Si l’adjectif médiéval accolé à black metal peut faire redouter le pire entre synthés cheap et costumes pseudo-folkloriques, Obsequiae prouve qu’il est possible de donner une belle crédibilité à ce style. Ce troisième album nous plonge donc dans une atmosphère chevaleresque unique avec des compos simplement renversantes. Ces douze titres (dont cinq interludes instrumentaux joués à la harpe, à la vielle à roue et au dulcimer) sont donc basés sur des mélodies épiques rappelant les débuts d’Alkonost (notamment les harmonies de guitare), ils sont très finement composés avec un pouvoir accrocheur immédiat et un irrésistible goût de reviens-y qui en font une sortie majeure de 2019.
The Palms Of Sorrowed Kings séduit par son équilibre rare entre la gravité sombre du black metal et la douceur pastorale des instruments médiévaux, conférant une dimension presque cinématographique à l’écoute. La production, claire sans être aseptisée, rend justice à la richesse instrumentale et aux variations dynamiques qui habillent chaque morceau, de l’intensité brute de « Palace of Silence » aux mélodies envoûtantes de « Serpentstone ». Si certaines pistes instrumentales s’imposent comme de brefs interludes, d’autres pourraient gagner en durée pour mieux s’imposer, mais cela ne gâche en rien la fluidité générale de l’album. L’œuvre de Obsequiae apparaît ainsi comme une proposition authentique, loin des clichés, admirablement construite et capable de séduire aussi bien les amateurs de black metal que ceux curieux de voir comment le genre peut s’ouvrir à des inspirations ancestrales sans verser dans la surenchère.
Obsequiae
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