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Kult – Winds of War

En marchant vite et en jetant un regard distrait sur la pochette on pourrait croire avoir affaire à une réédition de l’unique album des américains Winter (Into darkness, 1990). on s’attarde un peu, on vérifie, on décrypte le logo (Kult) et le titre (Winds of war) et on se dit « bingo, c’est du black/thrash old school basique avec un ptit côté apocalyptique » car la similitude esthétique avec les extreme doom deatheux de Winter n’est pas anodine. Et puis on met la musique, on se rend compte qu’on s’est bien planté mais qu’il s’agit plutôt d’une bonne surprise. Enfin on s’est pas complètement planté non plus puisqu’on a débusqué la old schoolitude (merci Ségolène) bien présente. Satyricon et Darkthrone, ça vous dit quelque chose ? The shadowthrone, Transylvanian hunger, et autres albums anodins du genre, ça vous titille mais vous trouvez la production surannée et regrettez qu’elle ne soit pas remise au goût du jour ? Remerciez alors l’Italie de raviver la flamme (pas trop quand même faut que l’atmosphère reste froide) du début des 90’s scandinaves. « C’est pas les premiers à faire ça! », « ils nous emmerdent ces pseudos suiveurs, plagiaires ! » martèleront les grincheux. Qu’à cela ne tienne, je m’interposerai pour vanter les qualités de ce premier essai en forme d’hommage à ce que le groupe qualifie lui-même de « pure black metal ». On pourrait s’offusquer de cette démarche « intellectuelle » : patronyme convenu, proclamations d’auto satisfaction et de plein accord avec l’essence de ce que doit être le black. On pourrait. Mais on pourrait également ne pas bouder son plaisir et apprécier ces riffs efficacement simples, froids, haineux déferlant sur des rythmes diaboliques globalement mid – parfois punk/rock (Seven blades), parfois blastouilleux (Enstrangement, And forever winter). Darkthrone ayant déjà été cité, on ne s’étonnera pas de trouver çà et là quelques approximations techniques (surtout la batterie sur les passages rapides) sans pour autant en tenir rigueur à la horde malfaisante. Dans les bons jours, on sera même tenté de trouver la chose presque nécessaire…

En tout cas, ça donne envie de se balader dans la rue avec une bonne grosse veste à patches sataniques en arborant crânement et ostensiblement un bon gros doigt au visage de la plèbe grouillante. C’est con, j’ai pris des épaules depuis le temps !

  1. intro
  2. winds of war
  3. il crepuscolo
  4. torture
  5. blades of the reaper
  6. enstrangement
  7. and forever winter
  8. final embrace
  9. darkness return
  10. spirit of the forest

Secrets Of The Moon – Antithesis

Cet album de Secrets Of The Moon sorti en 2006 mérite probablement quelques lignes qui ne lui avaient pas été accordées l’an passé. C’est en effet un bien bel album de black métal que nous ont sorti là les allemands.

J’avoue l’avoir écouté distraitement à sa sortie, et ne pas m’être attardé faute d’avoir été véritablement emballé par ce que j’avais entendu. Belle erreur que je répare avec plaisir depuis quelques semaines.
C’est que la fausse simplicité qui émane de ces 8 (longues) compositions est quelque peu rebutante de prime abord. La faute à des riffs apparemment répétitifs et un mid-tempo quasiment constant, qui ont un peu tendance à faire de cet album un gros bloc monolithique avec peu d’aspérités auxquelles se raccrocher. En tout cas de prime abord.

Car avec plus de recul, ces caractéristiques qui peuvent passer pour des défauts, s’avèrent en fait avoir un formidable effet envoûtant et une fois qu’il a le déclic, l’auditeur est transporté au gré de cet univers froid et sombre et le voilà alors qui en redemande !

Il est facile de rapprocher la musique de Secrets Of The Moon de celle pratiquée par Satyricon, en tout cas sur l’album Volcano et ce d’autant plus que vocalement la proximité entre Satyr et sG (chanteur/guitariste de SOTM) est à signaler.
Ce n’est donc pas un black metal violent et sans concession qui nous est ici proposé, mais plutôt un black metal mélodique (mais aux mélodies subtiles) d’une grande sobriété (pas de grandiloquence, pas de clavier, pas de cuivres…) avec une touche progressive liée à la longueur importante de chacun des titres (rien en dessous de 6min20 en dehors des intro/outro) et au côté composition à tiroirs avec alternance de passages rapides (mais rarement blastés) et de passages plus atmosphériques (voir « Ghost » par exemple avec ses passages noirs et lents au possible qui précèdent des accélérations scotchantes). Si on ajoute à tout cela une production impeccable, claire et puissante, nul doute que les puristes et fans de trve black metal crasseux ne trouveront vraisemblablement pas leur bonheur par ici. A l’inverse les non habitués du genre pourraient bien succomber aux ambiances obsédantes et aux mélodies finement ciselées du superbe « Ordinance » par exemple, l’un des meilleurs titres de l’album.

