Bilan 2005 oyc

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L’avion décolle. Non…c’est pas vraiment une histoire de décollage. Attends là je crois que j’ai trop maté l’Auberge Espagnole. On reprend. Donc, l’avion a décollé. Ben oui, on a pas le droit d’ouvrir nos joujoux pendant le décollage. Alors. Il fait bon. Le soleil de Casablanca apparait, réchauffe et perturbe mon écran. J’abaisse le hublot. Ca va mieux. Un écran vantant fièrement « royal air maroc » affiche des informations aléatoires approximativement floues sur le vol. Je serai en retard. Je n’aurai pas mon bus à l’arrivée. Je vais galérer. L’hôtesse est ravissante et ses lunettes font ressortir des yeux en amandes sur un visage aux courbes particulièrement bien tracées. J’aime ses mains. Elle me propose un croissant. « Non merci, je suis à la diète ». « Mais vous n’en avez pas besoin ». « C’est trop aimable, ça fait plaisir, merci, c’est sympa. Yeah. Cool. » « Je peux vous offrir autre chose? » « un petit pain au lait et un thé iront parfaitement, merci ». <br>
La larme à l’oeil, j’aurai quitté ma mère quelques minutes auparavant ayant passé une semaine de pacha à la maison. Une semaine bénéfique pour se remémorer une année chargée tant musicalement que personnellement. Mais on en a peu à foutre de cette notion. Focalisons donc sur la première.

Une année 2005 chargée disais-je, mais malheureusement pas que de bonnes choses. Bien sûr, comme chaque année, on a nos petits coups de coeurs et coups de gueules. Pourquoi Gojira ont-ils effectué un virage si déplaisant à mes oreilles? Pourquoi j’apprécie Psykup sur scène et absolument pas sur cd? Va savoir.

Pour moi cette année sera marquée par un Opeth toujours aussi en forme. Les gaillards ont su rajouter de l’ail à la mayonnaise sans la rendre dégeu. Rien de révolutionnaire par rapport à un Deliverance, mais un cd toujours aussi puissant et bien effectué. The Dillinger Escape Plan on trouvé le bon filon, bien que s’inscrivant dans une optique particulièrement commerciale, ils ont tiré leur épingle du jeu, offrant une musique toujours aussi complexe et technique, et pourtant accrocheuse, intéressante et fouillée. Dans un tout autre registre, Le Klub Des Losers m’a fait passer d’excellents moments à travers une musique recherchée et des paroles particulièrement bien écrites, inscrites dans une misanthropie forcenée, une misogynie hilarante et une plume stylistique d’une noirceur plus qu’acerbe. « Café? » « Non, merci ». Wow j’avais pas remarqué ses lèvres sous cet angle. Plus pulpeuses que le cul d’une Orangina… Passons. Nous survolons l’Espagne. Youpi. Kruger m’ont fait plaisir. Leur noise est bonne. Leur son est génial. Cattle Truck est génial. Leurs voix particulières forgent une ambiance qui me rappelle Mastodon. Une excellente surprise que ce Leviathan au son tranchant, musicalement à la limite de l’irréprochable, Mastodon ont surpris et grossi à vue d’oeil. Ils certifient que leur passage chez Warner ne les fera pas passer de l’autre côté du trottoir. On verra. En attendant la jouissance aura atteint son paroxysme à l’écoute d’un Sideshow Symphonies plus bandant qu’Herzigova en string (elle a pris un peu d’âge la pauvre…). On aura beau dire ce qu’on voudra, Simen s’en sort à merveille, la musique est stellaire, les ambiances magistrales et je serai toujours d’accord avec ceux qui diront que The Sham Mirrors ou La Masquerade Infernale sont mieux, mais cet album est tout simplement magnifique et n’a d’égal qu’une deuxième écoute de lui-même. Haha. Qui a dit que je voulais être drôle. lol. mdr. ptdr. Bref. La chose n’a pas quitté mes oreilles pendant si longtemps que je me rappelais même plus ce que j’avais dans le lecteur avant de laisser le passage « to the next folder » s’opérer. J’ai eu raison. Blood Red Throne foudroient avec un death metal surpuissant, aggressif, violent, barbare, insolent, recherché, mais avant tout titanesque. Une basse à l’honneur dans un album qui est au death metal ce que Borbonese est à la haute couture: une classe élégante, violente, travaillée et pourtant sobre. On ne peut pas vraiment dire que la musique de BRT qu’elle soit sobre me direz-vous, mais je parle plus de la qualité des lignes. D’une efficacité redoutable et d’une simplicité variable. Car bien qu’on puisse croire à une certaine aisance dans la création, certaines lignes se trouvent être de petits casse-têtes à la hauteur du talent du groupe. « Vous buvez quoi? » « Là, rien, mais je prendrais bien un petit verre de jus d’orange, merci ». Elle rigole, moi aussi, elle me sert, je bois et tape cette phrase. Et c’est en pensant haute couture et ma petite virée à Milan pour la fashion week qu’Ephel Duath rugissent dans ma tête comme un lion tourmenté aux pensées plus complexes que le fonctionnement du lobe occipital. On ne pouvait pas s’attendre à un Painter’s Palette II, on a eu un truc invraisemblable, torturé à souhait, compliqué au possible, plus barré que barré. Pain Necessary To Know, au risque de me répéter, est un mal bon à connaître. Une sorte d’orgasme douloureux aux suites délicieuses. Comme un sushi trempé dans un wasabi traditionnel. On ne souffle qu’après que les narines aient éjecté leur air acide et les yeux fait couler leurs larmes salées. Du côté français, déçu par un Gojira peu lourd, au son enfantin et aux compositions fades mis à part un ou deux morceaux. La réflexion se confirme sur scène. Les morceaux de The Link sonnent lourd, massif, écrasent par leur incommensurable puissance, ceux de From Mars To Sirius me barbent et me font dormir au sens propre du terme. Eh oui, au Brise Glace d’Annecy, il y a des places assises. Psykup quand à eux me font rire sur scène. Rire de plaisir. Le groupe joue bien, est carré, effectue sa musique avec plaisir et c’est plaisant. Dommage que cette ambiance ne soit pas retransmise sur cd, car L’ombre et la proie me sert presque de dessous de verre… Section francophone toujours: Cryptopsy flinguent avec un album surprenant. On connaissait un groupe très technique et souvent complexe. On retrouve un groupe technique, complexe et complètement barré. Les modes atteignent tout le monde, on aura beau dire on finira toujours par tomber dedans. Et c’est en tapant cette phrase que je me rends compte (et je ne sais vraiment pas pourquoi) que j’aime la vie. Les fleurs roses, ma chemise à pois de chez Burberry, l’odeur d’Annecy le soir quand je rentre chez moi, appeler mes copains Suzette ou Brigitte, perdre du poids et me faire pincer le cul par une multitude de demoiselles aussi charmantes les unes que les autres, voyager un peu partout sans avoir à payer d’hotel parceque « hey man, I’m coming over in a couple days » « oh great for fuck’s sake y’ain’t going to a hotel, you’ll be staying at my place man! » Youpi. La vita é bella. D’autres éléments viendront remplir un tableau de chasse élégant dans ma cdthèque: un « Thanks For Flying With Us » de Mats & Morgan intéressant, bien que parfois morne à la longue, un splendide « Journey To The Centre Of An Egg » de mon idole Rabih Abou Khalil, qui partage le voyage avec Kühn et Cagwin, une introspection improvisée d’une rare beauté, comme ce à quoi nous a habitué le luthiste virtuose. Un jazz oriental aux sonorités africaines à la limite du contemporain classique. Bien sûr je vais citer un Catch 33 de Meshuggah tout simplement immonde. Inutile, chiant, fade, à brûler. Non je n’argumenterai pas. Je ne veux pas. Ouais ouais moi aussi je te fuck you off. Pan dans les dents. Allez la suite. Ah oui, Mayhem. Alors que dire de cet étonnant Chimera. Ils ont viré prog ma parole. Un bel album, inspiré, bossé, malsain et très plaisant (jai un peu de retard sur ce coup là j
e dois avouer…). Bon selon l’hôtesse je vais pas rater mon bus. Selon l’hôtesse et l’écran qui me dit qu’on arrive dans une heure, donc pile à temps pour pas louper le merdier. Ok donc voilà pour moi. Trop de choses pour pouvoir toutes les traiter. Beaucoup trop de cds mais peu auront véritablement retenu mon attention. The Ocean ont offert un très bon cadeau de fin d’année, Burst s’en sortent à merveille, Wormfood titillent agréablement les oreilles, Carnival In Coal sont toujours aussi bons dans ce qu’ils font, Fantômas délivrent une petite bombe, The Flying Luttenbachers embêtent avec un Void vide et monotone, Made Out Of Babies surprennent avec un premier album d’une maturité rare, Nevermore frappent très fort avec le successeur d’un déjà très bon Ennemies Of Reality, Darkane bombardent avec une vélocité impressionnante un Layer Of Lies des plus réussis, Ion Dissonance sont toujours pas sortis de leur asile, Between The Buried And Me continuent à être aussi prétentieux mais bons, et j’en passe et j’en peux plus de chercher.

Une sympathique année avec ses hauts et pas mal de bas. Espérons que 2006 nous offre de bonnes surprises. J’attends déjà avec impatience le nouveau Sikth. J’arrive donc, perd 25 degrès, rate mon bus, galère comme pas possible. Même si elle est canon, « faut jamais sous-estimer le caractère imprévisible de la bêtise humaine ». Bonne année à tous, et meilleurs voeux de bonheur et de réussite.

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OY C

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