Textures – Interview pour la sortie de Dualism

1 Commentaire      2 281
Annee de sortie: 2010

Après l’interview du nouveau chanteur réalisée il y a quelques mois, petit point avec Stef (Batterie) à quelques semaines de la sortie du nouvel album de Textures sur Nuclear Blast, Dualism…

1 – Eric, votre précédent chanteur, a quitté le groupe il y a quelques mois. Etiez-vous inquiets face à la nécessité de trouver un remplaçant avec les même capacités vocales que les siennes ? Est-ce que le choix de Daniel s’est imposé de lui-même ? Connaissiez-vous son précédent groupe Cilice ?

Inquiets ? Nous étions terrifiés oui! On est toujours un peu tendus lorsqu’il s’agit d’intégrer un nouveau membre dans le groupe. Et surtout quand il s’agit de notre frontman! On veut vraiment que Textures ne soit jamais inférieur à ce qu’il était avant. Et les capacités vocales d’Eric sont toujours époustouflantes, d’un point de vue technique comme émotionnel. On est très pointilleux là-dessus.

D’abord notre nouveau chanteur devait forcément avoir une voix fantastique. Bien sûr il y a des tas de bons chanteurs par-ci par-là, mais notre homme doit être le meilleur de tous. Dans toutes les disciplines d’ailleurs ! Crié, growlé, murmuré, plaintif, hululant, sans oublier l’ingrédient secret de Textures, la voix claire pleine d’âme. Beaucoup de chanteurs de metal chantent de façon statique et trop forcée en permanence. Nous voulons un mec qui peut tenir une note, qui utilise des intonations douces, mais qui peut soudainement t’envoyer au tapis avec un cri bien senti à la Jeff Buckley, Devin Townsend, ou Maynard de Tool.

Au final, il n’y avait qu’un seul choix possible : Daniel de Jongh. Et comme par hasard le gars vit en Hollande. Et comme par hasard ce gars est allé à la même école de Musique que notre précédent chanteur. Et comme par hasard Daniel connaissait Eric, et Eric connaissait Daniel, et Daniel connaissait aussi Textures. Mais Textures ne connaissait pas encore Daniel, il était donc plus que temps qu’Eric s’en aille !  (rires)

2 – Votre nouvel album Dualism, est attendu pour la fin de septembre. L’artwork a été réalisé par Eric, votre ancien vocaliste, avec l’aide de Remko (basse). Concernant le résultat Eric a écrit “Il fallait que ce soit different, mais toujours à la Textures”. Quels aspects vouliez-vous qu’ils explorent et comment sont-ils liés au contenu du nouvel album ? En bref, que vouliez vous exprimer à travers cette pochette ?

Eric voulait participer à quelque chose après son départ. Il a tellement de super idées par rapport à l’art en général et aussi à propos de tout ce qu’il a fait dans Textures. Alors quand Silhouettes est sorti, Eric est arrivé avec l’idée de faire quelque chose de plus « graphique » pour la suite, je veux dire d’une façon un peu old-school. Et c’est ce qu’il voulait réaliser.

De nos jours, le marché est saturé avec des machins photoshopés, et nous voulions faire un pas en avant en regardant en arrière.
La pochette est faite par lui, et le reste du livret a été realise par Remko. Un grand merci à ces mecs pour avoir créé cet artwork moderne. Ils ont voulu faire un truc aussi « non-metal » que possible (rires). Ils sont tous deux fans d’artworks modernes et stylés, et ils voulaient faire un truc spécial. On pense qu’ils ont vraiment atteint leur but.

 

3 – Au démarrage de Textures, on a pu dire que le groupe était une sorte de mélange entre Meshuggah et Devin Townsend, des polyrythmies mélodiques pour faire très vite. Aujourd’hui un nouveau genre à part entière, appelé Djent, est apparu. Que penses-tu de cet état de fait et des nouveaux groupes qui ont vu le jour dans le genre comme Tesseract, ou Periphery ? Est-ce que vous écoutez et appréciez certains d’entre eux ?

Des nouveaux groupes de Djent semblent apparaître chaque semaine ces temps-ci. Le Djent est basé sur une formule assez basique. Tu achètes une guitares à 7 ou 8 cordes, tu écris des riffs fracassants sur un groove en demi-temps et tu y es. La plupart des groupes utilisent une batterie programmée d’ailleurs. C’est un peu la facilité. Mais pour écrire des bonnes chansons, ça demande toujours un gros paquet de boulot. Je vois déjà que la scène Djent va saturer rapidement et tout va se terminer comme ce fut le cas pour le néo-metal ou le black metal. Et au final les rares groupes à trouver leur propre voie dans la formule Djent resteront. On a pris nos distances avec le songwriting djent basique, directement après avoir fondé Textures en 2001. Avec le nouvel album Dualism, c’est difficile de trouver des groupes et albums équivalents. Mais évidemment on utilise pas mal d’aspects du Djent. C’est d’ailleurs marrant de constater que notre premier titre dévoilé sur Internet, “Singularity”, est le titre le plus orienté djent de l’album.