Il me reste à préciser que l’album est proposé dans un superbe digipack noir, une raison supplémentaire d’investir ses arrhes dans cet excellent disque qui ravira les amateurs ouverts de musique sombre.

  1. nowhere 11:18
  2. versus
  3. ordinance
  4. confessions
  5. metamorphoses
  6. ghost
  7. seraphim is dead
  8. lucifer speaks
  9. exit

Smohalla – Smolensk Combustion

Par les mots d’une chronique parue sur un site ami alléché, je suis parti à la chasse de la première demo de Smohalla aussi vite que possible, d’autant que les trois titres de leur myspace m’avaient plutôt bien plu. Alors certes, je ne suis pas un connaisseur ultime en matière de black atmo (post black comme ils disent), donc cette chronique sera plus le fait d’une impression que d’une autopsie à la loupe, mais cette première livraison m’a véritablement impressionné, surtout venant de la part d’un groupe qui a à peine un an d’existence.

Smohalla fut un « prophète des rêves » nord-américain (un indien) du XIXème siècle. Prêcheur d’une religion des rêves. Et le rêve prend dimension avec la musique que propose le groupe. Effectivement l’onirisme est présent partout. On se promène entre rêve magique, cauchemar, rêve incestueux, rêve prémonitoire… Au réveil, le verdict tombe sans appel : vivement la nuit suivante qu’on puisse se délecter à nouveau de cet univers grandiloquent, parfois macabre, parfois emphatique, mais si touchant.

Musicalement, Smohalla navigue dans des eaux proches de celles que fréquentent des groupes comme Arcturus, Solefald, voire Emperor pour le côté mélancolique qui sourd de l’ensemble, avec parfois une petite touche Blut Aus Nordienne dans les riffs rampants de guitare et Limbonic Artienne dans l’utilisation de certains sons electro ambiant. Les morceaux sont courts (3 – 4 minutes) mais le travail de composition est remarquable, tout s’enchaîne à merveille sans temps mort ni break bancal. Les riffs sont recherchés, pas spécialement agressifs mais jouant de beaucoup de nuances. La batterie, au son très naturel, propose un jeu presque jazzy. L’appellation post black peut induire en erreur, ne recherchez pas la violence ou la noirceur absolue inhérente au black, ici on explore le côté nostalgique, grandiose de ce courant musical. L’utilisation intelligente de sons electro rajoute une dimension supplémentaire aux morceaux. Et l’une des très grandes forces de cette demo est, outre les compositions en elles-mêmes, le travail sur la voix. Rarement hurlée, presque toujours chantée avec des mélodies mémorables, il s’agit à mon sens du vecteur principal de l’onirisme de Smohalla. On pense ainsi parfois au chant de Johan Edlund sur A deeper kind of slumber (Tiamat) dans la façon de poser la voix tranquillement.

Le seul bémol de cette demo est à mon avis le dernier titre, très typé electro ambiant et qui propose quelque chose de moins abouti que les autres morceaux. Par contre les 7 premiers titres sont proprement excellents, avec en point d’orgue un enchaînement « The winds still rise » / « Dead but dreaming » exceptionnel. Le son, qui reste un son de demo, rend quand même hommage au très gros travail fourni par le groupe. Quand on rajoute que les visuels sont magnifiques et collent très bien à l’univers musical, on se dit que ce groupe a mis toutes les chances de son côté pour réussir quelque chose de grand. Un mcd est en cours d’élaboration en ce moment, j’ai hâte d’écouter cela !

J’ai parfois pu dire à la fin d’une chronique, que je miserais bien quelques billes sur tel ou tel groupe. Avec Smohalla, je mets tapis directement, et ce n’est pas du bluff !

  1. distant vision
  2. legion of waves
  3. the winds still rise
  4. dead but dreaming
  5. wake the dawn
  6. astral cynicism
  7. reine des vallees
  8. lethal silence
http://www.youtube.com/watch?v=iwgQQHD5u80

Wolves In The Throne Room – Diadem of Twelve Stars

La musique doit-elle être automatiquement liée à son pays d’origine? Selon Wolves in the Throne Room, il ne pourrait en être autrement et les premiers groupes de black metal norvégiens auraient dû rester uniquement Norvégiens. Eux sont américains. Paradoxe ? Oui et non, et ils le savent bien. Et en regardant attentivement les arbres paisibles qui ornent cette pochette, le lien profond entre la musique et les paysages dont elle découle devient evidente. Héritier des albums de Darkthrone et de Enslaved, Wolves in the Throne n’est tout simplement pas un groupe de black metal traditionnel sans être un groupe progressif s’inscrivant à la suite de Arcturus ou de Borknagar. Une seule référence vient à l’esprit, un autre groupe américain devenu légendaire après un seul et unique album, Weakling. Wolves in the Throne partage avec Weakling plusieurs éléments en apparence bien que les deux groupes soient tout de même fondamentalement différents. D’abord, la longueur des chansons. 4 titres et une durée d’un peu plus d’une heure. Ensuite, on retrouve chez les deux cette même passion pour le black metal et cette habilité à transcender le genre pour imprimer une identité très personnelle sur un son qui a été maintes fois exploité dans tout les sens.

