Aussi étonnant que cela puisse paraître, Koldbrann n’en est qu’à son quatrième album en vingt-trois ans d’existence ! Le groupe mené par Mannevond (Nettlecarrier et récemment arrivé comme chanteur chez Craft) brise donc onze ans de silence avec ce nouvel album renouant avec ce qu’on leur connaissait déjà : un black metal « pur » dans l’esprit de groupes comme Tsjuder, avec ce qu’il faut de laideur et de pouvoir d’accroche (notamment via quelques mid-tempo ainsi que d’entraînants trémolos comme celui de « I Unaturens Vold »), ce dans un esprit raw mais pas trop. Plus varié qu’il n’en a l’air dans sa noirceur héritée des années 90 (de Gorgoroth à Satyricon), un album qui n’aura normalement aucun mal à conquérir les fans du genre.
Ce cinquième effort, sorti en 2020, affiche une production particulièrement soignée, signée du chanteur lui-même, qui parvient à offrir un équilibre subtil entre froideur et clarté : la batterie est puissante sans noyer la guitare, et la voix éraillée de Mannevond transperce sans jamais lasser. On ressent une certaine maturité dans la composition, avec des morceaux moins uniformes que par le passé, où les claviers discrets apportent une atmosphère plus dense sans dénaturer le côté raw. Si « I Unaturens Vold » demeure un sommet, des titres comme « Drep Bukken » ou « Paganfest » démontrent également une efficacité tranchante qui évite les longueurs. En revanche, on pourra regretter un léger manque d’audace : le groupe semble enfermé dans ses codes sans chercher à réellement innover, ce qui, si l’on apprécie la fidélité au style, peut paraître un brin restrictif.
En somme, Igen Skånsel est une réussite à la fois respectueuse de l’héritage black metal norvégien et convaincante dans son rendu moderne, confirmant Koldbrann comme une valeur sûre du milieu, même s’il leur faudra peut-être secouer un peu plus leur formule pour marquer un nouveau chapitre.
Koldbrann
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