Jazz, Neo Soul et Prog… : ma bande-son 2025

Jazz, Neo Soul et Prog… : ma bande-son 2025

jonben
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15 septembre 2025
il y a 1 an
2 commentaire s
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Une sélection musicale et une playlist Spotify explorant des sorties récentes mêlant jazz, funk et néo-soul, illustrant comment ces genres peuvent enrichir l'expérience auditive d'un passionné de rock et de metal, tout en mettant en avant des artistes contemporains et des collaborations qui transcendent les frontières musicales.
Jazz, Neo Soul et Prog… : ma bande-son 2025

Chez Eklektik Rock, on parle avant tout de rock et de metal, mais l’adjectif eklektik n’est pas là par hasard. La curiosité musicale mène parfois hors des sentiers battus, et c’est justement le but de cette sélection : partager une playlist de sorties 2025 qui plongent dans le jazz, le funk, le néo-soul et les musiques instrumentales. Mes racines restent rock mais il existe un fil invisible qui relie la virtuosité d’un solo de guitare prog à l’improvisation d’un sax ou d’une basse slappée.

Un metalhead peut aussi être un explorateur du jazz

Mon quotidien musical reste nourri de progressif (rock et metal), de death, de punk/hardcore. Pourtant, depuis longtemps, le jazz et la soul rôdent en périphérie de mes écoutes. Et il faut bien avouer que, selon le contexte, c’est parfois plus évident de faire découvrir ces sonorités à des proches que de leur imposer des genres extrêmes réservés aux initiés. Que ce soit lors de moments en couple, en se prélassant dans son bain, ou simplement en fond sonore pour un barbecue avec des potes, il y a des contextes où le jazz, la soul ou le funk passent bien mieux que des murs de guitares saturées, des blastbeats et des growls.

Ado, je rejetais le jazz en bloc, mon truc c’était le rock, mais j’ai quand meme eu la chance d’en écouter à la maison. Enfant, mon père m’a même emmené voir Michel Petrucciani puis plus tard Ahmad Jamal : des pianistes, seuls sur scène pendant des heures, ennui total. Et pourtant, paradoxalement, j’adorais une piste précise d’un CD de mon père — Bloomdido de Charlie Parker et Dizzy Gillespie (album Bird & Diz). Comme quoi, même quand on croit détester les cuivres, il y a des exceptions qui nous marquent à vie.

La révélation est venue plus tard, avec Erykah Badu. Son premier album et surtout le live Baduism Live m’ont ouvert au néo-soul et à ce jazz feutré avec voix enlaçante. Puis est arrivé Erik Truffaz, avec The Dawn (1998) et Bending New Corners (1999), deux albums qui restent encore aprmi me splus écoutés tous styles confondus. J’étudiais vers la Suisse et ai eu l’occasion de le voir sur scène plusieurs fois — il a littéralement cimenté mon amour du jazz avec ses prestations scéniques (enfin au final plus ses musiciens que lui réellement, et il s’est toujours très bien entouré). Après lui, il y en a eu d’autres, évidemment Miles Davis.

J’ai creusé la scène néo-soul (parfois nommée progressive soul, ce n’est pas un hasard). Après Badu, D’Angelo, puis plus récemment Hiatus Kaiyote, dont je suis un grand fan. Je citerai surtout Curtis Mayfield dans les artistes 70s. Le funk aussi, j’ai un penchant pour les bassistes funk et fusion comme Victor Wooten, Marcus Miller, ou encore Herbie Hancock. L’afro beat de Fela Kuti et Antibalas. Et comme le prog mène naturellement au jazz fusion, tout cela s’est imbriqué assez logiquement dans mon parcours.

Mon artiste de jazz favori aujourd’hui est sans conteste Tigran Hamasyan. Il incarne l’un des rares pianistes de jazz dont la musique dialogue directement avec l’énergie du metal. Lui-même a souvent rappelé qu’enfant il rêvait d’être guitariste de thrash, et cette influence transpire dans ses compositions : riffs de piano martelés comme des guitares djent, signatures rythmiques complexes proches du prog, atmosphères sombres et tendues qui rappellent l’intensité des breakdowns. Des albums comme Mockroot ou The Call Within intègrent des collaborations avec des figures du metal progressif (notamment Tosin Abasi d’Animals as Leaders) et montrent à quel point Hamasyan se nourrit de cette culture. Pour un auditeur venu du metal, sa musique ouvre une passerelle fascinante vers le jazz contemporain, où virtuosité et puissance émotionnelle se conjuguent comme dans les meilleurs disques heavy.

Une playlist de morceaux de cette demi-année 2025 : quand l’éclectisme prend forme

Ces genres m’accompagnent depuis longtemps, voici donc une playlist qui montre cette facette à travers les nouveautés du moment de groupes que je connais de longue date ou que j’ai découvert récemment.

On y trouve des noms familiers aux amateurs de guitare prog (Plini, Tosin Abasi et Mestis de Animals As Leaders) mais aussi des explorateurs du funk moderne (Cory Wong, Fearless Flyers), des groupes à la frontière du post-rock et du jazz (GoGo Penguin), des voix néo-soul (Jordan Rakei, Tom Misch), ces derniers de l’excellente scène nu jazz anglaise, avec en point d’orgue Yussef Dayes.

C’est une playlist qui me ressemble : une énergie qui reste rock, mais curieuse de groove, de textures et d’improvisations.

