Watcha – Phenix

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Style: néo métalAnnee de sortie: 2005Label: Columbia Records

De la ribambelle de groupes néo métal français apparus lors de l’autoproclamée vague frenchcore il y a 5/6 ans, Watcha était sans conteste pour moi le meilleur représentant, d’autant qu’un des premiers, leur éponyme datant de 1998. Beaucoup plus à l’aise techniquement que leurs pairs, le groupe a sillonné la France, et épaté sur scène plus d’un métalleux réfractaire au son néo, grâce à leur rythmique sophistiquée et ultra-carrée, les riffs puissants osant déjà quelques petites influences meshuggesques et la voix puissante et polyvalente. Le groupe n’a pas volé son succès, le talent étant là même si aucun de leurs albums n’est réellement mythique, et si les paroles en français les cantonne au public francophone.

Il y a quelques semaines, la découverte du clip d' »Un jour » me jetait dans l’effroi, ce morceau étant le comble de la soupe pop/rock française dans laquelle Pleymo, Mass Hysteria et compagnie ont sombré sans amertume, voix faiblarde sur une mélodie sans intérêt, guitares bateaux et rythmique sage bien en retrait, sans parler du clip lui-même dans lequel le groupe fait un peu pitié.
Une signature sur une major pour Watcha, et voilà qu’ils mettent en pâture un morceau à des lieues de leur style habituel, mes craintes étaient donc fortes concernant Phénix. Bref je ne me suis attelé à cet album qu’à reculons, et avec des pincettes.

Après une écoute, un constat, Watcha ne s’est pas métamorphosé en clone de Kyo, ouf! Watcha continue à faire du Watcha, encore et toujours avec plus ou moins de succès, mais cet album a de très bons moments. La maîtrise instrumentale du groupe est toujours présente (sans être aucunement démonstrative), Bob s’est encore amélioré au chant, le gros son est de rigueur et certains titres de cet album envoient vraiment bien la sauce même si on ressent clairement une nouvelle édulcoration générale.
Watcha reste assez sage mais sait exploser de temps en temps, l’excellent « Dimebag Barrel » et les élans biens énervés de « Sam4 » l’attestent. D’autres morceaux plus groovy réussissent à captiver un moment, certains passages de « Lache », « Y’a Plus de Message », un « Sauve moi » bien funky, ou « Une Nuit » relèvent le niveau, mais dans l’ensemble ces titres tombent rapidement dans le refrain facile ou le riff passe-partout.

Le reste de l’album n’est guère palpitant, laisse un goût d’opportunisme « grand public », même si on ne peut renier que Watcha a eu le mérite d’essayer de ne pas sombrer dans la soupe. Il y a un certain travail sur les morceaux, et toujours cette énergie débordante. Outre l’horripilante « Un Jour », « Je t’emmène » sonne comme de la vulgaire pop sucrée boostée pour ado, la reprise disco de « I was made for loving you » ou des titres comme « Je t’emmène », « Plus Fort » ou « Dans Tous Mes Etats », me laissent de marbre, je trouve qu’ils font plus bouche trou qu’autre chose.

Si les voix sont souvent réussies, les paroles en français restent difficiles à accepter, Bob s’amuse avec les mots et le langage parlé mais ça sonne souvent un peu creux, même si j’en convient l’exercice n’est pas évident. Bob décrie les stars fabriquées de la télé sur « Plus Fort » -Starac’ et cie sont clairement visés- mais avec toujours une propension à utiliser le mot « hardcore » à tout bout de champs un peu risible. La fin du morceau voit un rappeur poser quelques phrases convenues sur le sujet, mouaih… Sinon Bob s’attermoie beaucoup sur sa lacheté, son manque de courage etc. C’est quand même mieux sur « Planète » et son discours écolo-alarmiste intelligent où il se pose des questions sur le futur de la Terre.

Album donc assez décevant qui a peu de chances de marquer les esprits, car même si certains titres ou passages sont tout bonnement excellents, ils sont noyés dans le tout juste acceptable.
Bref ce n’est pas encore cet album qui établira Watcha comme un groupe vraiment marquant de la scène rock/métal française. Pourtant le potentiel est là, en plus c’est joliment produit, l’artwork est nickel mais musicalement, Watcha sont sûrement capables de mieux, et avec un tel chanteur, une rythmique impeccable et des gratteux qui ont de l’idée, on est en droit d’attendre mieux que de morceaux clichés à la mélodie facile.

  1. lâche
  2. je t’emmène
  3. la guerre des nerfs
  4. un jour
  5. y a plus de messages
  6. planète
  7. l’amour n’evite pas la mort
  8. plus fort
  9. une nuit
  10. dans tous mes etats
  11. sauve-moi
  12. dimebag
  13. sam 4 (prologue)
  14. sam 4
  15. wolf le guerrier
  16. i was made for loving you
jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 502 articles sur Eklektik.

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Commentaire

  1. dar says:

    clair cet album m a trop decu, j ‘ etais pourtant fan des precedents, mais la c vraiment moins bien.

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