Le Black Metal est un genre extrême qui puise ses racines dans le thrash et les vagues punks des années 80, sa vocation satanique, son aura malfaisante et sulfureuse n’ont cessé de se consolider au cours des années, au travers de cette webradio nous vous proposons une petite initiation aux codes du genre, mais aussi une mise en lumière de l’influence que le black a pu avoir sur des genres en devenir.
On peut remonter loin dans l’arbre généalogique et évidemment remercier Black Sabbath d’avoir sorti leurs albums pendant toutes les années 70 donnant ainsi à la musique sombre un certain sens de la démesure mais aussi une esthétique qui fera office de marque étalon auprès de toutes les formations qui voudront s’adonner au rock qu’ils aiment, velu, cornu et énergique.
Je voudrais cependant par l’intermédiaire de ce dossier commencer par citer Anthony Bartoccetti, qui bien que n’ayant pas eu le bagoût d’utiliser le blues comme référant ultime comme ses compères de l’époque dans la musique qu’il produisait, a trouvé le moyen de nous sortir en 1969 son In Cauda Semper Stat Venenum présentant sûrement une des facettes les plus sombres et occultes de la musique progressive d’alors, les incantations de Bartoccetti sont toutes possédées par une espèce de verve rituelle, la démesure gothique est palpable, la magie noire comme référant ultime prête à sourire, mais beaucoup reconnaîtront dans cette oeuvre intemporelle un des géniteurs des ambiances cryptiques que l’on pourra retrouver en filigrane dans toute l’épopée black, le blast et le 4×4 en moins, ce qui fait toute la différence…

Le thrash, matrice du black metal
Go!
Le Thrash metal est définitivement la terre primitive et matricielle du black, son identité sa terminologie ne sont qu’un prolongement du thrash qui exauçait toutes les espérances des musiciens pour qui la notion de blasphème et d’extrémisme musical présentaient un terrain de jeu idéal pour les générations qui ont poussé la musique punk dans ses derniers retranchements.
C’est avec Venom et son titre « Black Metal » sur l’album éponyme en 1982 que la scène trouve un pan pour se construire, avec At War With Satan paru un an plus tard elle se consolide, plus question de revenir en arrière le thrash sera un genre martial, guerrier, noir et frondeur contrastant avec le heavy et le metal d’alors dont Motörhead sont les barons les plus extrêmes.
En Europe certains groupes bougent les oreilles et ce n’est pas timide, les suisses d’Hellhammer sortent coup sur coup deux démos Triumph of Death et Satanic Rites unanimement saluées par tous les freaks européens ayant la chance de serrer entre les mains ces deux rondelles Apocalyptic Raids viendra sceller, un an plus tard, un destin légendaire, on notera au passage la participation du groupe sur une compilation prémonitoire d’un genre puisque le combo ira aussi poser ses riffs sur Death Metal…
Et c’est sur les cendres encore fumantes d’ Hellhammer que Fischer (aka Tom Warrior) fondera Celtic Frost qui dès Morbid Tales en 1984 reprend les choses là où elles avaient été laissées avec Hellhammer en apportant en plus au projet une certaine fantaisie démonstrative, expérimentant jusqu’à plus soif et dans un souci esthétique macabre les pistes que le thrash d’alors proposait, un an après Emperor’s Return suivra avec la même gouaille jusqu’à l’ambitieux et le chef d’oeuvre de Celtic To Mega Therion qui fera la part belle à l’hybridation de tous les genres en devenir à cette époque la noirceur et les thèmes développés alors en font un de ces disques inoubliables, la pochette de H.R. Giger finira de marquer les esprits, le disque deviendra culte pour beaucoup.
Bathory et l’acte de naissance scandinave
Au même momment et toujours en Europe, les nouvelles du front nord?
Un groupe du nom de Bathory emmené par un multi-instrumentiste répondant au nom de Tomas Forsberg (alias Quorthon) pose deux tracks sur une compile de heavy obscur, Scandinavian Metal Attack sera la carte de visite de Quorthon, le label Tyfon Grammofon l’ayant repéré décide donc de sortir en 1984 Bathory, l’aventure black peut enfin commencer sur de solides bases « In conspiracy with Satan », « Necromansy », « War » autant d’hymnes pionniers de tout ce vers quoi le black metal scandinave allait tendre sont ici magnifiés, la radicalité avec laquelle tout est exposé avec Bathory met en orbite toute la planète métal et surtout les amateurs les plus avides de sensations fortes, on peut parler de naissance d’un genre à la seule écoute de ce disque.Suivront The Return…… à l’allure très Lovecraftienne et à la thématique encore plus cryptique jouant avec les codes de l’écriture on découvre un Quorthon imaginatif, complètement dévoué à sa cause, Under the Sign of the Black Mark en 1987 propagera encore un peu plus la secousse, aboutissement occulte de la trilogie tant sur le plan technique que sur le plan esthétique, le mal était fait dès le premier album, Under the Sign of the Black Mark ne fera que montrer la voie aux musiciens en devenir, l’onde calme se propage à la vitesse de la distribution de l’époque, comprendre sans internet et avec le bouche à oreille, Bathory s’est en 3 ans taillé une solide réputation dans les milieux autorisés.
L’onde mondiale : Brésil, Europe de l’Est et Asie
Les scènes mondiales se répondent par albums interposés, les cassettes et les disques traversent les océans, l’idée sanguinaire de pousser le vice plus loin fait frémir les échines.
Au Brésil certains ont pris le train en marche, d’autres comme Vulcano par exemple continuent de faire ce qu’ils savent faire de mieux du bon vieux thrash occulte à faire pleurer tous les saints et les groupes se comptent à la pelle sur le continent de Pinoché.
