Découverts il y a deux ans avec leur Born Of Obsidian, les anglais de Kurokuma reviennent avec un second album aussi pachydermique qu’aventureux. En effet, le groove gras du sludge psychédélique se veut déjà hypnotique mais le groupe s’amuse à y intégrer pas mal de trouvailles, à commencer par les mélodies orientales de l’énorme titre d’ouverture « I Am Forever ». On notera que sur ces onze pistes, on compte en réalité seulement six « vrais » morceaux dans l’esprit d’un Conan (mais pas que, les dynamiques étant très variées), les autres étant de courtes pistes atmosphériques prenant l’auditeur « du début de l’existence jusqu’à l’infini de l’au-delà ». Alors si tu aimes ton sludge/doom épique et surprenant, c’est pour toi !
Avec Of Amber And Sand, Kurokuma affine son art du contraste entre lourdeur mastoc et passages éthérés. La production, notamment, met en valeur une palette sonore riche où le psychédélisme se mêle aux influences orientales et à la noirceur du doom. On sent l’inspiration de groupes comme Neurosis ou YOB, mais aussi un travail minutieux sur les textures, soutenu par une batterie puissante et des lignes de basse abyssales. Le disque se déploie comme une narration quasi cinématographique, où chaque atmosphère trouve sa place sans jamais noyer l’intensité brute. Quelques transitions un peu répétitives peuvent toutefois freiner l’élan de l’ensemble, mais dans l’ensemble, le voyage est captivant et invite à plusieurs écoutes pour en saisir toutes les subtilités. Of Amber And Sand confirme que Kurokuma est un acteur majeur de cette scène sludge/doom qui ne cesse de se renouveler, capable de combiner maîtrise technique et émotion palpable.
Kurokuma
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