Ce qui distingue Wolves in the Throne Room c’est d’abord leur philosophie écologiste qui considère que le black metal est intimement lié à la nature et que leur musique célèbre donc cette perte de communion avec elle. Il y a aussi cette voix féminine qui survole chaque chansons et apporte, tel une présence fantomatique, une sorte de deuxième narration évoquant une déesse qui survolerait les plaines, les montagnes et les forêts décrites sur les quatre chansons de ce Diadem of twelve stars. De longues chansons de plus de dix minutes où les riffs s’alternent avec facilité sans jamais s’échanger avec trop de vitesse pour que chaque transition se fasse sans que l’on s’en aperçoive, tout en se laissant porter par le flot d’émotion apaisante et à la fois sombre que dispersent les riffs et les cris évidemment écorché d’un vocaliste qui se situe entre le chanteur de Weakling et Nocturno Culto de Darkthrone dans le ton. Tout n’est pas non plus que distorsion et des passages à la guitare acoustique interviennent tout aussi naturellement que le doux chant féminin. Sans jamais interrompre l’ensemble. Ici ce changement entre la distorsion et la raisonnance naturelle des cordes ne se fait pas avec un besoin de rompre la monotonie ou de faire respirer la chanson mais afin de procurer d’autres couleurs. Comme pour les saisons en somme.

Ce qui est aussi très étonnant avec ce disque c’est qu’il a beau commencer d’une façon surprenante et géniale, il ne cesse de s’améliorer tout au long et les deux dernières chansons sont presque -meilleures, presque car le niveau est déjà élevé- que les deux premières. Et malgré une durée qui a de quoi effrayer, la seule envie qui vous empare à la fin de l’album est de le réécouter. Etonnement enregistré en quelques heures, selon les dires du groupe lors d’une interview, la production simple et assez organique de l’album souligne encore une fois ce rapprochement avec la nature en ne contraignant pas le son à s’adapter à une technologie qui polie trop le son par moment. Sans être complètement sale, cet album joue entre la clarté et la noirceur des classiques du genre et aborde le problème de la production avec un son ni trop propre ni trop rêche. Et bien sur, cela s’applique autant à la guitare qu’à la batterie. En fait, que dire de plus si l’on a aucun reproche à formuler ? S’exulter et crier au nouveau classique ? Peut être pas encore, mais je pense que les hordes de fans de black metal sauront apprécier l’identité autant personnelle que traditionnelle de cet album tout autant que des personnes extérieurs à cette caste mais appréciant l’atmosphère et la qualité d’écriture de ces trois américains.

  1. queen of the borrowed light
  2. in a night time mirror part 1
  3. face in a night time mirror part 2
  4. (a shimmering radiance) diadem of 12 stars

Lunar Aurora – Andacht

Krakoukass :

Début 2007 : Après plus de 10 années d’existence et avec ce 8ème album Andacht (on ne compte pas le nombre de splits et autres démos), le groupe allemand Lunar Aurora, fer de lance d’un black metal underground sans concession, annonce un hiatus pour des raisons personnelles non clairement explicitées.

Break temporaire ou split définitif ? Seul l’avenir le dira. Mais une chose est sûre : si ce nouvel album devait marquer le point final du groupe, Andacht constituerait une bien belle épitaphe pour le groupe !

Quoi qu’il en soit, ne comptez pas sur moi pour m’embarquer dans des comparaisons risquées entre cet album et les précédents : je ne saurais le faire puisque je ne m’étais que très peu intéressé à ce groupe jusqu’alors, tenu à distance par la production un peu trop raw à mon goût du pourtant très estimé Zyklus que j’avais tenté d’écouter il y a quelques mois. J’ai depuis quand même posé les oreilles sur le petit frère de ce dernier, Mond sorti en 2005. Ce que je peux au moins dire c’est que la production d’Andacht est plutôt à l’image de celle de Mond, c’est-à-dire plus claire et plus nette que celle de Zyklus tout en conservant un léger côté raw. En tout cas l’écoute de ce bijou ne m’a jamais paru pénible.
Je m’excuse par avance pour les comparaisons foireuses qui peuvent surgir de ces lignes (et qui viennent de mon manque de références dans le genre), mais je trouve que la musique de Lunar Aurora sur ce dernier opus est à rapprocher dans les ambiances et dans l’esprit des dernières productions de Negura Bunget et de Drudkh : une noirceur emprunte de beauté mélodique vénéneuse. Et de la même façon que j’ai succombé en 2006 aux assauts des œuvres des 2 groupes précités (et surtout à celle de Negura Bunget), je succombe dès ce début d’année au charme puissant et aux effluves très sombres, de ce nouvel album de Lunar Aurora.

