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Horse the Band + Crossing the Rubicon – 18 mai 2009 – Klub – Paris

Début de soirée à 21h donc fin de concert minuit passé. Malgré une marche rapide vers le RER je suis arrivé à 1H30 du matin chez moi. Est-ce-que ce concert valait le coup d’être fatigué le lendemain pour aller travailler ? Bizarrement, oui.

D’abord parce que Crossing the Rubicon est un très bon groupe de scène. Musicalement le groupe ne m’inspire pas grand-chose. Les musiciens sont tous compétent dans l’interprétation de leur rock and roll aux touches hardcore et ont de quoi faire bouger n’importe quelle tête. La fosse s’animera même au cours de leur set au rythme des corps de quelques jeunes fans conquis et de quelques amis du groupe … semble t-il. Le groupe, son chanteur en particulier, n’a, en effet, pas beaucoup de considération pour le public. Tout pour la musique et dans l’énergie. On ne succombe pas au jeu des remerciements ici, le public on l’emmerde, on lui crache dessus, on lui rentre dedans. Les amis ont leur verse de la bière dans la bouche. Pourquoi ? Parce qu’ils sont corses ? On en saura pas plus mais on s’en fout. Crossing the Rubicon a de quoi enfoncer son nom dans l’esprit du public. A noter que le duo chanteur / guitariste ont une attitude scénique qui ne pourrait pas être plus en décalage. Le chanteur maudit le public tandis que le guitariste les remercie. Crossing the Rubicon a ceci de commun avec Quartier Rouge que leurs chanteurs sont trop possédés pendant les concerts pour interagir normalement avec le public et que le rôle de communicateur revient donc au guitariste. Très bon concert en tout cas.

Ensuite arrive Horse the Band et son joueur de triangle. Celui-ci interviendra entre deux et trois fois pendant le concert pour faire sonner son instrument et puis repartir. En voilà un qui n’aura pas payé cher sa place dans le bus de tournée. A moins que … La vie d’Horse the Band semble être faite de déception « sentimentale » et ceux-ci demanderont plusieurs fois s’il y a des filles dans la salle. De préférences des filles françaises! La seule américaine, une petite asiatique qui mosh, en sera grès d’un doigt baissé de la part du claviériste (un grand type avec une tête d’adolescent qui a grandi trop vite) à la recherche d’une française. Et avec un long tee-shirt si possible ! Il est donc probable que le joueur de triangle ne soit pas là que pour jouer de son instrument mais aussi pour tenir « compagnie » à nos cinq américains frustrés.

Bref, si Crossing the Rubicon est là pour le rock and roll, Horse the Band est surtout là pour la deconne. « We are Horse the band, we play songs », répète le chanteur a tous les concerts que j’ai vu d’eux (le troisième). Il faudrait peut-être lui rappeler que si on ne gardait que les chansons on aurait eu qu’un concert d’une demi-heure ce qui ne m’aurait pas fait loupé mon RER. Il faut donc que les échanges entre le groupe et le public soit à la hauteur pour mériter tant d’effort et une nuit aussi courte. Aucun regret de ce coté-là donc vous pouvez être sur que tout ce cirque vaut le déplacement. Que ce soit pour l’énergie, les chansons ou la répartie du chanteur devenu expert dans l’art de charrier toutes les personnes qui essayent de se moquer de lui, Horse the Band est un groupe qui prouve sa valeur sur les planches. N’oublions pas aussi les monologues du claviériste qui aimerait tant « être français, boire du vin et manger du fromage tout le temps » et le bassiste bourré qui joue et se ballade partout sauf sur scène. Il assure pourtant malgré tout. Seul le batteur et le guitariste sont un peu en dehors de tout cela et joue sans trop en rajouter. Le public participe de toute manière au foutoir et se bouscule dans la bonne humeur. Une heure de rire, de corps projettés les uns contre les autres et de réflexion graveleuse. Le groupe est content et le public aussi. D’ailleurs il parait qu’ils reviendront en septembre ou en octobre. Entre temps peut-être que le public parlera mieux anglais et saura leur dire autre chose que « We are gay » et « We rape girls ». Horse the Band, ils jouent des chansons mais ils font aussi bien plus que ça.