Quelques moments forts de la playlist 2025

  • Wayne Krantz
    Guitariste culte du jazz moderne, dont l’album Long to Be Loose (1993) est une référence pour moi. Le retrouver en 2025 avec un morceau solide, c’est un peu comme croiser un vieux maître qui reste toujours pertinent.
  • Plini & Tosin Abasi
    Quand deux virtuoses prog/metal flirtent avec le jazz, ça donne une pièce instrumentale qui aurait tout à fait sa place dans un festival de fusion. La virtuosité est là, mais surtout une vraie recherche mélodique.
  • Cory Wong, Jack Gardiner & Henrik Linder
    Cory Wong, déjà moteur de Vulfpeck et des Fearless Flyers, pousse encore plus loin ses grooves funky. La basse slappée et la précision rythmique séduiront autant les amateurs de prog technique que les fans de funk.
  • GoGo Penguin
    Trio britannique qui brouille les frontières entre jazz, électronique et post-rock. Pour un auditeur metal habitué aux crescendos atmosphériques, c’est une passerelle évidente.
  • Jordan Rakei & Tom Misch
    Côté néo-soul, ces deux-là proposent un songwriting sophistiqué, aux arrangements souvent jazzy. J’ai adoré Cloak (premier album de Rakei), et leurs sorties récentes gardent cette qualité.
  • Greg Spero est un pianiste vraiment passionnant parce qu’il a cette double qualité : une virtuosité jazz incontestable, mais aussi une ouverture totale aux autres genres (prog, fusion, hip-hop, électronique).
  • Seba Kaapstad, un groupe d’Afrique du Sud que j’aime beaucoup, même si leur nouvel album me séduit moins — un peu trop orienté RnB à mon goût, moins purement neo soul. Cela dit, leur démarche reste intéressante dans la manière de mélanger soul, jazz et musiques africaines.
  • Karate: voir ce groupe réapparaître en 2025 est un petit événement personnel. Ce groupe reste pour moi lié à un album culte : Unsolved (2000), que j’ai énormément écouté. Leur mélange d’indie rock, de jazz discret et de mélancolie unique continue de me toucher. Sur ce nouveau morceau, on retrouve cette écriture feutrée et un peu désabusée, qui n’appartient qu’à eux. Même si ce n’est pas du jazz pur bien sur, c’est ce genre de parenthèse qui rend une playlist éclectique vraiment riche.
  • Butcher Brown, pas mal de groupes aujourd’hui fond du revival, celui là parvient à fusionner le groove brute du jazz-funk des années 70 avec une énergie moderne et exploratrice, toujours des lignes de basses bien groovy, mais avec des pointes contemporaines de hip hop et d’electro jazz. Leur album KingButch de 2020 est très bon, mais le nouveau a l’air pas mal aussi.
  • Matt Johnson est le claviériste de Jamiroquai et tout amateur de ces derniers devrait écouter son 2ème album. C’est mieux que ce que tout ce qu’a sorti le groupe de Jay Kay depuis un bail, il combine des moments très dansants, très funk / soul / groove accessibles, avec des plages plus introspectives et atmosphériques.

Du jazz pour fans de rock et metal?

On pourrait croire que ces genres sont éloignés. Pourtant, jazz, funk, néo-soul et prog/metal partagent une même obsession : la virtuosité, la recherche de nouvelles sonorités, l’improvisation et le groove.

Écouter Wayne Krantz ou Cory Wong, c’est retrouver la même énergie que dans un long solo prog. Découvrir GoGo Penguin, c’est goûter à l’intensité progressive d’un crescendo post-rock. Tom Misch ou Hiatus Kaiyote, c’est la passion des textures sonores, pas si éloignée de l’expérimentation électronique de certains groupes de metal moderne.

Cette playlist est à la fois un carnet de route personnel et une invitation. On gagne toujours à ouvrir les oreilles : le jazz, la soul, le funk et le fusion ne sont pas des genres “autres”, ce sont des cousins, parfois proches, parfois lointains. Une même curiosité anime toutes ces musiques. Et, parfois, un metalhead peut aussi être un explorateur du jazz.

Et pour ceux qui veulent creuser, j’avais aussi une playlist de ce genre pour 2024: https://open.spotify.com/playlist/1T4z5lWaTjqX97AnTVGhDu

Famille/Genre

jonben

jonben

Krakoukass et moi avons fondé Eklektik en 2004, peu après mon installation à Paris, à la suite de la disparition du webzine dont le forum avait été notre terrain d’échanges. Avec des parcours musicaux proches, entre rock et metal, nous partagions le goût de l’ouverture et de la découverte permanente de nouveaux sons. Au fil du temps, mes goûts se sont affinés : je m’intéresse surtout aux groupes et styles des années 90 à aujourd’hui, avec une touche de 70s. J’ai longtemps profité des concerts parisiens et des festivals européens, et j’ai également joué de la guitare plusieurs années au sein d’Abzalon. Mes terrains de prédilection restent le metal/hardcore, le death technique, le sludge/postcore et le rock/metal progressif, avec des escapades régulières du côté du jazz fusion et du funk.

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2 commentaires

Drommk

il y a 1 an

Beaucoup de choses que j’aime là dedans, d’autres que je ne connais pas (et que je vais m’empresser d’aller écouter)
Si jamais tu connais pas je te conseille de jeter une oreille sur :
– Waldo’s Gift
– The Comet is coming
– Ezra Collective ou BBNG (bon eux ils sont très connus)
(top of my head)

Jonben

il y a 1 an

OK j’éouterai ça. Bad Bad Not Good et Ezra Collective c’est cool. Ces derniers c’est la scène nu jazz anglaise proche de certains artistes de la playlist comme Yussef Dayes, Joe Armon Jones, Jordan Rakei.

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