nous coupe la respiration. On en redemande.
Pour Icos, c’est du classique : postcore Neurosisien lancinant et ténébreux, [...]

Mono – Hymn to the Immortal Wind

Comme d’habitude, Mono fait du Mono. Les Japonais produisent toujours une musique concentrée sur le beau et, suivant la trajectoire qu’ils suivent depuis leur début, ils sont allés plus loin encore dans l’enluminure, les cordes… Et, disons le clairement : la mollesse.
Le son, signé Steve Albini – comme d’hab’ encore une fois – est superbe. Sauf que l’ensemble est devenu too much. Trop soporifique, trop larmoyant, trop fleur bleue.
Hymn to the immortal wind était déjà connu. Tout le monde savait qu’il allait partir dans cette direction, on savait tous qu’il serait encore plus mou que tous les [...]

Akimbo – Jersey Shores

Après de précédents disques plutôt excellents, on ne pouvait qu’être exigeant avec cette nouvelle livraison. Et Akimbo ne déçoit pas. Le groupe est l’image de son son; puissant, rageur et raisonnablement crade. Assez crade pour que la force de frappe n’en pâtisse pas, et pas trop pour que cela sonne tout sauf clinique.
D’emblée, ce qui marque est la violence contenue. Moins frontal et plus enrobé, Jersey Shores attaque de façon vicieuse. La lourdeur et les alambiques de compositions qui ne cèdent rien à la facilité sont là, mais poussées par un couperet qui ne demande qu’à tomber… Sans [...]

Victims – Killer

Les Victims ne révolutionnent rien mais ce qu’ils font, ils le font foutrement bien. Les Suédois filent tout droit, en faisant trembler le bitume sous leurs décibels, et en enflammant quelques forêts au passage. En d’autres termes, Killer est un monstre d’efficacité, d’urgence et d’énergie, comme tous les autres albums. Victims joue toujours aussi vite et bien. Le propos est compact, concis, fédérateur, sans superflu, sans concession. Holy Shit!

31 Knots + Jordan + Lichens + Birdshow – 20 février 2009 – Café de la Danse – Paris

Il y avait deux premières parties. Mais je n’ai vu que Jordan. Un trio parisien assez sympathique qui joue un indie rock US qui sent les 90’s. Batterie/guitare/claviers. Les trois gus chantent mais seule la voix du batteur vaut le détour. Ambiance noisy, un brin kitsch, décontractée. Cool et sans sérieux. Pas génial mais très plaisant.
31 Knots ensuite. Une bonne claque. Je doute que ce concert ait été le meilleur de leur carrière ou leur meilleur show parisien. Mais je suis content de les avoir vus. Faute au café de la danse, le son n’est pas terrible. [...]

Young Widows – Old Wounds

Simple. Efficace. Net et sans bavure. Young Widows va droit au but. Minimal mais pas minimaliste, subtil et tranchant, le groupe des ex-Breather Resist signe un album tendu, transpirant la sincérité et la spontanéité. Young Widows ne s’est pas pris la tête. Et joue juste ce qu’il avait dans la tête et dans les doigts, à savoir un noise rock classique, tranchant et désenchanté directement inspiré par les plus grands. Les fans des Melvins, de Jesus Lizard, de Shellac ou encore de Fugazi vont être ravis avec ce Old Wounds taillé à la hâche de la tradition.
Bonne idée [...]

Max Richter – 24 Postcards in Full Colour

En 2008, Max Richter a été très occupé entre la BO du film « Valse avec Bachir » de Ari Folman, et ce nouvel album, « 24 Postcards in Full Colour ». Le titre du disque a beau promettre de la couleur, le fait est que la musique ambiante et instrumentale du compositeur allemand évoque toujours la grisaille du quotidien, la mélancolie des jours pluvieux, le temps ralenti des gouttes qui ruissellent sur les carreaux.
D’habitude, les tirades « neo-classique » ou « post-classique » de Max Richter se développent sur des laps de temps relativement longs. Ici, l’exercice est différent. Le compositeur s’est lancé un défi [...]

Monno – Ghosts

Le temps passe. Les temps changent. Et Monno avec. La noise psychédélique et furieusement électrique de Error a été délaissée au profit de quelque chose de plus sombre, plus lent, plus contemplatif. La voix s’est effacée, complètement. Les titres longs et répétitifs, au cours desquels la session rythmique mène la danse, vous plongent dans une atmosphère tendue sans vous mener à la transe. Monno prend une tournure impensable. Avec ces nappes de saxophone flottantes et minimales, on est au bord d’une entité presque aussi sombre et ésotérique que le dernier Urfaust. Avec ses rythmes cassés, la batterie est [...]