Fishbone + The Inspector Cluzo – 29 avril 2008 – Le Vip – Saint-Nazaire

1 Commentaire      1 362

A Saint-Nazaire, en cette pluvieuse journée de… printemps (hem) un rayon de soleil est toutefois annoncé en début de soirée. Il devrait se manifester aux alentours de 21h dans l’alvéole 14 de la base des sous-marins (vestige de l’occupation allemande, dans laquelle le Vip à déménagé voici maintenant un an). Le rayon de soleil, ce sont les américains de Fishbone qui font escale dans la cité portuaire au milieu d’une grande tournée européenne (et mondiale ensuite). Véritables marathoniens du live, voilà maintenant 20 ans que la bande d’Angelo Moore écume les scènes du monde entier pour distiller leur fusion rock-métal-funk-ska-punk endiablée.

Réputé comme l’un des meilleurs groupes de scène au monde, il me tardait donc d’aller le vérifier par moi même. Et sans être forcément un gros fan du groupe, je suis au moins très amateur de leur best-seller Give a monkey a brain dont j’espère bien voir quelques titres joués ce soir.

Mais avant de voir les légendes, places à la première partie avec le duo français The Inspector Cluzo. Avec son bar en mezzanine, le Vip ne facilite pas la tâche des premières parties et donc la fosse est encore quasiment vide quand le groupe arrive sur scène. Ainsi, alors que le batteur commence à cogner ses fûts, le guitariste descend de la scène, et monte jusqu’à la mezzanine pour rameuter les spectateurs timides jusqu’à la fosse. Ainsi le show peut commencer et The Inspector Cluzo montre alors qu’il n’est pas nécessaire d’être nombreux pour jouer du rock n’ roll. Une guitare, une batterie, on branche et on joue. Et en l’occurrence on joue du rock fusion influencé par les premiers Red hot, RATM ou encore Fishbone (une première partie de circonstance donc), le tout avec une bonne dose de groove et…d’humour, comme l’atteste la chanson « Fuck bass player ». Les deux musiciens se partagent le chant, même si le batteur est plus là en soutient pour certains chœurs et refrains. Sa prestation est d’ailleurs en tout points remarquable et frappe avec beaucoup de feeling et de groove tout en paraissant complètement décontracté et en osmose avec la musique (même en étant habillé sur son 31). C’est un vrai plaisir de le voir taper de tous les côtés tout en évitant de se prendre le support de micro qui lui passe au-dessus de la tête. Si le guitariste s’avère un peu plus statique, son coté boute-en-train/pince-sans-rire assure le show. Mais musicalement il n’est pas non plus à plaindre, assurant autant les différents registres de guitares (rock, blues, funk) que de voix (soul, rapée/scandée…). Nous avons aussi la très bonne surprise de voir débouler un guest de choix en la personne d’Angelo Moore venu chanter et jouer du sax lors d’un dernier morceau festif à souhait. Fait rarissime que de voir des têtes d’affiches venir taper le bœuf avec leur première partie. Le public a apprécié, et moi aussi. Un groupe à suivre, assurément, et dont on aura sûrement l’occasion de réentendre causer en septembre, pour la sortie de leur premier album.

C’est ensuite au tour des Fishbones de faire leur entrée. Niveau occupation de scène, ça nous change direct de la première partie avec les 7 musiciens que compte le groupe. Le groupe démarre les hostilités avec « Unyielding », extrait de Give a monkey a brain…. Un titre orienté reggae/ska qui annoncera d’emblée l’ambiance de la soirée. Les cuivres sont à la fête et Angelo commence déjà à sautiller un peu partout. En fait il ne s’arrêtera jamais pendant les 2h15 de show. On comprend tout de suite pourquoi Fishbone est considéré comme un des meilleurs groupes live au monde (notion tout de même un peu subjective). Angelo Moore est une véritable bête de scène, arpentant celle-ci de long en large. Pour ses changements de sax notamment mais aussi pour haranguer le public de part et d’autres. D’ailleurs il ne faudra pas 3 titres pour le voir bondir direct dans la fosse, tendant le micro à qui voudra bien brailler dedans. Le charismatique frontman dégouline déjà toute la sueur de son corps et à la moitié du show, le costard cravate aura laissé la place au torse nu avec bretelles (indispensables les bretelles). Alors c’est sûr avec un leader comme ça, on a vite fait de ne pas remarquer les autres musiciens, qui pourtant assurent tous à leur manière. Certains sont plus discrets mais le claviériste et le trompettiste viennent régulièrement seconder Angelo au chant et participer à ses acrobaties scéniques. Ne connaissant qu’un album du groupe, la majeure partie des titres joués me sont inconnus mais cela ne gâche rien. Le show est accrocheur du début à la fin, totalement endiablé et même avec une grosse dominante d’hymne reggae, funk et ska, le groupe n’oublie pas d’assener de furieux assauts punk ravageurs. Les Fishbones montrent ainsi qu’ils se jouent des barrières entre les genres et que seule compte l’énergie déployée, et se donner totalement au public, comme si ce concert devait être le dernier de leur carrière. Une véritable relation, très chaleureuse s’installe alors entre le groupe et le public. Un public qui en redemande par deux fois. D’ailleurs on ne me la fait pas, ayant été placé sur le bord de la scène pour prendre quelques clichés, j’avais pu jeter un bref coup d’œil à la set-list qui annonçait le titre « Servitude » en final. Aussi lorsque le groupe quitte la scène après les deux titres du premier rappel, j’ai limite envie de crier à l’imposture, d’autant plus que la sono commence à balancer un disque (en général signe que ce n’est plus la peine de s’égosiller pour faire revenir le groupe). Mais le public continue justement de s’égosiller et Angelo réapparaît suivi du groupe pour jouer ce fameux « Servitude », le hit (tout est relatif bien entendu) de Give a monkey a brain…, et aussi le titre le plus métal de la soirée. Le titre sera alors totalement sublimé par rapport à sa version studio, laissant à chaque musicien l’occasion de s’exprimer seul avec son instrument, quittant la scène à tout de rôle afin de ne laisser que la section rythmique en place. Cette fois c’est bien fini et on en redemanderait presque. Presque…

Set list Fishbone

Unyielding
Suffering
Closed doors
Bonin
Frey’d nerves
Date rape
Ma & Pa
Saddam
Cholly
Glasses
Forever moore
Alcoholic
Ho’ fight
Give it up
Sunless

Party
Every day

Servitude

Up Next

Du meme groupe

Commentaire

  1. Le Guise says:

    La chronique du premier album de The Inspector Cluzo est sur http://kroundave.free.fr
    http://kroundave.free.fr/billet.htm
    Bonne lecture

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *