Unsane + Duracell + Dyse – 28 septembre 2007 – Epicerie Moderne – Feyzin

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S’il est un adage en cette soirée à même de nous mettre dans l’ambiance, le fameux « les absents ont toujours tord » en serait la parfaite illustration. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle fut excellente de bout en bout. La salle tout d’abord, tenue de main de maître par une association et une organisation carrée, ponctuelle, et souriante. Je ne sais pas si c’est le fait de voir Vinny Signorelli et Chris Spencer d’Unsane taper le carton au stand merchandising, les sourires au guichet et au bar ou la configuration de la salle mais quoiqu’il en soit il se dégage un climat de sérénité des plus salvateurs et annonciateur d’une bien bonne soirée.

20h30 : ouverture des portes. 9h15 Dyse monte sur scène. Duo guitare-batterie from Allemagne (composé de membres de VOLT) vont se lancer dans un set furibard de noise déstructurée dans la joie et l’allégresse de nous nettoyer les oreilles. Vu le nombre de conneries entendues ces derniers temps dans les médias, il y avait du boulot ! Mais mission accomplie en un peu plus d’une demi-heure. Le public est conquis malgré un set parfois décousu, intercalé de faux départs, vannes et autres discussions entre le public et les deux musiciens apparemment heureux d’être là, de jouer sur scène pour le simple plaisir de l’énergie rock. Voix dans les médiums pour le guitariste, non dénué d’une précision désarmante dans la chirurgie de ses riffs. Ca fait mouche sans coup férir à l’appui de cette batterie un rien épileptique. Bref, excellente découverte, à suivre de près.

A peine quittées la scène, les lumières se tournent déjà vers le flan gauche de la salle où c’est installé Duracell, activiste de la scène lyonnaise et one man band officiant dans un style des plus surprenants (mais non moins des plus excellents !) d’une sorte Amiga–core. Amiga oui comme les jeux vidéos des 80’s. Vous allez vite comprendre… Le temps de laissez filer la surprise dubitative et de s’immiscer au sein du cercle qui c’est formé autour du musicien, on comprend vite l’étendu du délire. Reprendre des standards musicaux des jeux vidéo des 80’s, ponctuer de compositions personnelles ou bien encore de reprises comme le « Jamais non » de feu-Chevignon (autre gloire locale dont Duracell était le batteur). Le son cheap des sonorités 80’s pourrait en laisser sur le bord de la route…il n’en est finalement rien. Batterie trigger reliée à son ordinateur alors utilisé en midi (OYC à la technique pour les explications, yeah mec !) Duracell martyrise son kit de batterie entre grind et rythmiques cinglantes où la caisse claire et la cymbale sont les reines. Lighting Bolt s’invite chez Zombi et c’est parti pour une bonne heure de trip. Son look psyché et son tee-shirt “the power of imagination make it possible” aurait dû me mettre la puce à l’oreille ! Duracell conquiert son public composé d’irréductibles fans comme de curieux se laissant peu à peu envahir par cette musique décalée et hypnotique.
Encore une fois une excellente surprise pour cette soirée et un artiste atypique, loin des modes à soutenir.

Enfin un break, le temps d’écluser un peu, de faire la tournée des popotes et c’est Unsane qui monte sur scène pour le set final de cette soirée. Les rangs se sont encore épaissis (environ 300-350 personnes pour cette salle de l’Epicerie Moderne ce soir en configuration moyenne). Au delà du plaisir non feint de retrouver Unsane sur scène, se mêle pour moi immanquablement la comparaison avec notre dernière rencontre scénique à Toulouse aux Vents d’Ouest il y a 3-4 ans de cela. Le virage moins “ straight in your face” Visqueen est passé par là et on sent sur scène cette nouvelle voie surtout avec l’absence de Dave Curran et sa basse assassine, remplacé temporairement pour cette tournée par Natz de Cop Shoot Cop, (une autre vieille connaissance soit-dit en passant, un p’tit retour sur la scène les gars ?) Un set un rien plus posé, moins décapant mais tout autant violent et non sujet à caution sera donc au programme. Enjoy !
Un son un rien plat dessert le premier morceau. Vinny souffre d’un manque de retour. J’en profite pour filer au cœur de la fosse pour quelques photos avant que les fauves ne se réveillent enfin. Rapidement, la technique va reprendre le dessus, le son claquer comme il se doit au cœur du public et c’est parti. Impossible de résister à ces riffs et à tous ces morceaux, ces singles incontournables qui finiront bien par devenir des hymnes ! En attendant le groupe explose, le public exulte, ça sue, ça crache, bref Unsane is back in town. Se mêlent à leur musique leurs corps et leurs postures toujours aussi expressives comme le groove tentaculaire de Signorelli et ses regards de tueurs psychopathes ou les traits tirés à l’usure de Spencer tout de tension introvertie avec son chant abrasif. Quelques instants de pose, c’est l’anniversaire de Chris ce soir. Signorelli et l’équipe lui font la surprise d’un gâteau et d’une bouteille de champagne sur les chœurs du public entonnant l’éternel « happy birthday ». La gentillesse qui se dégage de ces mecs est toujours de mise et une fois encore ils le prouvent. Il suffira de voir Vinny donner la becquée aux premiers rangs avec le gâteau d’anniversaire. Reprise des hostilités puis un rappel titanesque avec entre autre un meddley Get off my back-East Brodway, deux instrumentaux aussi rampants que violents, plongeant la salle dans une ultime transe. Mon seul regret, la quasi absence de l’harmonica. Seul « Alleged » me donnera l’occasion d’entendre une fois encore cette musicalité bluesy malsaine au cœur du tir croisé de la playlist. Quoiqu’il en soit Unsane a une fois encore mis tout le monde à genoux et une fois encore on en redemande !

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2 Commentaires

  1. OYC says:

    Dÿse m’ont mis à terre. Duracell est égal à lui même et Unsane dégagent une ambiance particulière qui, même n’étant pas aussi accro au groupe que Neuro, force le respect.
    Une soirée des plus agréables ouverte par un Dÿse qui mérite véritablement qu’on s’y attarde. Une précision étonnante et une énergie débordante complétée par une voix singulière. Excellente surprise qui a mis beaucoup de monde d’accord!
    Merci Dédé, merci Yann!
    OYC

  2. Dédé l'embrouille says:

    c’etait ach’ment vien cette soirée. Entierement d’accord avec OYC, Dyse c’est du super bon, j’ai été surpris par ces 2 bonhommes. Unsane, tres fort aussi mais je connaissais déja mais pas décu du tout.. j’ai moyen accroché sur Duracell, meme si parfois on est attiré par les rythmes electro-chai pas koi, mais au bout de 30 minutes ça fait un peu rave party et on a qu’une envie, sortir de la salle et d’aller se jeter une mousse
    Et puis entierement d’accord sur l’environnement, l’epicerie moderne ça le fait bien
    Bravo pour ce live report ma couille

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