Interview Los Disidentes Del Sucio Motel

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Annee de sortie: 2010
Los Disidentes Del Sucio Motel est un groupe de la région strasbourgeoise appréciant les grosses cylindrées, le Jack Daniel’s et les gros riffs stoner fleurant bon l’asphalte du Nouveau Mexique. Un premier album « Soundtrack From The Motion Picture » et une figuration dans la compilation « Psychotic Reactions », en voilà de l’actu chargée pour la fratrie Maverick ! Bobby et Francky ont donc bien voulu stopper leur caisse sur une aire d’autoroute le temps de répondre à quelques questions…

Comme toute introduction à une interview, peux-tu présenter LDDSM, ses membres, son histoire ?

Bobby : LDDSM existe depuis août 2005, date de notre première répète.Il est composé de Francky Maverick (guitare-chant), Billy Maverick (batterie), Bobby Maverick (basse-chant), Johnny Maverick (guitare) et Sonny Mc Cormick (clavier-chant) et on fait du Stoner’N’Roll

LDDSM est un nom assez atypique dans le monde de la musique, d’où vous est venue l’idée d’adopter un tel patronyme ?

Bobby : Alors, j’aime à dire que c’est ma mère qui est à l’origine du nom, ce qui est un peu vrai. On cherchait un truc qui rappelle le desert du Nouveau Mexique, les motels cradoques de bord de route… Francky voulait un nom à rallonge parce qu’il trouvait ça fun. Donc on s’est mis d’accord sur un nom en espagnol, aucun d’entre nous ne parle l’espagnol mais ça nous faisait penser au sud des USA, à Une Nuit en Enfer…Ensuite on se disait qu’il faudrait que figure le mot Motel ou Cactus ou Vautour dedans….Et là tu me dis «mais qu’est ce que ta mère à a voir la dedans?». Ben en fait, un jour je pars en répète et ma mère me demande si je repète avec Sunked of All (mon ancien groupe de punk) ou les dissidents (parce qu’à l’époque LDDSM était composé de membres qui évoluaient dans d’autres formations et LDDSM était une récréation). Sur le chemin, je cogite «tiens, dissidents c’est pas mal, ça fait un peu bad boy….» J’en parle aux autres qui trouve ça bien. Et ensuite ça été brainstorming pour trouver un nom!

Francky : c’est un nom qui ne reste pas forcément facilement en tête mais qui marque les esprits tout de suite et ça c’est un truc qui me plaît. En plus ça laisse l’ouverture à des déformations du nom souvent très drôles parce que les gens se souviennent que c’est en espagnol, que c’est compliqué et que ça commence par Los quelque chose, alors c’est souvent du grand n’importe quoi et ça nous amuse beaucoup.

Votre univers colle à une certaine vision de l’Amérique, les virées en bagnole, l’alcool et le fun qui va avec, qu’est-ce qui vous a amené à mettre en musique ce genre de délire ? Un regret de ne pas être nés sur le bon continent ? Par ailleurs, d’où vous est venue l’idée de jouer sous des pseudos ? (les frères Maverick et McCormick)

Bobby : Non, j’ai aucun regret de ne pas être né au US. Notre délire tient plus de la mythologie que de la réalité. Un peu comme quand dans les année 60, des mecs comme Eddy Mitchell fantasmaient sur les USA et tout le délire «Happy Days», twist, John Wayne et compagnie!

Francky : Aaaahhh Eddy, notre père spirituel ! Pas de tournée sans un bon vieux best of du Monsieur !

Bobby : On est des gros gros fans de films de série B, type Grindhouse, et tous trucs qui tournent autour de cette vision des US et en plus le stoner a toujours puisé dans cette imagerie (King Of The Road de Fu Manchu, Songs For The Deaf de QOTSA). Donc c’est venu assez naturellement de projeter cet univers sur notre musique. Ensuite pour le «concept band», on voulais aller au delà de la musique, proposer un truc en plus, un truc un peu cinématographique à la manière de My Chemical Romance ou The Sword avec leur dernier album « Warp Riders»

Francky : Nous aimons et entretenons ce concept « d’en proposer toujours un peu plus et de faire quelque chose de différent de la scène actuelle ». Après on est tout à fait conscients de n’avoir rien inventé, mais on essaye en permanence de proposer des idées que ça soit sur notre com, sur nos concerts, sur les thèmes de nos chansons, sur nos visuels etc… qui apportent un petit plus. Il y a tellement de groupes actuellement qu’il faut avoir un petit truc en plus pour se faire remarquer un minimum mais malheureusement ça ne fait pas tout. C’est comme pour notre 1er clip, tu vois, au final on a choisi le titre le plus à part de l’album « Somewhere else to drive » et sous un support de film d’animation, histoire d’être un peu original. Je vous invite à le mater, les potes qui l’ont réalisé ont super bien bossé et l’ambiance qui s’y dégage correspond bien à tous les clichés que tu as cité.

