Dans le genre nom très bien trouvé, Abyssal correspond bien à une vertigineuse plongée dans les profondeurs les plus lugubres. Ce one-man band britannique (monté par un certain G.D.C.) mêle black, death et (funeral) doom metal dans un magma aussi hypnotique qu’écrasant. Pourtant dissonant et caverneux (grâce au monstrueux growl du bonhomme), il se dégage de A Beacon In The Husk une aura difficilement descriptible, un chaos mouvant insaisissable à rapprocher d’un Portal ou d’un Ulcerate (version souvent ralentie). Un album exigeant, demandant pas mal de temps avant d’être complètement digéré.
Sorti en 2018, cet opus se distingue par une production où chaque élément semble noyé sous une brume épaisse, renforçant l’atmosphère oppressante. Le soin apporté aux textures sonores transcende de simples compositions pour offrir un véritable voyage sonore, où riffs triturés et blasts épars se mêlent à des passages funéraires presque méditatifs. Le travail de G.D.C. rappelle parfois le post-black metal minimaliste porté à l’extrême, tout en intégrant la complexité érudite du death metal technique. Cette hybridation, bien que fascinante, peut rendre l’écoute ardue : le rythme souvent lancinant limite l’accessibilité, ce qui confirmera l’impression qu’il s’agit plutôt d’une œuvre de niche pour amateurs de dévoiement sonore avancé.
Malgré une certaine uniformité dans le tempo et la texture, A Beacon In The Husk captive par son intensité malsaine et sa capacité à suggérer un monde englouti. L’album s’écoute comme un récit de cauchemar sous-marin, où chaque morceau creuse un peu plus ce sillon d’angoisse abyssale. Une expérience immersive qui peut frustrer par son absence de repères classiques, mais aussi séduire par sa singularité et sa maîtrise sombre. Abyssal impose donc sa marque sur une scène extrême qui, pour une fois, n’a pas besoin d’en faire trop pour émouvoir.
Abyssal
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