On connait d’ailleurs à cette époque la naissance d’un certain Sepultura groupe qui officiait alors dans un thrash des plus décrépis, dans les relations des Max et consorts un certain Wagner « Antichrist« Lamounier qui participera à l’élaboration du style des premières maquettes mais qui très vite préfèrera se lancer dans quelque chose de plus constructif et plus….véloce avec un groupe qui allait marquer les esprits du continent : Sarcófago dont la première démo Satanic Lust met bien en jambe suivront;très rapidement d’autres démos viendront nourrir les espoirs des pits mais c’est avec le premier album des brésiliens que se concrétise la plus belle réussite du groupe.
En 1987 INRI sort et vient souffler un vent frais dans la plaine underground, les attaques blastées sont plus hargneuses que jamais, la jeunesse du groupe et sa rage est représentative de tous ces kids qui ont définitivement basculer suite à leur amour des scènes underground de la planète, la décadence d’INRI, sa puissance punkisante, ses ambiances post apocalyptiques font oublier les revirements des grandes légendes thrash qui préfèrent jouer plus technique et construit à la fin des années 80, ça bouge un peu partout mais un puissant appel d’air se fait sentir…

Mayhem et les prémices de la seconde vague
Oui car un groupe norvégien fait parler de lui, complètement inaudible, pourtant à la même époque le Scum de Napalm Death taille dans le gras et le vomi, la démo s’appelle : Pure Fucking Armageddon et le groupe Mayhem.
Les prémices de la grande aventure taillée par Bathory sont ici exploités allant jusqu’à rendre le contenu de la démo complètement anecdotique pour certains, et pourtant la logique est là, le dépouillement et la sincérité avec laquelle sont présentés les titres seront repris avec maestria technique dans les scènes death et grind en devenir, en 1987 avec Deathcrush et son titre éponyme Mayhem réinvente le genre et redonne les lettres de noblesse à ce qu’on appellera le true black metal que Bathory à ses débuts n’a eu de cesse de défendre, dépouillé de tout artifice, suintant et frondeur le black devient organique à la mesure de ces nouveaux punks satanistes privilégiant la force brute pour l’appel à la prière au malin.
L’Europe est dans le bain, la marre de sang est constamment nourrie par des groupes apparaissant comme des champignons pour pousser un peu plus l’idée plus avant, en 1988 un groupe Hongrois du nom de Tormentor avec un certain Attila Csihar au chant sort son Anno Domini le thrash n’est plus le seul leitmotiv à la création musicale de ces groupes fraichement sortis de l’oeuf, le death metal et le grind émergent du tronc matriciel encore puissant comme des branches logiques de cette histoire en marche, Tormentor lui préfère théatraliser son metal noir, les transformations s’opèrent en silence mais sont toutes audibles, ça n’empêchera pas d’autres activistes de tout donner à la formule oldschool…
La contamination mondiale continue et n’est pas prête de s’arrêter, la preuve même à Singapour on voit apparaître des groupes dignes de suciter l’intérêt des arpenteurs des scènes underground.
Abhorer lache en 1989 sa première démo Rumpus of the Undead avec un feeling necro/death dont il n’est nul besoin de faire l’éloge, les frontières sont ténues, le protogenre que pratique Abhorrer a tout de la dégueulasse salissure venue corrompre les esprits à grans coups d’hymnes sataniques tous plus austères les uns que les autres.
Plus à l’Ouest Sabbat au Japon lache un The devil’s sperm is cold faisant suite à ses 3 premiers EP à la décadence thrash bien jouissive, encore un de ces patriarches perché dans sa musique, virus contracté au milieu des années 80, l’histoire se ressemble pour beaucoup…
Vers 1990 l’aventure bascule avec de nouvelles pistes de recherches, la fascination pour l’occultisme, le mal que les plus grands dictateurs ont distillé dans l’histoire ou les comportements déviants étant toujours traité sous l’inquisitionnel blast, un groupe suédois s’autorise le luxe d’explorer les méandres du mal avec force abstraction.
Après Hextum Galæm Zeloq!!!, Abruptum sort The Satanist Tunes monument du genre, une réaction qui pousse au questionnement et fait cohabiter la nature du black avec son essence sublimée, essence que certains mettront dans leur moteur pour faire tourner leurs projets en France (les légions noires) et en Belgique (Stalaggh) un peu plus tard.L’album est minimaliste, crochetant volontier les serrures low-fi avec sa configuration dronienne que l’on retrouvera sur Obscuritatem Advoco Amplectére Me et In Umbra Malitiae Ambulabo, In Aeternum In Triumpho Tenebrarum.
Dans ce registre d’idée, générant de nouvelles pistes d’études, on retrouve Quorthon qui depuis son Blood Fire Death cherche à rendre l’aventure de Bathory plus onirique que jamais en incorporant des effets folkloriques à sa musqiue et c’est en 1990 qu’il parachève Hammerheart ces disques seront important car ils justifieront dans une certaine mesure la fusion et l’évolution des scènes black, viking et donc nécessairement paganiques ou folk paganiques…
La grande aventure métallique continue cependant de se durcir, le death, le grind évoluant dans le même temps l’hybridation et les protos genres se fondent dans la masse et renaclent depuis les profondeurs de l’underground ceux qui voudront bien leur porter un peu d’attention.
Au Canada après un Blood Upon the Altar très convaincant (leur première et seule démo) Blasphemy sort Fallen Angel of Doom (1990) une défloration thrashisée des plus déliquescentes, la bête est vicieuse, derrière ses sifflements la rage qui l’habite détruit tout sur son passage en 10 titres Blasphemy exploite le potentiel de toutes les scènes adjacentes plaçant l’extrémisme comme un leitmotiv dans son processus de composition, l’accomplissement de la profession de foi est saluée comme il se doit d’autant que Gods of War viendra entériner les débats 3 ans plus tard.