« Dévotion » est la traduction en français que j’ai trouvée pour le titre de l’album. Une connotation religieuse qui peut surprendre, mais qui ne doit –à mon avis du moins, puisque je n’ai pas cherché à traduire les paroles- pas fallacieusement évoquer un quelconque lien idéologique avec la religion (catholique entre autres), puisque je le rappelle, il est tout de même question de black metal ici. On ne mélange pas les torchons et les serviettes. Toutefois, cette évocation religieuse qui vient du titre se retrouve au moins sur le faramineux titre d’ouverture de l’album, « Glück » (« chance » en allemand), dans l’omniprésence de ce qui ressemble à des chœurs de moines et qui confère au titre une atmosphère indéniablement religieuse. Inutile de dire que le mélange avec le chant au purin de Aran et les guitares acérées, produit son petit effet durant les quelques 10 minutes que dure le titre.
Parlons-en du chant, puisqu’il est intégralement en allemand sur la totalité du disque, et autant on ne le remarque pas toujours tant les vocaux sont criés façon black, autant certains moments font bien ressortir cette identité allemande, avec des passages où l’agressivité transparaît particulièrement dans les prononciations et les caractéristiques gutturales propres à la langue de Goethe (voir « Dunkler Mann » ou surtout « Der Pakt »).

La musique de Lunar Aurora est donc bien évidemment agressive, brutale, mais aussi et surtout très mélodique et portée sur les ambiances, avec des lignes de guitare acérées soutenues par des nappes de synthés très judicieusement présentes et par des bruitages et autres sons (comme les quasi « sonars » sur « Dunkler Mann ») qui contribuent beaucoup à installer des ambiances particulièrement inquiétantes. Que ce soit les bruits de tempête en pleine mer sur un bateau (avec les grincements qui vont bien) sur « Geisterschiff », les chuchotements et la pluie sur « Dunkler Mann », les sons de jungle/marécage bien glauques sur « Findling », ou encore les bruits industriels sinistres de « Der Pakt », chaque morceau débute avec cet objectif d’instaurer un climat particulier, généralement sombre voire même carrément glauque avant de développer ses ambiances à coups de riffs assassins, de vocaux maléfiques, et de synthés magnifiques.

Le black metal semble devoir être à nouveau à l’honneur en 2007, avec cet album qui constitue pour ma part, la première sortie majeure de l’année… Incontournable pour les amateurs du genre !

Note Krakou : 18/20

Angrom :

Tout comme mon cher collègue, j’ai d’abord été intrigué, puis séduit par la musique de Lunar Aurora. Je tiens à préciser que je découvre le groupe avec cet album et suis donc vierge de l’influence des albums précédents. À l’instar d’un Deathspell Omega en France, Lunar Aurora a réussi à conjuguer ambiance malsaine avec une puissance toute germanique qui séduit immédiatement l’auditeur. Impossible de ne pas être mal à l’aise en écoutant les six titres qui composent Andacht. Le groupe a trouvé le bon équilibre entre parties atmosphériques et blasts rageurs, et on ressort forcément éprouvé d’une écoute de cette noire galette (au sens propre comme au sens figuré).

Le son particulièrement soigné, est parfait pour ce genre de disque. Ni trop propre, ni trop crade, il permet à la musique du groupe allemand de s’exprimer pleinement sans toutefois tuer les ambiances par un son trop lisse.
Les titres présents sur ce disque réussissent le tour de force d’être variés tout en conservant une certaine unité lorsque l’on écoute le disque dans son ensemble. On peut ainsi passer du martial « Dunkler Mann » au plus atmosphérique « Findling » (le joyau du disque, à n’en pas douter, avec son break ravageur à la 7ème minute) sans être décontenancé par le changement de tempo. Bien que la majeure partie des titres dure autour de 8 minutes, et que certains comme le titre d’ouverture « Glück » poussent jusqu’à la douzaine de minutes, on ne ressent jamais la lassitude au cours d’un titre tant les riffs, les variations de tempo, et les ambiances peuvent nous suprendre au sein d’un même titre.

Parlons de la voix, maintenant. Inquiétante, elle l’est en permanence. Elle sait se terrer au fond des riffs de guitare, comme un cri du fond d’un bois sombre, mais sait aussi utiliser toute la puissance gutturale de l’Allemand pour donner au disque un grain particulier. Bref elle est utilisée comme un instrument à part entière et vient renforcer les blasts et les riffs.

N’y allons pas par quatre chemins, Lunar Aurora a pondu là un excellent disque. Dommage que ce soit vraisemblablement le dernier avant longtemps, mais espérons qu’il rencontre le succès pour donner au groupe l’envie de lui donner un successeur.

Note Angrom : 17/20

Tracklist:

1- Glück (11:09)
2- Geisterschiff (7:53)
3- Dunkler Mann (8:39)
4- Findling (9:44)
5- Der Pakt (7:56)
6- Das Ende (8:38)

 

The Ruins Of Beverast – Rain Upon the Impure

Les préjugés ont la vie dure. Je lisais encore récemment des remarques relativisant fortement l’intérêt des groupes de black metal allemands. Nul doute que si j’avais à rédiger un plaidoyer en faveur de cette patrie, je n’hésiterais pas à étayer mon propos d’exemples concrets dont The ruins of Beverast ferait indubitablement partie.
Rapide présentation : ce one-man-band est né en 2003 sur les cendres d’un autre groupe plus que recommandable : Nagelfar. Ce dernier ayant splitté, le batteur, avide d’expériences (il a également récemment participé en tant que musicien session à des projets comme Graupel ou Kermania), s’en est allé enfanter son propre bébé pluricéphale. Une démo (2003, The furious waves of damnation) et un album (2004, Unlock the shrines) précèdent ce Rain upon the impure. Ce qui fait de lui un deuxième album, bravo à vous.