Shattered Realm + Down by Prejudice + Providence – 21 janvier 2008 – Klub – Paris

Le beatdown hardcore n’est pas un genre très souvent traité sur Eklektik. Peut être parce qu’il est dur de parler d’un genre où les groupes se ressemblent beaucoup et sont donc difficiles à définir individuellement par des mots. Peut être aussi parce que les goûts musicaux de la plupart ne sont pas portés vers une musique qui valorise les muscles des bras et des jambes au lieu de ceux du cortex. Il n’en reste pas moins qu’un concert de hardcore est une expérience unique pour les gens qu’ont y croise et pour l’étrange dichotomie entre la violence de la musique et les sourires qui s’affichent sur le visage des fans se projetant les uns contre les autres ou balançant leurs membres dans les airs et contre le sol. On ne va pas en faire de la poésie mais, il y a bien plus que du Slayer et du mosh part dans un concert de beat down à Paris.

Down by Prejudice, dont la démo était disponible gratuitement à l’entrée, et Providence sont chargés d’ouvrir pour Shattered Realm et ils réussissent bien leur tâche en permettant à tout le monde de s’échauffer avec des riffs efficaces et l’énergie nécessaire à ce type de musique. Je ne vois pas grand-chose à dire sur leurs performances, non pas car elles étaient identiques, mais car les deux groupes se valaient et enchaînaient leurs morceaux avec efficacité sans pour autant être époustouflants. Bien sûr il y eu plus de mouvement pour Providence, fier représentant du Paris Hardcore, que pour Down by Prejudice, puisqu’ils jouaient en terrain conquis. Mais, sur un plan uniquement musical aucun des deux ne ressortirent ce soir-là à mes oreilles comme des groupes exceptionnels. La faute aussi à une basse un peu trop forte qui étouffaient les guitares. Les riffs ne ressortaient au final pas vraiment de là où je me tenais et j’ai surtout ressentit l’énergie du public enthousiaste et des musiciens contents d’être là. A noter tout de même, histoire de planter un peu plus le tableau, que l’ambiance n’était pas aux regards de tough guy et à la provocation mais aux blagues débiles (une chanson dédicacée à Carlos, comme il se doit, et un dernier morceau de Providence où l’on parlera de « pamplemousse ») et à l’enthousiasme de recevoir Shattered Realm, un des pilier du beatdown.

Or, c’est ce pilier que j’étais venu voir et malgré la réputation que le groupe s’est taillé grâce à un son lourd, une attitude de tough guy et des riffs plus que juste Slayeresque mais, appartenant pratiquement à Slayer placés entre des mosh parts plus dansantes qu’une chanson des Bee Gees, je n’aurais pas pu être plus enthousiaste à l’issu de ce concert. Shattered Realm, malgré les pochettes, malgré les paroles, c’est du bonheur en bar, de l’énergie à revendre et l’occasion de passer un bon moment entre amis même si, comme moi, on se morfle le côté du bar dans le dos, que l’on se cogne la tête deux fois contre le rebord du mur et que l’on se reçoit des types qui se balancent sur vous sans crier gare. Malgré les coups et les moments d’inquiétude vis-à-vis des pieds qui volent dans tous les sens, on s’amuse bien et on en redemande. Car nulle part ailleurs vous ne verrez une telle intimité entre les musiciens et leur public. Nulle part ailleurs vous ne verrez un public se bousculer autant tout en se souriant et ne cherchant des noises à personne, et nulle part ailleurs vous ne verrez des gens autant s’inquièter pour vous quand vous vous prenez un mauvais coup. J’ai beau venir du metal, je n’ai connu la solidarité et la bonne humeur communicative presque que dans les concerts de hardcore. Musicalement ? Pas grand-chose à relever en dehors d’un son bien lourd convenant parfaitement à l’évènement et d’un chanteur charismatique, très en forme et passant le micro au public. De toute manière le Klub est une salle sans scène qui se prête parfaitement aux concerts de ce genre, alors autant en profiter pour effacer toute distance entre le groupe et le public et rajouter encore plus d’énergie à des chansons qui n’en manquent de toute manière pas quand elles sont jouées avec autant de force et de convictions. Avant même d’entendre une note j’avais acheté l’album avant le concert et son écoute après l’évènement ne m’a pas déçu mais m’a par contre convaincu de l’intérêt de voir Shattered Realm en concert. L’énergie, la force du son, l’émotion, tout est décuplé une fois dans la salle et c’est pour cela qu’un concert de Shattered Realm est bien plus mémorable qu’un de leur, déjà excellent, album.