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Radio mix hardcore

Quelques titres que j’apprécie de groupes avec le punk hardcore comme base musicale, d’albums de la première décennie du 21ème siècle.

Verse – Story of a Free Man – Chapter Two: The Cold Return (Aggression – 2008)
Have Heart – Something More Than Ink (The Things We Carry – 2006)
Boysetsfire – Dying on Principle (Tomorrow Come Today – 2003)
Comeback Kid – Wake the Dead (Wake the Dead – 2005)
While She Sleeps – The North Stands For Nothing (The North Stands For Nothing – 2010)
Kickback – If I Die Tonight (No Surrender – 2009)
Haste– Revenge Tastes Like Blood and Broken Teeth (The Mercury Lift – 2003)
Trapped Under Ice – Believe (Secrets of the World – 2009)

Verse – Bitter Clarity, Uncommon Grace

Mêmes acteurs, même esprit hardcore mélodique, donc même type d’album qu’Aggression. Verse pratique un style trop cadré pour en sortir trop. Les riffs restent dans un registre hardcore, punk saccadé aux accentuations rentre dedans, simples sans être simplistes, efficaces. Un son de guitare saturé punk sec. La voix est hurlée avec l’énergie du désespoir, registre aigu à se percer les tympans. Le tout dégage un certain sérieux, une tristesse sourde. Les paroles sont sociales, parfois en spoken words scandés comme à une assemblée ouvrière. On est dans les banlieues blanches déshéritées des Etats-Unis, ça rigole pas. Sur les 12 titres, quelques variations en intensité, mais à part les 3 interludes calmes, ce sont tous des brûlots hardcore. On frôle le noise rock à pas mal de reprises dans l’esprit des riffs.

Ce type de hardcore à la fois « street » et « émotionnel », old school sans influence metal, est là où se trouve les groupes de hardcore les plus intéressants en ce moment à mon avis – je pense aussi aux excellents Have Heart, ou à Defeater – mais faut quand même avouer que cet album est moins bon qu’Agression, son prédécesseur, le style du groupe s’épuise à terme à force de simplicité.

Bilan 2008 hororo

France

Deux concerts supplémentaires de Celeste auront renforcés ma conviction dans la force de ce groupe. A n’en pas douter, 2009 devra compter avec leur troisième album. Mais, mon coup de coeur de l’année part vers le Sud pour frapper Monarch! pour un concert jubilatoire en ouverture d’Overmars.

Concerts

Monarch! au Point Ephémère
Dj Krush à la Maroquinerie
The Dillinger Escape Plan à l’Elysée Montmartre
Kayo Dot au Main d’Oeuvres
Ken Mode au Glaz’art
And also the trees au Théatre de l’Alhambra
Corrupted au Point Ephémère
Squarepusher au Trabendo
Unexpect au Nouveau Casino

Futur

Peut être un nouvel album de Fantomas ? Un nouvel album de Maudlin of the Well ?! Un nouveau disque de Xanopticon ? Le troisième album de MF DOOM ? Et puis l’album annuel de Venetian Snares.

Révélations

En matière de hardcore j’aurais découvert un grand nombre de groupes tels que Trapped Under Ice, Killing the Dream, Ceremony et j’en passe. Au rayon electro je mentionnerais surtout Xanopticon. Je continue aussi de construire ma culture musicale rap avec MF DOOM, le projet Madvillain, Del tha funkee homosapien et les Puppetmastaz. 2008 aura été aussi une année très metal avec les excellents albums de Textures, All Shall Perish, The Faceless, Withered, Misery Signals et Esoteric. Le prix du nouveau groupe culte de l’année revient par contre à Sigh.

Déceptions

Isis en Décembre à la Maroquinerie. Un concert gâché par un problème de son qui continue de me faire grincer des dents.

Culture

The Host de Bong Joon-Ho
Deux ans après sa sortie, je découvre enfin le film de monstre qui a tant plu aux cinéphiles et aux moins passionnés et je les rejoins pour célébrer ce très bon moment passé en compagnie d’un monstre aquatique et d’une famille de perdant héroïque.

I’m a cyborg de Park Chan-Wook
Devenu un de mes réalisateurs favoris avec sa trilogie sur la vengeance, Park Chan-Wook change de registre et m’enthousiasme dans le dernier genre de film que je me serais attendu à regarder et à aimer : la comédie romantique.

Sukiyaki Western Django de Takeshi Miike
Miike, Tarantino, Django. Un trio qui pouvait donner du bon comme du passable et finit par transcender les trois avec un western asiatique déjanté, violent et drôle à la fois.

Save the Green Planet de Jeong Jun-Hwan
Un thriller de science fiction rencontre une comédie dramatique en Corée et réussit à mener en bateau le spectateur pendant un peu moins de deux heures. Spectaculaire !

Cure de Kiyoshi Kurosawa
Ce film est sorti il y a déjà 11 ans mais l’ayant découvert cette année je le fait figurer à ma liste rien que pour sa scène finale qui continue de me terrifier.

Albums de l’année

MeshuggahObzen
Une année où sort un album de Meshuggah est une année où un album de Meshuggah doit se trouver dans mon top des albums de l’année. C’est aussi simple que ça.


Genghis TronBoard Up the House
Le jeune groupe que personne n’attendait rafle la mise et dépasse les attentes que le prometteur et génial Dead mountain mouth avait délivrés.