Le orphelins de Nagelfar – et surtout de leur monumental Srontgorrth – n’ont certainement pas vu d’un mauvais oeil la ligne directrice de The ruins of beverast : le côté innovateur et déjanté allié à des parties plus classiques que n’aurait pas renié la scène norvégienne de black symphonique. C’est un peu moins le cas avec Rain upon the impure.

Je disais quelques lignes plus haut “deuxième album”. Mais j’aurais plutôt dû dire : deuxième oeuvre. À ce stade de qualité de composition, de grandeur et de richesse dans les déploiements d’ambiances multiples et pénétrantes, qualifier simplement ce Rain upon the impure d’album ne serait pas lui rendre justice. Les rythmes ultrasoniques couplés à des riffs et des claviers Emperoriens (50 Forts Along the Rhine n’est pas sans rappeler un certain In the nightside eclipse repris à la sauce Darkspace) côtoient dans une relation oxymorique des passages habituellement l’apanage du funeral doom. Le monstrueux Soliloquy of the Stigmatised Shepherd est un bijou de noirceur latente, vicieuse dont Forgotten tomb aurait mieux fait de s’inspirer récemment… Admirable morceau qui laisse l’auditeur abasourdi par tant de talent et de lourdeur malfaisante : l’ombre de Forest of equilibrium (Cathedral) n’est pas très loin. Et puis, au bout de 7, 30 min, les éléments se déchaînent, une lead guitare hypnotique déferle sur notre âme engourdie pour aboutir à la magnificence de choeurs majestueux. 8 min plus tard, on se dit qu’on vient d’assister à quelque chose de rare.

Le reste de l’album serait insignifiant que le caractère incontournable de l’acquisition n’en serait pas moins prégnant.
Comment ne pas avoir envie alors d’user jusqu’à la lie de superlatifs dans la mesure où les 5 autres titres valent également leur pesant de cacahuètes ?
Des chants grégoriens du théâtral et inquiétant Blood Vaults ( I: Thy Virginal Maladour ) aux arpèges glaciaux et mélancoliques de Soil of the Incestuous en passant par l’énergie désespérée et guerrière de Rain upon the Impure, aucun élément ne se permet la médiocrité ou l’approximation. La saveur des douleurs obscures s’empare de vous. Mais au prix de quelques efforts : 7 titres pour un total de 1h20, mieux vaut savoir tout de même qu’une seule écoute sera très loin de vous offrir tout ce à quoi l’on peut accéder en y accordant du temps.

Une musique exigeante. Mais qui peut aisément se le permettre.

  1. 50 forts along the rhine
  2. soliloquy of the stigmatised shepherd
  3. rapture
  4. blood vaults ( i: thy virginal maladour )
  5. soil of the incestuous
  6. balnaa-kheil the bleak
  7. rain upon the impure

Rotting Christ – Theogonia

Ce n’est pourtant pas faute d’essayer, mais rien ne semble y faire : Rotting Christ, à l’orée de ses 20 bougies, continue à garder cette injuste image de second couteau du métal noir, alors même que Septic Flesh n’est plus, et que la place est donc théoriquement libre au sommet de l’Olympe. C’est d’autant plus incompréhensible vue la magistrale qualité de Sanctus Diavolos sorti en 2004 (et sans parler des opus précédents). C’est à n’y rien comprendre et à désespérer pour eux.

Mais le grec est combatif, et Sakis en est un parfait exemple. Le leader incontesté du Christ Pourrissant en a encore dans les manches, et Theogonia, s’il n’est pas parti pour changer la face du métal, donnera au moins encore l’occasion à bien des commentateurs potentiellement éclairés, de se lamenter sur l’injustice de l’absence de reconnaissance qui frappe ce grand groupe.

Du reste, Sakis ne change pas une recette qui (n’) a (pas encore) fait ses preuves. Ce nouvel album est encore (comme les 2 précédents du moins) un album de black/dark metal moderne aux ambiances particulièrement marquées et marquantes (le superbe « Nemecic », son chant féminin et ses violons orientaux entêtants) : une orchestration magnifique, des riffs solides et la voix toujours aussi particulière de Sakis (et son accent anglais « inimitable ») sont toujours au rendez-vous de ce nouveau chapitre, avec en sus, une production à mille lieux des productions trve, puissante et chaude, assurée par Sakis lui-même.

