Enfin l’on retrouve Prisoner, ce groupe de Virginie dont on attendait des nouvelles depuis son excellent premier album (Beyond The Infinite) sorti il y a déjà sept ans ! Le quintet aime prendre son temps pour composer et nous gratifie à nouveau d’un tableau (noir) sacrément éprouvant garni d’une atmosphère poisseuse et bien angoissante. Le groupe installe donc ce climat entre dévastation post-apo, bruits d’usine sidérurgique (« Leaden Tomb ») et déluge tellurique, ce en sonnant encore plus gras que leur précédent album. Belle confirmation, bien qu’un peu longue à venir !
Sur Putrid / Obsolete, Prisoner explore les affres du sludge metal avec une authenticité brute. Leur son, dense et étouffant, rappelle les grands noms du genre comme Eyehategod ou Acid Bath, mais avec une touche plus industrielle et une production sombre qui envahit l’espace sonore. La voix rageuse de Sean McNulty se mêle aux guitares saturées et à des rythmiques pachydermiques qui écrasent l’auditeur sous un poids presque palpable. L’écriture reste complexe, jouant sur des variations atmosphériques et des crescendos étouffants qui font toute la force de la galette.
Le principal point faible serait peut-être une certaine répétitivité et une durée qui peut sembler exigeante pour les non-initiés — le disque dépasse allègrement l’heure, ce qui amplifie la sensation d’étouffement. Néanmoins, la cohésion et l’intensité émotionnelle font de cet album une œuvre qui s’impose comme un classique underground, où chaque écoute dévoile de nouveaux détails auditifs, textures et nuances. Prisoner confirme avec Putrid / Obsolete sa place dans l’élite du sludge contemporain, un voyage sonore impitoyable mais captivant.
Prisoner
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