Aux Etats Unis Profanatica commence son travail de sappe en sortant 3 démos en 1990 avant cela le groupe officiait sous le nom de Toten et tapait déjà dans le dur, la scène underground américaine commence tranquilement à s’étoffer et montre au passage que l’interdisciplinarité a pu faire naître d’excellents projet, en locurance ici les membres de Profanatica ne sont autres que les fondateurs du très respectable combo death Incantation.
En Europe en 1991 Tiamat sort son The Astral Sleep posant les jalons de ce qu’allait devenir le Dark metal, l’atmosphère est enrichie par des claviers douloureux, la patte est black/death, la théâtralité des morceaux est accompagnée dans un soucis de mise en scène romantique, Samael suivra lui aussi bientôt ses collègues suédois, pour se détacher complètement du genre laissant la place à des groupes comme Cultus Sanguine dans le milieu des années 90 par exemple où le black cohabite avec des ambiances plus gothiques.
Sur les traces d’Old Funeral (qui a connu le passage éclair d’un certain Kristian aka Varg Vikernes) ou Thou Shalt Suffer (d’un certain multi-instrumentiste du nom d’Ihsahn) un groupe norvégien commence aussi à faire parler de lui.
En 1992 A Blaze in the Northern sky d’un certain Darkthrone voit le jour, les éléments death de Soulside Journey sont encore présents mais l’austérité et le regard dirigé vers des sujets plus particuliers et endémiques à la région donne un cachet assez différent au disque, la singularité est belle et bien là, si on avait pu parler de seconde vague du black metal avec Deathcrush après A Blaze rien ne sera plus pareil…
D’ailleurs certains ne s’y trompent pas, le tout jeune Vikernes forme Burzum (ténèbre) nom inspiré par Tolkien et son Seigneur des Anneaux et sort trois démos entre 91 et 92 très imprégnées de la logique black death de l’époque, la première démo étant quasi inaudible pour le commun des mortels, les norvégiens radicalisent le genre, le mouvement prend sa forme la plus extrême développant ses pistes politiques et anti-religieuses avec un sentiment de liberté absolu, Enslaved sort son légendaire Yggdrasill en 1991 si longtemps on a encensé Emperor il va sans dire qu’avant leur Wrath of the Tyrant Enslaved avait déjà entammé la marche vers le mélodique voire le symphonique avec cette première démo mais n’en avaient pas fait une priorité, cette priorité c’est sûrement Ihsahn et Samoth (membres fondateurs du groupe) qui l’entretiendront comme un leitmotiv pour la composition;Immortal qui officiait dans le death trouve son salut avec son premier EP Immortal et son premier full lenght Diabolical Fullmoon Mysticism en 1992, en Suède un groupe du nom de Marduk (Dieu protecteur de Babylone et de sa tour) qui n’est pas un petit oiseau tombé du nid puisque l’on retrouve dans le groupe Morgan Hakansson l’autre cinglé de chez Abruptum (cf plus haut) avec Dark Endless, en Finlande après sa première démo Belial sort son Wisdom of Darkness crossover death/black foutrarque à la verve légendaire, groupe au combien intéressant puisque les musiciens qui le composent ne sont autres que les barons du blast finlandais j’ai nommé Impaled Nazarene qui aboutiront la même année à leur premier album Tol Cormpt Norz Norz Norz.
La focale se réduit et l’Europe du Nord siège au panthéon du métal sombre, Mayhem s’est fait un nom avec son Deathcrush et son horrible réussite qu’est le Live in Leipzig a été dupliquée et transite de poches en poche en format cassette.
Dans le reste de l’Europe Rotting Christ avec son EP Passage to Arcturo passe la 1ère en Grèce et délaisse ses premières terres de jeu pour se tourner vers le black, beaucoup d’autres groupes européens suivront le mouvement occultant de plus en plus leur penchant pour le death pour suivre les traces fraîches que certains commencent à marquer dans la neige aux pôles, c’est d’ailleurs la même chose à l’échelle mondiale Mystifier au Brésil avec son Wicca emboîte le pas de Sarcófago, au Japon Sabbat sort Envenom dédié aux gloires d’antant Bathory et Celtic Frost en tête, les japonais d’Abigail ne tarderont pas à prendre le train en marche pourtant le début de ces années 90 marque cette volonté de s’affranchir en radicalisant ce qui a déjà été fait avec un oeil nouveau sur la chose, la seconde vague fond sur toute l’Europe et le monde ne pourra que la suivre.
Aux USA aussi la marche en avant n’est pas prête de s’arrêter, le dramaturge Andrew Harris fonde Judas Iscariot et signe en 1992 sa première démo rappelant que la projection en solo du black est toujours aussi réalisable, les ambiances du démiurge collent avec un sens épique la léthargie cryptique que l’américain n’aura de cesse de rechercher dans ses processions liturgiques obscures, aggrémentant avec une certaine radicalité la boite à rythme à son projet, le voile noir se dresse comme un constat équivoque, certains ne s’y tromperont pas dans le même temps Grand Belial’s Key emboîte le pas à leur compère signant avec Goat of a Thousand Young en 1992 un acte de naissance tout aussi inspiré.
Là aussi on retrouve les origines death propres à toutes formations de l’époque puisque Pogrom est aussi tirailleur chez les allumés d’Arghoslent.
En France on assistera à la naissance d’Osmose, le label français a du flaire et sort Samael et Immortal dans la foulée
Ces années 90 marquent aussi l’adoption d’un visuel très spécial: corpsepaint, clous et autres tenues toutes plus folkloriques les unes que les autres engendrant une cission radicale avec l’apparat des scènes adjacentes, on se rappelera néanmoins la fière allure de Mercyful Fate (King Diamond), Alice Cooper ou de Kiss avec nostalgie mais aussi celle des italiens de Death SS grands inquisiteurs de la scène dark heavy qui dès 1983 n’avaient pas lésinés sur les adjectifs avec leur seconde démo Evil Metal (Inquisitor étant un morceau culte tirée de cet EP).