Votre premier album « Soundtrack from the Motion Picture » vient de sortir, avez-vous eu des échos des réactions du public ?

Bobby : Oui et de très bons échos. L’album est plutôt bien accueilli partout, les chroniques sont bonnes. Notre distributeur nous a même dit que «pour un groupe de votre ampleur, les retours de vente sont plutôt bons», alors je sais pas si il dit ça pour nous rassurer, mais ça fait plaisir. Y a même des ricains qui ont acheté l’album sur Amazon parce qu’ils nous avaient découvert sur «Psychotic Reactions», et ça c’est le top du top, être reconnu dans le pays qui a vu naitre le stoner et qui reste souvent une référence mondiale en terme de R’n’R !!

Francky : Après il faut savoir que ce sont des morceaux qui ont parfois quasiment 4 ans pour certains et que donc le public qui nous suit depuis le début connaissait déjà bien. Seul 4 morceaux étaient plus ou moins inédits je crois, c’est-à-dire vierges de toute mise en avant sur scène. Mais on se rend compte que le bouche à oreille fonctionne bien et que les gens partagent entre eux l’album et se font découvrir le groupe, ce qui fait que nous sommes souvent très agréablement surpris de certaines prises de contacts de parfaits inconnus qui viennent nous écrire simplement qu’ils adorent l’album. Ca c’est vraiment un grand bonheur.

Ce premier album marque votre première collaboration avec le label Deadlight Ent. Comment s’est passée la prise de contact avec eux ?

Francky : Et bien de manière assez classique je dirais. Notre manager était déjà en contact avec Alex le gérant du label. Deadlight est un jeune label qui cherchait à l’époque des groupes à signer pour se développer en qui ils pouvaient avoir confiance. Les 2 hommes se sont rencontrés et nous ont mis en relation. Ca a tout de suite collé, à la fois artistiquement et humainement. Alex est également un fan de cinéma, donc notre approche l’a forcément séduit. Nous sommes aujourd’hui à la fois collaborateurs mais également potes. Ce que nous apprécions avec Deadlight, c’est cette proximité entre le groupe et son label, on se dit les choses clairement et simplement et on a vraiment l’impression d’appartenir à cette structure, de ne pas être fondus dans la masse d’une major. Après bien évidemment il y a aussi les contraintes d’un label indé, mais pour un 1er album, nous sommes très contents, c’est exactement ce qu’on cherchait.

Musicalement on vous rapproche des références du stoner US (Kyuss, QOTSA, Fu Manchu), sont-elles vos influences directes ? Sinon on trouve quoi dans les playlists des membres de LDDSM ?

Bobby : Évidemment, quand tu décides de monter un groupe de stoner, tu ne peux pas passer à côté des trois géants que tu viens de citer et LDDSM n’échappe pas à la règle. On aime ce genre donc oui on est inspirés par Kyuss, QOTSA, Fu Manchu, Clutch, Karma To Burn… Mais pas que…On vient tous d’univers différents, on a joué dans d’autres groupes et on écoute tous des genres différents donc on amène chacun nos trucs dans LDDSM. C’est pour ça qu’on dit qu’on fait du Stoner’N’Roll, le terme «N’Roll» regroupant pour nous tous les autres genres du rock’n’roll que l’on mixe au Stoner.

Francky : Dans ma playlist par exemple, tu trouveras du Envy, comme du Metallica ou du Led Zeppelin. J’ai grandi dans le milieu Metal. J’ai bouffé du Pantera et du Machine Head toute mon adolescence et je suis encore très attaché à ces vieux albums que je me réécoute souvent. Mais j’écoutais déjà Down ou Corrosion of Conformity à cette époque sans trop savoir que c’était du stoner. En est-ce vraiment d’ailleurs ? Peu importe, c’est tous ces groupes qui ont influencé mon jeu de guitariste et ma façon de composer. Comme disait Bobby, on écoute du Rock avec tous ces dérivés et à nous tous, on doit balayer à peu près tous les courants possibles et imaginables avec parmi eux, certains dénominateurs communs.

On retrouve sur votre album quelques invités dont le suédois Andreas Bergstonn qui officie dans le groupe Deville, comment s’est déroulée cette collaboration ?

