Chroniques express: quelques oubliés de 2022 (part.2)

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Annee de sortie: 2022

Et nous y voilà ! Un clignement d’œil et 2023 est déjà là, si bien que de nombreux albums de 2022, parfois découverts sur le tard, n’ont même pas eu de chronique. Injustice réparée avec cette seconde sélection d’albums ayant marqué l’année à leur manière…

1.Single Mothers – Everything You Need (Dine Alone Music)

Sorti en catimini en octobre dernier, ce n’est que début décembre que j’ai appris que Single Mothers avait sorti un nouvel album en 2022. Et il aurait été bien dommage de passer à côté car le groupe de London (au Canada) y enfile les tubes comme les perles d’un collier. Particulièrement catchy, ces neuf titres plutôt brefs valent surtout pour le vocaliste Drew Thomson et son timbre nasillard qui nous entraîne via ce mix perso d’indie et de punk souvent irrésistible (“Enough For You”), de titres plus calmes (“Anytime Anything”) et de moments plus surprenants comme “O-Zone” et ses réminiscences de Beastie Boys. Moins tendu et en colère qu’auparavant, le cru 2022 de Single Mothers réjouira les fans de mélodies instantanées mais décevra peut-être les amateurs de leur facette plus sombre…

2. Syndrome 81 – Prisons Imaginaires (Destructure/Sabotage Records)

Seconde sortie pour les keupons brestois papas de l’excellent Béton Nostalgie. Syndrome 81 a marqué l’année 2022 avec cet album où le post-punk n’a jamais autant senti la rue. Célébrant leur ville et sa grisaille permanente, les lyrics oscillent entre pessimisme (« vivre et mourir dans cette putain de France », de quoi scander encore et encore lors de leurs lives), peur de l’avenir (« Futur périmé ») mais aussi la volonté de « Fuir son passé ». Bref beaucoup de désenchantement mais paradoxalement une vraie énergie chaleureuse qui sort de ces paroles à reprendre en chœur. Après l’excellent premier album d’Oï Boys l’an dernier, Prisons Imaginaires prouve à nouveau que la scène punk française est loin de stagner et se montre plus que passionnante ! Et si vous voulez prolonger le plaisir, sachez qu’une édition de l’album contenant des faces B et inédits vient de paraître, et que Syndrome 81 fera une apparition au prochain Hellfest.

3. Congealed Putrescence – Within The Ceaseless Murk (Caligari Records/Nerve Altar)

Petite découverte de fin d’année avec ce second EP proposant un death morbide aussi poisseux que véloce. Reprenant à leur compte l’old school grassouillet d’un Autopsy ou d’un Obituary tout en allant creuser (à grande vitesse) la vase à la manière de Tomb Mold, les quatre gars de New Orleans livrent là quatre titres au groove putréfié (avec râles de zombie en prime) et aux rythmiques infernales. Douze délicieuses minutes de pilonnage en version sale.

4. Launder – Happening (Ghostly International)

Après un excellent EP (Pink Cloud) sorti en 2018, Launder s’est fait très discret, n’ayant sorti que trois singles (plutôt moyens) avant de revenir en 2022 avec un premier véritable album. Composé durant la pandémie alors que John Cudlip stoppait son addiction à l’alcool, le prolifique compositeur a produit une soixantaine de titres puis recruté un vrai groupe pour l’accompagner. On retrouve sur Happening tout son talent pour sortir des titres ultra accrocheurs, pleins de nuances sous la distorsion et marqués par une certaine nonchalance héritée des 90’s. Le shoegaze/dreampop proposé sur Happening est riche en mélodies émotionnelles, en atmosphères planantes (avec le retour de sa complice Soko sur « Become ») et touchantes à la fois. A noter que cet album a été enregistré dans le studio que possédait Elliott Smith et que Cudlip a même utilisé le même micro que ce dernier, classe !

5. Scarcity – Aveilut (The Flenser)

Jeune groupe mené par Doug Moore (chanteur de Pyrrhon) et du multi-instrumentiste Brendon Randall-Myers (Glenn Branca Ensemble), Scarcity signe avec Aveilut son premier album dont l’écoute d’une traite a été l’un des gros challenges de 2022. Car le black metal proposé par le duo est clairement destiné aux plus endurants, nous plongeant dans de longues plages désespérées se muant en envolées discordantes à l’implacable pouvoir de désorientation (« II »). Un album vraiment peu évident à apprivoiser, mais au malaise s’immisçant peu à peu en vous… si vous parvenez à tenir la distance !