On peut décrire le reste comme “progressif”, mais pas vraiment Djent, et on est très fiers de notre évolution. Les groupes qui existent aujourd’hui, comme Tesseract, Meshuggah et Periphery sont géniaux, avec des musiciens très talentueux. Ces groupes font vivre et évoluer la scène, les groupes qui ne font que parasiter les grands noms risquent de finir par faire s’effondrer la scène.

4 – Dualism semble être une bonne suite de vos travaux précédents. Mais en même temps je l’ai trouvé plus contrasté que jamais : plus violent sur les passages violents, et plus doux sur les passages calmes. On peut aussi déceler de nouveaux éléments électroniques, jamais entendus jusque-là dans votre musique. Est-ce que c’était important de maintenir ce contraste entre les deux aspects de votre musique et que cherchez-vous à accomplir au final ?

C’est vraiment quelque chose qu’on souhaitait réaliser. On ne sortira jamais un album sans en être complètement satisfait et sans avoir le sentiment qu’il est meilleur que le précédent. Je pense que cet album est plus solide que Silhouettes. Et différent aussi, surtout avec les nouveaux membres dans le groupe (chanteur et clavier). Les chansons et particulièrement les ingrédients qui les composent, sont plus réfléchis que jamais. Du coup les titres présentent un son plus cohérent et une image plus compacte. Chaque titre a sa propre histoire et sa propre atmosphère. Ça rend la différenciation entre les titres plus aisée que jamais, et à ce titre on se démarque de pas mal de groupes de metal qui répètent la même recette titre après titre. On utilise un grand panel de couleurs et on en fait un mélange particulier sur chaque chanson. C’est ce que Textures a toujours fait et continuera à faire dans le futur.

5 – Quelles sont les influences que vous partagez dans le groupe ? Qu’écoutez-vous en ce moment ?

Assez peu de metal je dois dire. Les australiens de Karnivool, Mumford and Sons, Ac/Dc, Tool, Jamie Woon, Janelle Monae, Decapitated quand même en metal. Plein de choses en fait, tant que c’est de la bonne musique faite avec passion.

6 – Est-ce que vous partagez des albums cultes, des références mutuelles?

On en  a quelques unes oui : Aenima de Tool, Destroy Erase Improve de Meshuggah, Terria de Devin Townsend, Arise de Sepultura. Quand on part en tournée on peut enfin s’alimenter les uns les autres avec de nouvelles choses.

7 – Est-ce que la signature sur Nuclear Blast représente un aboutissement, ou est-ce simplement une étape de plus pour le groupe ? Est-ce que vous considérez le label comme un simple détail, ou partagez-vous la mentalité et la philosophie Nuclear Blast ?

Un label doit coller avec l’état d’esprit “business” d’un groupe. Nuclear Blast colle avec nous. C’est pour nous le bon partenaire business du moment. Ils savent ce qu’ils veulent et ils assurent. On sait ce qu’on veut et on assure. Ils nous laissent la liberté artistique dont on a besoin, tant pour la musique que pour la partie artwork.

8 – De quel groupe vous sentez-vous proche? Il m’arrive souvent de voir des points communs entre vous et les allemands de The Ocean… Que penses-tu de cette comparaison?

Pas grand chose parce que je ne connais pas très bien leur musique, mais c’est vrai que les gens nous disent souvent ça.

9 – La diversité musicale et l’offre n’ont jamais été aussi énormes, et chaque groupe peut facilement promouvoir sa musique via les différents sites Internet existants. L’accessibilité augmente donc, mais avec elle le zapping musical semble de plus en plus important, on s’arrête moins longtemps sur un album, même si on l’aime, et la quête de la découverte du nouveau groupe semble sans fin… Quelle est votre vision du monde de la musique de nos jours, dans lequel le téléchargement et les MP3 tendent à remplacer tous les supports pré-existants?

Pour nous c’est dommage que l’attention de l’auditeur se réduise. Textures est un groupe très tourné sur les albums dans leur globalité. On se casse à créer un album et on essaye d’emmener l’auditeur dans un voyage de chansons et d’histoires. Il faut du temps pour entrer dans l’univers de Textures. Mais une fois imprégné dans votre système, ce sera difficile de l’en sortir. Je considère toujours qu’on est vraiment l’opposé de la musique Big Mac.

C’est une évolution plutôt négative je trouve, mais c’est juste mon opinion. De plus en plus de gens s’éparpillent et perdent leur capacité à s’intéresser réellement à un groupe en y consacrant du temps. Ils se perdent dans les nombreuses sollicitations qu’ils reçoivent de l’extérieur. De notre point de vue c’est mieux de se concentrer sur quelque chose et de faire des choix bien pesés. Pour progresser dans la vie, on doit d’abord être attentif aux choses. Socialement, physiquement, musicalement, etc… Donc le “focus” est super important. Je vois le “focus” comme la clé du progrès et de l’évolution dans la vie!

http://www.texturesband.com/

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 945 articles sur Eklektik.

Up Next

Commentaire

  1. jonben jonben says:

    Cool l’interview. La vidéo, n’étant pas batteur je préfère le morceau sans batterie supplémentaire superposée. http://www.youtube.com/watch?v=gM1n62ikDaU

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *