Quand il ne tourne pas avec Militarie Gun, son chanteur Ian Shelton a envie de vider son sac sur plein de sujets avec un goût prononcé pour la politique et les injustices (notamment le système carcéral). Autant dire que ça l’énerve un peu et qu’il crie beaucoup plus que dans son autre groupe. Entre accélérations grindisantes et nombreux breaks, leur facette punk se voit plus privilégiée qu’à l’accoutumée. Environ une minute (voire moins) par titre, ce qui nous fait au final même pas quatorze minutes pour douze titres très impactants, essayez de ne pas arriver à la bourre s’ils passent par chez vous !
Avec Regional Justice Center et leur album Freedom Sweet Freedom, on se retrouve face à une expérience sonore brutale et concentrée qui s’inscrit directement dans la lignée du hardcore punk contemporain, tout en puisant dans le grindcore et le screamo. Le disque, produit avec une efficacité redoutable, ne laisse aucun répit à l’auditeur, exploitant à merveille le format ultra-court de ses morceaux pour transmettre une urgence palpable. Au-delà de la violence sonore, c’est surtout le propos qui marque : les dénonciations sociales et politiques se déroulent sans fard, avec une rage qui s’exprime par la voix écorchée d’un Shelton qui ne feint jamais la douleur ni la colère. Malgré la densité de l’ensemble, cette brièveté ne compromet jamais la cohérence ni l’impact des textes et des compositions. Si l’intensité peut parfois manquer d’un certain relief dynamique sur la durée, chaque piste frappe fort et justifie pleinement l’attention portée à ce disque. Freedom Sweet Freedom se présente donc comme un cri de révolte condensé, un condensé de frustration et de réprobation sociale qui trouve dans le son une forme d’exutoire parfaite.
Regional Justice Center
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