Les bases sont les même, mais que cela ne nous empêche pas de relever de subtiles différences, au moins avec Sanctus Diavolos le grand frère direct. Theogonia est en effet a priori plus accessible et plus direct que son prédécesseur (« Enuma Elish » tout en restant du Roti de Christ, semble lorgner quelque peu du côté de Amon Amarth dans son riffing) mais sans que cela nuise à la qualité et à la finesse des arrangements proposés par le groupe. Le son est aussi plus puissant et moderne que sur Sanctus qui jouissait d’un son assez sec et moins ample.
Notons aussi que l’ambiance semble encore plus « world » ou en tout cas folklorique que par le passé et toujours aussi délicieusement dépaysante : pas forcément grecque en tant que telle, mais clairement orientale dans les sonorités (« Gaia Tellus » par exemple). L’on sait du reste que Sakis loin d’être tenté, comme certains le sont, par l’injection d’éventuelles sonorités futuristes ou cyber dans sa musique, reste au contraire très attaché à une conception épique et traditionnelle du genre, lorgnant toujours sur les contrées de la bande originale de film guerrier et non moins épique (vous chevauchez les dunes de sable à la rencontre de l’ennemi sur « Rege Diabolicus ») à grands renforts de chœurs encore une fois pièce maîtresse de l’échiquier du chrichri d’amour.

Les grands moments ne manquent pas : le précité « Nemecic », le magnifique et épique « Gaia Tellus », le très bourrin « Helios Hyperion » et son intro mystique, et les inratables typiquement chrétiens pourris « The Sign Of Prime Creation » et « Keravnos Kivernitos ». Nul doute que les amateurs du groupe (il y en a quand même merde !) seront à coup sûr ravis.
Mais les autres maintenant, il est plus que temps de découvrir ce groupe et de prendre le train en marche. Vous êtes amateurs d’ambiances épiques, aimez Melechesh ou (dans une moindre mesure) Amon Amarth ? Sachez que Rotting Christ tape dans un style proche (plus dark, moins thrash) et avec au moins autant de classe (l’expérience en plus) et une sincérité inébranlable.

Si je conserve personnellement une préférence pour Sanctus Diavolos, un rien plus ambitieux et plus varié dans son propos (et sur lequel « Athanati Este » reste indétrônable), ce Theogonia se situe au moins au niveau de Genesis duquel il est certainement le plus proche en terme de style. Un excellent album, une fois de plus, qui devrait à coup sûr faire partie des sorties marquantes de cette nouvelle année.

PS : A noter que l’album sort notamment dans une édition limitée qui contient un DVD bonus certes moyennement intéressant, mais parée d’un packaging absolument magnifique qui vaut le détour.

  1. the sign of prime creation
  2. keravnos kivernitos
  3. enuma elish
  4. gaia tellus
  5. helios hyperion
  6. nemecic
  7. he, the aethyr
  8. phobos’ synagogue
  9. rege diabolicus
  10. threnody

Nae’blis – Death of Mankind…a Dream Split With Dominion

Nae’ Blis je connais. J’avais adoré leur premier album Beyond the light (2004) ; ils avaient confirmé un an plus tard (en 2005 donc, si mes calculs sont exacts) avec leur EP Death of mankind, tout le bien que je pensais du mal qu’il pouvait faire. Ce split est donc une excellente occasion de porter à la connaissance des chercheurs de noirceurs mélancoliques et désespérées l’existence de ces jeunes suédois. Occasion simplement car sur les 4 titres proposés il n’y a qu’un seul inédit (Lost and forgotten). Pour le reste, tout se trouve sur l’EP. Enfin, tout se trouve… sortie sous une version tape limitée à 50 exemplaires on se doute que c’est désormais inaccessible, voilà donc de quoi vous rattraper.
Malgré la masse grouillante et obscure de groupes s’adonnant à ce style de plus en plus représenté qu’est le black dépressif, Nae’ Blis se démarquent par leur indéniable talent à créer des ambiances éthérées servies par un sens de la mélodie imparable. Bien que les structures et les tempos (rapides pour le triptyque, mid pour l’inédit ) soient plutôt basiques, il y a toujours le petit truc qui évite la lassitude et attise même l’attention : quelques claviers, quelques arpèges (dont certains me rappellent d’ailleurs le Nord de Setherial), une petite lead guitare par ci, un riff thrashy et acéré par là.
Une musique tour à tour froide et émouvante, des vocaux torturés, un savoir-faire incontestable : j’adhère et fonde pas mal d’espoir dans le prochain album d’ores et déjà intitulé Sketches of Reality et qui devrait voir le jour en 2007.

