22 ans après leur dernier véritable album (éponyme), les papas (voire papys vu la blancheur de leurs barbes !) du d-beat/grind/hardcore punk à l’ancienne livrent une nouvelle offrande long-format. Le split de 2011 avec Converge était prémonitoire de la collaboration du groupe de Providence avec Kurt Ballou, celui-ci a totalement respecté le son cru typé 80’s de Dropdead qui montre combien sa hargne est intacte malgré le poids des années (même si les vocaux sont un poil moins hargneux qu’avant). Les messages politiques sont eux aussi toujours bien là, tandis que la vitesse d’exécution nous ramenant au bon souvenir de Siege ou Crass démontrent combien ces pionniers sont toujours là pour en découdre !
Avec Dropdead 2020, le groupe ne se contente pas de ressasser ses classiques, mais insuffle une énergie palpable qui, bien que familière, ne sonne jamais datée. La production, claire mais volontairement abrasive grâce à Kurt Ballou, préserve cette authenticité brute, essentielle au style. Les riffs sont à la fois frénétiques et précis, la section rythmique implacable, et les textes, toujours engagés politiquement, résonnent avec une urgence contemporaine. Néanmoins, il manque parfois un soupçon de la férocité d’antan dans les chants, qui se fait plus mesuré, peut-être dû à l’expérience du temps. En somme, cet album s’impose comme un manifeste fidèle au d-beat hardcore, témoignage du fait que Dropdead reste un pilier incontournable, capable de canaliser la rage ancestrale dans un contexte moderne sans jamais trahir ses racines.
Dropdead
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