La filiation au port du corpsepaint peut avoir d’autres significations chez les gardiens de la foi puisqu’ils revêtent symboliquement les parures guerrières des chevaliers de l’histoire païenne que beaucoup d’historiens recoupent sur différents continents à des pratiques mystiques et rituelles, en Europe du Nord c’est d’ailleurs devenu un gimmick institionnel, et en parlant d’Europe du Nord…

La Norvège en feu : Inner Circle, radicalisation et tragédies
C’est avec deux albums que Darkthrone va régler le débat, si jusqu’alors on ne faisait que frôler le concept c’est avec deux albums, coup sur coup que la chose se matérialise : Under a Funeral Moon en 1993 et Transilvanian Hunger en 1994 sur lequel est apposé fièrement : « Norsk Arisk Black Metal » (Black Metal Norvégien et Aryen) proposent une radicalité, un ton et une écriture qui parachève la transition;on parlera désormais de tout ce qui est black et ce qui ne l’est pas.
C’est aussi à cette période qu’Euronymous (taulier chez Mayhem) a monté l’Inner « Black » Circle avec ses amis Varg, Immortal, Darkthrone et Emperor;une autorité se réunissant dans la magasin de disque d’Euronymous (l’Helvete) sensée faire la chasse à ceux qui faisaient du tort à ce genre séculier et noble (menaçant de mort des groupes comme Deicide et faisant la guerre à tout ce qui n’était pas norvégien), dans le même temps les églises brûlent en Norvège, on exorcise les démons porteurs de la croix au cocktail molotov tout en étant plongés dans des pensées montées à des températures enflammées par quelques gorgées de produits miraculeux certainement, mais il est aussi certain que ces faits d’armes transpiraient la sincérité du combat de leurs auteurs, preuve en est les dérives qu’ont occasionné ces évènements : Varg Vikernes prendra 21 ans de prison pour l’assassinat de son collègue Euronymous (Mayhem), le poignardant comme un dément, et pour incendies d’églises;Faust masseur de fûs chez Emperor prendra 14 ans pour l’assassinat d’un homo et bien sûr incendies d’églises, Samoth 2 ans pour incendies d’églises et Tchort bassiste d’Emperor lui prendra 6 mois, pour devinez quoi?Incendies d’églises et attaque à main armée, on ne badine pas avec le geste chez les cornus.
Pendant une paire d’années la Norvège a vu une cinquantaine de ses églises attaquées par les forces matérialisées de L’Inner Circle et on peut dire que Mayhem revient de loin, car après avoir vu Maniac partir en HP;Dead leur second chanteur, fétichiste, ayant une passion très envahissante pour la mort, à tel point qu’après que Vikernes (encore lui) lui ait offert des cartouches pour fusil, Dead étant chasseur, ne trouvera rien d’autre que de se faire sauter la tête avec son fusil le climat de la scène norvégienne ne devant pas y être étranger dans cette affaire, Euronymous immortalisera la scène au polaroïd et l’utilisera pour la pochette du Dawns of the black hearts.
Ramifications et expérimentations des années 90
C’est ce moment de l’histoire du black metal où la tension, la folie, la haine, la violence décuplera la puissance des albums parus à cette époque, on pensera donc en plus des albums de Darkthrone à la profession de foi De Mysteriis Dom Sathanas de Mayhem (Varg à la basse mais aussi Attila, oui l’ex Tormentor, au chant), aux deux premiers albums de Burzum Burzum, Det Som Engang Var, ainsi qu’à l »EP Aske, ici on voit la veine suicidal se matérialiser tout ce qui constituera l’essence des scènes dépressives est explicité avec émotivité dans la voix de Varg, en Finlande Beherit lache son Drawing Down the Moon faisant transpirer l’art noir à grosses gouttes derrière son « Black Arts » faisandé, Satyricon sort son Dark Medieval Times, Emperor In the Nightside Eclipse débarassant tout le monde du poids de la responsabilité pour la création de la scène symphonique, Enslaved suivra lui la voie viking de Quorthon avec coup sur coup deux claques Vikingligr Veldi et le magistral Frost, Bestial warlust et son Vengeance War Till Death officialise la scène war et Absurd monte peu à peu les drapeaux pour les convergeances Rac et black…
En France Nehëmah offre son Light Of Dead Star aux attentifs, la France va se découvrir une scène underground emmenée par Les Légions noires bien que le mot légion soit fort, la cohorte d’albums qui sortiront entre 92 et 96 viendront entretenir le mythe, Mütiilation sortira son Vampires of Black Imperial Blood, Vlad Tepes son Celtic Poetry, parmi tous ces projets on pourra tendre l’oreille et se rendre compte que l’objet black n’est plus uniquement « metal » mais peut revêtir différentes formes, aussi anecdotiques soient elles en passant, il en restera quelques actions pratiquées avec un sens de la rigueur plus ou moins appréciable je pense à Seviss et à son Et pleure le batard.