Kayo DotBlue Lambency Downward
Toby Driver sait faire beaucoup de choses sauf une, me décevoir. Le Kayo Dot 2008 est plus coloré et changeant mais, ce n’est pas pour me déplaire.


VerseAggression
Hardcore ou pas hardcore, ce disque m’a touché instantanément et continue de m’affecter comme peu de disques savent le faire.


The Cool KidsThe Bake Sale Ep
Tout simplement l’album le plus accrocheur, désinvolte et enthousiasmant que j’ai entendu cette année.


Gnaw Their TonguesAn Epiphanic Vomiting of Blood
Sombre, effrayant mais vivant et original. Chaque plage trouve sa propre voix et permet à ce disque de franchir le pas qui le sépare des expériences intéressantes à celui des albums cohérent et complexes.


Venetian SnaresDetrimentalist
Cette année le breakcore du canadien le plus attendu de la scène electro se colore de jungle et de ragga et reste donc toujours aussi imprévisible et génial.


KralliceKrallice
Un nouvel album de black metal par des musiciens qui n’ont rien à voir avec la Norvège mais, usent des armes des nordiques pour forger leur propre joyaux.


BurstLazarus Bird
La progression prodigieuse effectuée par Burst entre Prey on life et Origo continue au même rythme pour un résultat riche et enthousiasmant.


Trap ThemSeizures in Barren Praise
Coup-de-foudre instantané avec le death grind matiné de hardcore de ces américains que l’on pourrait croire revenu de Suède. Tout simplement jouissif.


Verse – Aggression

Habité par la flamme du hardcore, Verse sont les fiers détenteurs de l’esprit de Minor Threat. Bien loin de répéter la musique de leurs ainés, Agression est marqué par la détermination et la puissance de chansons aussi traditionnelles que modernes. Le terme n’est toutefois pas le signal d’un départ par rapport au hardcore mais, la marque de l’originalité qui parcourt ce disque. Possédé par un esprit révolutionnaire, Verse prend le pari de faire un disque dont l’émotion et le discours ouvertement politiquement sont inséparables sans pour autant que l’un prenne le pas sur l’autre.

Dès les premières notes de « The new fury » l’émotion jaillit et s’infiltre en dehors du disque. Possédé par le même souffle de révolte qui a parcouru les veines de toutes les femmes et les hommes privés de leur liberté, les paroles du chanteur prennent à la gorge par leur justesse. La qualité d’écriture est ici très impressionnante tant la violence des paroles est contrebalancé par la justesse de chaque mots.

Construit autour de ces paroles, Aggression est un album qui se lit autant qu’il s’écoute. Alors que les disques se téléchargent et s’écoutent sans aucun livret à côté, Aggression est un album dont la lecture des paroles n’est pas juste recommandé, elle est obligatoire.

The new slave’s south of the border, murdered or overseas. We still struggle with the fact that one percent has ninety-nine on their knees (The new fury).

La qualité d’écriture des morceaux n’est toutefois pas en reste, loin de là, car si l’émotion des paroles est si bien portées c’est parce que l’énergie des musiciens qui les accompagnent est aussi explosive et dévorante. « Old guard », « Signals », Unlearn », tant de chansons qui agitent le coeur de l’auditeur et l’emportent dans des rêves de courses effrénées. Jouée avec force, chaque chanson est interprétée avec la force du désespoir, comme si la vie de chacun de ces musiciens comptaient dans l’interprétation de chaque titre.

Possédé par la détermination et une foi sincère en leur musique et leurs paroles, Verse accomplit en moins d’une demi heure de musique ce que des musiciens apprentis révolutionnaires ne réussissent pas à faire pendant toute leur carrière. Pas de mascarade ou de tromperie, l’émotion est vraie et ce ne sont pas les hurlements du chanteur, semblables à ceux que l’on entendrait sortir de la gorge d’un homme dont on retire un couteau du ventre, sur « The new fury » qui me feront mentir. De même, l’énergie positive qui se dégage de « Serenity (Story of a three man – Chapter three) » alors que le chanteur hurle ses paroles est saisissante. Construite en trois mouvements, cette histoire pleine de frustration et d’espoir résume dans son dernier mouvement l’essence dans ce disque grâce à cette seule phrase : « This is the story of a free man ! ». Une phrase qui, associée à la musique et à la force de la voix du chanteur, vaut tout les slogans du monde.

La sincérité et l’honnêteté qui se dégage de chacun de ces douze brulots hardcore fait de ce disque un monument essentiel dont la force de la conviction fera surement de Verse un des groupes du genre les plus essentiels du moment. Des paroles qui, sorties de la main d’un presque total étranger à la scène hardcore, pourront surement paraître présomptueuses aux yeux des plus aguerris de ce genre. Pourtant il suffit d’une écoute pour se rallier à la cause de ce disque et l’accueillir comme tel. A n’en pas douter, Aggression sera sans aucun doute l’un des disques plus marquant de cette année pour de nombreuses personnes, toutes générations et tous horizons musicaux confondus.

  1. the new fury
  2. old guards, new methods
  3. suffering to live, scared of love
  4. signals
  5. scream
  6. story of a free man – chapter one: the end of innocense
  7. story of a free man – chapter two: the cold return
  8. story of a free man – chapter three: serenity
  9. blind salvation
  10. unlearn
  11. earth and stone
  12. sons of daughters