« Il m’en reste un peu, je vous la mets quand même ? » Oui, je parle bien là de dissonance puisque Replicant, expert en la matière ne fait pas semblant quand il s’agit de fissurer la boîte crânienne : plans de guitare et de batterie simplement déments tandis que les vocaux de cadavres en putréfaction complètent le tableau. Entre ses riffs inspirés de Gorguts (difficile de ne pas y penser) et ses grooves qui nous emmènent du côté d’Ion Dissonance (ça suffit maintenant !), on obtient un album phénoménal, à la technique incroyablement affûtée et à la violence millimétrée. Grosse claquasse dissoquoi ?
Sorti en 2017, Infinite Mortality confirme la place de Replicant dans le paysage français du death metal technique et dissonant. Le groupe emprunte autant à la brutalité mathématique des pionniers du genre qu’à une approche atmosphérique presque kafkaïenne. La production, crue et organique, sert parfaitement cet équilibre entre brutalité et précision chirurgicale sans sombrer dans l’excès clinquant. Les morceaux, souvent longs et fiévreux, demandent une attention soutenue tant leur complexité rythmique et harmonicité déroutante ne laissent aucun répit.
Cependant, cette richesse intrinsèque peut aussi devenir un écueil pour l’auditeur non averti : Infinite Mortality n’est pas un album d’accès facile, préférant la densité extrême au format plus concis. Mais pour ceux qui se risquent à l’exploration, la récompense est à la hauteur : un voyage ténébreux au cœur d’un metal où la dissonance est reine, parfois brutale mais toujours maîtrisée, confirmant la singularité du propos de Replicant.
Replicant
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