Symphonique, viking, avant-garde et dépressif : le black en éclats
Après l’explosion norvégienne, et les orientations multiples que la scène développait, certains tentèrent les expériences interdites les plus spectaculaires incorporant dans le fond de la marmitte des ingrédients exotiques pour les recttes les plus expérimentales, en tête les norvégiens de Fleurety avec leur album Mind Tid Skal Komme de 1995, Ulver avec d’abord son Vargnatt de 1993, In the Woods avec Heart Of The Age et Ved Buens Ende avec son Written in Waters de 1995, le nord de l’Europe a su très vite s’affranchir de la pesanteur de la doctrine ambiante et à l’autre bout du monde les japonais de Sigh répondent aux mêmes envies avec leur Infidel Art, titre explicite, et quand l’industrialisation vient frapper à la porte de certains projets, ils les accueillent à bras ouverts on pense alors à Mysticum, Sort Vokter (Ildjarn) et aux très respectables Thorns.
A côté de ça l’aventure symphonique suit son cours Gehenna sort Seen Through The Veils Of Darkness, des supergroupes font leur apparition on pensera notament au premier Borknagar qui regroupe des membres d’Ulver, Arcturus, Gorgoroth, Arcturus et Immortal, en Angleterre un groupe fait parler de lui avec son The Principle of Evil Made Flesh il s’agit de Cradle of Filth.
D’autres jeunes formations font aussi leur apparition à cette époque où le Pentagram de Gorgorth rendait hommage aux valeurs guerrières du black metal, que le Zyklon B de Samoth et Ihsahn (Emperor) avec son Blood Must Be Shed montrait que les deux tenanciers de l’école sympho pouvaient nous percuter avec classe et qu’Isengard prouvait qu’il suivrait toujours sa voie dans les sentiers forestiers et ses racines folk/païennes avec son Hostmorke.
Parmi ces jeunes formations on peut citer Dodheimsgard qui avec Kronet Til Konge débarquent avec fracas et remettent les choses à leur place, Carparthian Forest avec Through Chasm, Caves And Titan Woods apose sa marque de fabrique à l’usine à riff locale et Trelldom emmené par un certain Gaahl (Gorgoroth) signent Til Evighet, c’est le retour du grand nord, la froideur du disque ne fait pas dans le superflu, tout est juste et exposé avec talent.Cette année 1995 a aussi vu apparaître et disparaitre un groupe qui allait nous laisser en guise de testament un album unique au doux nom de For Kunsten Maa Vi Evig Vike, le nom du groupe est Kvist et dans cette furtive mais essentielle apparition l’offrande léguée a une consitance plus que savoureuse.
Expansion internationale : France, Pologne, Grèce, Japon, USA…
Avec le temps la vocation du black s’est diffusée dans une quantité de branches astronomiques, la scission qu’avait opéré Bathory en son temps n’était que le premier stade de la mitose, c’est dans une géométrie fractalisante que les choses se sont opérées, car à chaque nouvelle branche une sous branche était naturellement envisageable, la notion de true black metal dans cette amoncellement de strates n’est donc pas si superfétatoire car entre le folk, le sympho, le dépressif en devenir, le cosmique, le pagan, l’industriel, l’avant garde, le national socialiste et j’en passe, il est devenu presque difficile pour le chalan de s’y retrouver, d’autant plus que les scènes se tirent la bourre entre elles pour une vulgaire histoire de désinance…
Un nouvel appel d’air se fait aussi brusquement sentir auprès des labels et maisons de disques, les gens écoutent de plus en plus de black metal, la demande existe;quoi cette musique infâme, aux sonorités qui auraient dû repousser la majeur partie des mortels peut intéresser?
Il semblerait que la fougue et la technicité que l’on retrouve dans la branche sympho interpelle les plus jeunes qui troquent volontiers leurs cd de heavy/thrash/néo? un poil moins folichon que ces nouveaux groupes au look destroy et à la verve incendiaire.Le black pourrait il alors devenir mainstream?C’est avec Craddle of Filth et Dimmu Borgir que le débat commencera à prendre forme, rappelons tout de même que Dimmu a été signé chez No Colours à ses débuts et après un For All Tid qui reprenait les gimmicks des légendes de la scène, c’est avec l’Enthrone Darkness Triumphant de 1997 et surtout son « après » que la nouvelle scission aura lieu, rappelant avec un certain cynisme que pour l’Anthems d’Emperor et le premier viking album de Bathory le résultat était le même, quoiqu’il en soit la réussite commerciale de certains radicalisera la scène underground qui pour s’affranchir de toute connection avec ces « clowns » ira renacler plus loin encore dans les abisses.
Dans le même temps d’autres vont toujours chercher plus loin encore, on aura une pensée pour l’Aspera Hiems Symfonia d’Arcturus plus avant gardiste que jamais se moquant pas mal de l’étiquette et ne jouant d’ailleurs pas sur les codes du black mais aussi du parcours de Bal Sagoth et sa persévérance dans une voie qui ne semblait pas lui être acquise, son entêtement aura fait des émules, il n’en reste pas moins cette symphonisation constante du black qui aura en cette fin de siècle l’occasion de voir apparaître ses plus virulents admirateurs et ses groupes les plus représentatifs: Limbonic Art avec The Moon in Scorpio en 1996, Tartaros avec The Grand Psychotic Castle en 1996, Obtained Enslavement avec Witchcraft en 1997 ou dans une veine plus mélodique le Far Away From The Sun de Sacramentum paru lui en 96…
Sur d’autres chemins on peut cotoyer aux côté du magnifique Eld d’Enslaved le Jormundgand d’Helheim, Arcturus s’est fait un ami on peut s’en apercevoir sur l’album The Linear Scaffold de 1997 de Solefald, le viking Bathory s’est trouvé un rejeton avec le norvégien Hades et son Dawn of the Dying Sun de la même année.
Le décor est planté et c’est parmi les lutins et les fées que certains ont sorti les armes de destruction massive, flingant tous azimuth et recentrant le combat pour le black qu’ils ont toujours apprécié on citera bien volontier les tenanciers des scènes war : Bestial Warlust et Conqueror en tête sans oublier de remercier les australiens de Martire d’avoir sorti leur éponyme.