6. Colonial Wound – Easy Laugh (Hex Records)

Si Botch a récemment joué avec les nerfs de ses fans en semblant annoncer son retour, et puis non, et puis finalement si (mais qu’en live), cette année 2022 a permis à l’un de ses derniers rejetons d’exploser avec son premier album. Colonial Wound s’était fait repérer l’an dernier avec son EP Degradation et était attendu au tournant. Composé de membres de Yashira et d’un des batteurs live de feu-Kylesa, le groupe floridien balance ici neuf titres (pour seulement vingt-cinq minutes) où chaos métallique et poids sludge avec ce qu’il faut de contrastes mélodiques au milieu, histoire de ne jamais lasser l’auditeur. Un excellent premier jet.

7. Jours Pâles – Tensions (Les Acteurs de l’Ombre Productions)

Second album pour Jours Pâles, projet de Spellbound (Aorlhac) qui propose un black metal qui prend de plus en plus ses distances avec le style tel que les puristes le revendiquent. L’auvergnat parcoure ainsi différentes sonorités (punks, modernes, atmosphériques, post-punk ou encore folks) et nous entraîne dans une sorte d’exploration poétique à sa manière, c’est-à-dire très mouvementée, mélancolique et brutale à la fois. Blindée de surprises au détour de chaque titre/riff (au hasard, la présence de Nathalie Koskinen de Shape Of Despair sur « Ode A La Vie (Chanson Pour Aldérica) »), une heure de son très dense mais totalement captivante.

8. Implore – The Burden Of Existence (Church Road Records)

Mixant hardcore, crust, grindcore et death metal depuis dix ans tout pile, Implore a quitté le gros Century Media Records pour une structure plus modeste, en l’occurrence Church Road Records (tenu par des membres d’Employed To Serve, sorte d’extension de Holy Roar). Le quartet allemand déverse poids et soufre sur The Burden Of Existence, proposant trente-cinq minutes in your face, comme si Converge s’était décidé à faire du death metal. Modulations de vitesse et nerfs à vif personnifiés par le charismatique vocaliste Gabriel Dubko (qu’on retrouvera à assurer les vocaux lors de la prochaine tournée de Wormrot) pour un très plaisant quatrième album.

9. Pendant – Harp (Saddle Creek)

Projet d’un californien nommé Christopher Adams (qui fut autrefois dans un très bon groupe de screamo/post-hardcore: Calculator), Pendant mixe hip-hop, electro, ambient et expérimentations sonores pour un rendu unique. Harp (second album) vaut pour son mix d’atmosphères oniriques (l’incroyable « Static Dream » dont vous pouvez retrouver le superbe clip ci-dessous), de séquences introspectives (« Blue Mare ») et de moments aux rythmiques plus enlevées, voire dansantes (le morceau-titre ou bien « LED Head Rush »), avec quelques passages hip-hop vénères (« Contract »). Un second album à l’ambiance générale vaporeuse et hypnotique mais garnie de très nombreux détails, Harp fait partie de ces albums inclassables qui vous prennent par surprise.

10. Excide – Deliberate Revolver (New Morality Zine)

Nouvelle sensation sortant des tiroirs des excellents New Morality Zine, Excide a marqué l’année avec sa relecture du post-hardcore des 90’s, récupérant le son de Quicksand et de Snapcase soit un équilibre parfait entre mélodies et gros riffs. L’équilibre entre les deux fait mouche instantanément sur ce Deliberate Revolver qui, du haut de ses même pas trente-cinq minutes, nous entraîne dans un bain nostalgique particulièrement énergique. Une jolie réussite.

11. Terzij de Horde – In One Of These, I Am Your Enemy (Consouling Sounds/Tartarus Records)

La scène black metal néerlandaise connait ces dernières années un véritable renouveau avec de nombreux groupes qui commencent à vraiment rayonner (au hasard Fluisteraars). Terzij De Horde est actif depuis pas mal d’années mais n’avait rien sorti depuis Self, son premier album datant de 2015. Avec sa flamboyante cover de son nouvel album (pourtant sorti avant les incendies de l’été), le quintet d’Utrecht se relance avec trois titres (dont deux très imposants) de post black sortant des sentiers battus, épiques et tendus à la fois. Impressionnant.

12. King Yosef – The Ever Growing Wound (Bleakhouse)

Si le nom de King Yosef vous évoque quelque chose, c’est qu’il figure sur le dernier album en date de Youth Code (A Skeleton Key In The Doors Of Depression, sorti en 2021). Sur son nouvel EP sorti en mai dernier, il poursuit sur la même lignée en mixant hardcore/metal et industriel pour un rendu aussi virulent qu’oppressant. Très très lourd !

beunz
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