Apparus en 2016 avec l’ébouriffant Catastrophic Anonymous (sorti en collaboration avec Throatruiner Records), les japonais de Violent Magic Orchestra (VMO) se sont ensuite faits un peu plus discrets. Death Rave, le second long-format des natifs d’Osaka (qui sont pour certains chez Vampillia) débarque comme un film expérimental très perché de plus d’une heure, contenant pas mal de phases d’ambiances vaporwave, de BPM dans le rouge et agrémentés de vocaux arrachés (avec quelques invités de marque comme Dylan Walker de Full Of Hell pour la techno de l’enfer « Satanic Violence Device », Attila Csihar de Mayhem sur la trance spatiale « Song for the moon » ou encore Kaelan Mikla sur l’étrange « Abyss »). De l’ambient aérien à la gabber la plus agressive, il n’y a qu’un pas auquel VMO ajoute une bonne dose de violence black metal. Toujours un OVNI cet orchestre !
Avec Death Rave, Violent Magic Orchestra pousse encore plus loin ses expérimentations sonores, mêlant habilement électronique extrême et atmosphères inquiétantes. La production, dense et saturée, favorise un effet immersif qui peut déstabiliser à la première écoute, mais c’est bien ce choc entre rave hallucinée et hurlements malsains qui forge l’identité unique du disque. On ressent l’influence évidente de la scène japonaise noise et d’acteurs comme Boris, mais aussi une parenté avec le power electronics européen, notamment dans l’utilisation brute du son et des pauses dissonantes. Si la diversité des ambiances, du néon vibrionnant au brouillard spectral, constitue une grande force, certaines transitions manquent parfois de fluidité, rendant l’ensemble un peu abrupt. Cela dit, cet album demeure un manifeste audacieux, une plongée imprudente mais fascinante dans une collision d’esthétiques souvent opposées. Une oeuvre qui demande temps et attention, mais qui marquera sans doute les amateurs d’avant-garde sauvage et ouverte.
Violent Magic Orchestra
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