On écoutera avec attention Abominator et son crossover death/black notamment sur la démo Barbarian War Worship, on ira volontier se caler un petit Axis of Advance histoire de ne pas occulter le fait que la scène canadienne pourra aussi compter sur Akitsa à l’avenir pour représenter le genre au pays des tabernacles, déjà Godless North et son Dark rites of mystic order avait montré la voie avec cette tape inoubliable venue d’un autre temps.
Aux USA Judas Iscariot a fait des émules et c’est au tour de Black Funeral de reprendre la relève avec coup sur coup 2 gros disques Vampyr – Throne of the Beast en 96, Empire of Blood en 97 et on le verra plus tard une autre merveille avec Belial Arisen en 2003.On reconnaîtra aussi un certain talent à Usurper qui met tout en oeuvre pour rendre le crossover doom/death/black/thrash possible avec Skeletal Season les choses commencent à prendre forme.Chez Averse Sefira on ne fait par contre pas dans la dentelle deux démos qui donnent le ton et en 99 un Homecoming’s March qui rejoint les rangs des plus conservateurs.Le groupe qu’il faut au moins avoir écouté une fois en cette fin de siècle: Von avec son Satanic Blood paru en 99, dommage pour les américains on avait connu les productions des légions noires avant eux, et ce n’est pas le Shurpu Asaru de Yamatu qui viendra nous faire penser le contraire…
En Finlande la relève sonne les trompettes avec Clandestine Blaze et son déjà très engagé et engageant Fire Burns In Our Hearts, un autre groupe finlandais viendra à son tour propager la mauvaise parole en ce début de 21 ème siècle épaulant ses compatriotes de la mailleure façon qui soit: Satanic Warmaster après deux démos lachera un Strength and honour qui piquera à vif en 2001.
En suède c’est Dark Funeral qui en 96 nous sort The Secrets of the Black Arts disque essentiel à la gouaille légendaire, peut être un peu trop à la vue des clônes que le groupe créera dans son sillage…D’autres se spécialiseront dans un un tout autre genre puisqu’ils reprendront le travail que Burzum avait amorcé, c’est Shining c’est avec un EP : Submit to Selfdestruction en 98 et son premier disque Within Deep Dark Chambers que Shining vouera son expérience à ce genre que l’on appellera plus tard black metal dépressif/suicidaire;Silencer et Natramm ne s’y tromperont pas car un an plus tard naitra Death-Pierce Me.Mais il serait mal aisé de faire un rapprochement malhabile et de voir un lien exclusif entre la scène suédoise et le dépressif d’ailleurs un autre groupe culte de cette scène, et probablement un des plus oubliés doit être Niden Div 187 et son fabuleux Impergium passé à la trappe pour beaucoup, il prouvera aux plus réticents à quel point cette scène a pu produire de magnifiques perles, certains pensent peut être à Dawn ou Dissection et ils ont peut être raison…
En France Blut Aus Nord se taille la part du lion avec quelques albums de légende: Ultima Thulée en 95, Memoria Velusta, Fathers of the Icy Age en 96 et l’atomique The Mystical Beast of Rebellion en 2001 (la suite au prochain numéro) entrainant lui aussi bon nombre de partisans dans son aventure et ouvrant la porte à d’autres projets tels que Deathspell Omega par exemple qui sortira son déliquescent Infernal Battles en 2000.On peut aussi citer Seigneur Voland qui signera avec son Cérémonie chaotique pour un monde mourant – Act I une des pierres angulaires de l’underground hexagonien et qui aura certainement donné envie à Peste Noire de suivre la rigueur littéraire de son aîné…
En Australie quand on ne tape pas dans le war (cf un peu plus haut) on peut aussi fondre sous le soleil de Darkthrone la preuve avec Eternal Damnation d’Abyssic hate.
En Grèce on voit apparaître pas mal de nouvelles têtes, le groupe le plus marquant doit être le très silencieux Zemial qui avec For The Glory of UR en 99 et Necrolatry en 2000 n’a pas à rougir d’ailleurs c’est avec son Face Of The Conqueror qu’il entérinera les débats en 2003 (suite au prochain épisode)…
En Pologne ça bouge, ça bouge bien même, la scène emmenée par Graveland depuis 92 a enfanté de magnifiques monstres : Gontyna Kry signe son immortel Welowie en 98, Thunderbolt place ces tracks sur certains splits dont un avec Kataxu ce qui lui vaudra une reconnaissance plus que locale, beaucoup essaieront de trader leur première démo : Beyond Christianity sans résultat, c’est cependant en 2001 avec The Sons of the Darkness que le groupe entamera son travail de propagande de la manière la plus extrême qui soit;Witchmaster fait chauffer l’eau du bain avec deux démos que l’oin retrouvera sur le premier album du groupe Violence & Blasphemy paru en 2000 mais c’est avec Masochistic Devil Worship que le groupe finira de m’achever en 2002, album pandémoniaque d’une force thrashisée sublime, influençant passablement ce qu’Infernal War allait devenir, et pour finir Arkona qui avec son Imperium et son Zeta Reticuli vient donner du corps à cette scène polonaise de fin siècle, mais rendons aussi à César…Il serait bon de ne pas occulter les premiers albums de Behemoth dans cette liste non exaustive pour rendre grâce à ces coureurs de fonds qui ont aussi traversé les âges à leur manière…

En Norvège c’est Ildjarn qui en 2 ans sort pas moins de 5 albums/démos donnant par la même occasion du sang neuf à cet ensemble qui se tirait la bourre, Manes apparaîtra en 1998 avec son Under Ein Blodraud Maane et son crossover doom/sympho/black commence à marquer des points, Tsjuder sort les couteaux après deux démos aux accents terroristes le groupe sort son Kill for Satan en 2000, le tout jeune Fauk avec son Hordagaard signe quelques hymnes quintessenciaux sur Ondskap une de ces nombreuses démos parue en 99, c’est aussi l’envol de Taake (et si l’on vous parle d’oiseau sorti du nid, ne vous offusquez pas c’est une image désormais célèbre dont on parle) avec Nattestid Ser Porten Vid paru en 99 le groupe frappe à la porte du classique qui sommeille dans tout album, le potentiel du groupe étant plus ou moins là, la suite des opérations n’en étonnera pas des masses dans les années 2000 Taake réglera son compte aux attentes de son public avec trois albums qui auront eu le don de mettre tout ce petit monde d’accord…
Et le reste du monde me direz vous: pêle mêle, l’Amérique du Sud trouvera son salut avec un groupe tel qu’Inquisition, voix voicodée, delays énormes, ambiance oppressante et psychotique, dagon et son acolyte avec son Into The infernal regions Of Ancient Cult va faire éternuer la moitié de la planète, vous avez pris froid?Dommage.
