Doppler + Ned + 35700 Yens – 17 octobre 2008 – Clacson – Oullins

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Annee de sortie: 2010

Il y a peu, on vous disait tout le bien que l’on pense du nouvel album des lyonnais de DOPPLeR « Songs to defy ». Histoire d’enfoncer le clou un peu plus, on vous emmène ce soir à la release party de Doppler où ils ont décidé d’investir le Clacson de Oullins, cette bonne vieille salle toujours aussi chaleureuse. Pour fêter la sortie de leur nouvel opus, ils se sont entourés des 35700 yens dont je ne connaissais ni l’existence ni la musique, et des Ned se faisant toujours autant désirer sur les planches.

Ce qu’il y a de bien avec les release party, c’est qu’il y a du monde (ou alors vous êtes le groupe le plus malchanceux ou insupportable qui soit. Au choix…) Donc ce soir c’est l’affluence. J’arrive comme bien souvent à la bourre et me voilà devant les quelques derniers instants de 35700 yens. Merde, ça avait l’air bien ce duo noise expérimentale. Je m’en irai dès demain explorer leur page http://www.myspace.com/37500yens. Je m’en vais donc me consoler au bar où une expo des sérigraphies de Der Kommissar et des attentats sonores du collectif HAK vont capter mon attention un petit moment. Der Kommissar, je connais mais je ne me lasse toujours pas de ces sérigraphies à la gloire du cynisme et de la culture noise punk. Le collectif HAK me laissera finalement assez froid. Trop contemporain pour moi, pas le temps, pas le lieu, pas l’envie de m’immerger dans leurs vidéos. Et puis au détour de quelques bulles et volutes, je retrouve de vieux compères, alors…

Ned s’est rapidement installé et leur set est déjà dans les starting-blocks. Tout démarre dans un fatras de décibel et de chaos rythmique. Le batteur s’élance, revient dans une marche frénétique, martèle déjà ces toms et la caisse claire, se jette de son siège, saute sur son siège et se vautre. Le ton est donné.
Leur noise’n’roll s’aventure de plus en plus en terrain inconnu, au cœur des racines du blues et d’un groove déjanté. Leur musique est en permanence sur le fil du rasoir. Le bon vieux rock’n’roll s’entiche de l’anti-musique. Bref, impossible de marcher droit avec cette musique ! C’est rockn’roll, c’est noise, c’est conceptuel, c’est Do It Yourself mais surtout c’est bon ! Le guitariste rompu aux exercices d’improvisation envoie ces riffs le sourire goguenard aux coins des lèvres. Le bassiste tricote ces lignes rythmiques et le batteur n’en finit pas de développer son jeu sec et frénétique. Les trois se partagent le chant ou s’époumonent sur les micros. Les trois jouent au cœur de dédales musicaux, se composent et se décomposent, avec une facilité assez déconcertante. La première fois que vous rencontrez ces lascars sur scène vous êtes déstabilisé. La seconde aussi. Mais vous êtes on ne peut plus conquis par l’énergie qui se dégage de cette musique, ce jeu sec et précis, ce groove improbable.
Quelques vannes de-ci de-là, une bonne dizaine de morceaux plus tard, le public en redemande, mais il faut déjà faire place aux hôtes de la soirée.

DOPPLeR monte sur scène dans une obscurité quasi totale, un vague clair obscur, histoire de. Une attention particulière est donné au light show ce soir. La musique n’en sera que plus prenante dans cet écrin épousant tour à tour des teintes rouge, une lumière blanche ou justement ce clair obscur froid et glacial.
Le son est puissant. L’accent est mis sur l’énergie. Les subtilités de jeu du trio ne sont pas en restent et apparaissent assez bien. Du moins jusqu’à ce que la tête d’ampli du guitariste lâche en milieu de set et le voit contraint de jouer avec une nouvelle tête d’ampli sans que jamais il ne puisse recoller à la précision du son de la première partie du set. L’effet mur du son en sera d’autant plus renforcé. Le chant n’est pas toujours totalement audible mais l’énergie se décuple, la sueur s’écoule et le public se plonge au cœur d’une transe. Malgré des interludes, le groupe ne peine jamais à nous replonger dans leur univers. Leur musique hypnotise c’est indéniable. On se love au cœur de ces décibels. Il y fait froid. Et pourtant il y fait bon. Clair que les nouveaux titres passent allègrement la cap de la scène. Les nouveaux We are not sick…, My third life minimum, 6 centimètres, The coming out, etc se mêlent aux Roquette et autres bombes noise pour donner vie à ce set. On regretta peut-être le brin de folie, le lâché-prise total et divin, le don de soi total et sans concession qui aurait pu transcender ce show mais jouer à domicile n’est pas forcément toujours des plus confortables. Il reste que DOPPLeR est et demeure un groupe majeur de la scène noise . Ecoutez Songs to Defy et allez les voir sur scène durant leur tournée prochaine. Du moins si vous aimez perdre pied.

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