16/20

Dominion, je ne connaissais pas. Même topo – et même nationalité – que pour Nae’ Blis : une demo tape épuisée qui revoit le jour remasterisée et agrémentée d’un inédit. L’inspiration est, là, aussi originale que le patronyme : de la même manière en effet qu’il y a une pelletée de Dominion (officiant dans un autre registre), il y a une pelletée de groupes (mais n’ayant pas le même patronyme cette fois) qui s’inscrivent dans cette lignée. Intro piano tragique et nostalgique histoire d’être tout de suite dans l’ambiance et puis arrivent les mélodies guitaristiques désespérées, raw, jouées sur fond de déchirements vocaux un peu poussifs (comment ça ils le sont tous ?) et batterie étouffée. Certains plans sont réellement intéressants (les arpèges du titre A dream) mais la teneur générale dépasse rarement le sympathique. La construction des titres donne par exemple l’impression d’un manque de cohérence qu’on peut sans doute attribuer à la jeunesse du projet. Ça cafouille un chouillas sur les bords, pour tout dire. A surveiller, certes, mais à mon avis inutile d’être à l’affût, terré derrière un buisson consumé et refroidi.

13/20

  1. death of mankind pt. i
  2. death of mankind pt. ii
  3. death of mankind pt. iii
  4. lost and forgotten
  5. remnants
  6. final descent
  7. a dream
  8. a silent farewell

Negura Bunget – Om

Alors que les moyens mis à disposition d’un groupe deviennent plus importants, l’amateur fidèle depuis le début a souvent tout à y perdre. Chacun se souvient d’artistes dont on dit d’eux qu’ils vont marquer leur temps, qu’ils ont le potentiel pour frapper un grand coup et qui au final passent à côté ou se ramassent lamemtablement. L’annonce d’un nouveau Negura Bunget en 2004 se présentait comme une occasion de vérifier ce principe : pourraient-ils honorer les nouveaux espoirs que l’on avait placé en eux depuis la sortie de ‘N crugu Bradului’ ? L’an passé, le mini Inarborat Kosmos venait me couper l’herbe sous le pied : sans véritable consistance ni aspérité, je restais sur ma faim, prêt à faire face à une possible déconvenue.

Sortis de nul part aux yeux du grand public en 2002 grâce à leur signature sur Code666, Negura Bunget ont quatres albums à leur actif dont le dernier et déjà cité ‘N’Crugu Bradului’, reste encore aujourd’hui un des meilleurs albums de black-metal post-second wave jamais sorti. Comme avec Tenhi ou Orphaned Land dans d’autres styles, on associe automatiquement Negura Bunget à une région du globe (la transylvanie), car leur musique dégage indéniablement une saveur locale. Les instruments utilisés, aussi bien les percussions que les claviers, affiliables à du Emperor première periode, ne justifient qu’une partie de cette appelation qui revient sans cesse dès qu’on évoque le groupe. Le parti pris du riff acide, d’un son proche des éléments ou de la mélodie plus magnétique que limpide en sont tant d’autres. Et de vulgarisation talentueuse on passe à véritable révélation.

Ce nouveau concept album ne s’annonce pas aussi rude que ses prédecesseurs, bien au contraire. Ici, on sent le fil d’une histoire continue, à la trame non-linéaire, qui même dans les moments les plus vivaces ne donne jamais dans l’excès. Oui, Negura Bunget émancipe son language, se fait un peu plus ‘lisse’ mais là où trop de groupes sombrent dans la stérilité dans un souci de sophistication, ils arrivent à faire de ce changement une réussite. Adapter la production par exemple constitue un choix judicieux, ne serait-ce que pour ne pas recouper leurs travaux passés et donner le plein potentiel à leurs objectifs. Le mixage équilibré entre la base metal, si on peut la qualifier ainsi vu l’attention équitable accordée à chaque élément du spectre sonore, et tout ce qui fait de Negura un groupe à même de susciter l’attention des non-afficionados de black est optimal.

Il faut à présent compter avec des claviers omniprésents, très hauts dans le mix. Le jeu de batterie de Negru se montre toujours aussi singulier, fougueux en blast avec un travail particulier sur les cymbales et dans les roulements, il fait constamment la dynamique et donne l’impression d’un voyage à l’intérieur de terres accidentées. Quant aux vocaux ils sont à la hauteur de ce qu’on peut attendre d’une musique extrême et intègre encline à transmettre un panel varié d’émotions : profonds, rageurs (le final de  »Cel Din Urma Vis »), et capables de modulations (passages parlés,chuchotés,incantations.. ). En contrepoint, les vocalises claires ne s’infiltrent que rarement, jamais dans un souci de balance (ce qui est appréciable) mais pour marquer un point central du morceau ( »Cunoasterea Tacuta » ou tout du long sur  »Hora Soarelui »).

En plus d’être un album irréprochable, OM nous permet de tirer des enseignements sur l’évolution d’un groupe au sein d’une scène; il se présente comme un exemple édifiant de changement dans la continuité, sans compromis ni regrets, pour un groupe qui continue à jouer du metal parce que c’est toujours sous cette forme qu’il désire s’exprimer. Et visiblement, ça fonctionne à merveille. Alors si l’on n’est sûr de rien pour l’avenir, même avec les meilleurs, on peut leur renouveler notre confiance…une fois de plus.