Au Mexique Xibalba reprend les traces laisseés dans la neige par Darkthrone mais n’hésite pas à jouer dans les pyramides mayas avec les ossements des pendus sur son Ah Dzam Poop Ek.
Aux Philippines un mec se faisant appelé Kratornas balance tape sur tape, on en entend parler jusqu’en Europe c’est dire, et le contenu de ces cassettes est assez abominable, on entendra le philippin sur une compile hexagonale A Hole in the Sky mais c’est certainement Enorht Eht Nihtiw Si Taog Eht qui aura amorcé la mèche, la contamination ne fait donc que commencer…
Vers la fin du siècle : hybridations et fractures
L’aventure suit son cours tranquilement, je rappelle que le monde d’internet n’a pas encore revêti l’importance qu’il aura aura en ce début de 21ème siècle.On pouvait encore trouver des petites annonces dans des fanzines et magazines du type : « liste contre 4 timbres » (si ça rappelle des souvenirs à certains).
L’évolution technologique désarticulera la notion d’underground mais permettra dans le même temps une interactivité globale plus pointue, tout s’opère dans la simultanéité, en temps réel, le monde est à portée de click et l’information aussi.
C’est l’histoire des grands noms que cette scène a porté : ils ont aussi beaucoup évolué, certainement avec le monde, délaissant les terres primitives de leur origine pour s’adonner à de nouvelles intrigues et aventures musicales;parmi eux on peut citer Emperor avec son IX Equilibrium, Satyricon avec Nemesis Divina de 96, Mayhem avec son Grand Declaration Of War de 2000 ou encore Enslaved avec le Monumension de 2001;les anciens gardiens du temple ont profané le cimetierre et déshonorer la mémoire des ancêtres pensent certains, mais n’oublions pas que ce sont eux ces ancêtres inventeurs et détenteurs des secrets de nos passions, il ne reste qu’un pas à franchir à tout un chacun, pour écrire l’histoire…

Une liste d’albums cultes
Racines & proto-black
- Black Sabbath – albums 70s
- Anthony Bartoccetti / Jacula – In Cauda Semper Stat Venenum (1969)
Thrash & premiers jalons
- Venom – Black Metal (1982), At War With Satan (1983)
- Motörhead – barons extrêmes du heavy
- Hellhammer – Triumph of Death (démo), Satanic Rites (démo), Apocalyptic Raids (1984)
- Celtic Frost – Morbid Tales (1984), Emperor’s Return (1985), To Mega Therion (1985)
Acte fondateur Bathory
- Bathory – Bathory (1984), The Return…… (1985), Under the Sign of the Black Mark (1987), Blood Fire Death (1988), Hammerheart (1990)
Propagation mondiale 80s
- Vulcano – thrash occulte
- Sepultura – débuts thrash
- Sarcófago – Satanic Lust (démo), INRI (1987)
- Tormentor – Anno Domini (1988)
- Abhorer (Singapour) – Rumpus of the Undead (1989, démo)
- Sabbat (Japon) – premiers EPs, The Devil’s Sperm Is Cold (1987 env.)