Francky : Là encore de manière assez classique. Je surfais sur myspace et je suis tombé sur leur page. J’ai tout de suite accroché et je leur ai envoyé un mail simplement pour leur dire que j’aimais leur musique. Andy m’a répondu qu’ils étaient en tournée pour la sortie de leur 1er album et qu’on pouvait peut-être s’échanger des dates, ce qu’on a fait. Ils nous ont calés sur 2 dates de leur tour en Belgique et nous 2 autres en France. Nous avons gardé le contact grâce à Internet et sommes devenus potes. Récemment nous sommes partis jouer en Suède et au Danemark avec eux, ça a été une super expérience. C’est un groupe que nous respectons énormément, tant musicalement qu’humainement. Ces mecs sont hyper humbles, réglos, pros et c’est avec plaisir que nous nous entraidons depuis 3 ans maintenant. Même s’ils ont une certaine longueur d’avance sur nous je dirais, puisqu’ils ont déjà sorti leur 2ème album et fait plusieurs tournées européennes, ils sont tout autant en galère pour booker des dates en dehors de leurs frontières, donc j’aide régulièrement Andy pour caler ses dates en France et en échange il en fait de même. Pour ce qui est de sa participation sur l’album, c’était pour nous une évidence. Nous voulions qu’il y figure car nous adorons sa voix et c’était une manière de leur rendre hommage et de leur remercier de leur amitié à notre égard. Nous avons enregistré une préprod du morceau, envoyé le texte à Andy, puis une fois la version album enregistrée nous lui avons envoyé les prises et lui a enregistré de son coté dans leur studio en Suède et nous avons intégré tout ça à l’ensemble. Le résultat est au dessus de nos espérances ! Avec tous les invités qu’il y a sur l’album, ça nous permet de ne pas trop nous en lasser, puisqu’ainsi nous profitons un peu du talent de chacun et redécouvrons le morceau à chaque écoute.

En parallèle de votre album, on vous a récemment retrouvé sur la compilation stoner « Psychotic Reactions » sortie par Head-Records, avez-vous un avis sur le genre stoner en France ? Vous sentez-vous proche d’un ou plusieurs groupe(s) présents sur cette compilation ?

Bobby : Il y a en France une vrai scène stoner. Ces dernières années, avec l’avènement de QOTSA, on a eu tendance à coller l’étiquette stoner à tous les groupes qui faisait un peu de gros son. Mais en fait, il existe depuis un petit moment une vraie scène stoner avec des groupes comme Glowsun ou Loading Data et c’est évidemment des groupes dont on se sent proche parce qu’on aime leur travail et parce qu’on apprécie les gaillards aussi.
Et sans parler des «vieux» groupes, il y a aussi une tripoté de jeunes formations qui débarquent en ce moment et qui envoient déjà le bois comme Vava! À Reims. Après, il est difficile de faire du stoner en France (et du rock en général), on sent qu’il y a un public, que les gens sont demandeurs, mais qu’il y a trop de contraintes (acoustiques, manque de salles…) pour satisfaire la demande.

Francky : Il faut souligner le travail énorme qui a été fait pour la sortie de cette compile de la part de Chris d’ÖfÖam qui a vraiment tout géré tout seul ou presque en partant de rien. On remarque que pas mal de gens nous découvrent grâce à elle. C’est une vraie et belle initiative, fédératrice et qui montre que le Do it Yourself reste une méthode travail qui paye et qui a encore de l’avenir. Abel d’Head Records participe également grandement à la promo et à eux 2 ils ont vraiment abattu un taf colossal. Donc un gros merci au passage. Sinon sur cette compile, nous sommes aussi très proches des Dismo avec qui nous avons déjà joué plusieurs fois et qu’on va retrouver prochainement à Nice en Novembre. Musicalement, il est clair qu’on n’est pas forcément dans la même ligne de direction, mais par contre niveau feeling, on s’entend à merveille. Qu’est-ce qu’ils peuvent drôles ces mecs !

Vous avez déjà pas mal foulé les planches hexagonales, vous avez sûrement quelques anecdotes à partager…

Bobby : Pfff, effectivement des anecdotes on en a à la pelle, je pourrais te citer ce mec à Metz qui versait ses bières dans ses santiags pour ensuite les boire et qui a fini le concert à poil à faire du air guitar avec son chibre.

Francky : Ahhh oui sacré Robby ! On s’en rappellera toute notre vie de ce mec ! Je pense que le mieux, pour découvrir ce qu’est un peu notre vie sur la route, c’est de chopper notre DVD Tour or Die sorti en 2009. C’est un reportage à la façon Spinal Tap sur notre tournée de 2008. Vous y verrez tellement de trucs improbables que c’est vous qui irez raconter à vos potes les anecdotes d’un groupe de rock que vous avez vu haha !

Merci pour cette interview, je vous laisse le champ libre pour un dernier mot !

Bobby : Merci à toi et à Eklektik ! Run or Die, Rock or Fry !! Comme d’habitude, je vous invite à vous bouger les fesses pour aller soutenir les café-concerts et tous les groupes qui s’y produisent, parce qu’en France ça devient super compliqué de faire du Rock’n’Roll !!

Francky : Ouais merci déjà, on ne le dira jamais assez. Merci à toute l’équipe de dingues qui nous entoure, graphistes, photographes, webmaster, booking, vidéo, management etc, car sans eux, on ne serait pas grand-chose. Et puis bien sûr à tous les gens qui viennent nous voir aux concerts et qui ont acheté l’album. Surveillez de près notre myspace car pas mal de dates sont posées jusqu’à la fin d’année et notre nouveau site est en ligne aussi ; n’hésitez à nous laisser vos impressions sur notre forum ou facebook.

http://www.myspace.com/losdisidentesdelsuciomotel

beunz
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