Krakoukass :
J’ajoute mon grain de sel simplement pour préciser qu’au delà de la musique superbe et de l’univers captivant et envoutant dépeints par ces roumains à travers leur musique ambitieuse (mais jamais pompeuse), leur souci du détail à tous les niveaux ne peut que forcer le respect. J’en veux pour preuve un artwork magnifique, une édition deluxe qui compte certainement parmi les plus belles éditions digipack que j’ai vues. Ajoutons que le DVD bonus offert dans cet écrin de perfection, nous donne l’occasion d’apprécier 2 clips (pas trop kitsch et qui permettent d’apprécier la beauté des forêts roumaines), des extraits live de bonne qualité et des interviews intéressantes qui permettent de mesurer combien l’univers de ce groupe est à part et riche. J’aurais poussé jusqu’au chef d’oeuvre, car même s’il est forcément trop tôt pour en être certain, je pense que voilà un album destiné à marquer durablement les esprits…

Tracklist :

  1. ceasuri rele
  2. tesarul de lumini
  3. primul om
  4. cunoasterea tacuta
  5. inarborat
  6. dedesuptul
  7. norilor
  8. de piatra
  9. cel din urma vis
  10. hora soarelui
  11. al doilea om

Xasthur – Subliminal Genocide

A la première écoute de ce album, je me suis demandé si cet homme dont j’apprécie tant le travail n’était pas devenu le Slayer du black metal. Album après album, toujours la même chose, un peu d’évolution, mais toujours la même chose. C’est faux. Si vous avez eu la même impression alors retournez vers ce disque et prêtez l’oreille car même si il n’y a pas ici de révolution par rapport aux albums précédents, la progression est tout de même là, et pas juste du point de vue du label. En fait, peut être suis-je long à la détente, mais ce que fait Malefic n’est pas comparable aux groupes de metal classique qui sortent un nouvel album tout les deux ans une fois qu’ils sont pleinement satisfaits de leur évolution. Malefic propose des albums en fonction du nombre de chansons qu’il a écrites. Ce n’est pas une attitude qui voudrait que chaque album soit un nouveau chef d’oeuvre. Subliminal genocide est un meilleur album que Telepathic with the deceased mais c’est avant tout uniquement une nouvelle collection de chansons. D’ailleurs, à en croire une interview récente, le nouvel album serait déjà enregistré et serait encore mieux. Est-ce une tactique pour inciter les gens a prêter l’oreille à son travail ou tout simplement l’honnêteté d’un homme qui ne se préoccupe que de sa musique et pas de sa promotion?

Qui est ce que ça intéresse au final? Pas grand monde, hormis ceux qui détestent sa musique. Et ils ne changeront sûrement pas d’avis ici. Jouant encore sur un tempo très lent et recouvrant ses cris déchirés de couches de guitares à la fois vaporeuses et mélancoliques, Subliminal genocide est un album de Xasthur comme on les connaît. La différence, ou plutôt l’évolution, est à entendre dans l’utilisation plus fréquente de passages sans rythme ou des notes grésillent et s’effacent doucement en laissant toujours derrière elles cette sensation profonde de malaise qui caractérise la personnalité du travail de Malefic au sein de Xasthur. L’utilisation de la pédale de délai sur des passages plus denses donne encore plus de richesse et voit même la prédominance sur pas mal de chansons d’une ligne mélodique qui n’est pas sans rappeler -mais c’est un leitmotif depuis son premier album- l’influence de My Bloody Valentine. Il parait d’ailleurs que leur Loveless parut à peu près en même temps que Transilvanian hunger de Darkthrone. Et bien voilà leur fils bâtard, enfin en quelque sorte. Déjà car une équation ne résume pas un travail aussi personnel. Et aussi car bien que s’inscrivant dans des sonorités semblables, il n’y a pas que ces deux influences dans ce disque.

Subliminal genocide dévore bien vite votre attention, bien plus vite que la description d’une musique lente, pâle et maladive ne le laisse penser. La procession funèbre s’empare de vous, une fois l’intro dépassée (une introduction d’ailleurs un peu trop téléphonée, surtout par rapport à l’album précédent), et ne vous relâche pas jusqu’a la fin du disque. Mieux encore, bien plus qu’une expérience, son développement plus mélodique et mélancolique laissera une trace chez vous et vous rappellera. Dans une discographie où le seul maître à bord épanche ses ressentiments d’albums en albums de façon toujours plus fascinante et intéressante, Subliminal genocide n’est peut être pas le nouveau chef d’oeuvre de Xasthur, mais c’est un nouveau pallier qui sera peut être enterré par son successeur. Pour l’heure, c’est l’album que je désigne comme étant le plus abouti et le plus profond d’un point de vue sonore. Pas vraiment varié mais sûrement pas ennuyeux pour autant, la trace fantomatique que laisse ces chansons est une piste que j’aime suivre. Comme une rose noire qui bourgeonnerait lentement, Xasthur continue d’être un projet unique et toujours plus fascinant.

  1. disharmonic converge
  2. the prison of mirrors
  3. beauty is only razor deep
  4. trauma will always linger
  5. pyramid of skulls
  6. arcane and misanthropic projection
  7. victim of your dreams
  8. through a trance of despondency
  9. loss and inner distortion
  10. subliminal genocide
  11. malice hidden in surrealism