Prémices seconde vague nordique
- Mayhem – Pure Fucking Armageddon (démo, 1986), Deathcrush (1987, EP), Live in Leipzig (1990/93), De Mysteriis Dom Sathanas (1994)
- Napalm Death – Scum (1987, en parallèle)
- Tormentor – Attila Csihar au chant (reliquat vers Mayhem)
Ramifications début 90s
- Abruptum – Hextum Galæm Zeloq!!! (démo), Obscuritatem Advoco… (1993), In Umbra Malitiae… (1993)
- Blasphemy – Blood Upon the Altar (démo, 1989), Fallen Angel of Doom… (1990), Gods of War (1993)
- Profanatica – premières démos (1990)
- Incantation – membres liés à Profanatica (death)
- Tiamat – The Astral Sleep (1991)
- Samael – EPs/débuts black
- Cultus Sanguine – années 90 (black gothique)
- Old Funeral – (démo avec Varg Vikernes)
- Thou Shalt Suffer – (Ihsahn, pré-Emperor)
- Darkthrone – Soulside Journey (1991, death), A Blaze in the Northern Sky (1992), Under a Funeral Moon (1993), Transilvanian Hunger (1994)
- Burzum – démos (1991-92), Burzum (1992), Det Som Engang Var (1993), Aske (EP, 1993)
- Enslaved – Yggdrasill (démo, 1991), Vikingligr Veldi (1994), Frost (1994), Eld (1997)
- Immortal – Immortal (EP, 1991), Diabolical Fullmoon Mysticism (1992)
- Marduk – Dark Endless (1992)
- Belial – Wisdom of Darkness (1992, démo/EP)
- Impaled Nazarene – Tol Cormpt Norz Norz Norz (1992)
- Rotting Christ – Passage to Arcturo (EP, 1991)
- Mystifier – Wicca (1992)
- Sabbat (Japon) – Envenom (1993)
- Abigail (Japon) – premiers enregistrements
Époque Inner Circle & radicalisation
- Mayhem – Dawn of the Black Hearts (bootleg, 1990/91 photo macabre)
- Euronymous / Inner Circle – autour de Mayhem, Darkthrone, Emperor, Burzum, Immortal
- Euronymous/Helvete – magasin de disques
Groupes marquants mi-90s
- Beherit – Drawing Down the Moon (1993)
- Satyricon – Dark Medieval Times (1993)
- Emperor – In the Nightside Eclipse (1994), Anthems to the Welkin at Dusk (1997), IX Equilibrium (1999)
- Enslaved – Eld (1997), Monumension (2001)
- Bestial Warlust – Vengeance War Till Death (1994)
- Absurd – débuts controversés 90s
- Nehëmah – Light of a Dead Star (1997)
- Les Légions Noires – Mütiilation (Vampires of Black Imperial Blood, 1995), Vlad Tepes (Celtic Poetry), Seviss (Et pleure le bâtard)
Expérimentations & avant-garde
- Fleurety – Min Tid Skal Komme (1995)
- Ulver – Vargnatt (démo 1993), Bergtatt (1995)
- In the Woods… – Heart of the Ages (1995)
- Ved Buens Ende – Written in Waters (1995)
- Sigh – Infidel Art (1995)
- Mysticum – In the Streams of Inferno (1996)
- Sort Vokter (Ildjarn) – Folkloric Necro Metal (1996)
- Thorns – premiers enregistrements
- Gehenna – Seen Through the Veils of Darkness (1995)
- Borknagar – Borknagar (1996)
- Cradle of Filth – The Principle of Evil Made Flesh (1994)
- Gorgoroth – Pentagram (1994)
- Zyklon-B – Blood Must Be Shed (1995)
- Isengard – Høstmørke (1995)
- Dodheimsgard – Kronet til Konge (1995)
- Carpathian Forest – Through Chasm, Caves and Titan Woods (EP, 1995)
- Trelldom – Til Evighet (1995)
- Kvist – For Kunsten Maa Vi Evig Vike (1996)
Seconde moitié des années 90
- Limbonic Art – Moon in the Scorpio (1996)
- Tartaros – The Grand Psychotic Castle (1997)
- Obtained Enslavement – Witchcraft (1997)
- Sacramentum – Far Away From the Sun (1996)
- Helheim – Jormundgand (1995)
- Solefald – The Linear Scaffold (1997)
- Hades (Norvège) – Dawn of the Dying Sun (1997)
Fin 90s & nouvelles branches
- Abominator – Barbarian War Worship (démo)
- Axis of Advance – débuts fin 90s
- Akitsa – premiers enregistrements
- Godless North – Dark Rites of Mystic Order (démo)
- Judas Iscariot – premières démos (1992), albums jusqu’à 2000
- Black Funeral – Vampyr – Throne of the Beast (1995), Empire of Blood (1997), Belial Arisen (2003)
- Usurper – Skeletal Season (1999)
- Averse Sefira – Homecoming’s March (1999)
- Von – Satanic Blood (1992 mais diffusé plus tard, culte fin 90s)
- Yamatu – Shurpu Asaru (démo)
- Clandestine Blaze – Fire Burns in Our Hearts (1999)
- Satanic Warmaster – Strength and Honour (2001)
- Dark Funeral – The Secrets of the Black Arts (1996)
- Shining – Submit to Selfdestruction (EP, 1998), Within Deep Dark Chambers (2000)
- Silencer – Death – Pierce Me (2001)
- Niden Div. 187 – Impergium (1996)
- Dawn – Slaughtersun (1998)
- Dissection – (cité implicitement, Storm of the Light’s Bane en 1995)
- Blut Aus Nord – Ultima Thulée (1995), Memoria Vetusta I (1996), The Mystical Beast of Rebellion (2001)
- Deathspell Omega – Infernal Battles (2000)
- Seigneur Voland – Cérémonie chaotique pour un monde mourant – Act I (2000)
- Peste Noire – premiers enregistrements (influences littéraires)
- Abyssic Hate – Eternal Damnation (1996)
- Zemial – For the Glory of UR (1997), Necrolatry (1998), Face of the Conqueror (2003)
- Graveland – Carpathian Wolves (1994), puis Immortal Pride (1998)
- Gontyna Kry – Welowie (1998)
- Thunderbolt – splits, The Sons of the Darkness (2001)
- Witchmaster – Violence & Blasphemy (2000), Masochistic Devil Worship (2002)
- Infernal War – débuts liés à Witchmaster
- Arkona (PL) – Imperium (1996), Zeta Reticuli (2001)
- Behemoth – premiers albums black (1993-95)
- Ildjarn – multiples démos/albums 1992-94
- Manes – Under Ein Blodraud Maane (1999)
- Tsjuder – Kill for Satan (2000)
- Fauk/Hordagaard – Ondskap (démo 1999)
- Taake – Nattestid Ser Porten Vid (1999)
- Inquisition – Into the Infernal Regions of the Ancient Cult (1998)
- Xibalba (Mexique) – Ah Dzam Poop Ek (1994)
- Kratornas (Philippines) – multiples démos, Enorht Eht Nihtiw Si Taog Eht (années 90)
Groupes établis évoluant après 2000
- Mayhem – Grand Declaration of War (2000)
- Emperor – IX Equilibrium (1999)
- Satyricon – Nemesis Divina (1996)
- Enslaved – Monumension (2001)
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