Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

hororo a écrit 395 articles sur Eklektik.

Broken Note – Terminal static

Note brisé mais surtout rythme brisé. Le duo Tommy et Eddie (aussi connu sous le nom de Kidnappa dans le duo dub step 16bit) se mettent aux machins et vous brisent le coup avec un mélange dub step / drum and bass que l’adjectif efficace parvient à peine à définir correctement tant les beats de ce disque rendent la bougeotte contagieuse.
‘I’m gonna break your neck » rappait Busta Rhymes dans son clip avant d’affronter un buffle par la seule force de sa coiffure. Broken Note fait mieux et balance de grosse basse contre un troupeau d’éléphant et ressort vainqueur [...]

Young Jazz Rebels – Slave Riot

Treizième épisode du Yesterday’s Universe, Young Jazz Rebels où l’on trouve les noms de Melvin Hampson, Juggy Lewis, Lena Hamilton, Mary Jane, Tyrone Crumb, Lamont Parker, Monk Hughes et Brother Dave L. en lieu et place de ceux des véritables musiciens, Madlib, Karriem Riggins (batteur dans les groupes de jazz Ray Brown Trio et Mulgrew Miller Trio ainsi que producteur de rap au côté de J Dilla et rappeur) et le musicien de jazz bresilien Ivan « Mamao » Konti (habituellement membre du trio jazz / funk Azymuth). Madlib y tient le rôle de producteur et d’arrangeur pour une exploration du [...]

Madlib – Medicine Show n°3 – Beat Konducta in Africa

En lisant « Early jazz » de Gunther Schuller (compositeur et chef d’orchestre à l’origine du « troisième mouvement » de rencontre entre la musique classique et le jazz) , un ouvrage sur les origines du jazz et son développement musicale ; je me suis rendu compte à quel point j’ignorais tout de la musique africaine. Tout un continent inexploré dont les racines musicales m’étaient inconnues sans avoir la moindre idée de comment corriger cela. Ce troisième volume du Medicine show de Madlib, de passage en Afrique, n’est en soi pas une réponse complète à cette question mais contribue à y [...]

Magrudergrind – Magrudergrind

« Martyrs of the Shoah »
« Lyrical ammunition for scene warfare »
« Rejecting the militant promise »
Trio power violence américain, Magrudergrind pratique la philosophie du Seul contre tous où être Seul signifie être derrière un collectif foutraque dont l’appartenance politique n’a pas de drapeau hormis celui qui permet de se tenir chaud contre les emmerdes qui peuvent pleuvoir sur la gueule.
Les riffs sont punk mais la batterie est grind, les textes sont politisés et la voix est chargée d’une rage que ne renierait pas Nasum. Les suédois ont les riffs, les textes et la prod léchée. Les américains ont les riffs, [...]

Meth, Ghost And Rae – Wu-Massacre

Précédé par une mixtape de leurs collaborations précédentes, Mr Method Man, Ghostface Killah et Raekwon ne parviennent pas à effacer ce sentiment d’écouter une simple compilation sortie pour la promo et pour les potes sur Wu-Massacre.
L’époque bénie du Wu-Tang est bien terminée même si certains continuent de produire des disques à la hauteur de la réputation du mythique crew de New York. Pas de baisse de niveau pour Raekwon qui a mis tout le monde d’accord l’année dernière avec la suite d’Only built for cuban linx (le part 1 figurant parmi les albums de rap les plus [...]

Huata – Open the Gates of Shambhala

A la première écoute je n’ai pas été séduit par Huata. J’ai quand même accepté de faire la chronique car je prenais aussi deux autre sorties du label que j’appréciais beaucoup plus : Quartier Rouge et Plebeian Grandstand. Ce n’est qu’une fois le disque dans les oreilles que je me suis rendu compte de sa valeur. Avec sa basse plombée, les raclements de cordes, de gorge et la frappe de peau de bête (assuré par la même personne) des hommes préhistoriques, Huata ramène le sludge aux âges farouches. Les âges où tout allait lentement. Très lentement. Alors on se [...]

Various Artists – Dark 80’s

Organisateur de concerts sur Lyon, le label Atropine Records n’a derrière lui que quelque sorties. Seven Bowls of Wrath, Caldera et l’édition en vinyle du fameux Nord de Year of no Light que l’on retrouve sur cette compilation. Celle-ci propose à quatre groupes français de reprendre des morceaux qui ont marqué l’imaginaire pop des années 80 avec des mélodies à la fois sombres et délicieuses. Deux titres de The Cure, une de Killing Joke et une de Joy Division.
Le duo basse/batterie de One Second Riot prend en main « One hundred years » de The Cure et se tient au [...]

Defrag – Lament Element

Entre deux citations de Lovecraft, le visage du mannequin de la couverture finit de se craqueler et de révéler les étranges mandibules de cet être insectoïde dont on ne devine encore que trop peu. L’obscurité et la peur ne font qu’un, car on ne craint que ce que l’on ne peut pas voir. Lovecraft l’avait bien compris et ses phobies dévorantes lui faisaient voir le monde sous l’angle d’un perpétuel inquiet, incapable de se rassurer de quoi que ce soit.
La peur était aussi le centre d’intérêt du Black Mass Radio Show, une émission radio anglaise indépendante [...]

Subarachnoid Space – Eight Bells

Aux origines, le metal était le club des garçons. Les filles n’avaient pas le droit de s’en approcher. De toute façon, à quoi ça servait les filles? On n’était pas bien entre potes? Et puis, certaines jouèrent de la guitare, de la basse et de la batterie et on les retrouva au sein de certaines formations. Plus généralement à la basse. Parfois même au chant. La transformation s’était faite lentement mais naturellement. Puis, on décida qu’il fallait se servir de cette présence féminine comme d’un angle d’attaque promotionnel. Faire couler un peu d’encre. Rajouter un peu de glamour. Les [...]

Quartier Rouge – Les AnnéEs LumièRes

La bête est saoule alors faites très attention où vous allez car elle risquerait de vous rentrer dedans sans prévenir. Que l’on appuie sur Play ou que l’on assiste à une de leurs prestations, on risque toujours d’en prendre pour son grade, et de se faire dégrader, par le noise rock bringuebalant et acrobatique, de ce quatuor dans lequel la poésie d’Arno, poète imbibé d’encre et d’alcool chante, parle, crie mais surtout récite ses textes admirables car originaux et vides de tous les clichés du genre. Ça chante en français et ça ne plaisante pas avec les mots. [...]