La Chanson Française : Un Patrimoine en Péril ?

La Chanson Française : Un Patrimoine en Péril ?

jonben
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28 décembre 2025
il y a 10 mois
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Une exploration du patrimoine de la chanson française et les figures majeures qui ont structuré l’identité musicale du pays, tout en analysant l’évolution des pratiques d’écoute et de danse, ainsi que l’influence durable de ce répertoire sur la musique populaire internationale.
La Chanson Française : Un Patrimoine en Péril ?

On peut se demander que fait un article sur la Chanson française dans les pages d’Eklektik Rock ? À première vue, nous sommes à des années-lumière de ce que nous couvrons habituellement – pas de guitares saturées, pas de rythmiques complexes, pas de growls ou de blast beats.

Pourtant, à la fin de cette année 2025, plusieurs lectures récentes d’essais sur la France (dont Voyage dans la France d’avant de Franz-Olivier Giesbert, premier livre que je lisais de lui et j’ai été agréablement surpris par son style) m’ont conduit à une double prise de conscience : celle de la richesse exceptionnelle de la Chanson française, mais aussi de la fragilisation progressive de sa place dans le paysage culturel depuis une vingtaine d’années.

Faire ce constat ne revient pas nécessairement à juger la qualité artistique des productions contemporaines — un débat largement subjectif et sans fin, sur lequel je ne prétends pas trancher, n’écoutant que marginalement la chanson française actuelle.

J’estime surtout qu’il y a un recul plus large : celui de la place occupée par la chanson en langue française dans les usages culturels contemporains, de son volume d’écoute, mais aussi de la transmission d’un patrimoine musical aujourd’hui largement méconnu des plus jeunes générations. Les tendances observables dans les classements de streaming, notamment sur Spotify, en sont un indicateur parmi d’autres.

On peut d’ailleurs considérer que nos propres goûts musicaux, tels qu’ils s’expriment dans les pages d’Eklektik Rock, participent eux aussi à cette évolution. Rares sont en effet les groupes que nous abordons et qui chantent en français, reflet d’un paysage musical où le patrimoine francophone occupe désormais une place marginale, y compris chez des auditeurs pourtant très investis culturellement.

Cette mise à distance de la langue française ne concerne d’ailleurs pas uniquement la chanson au sens classique. Le rock, qui dans les années 1970 à 1990 s’exprimait encore largement en français, a lui aussi changé de paradigme. Aujourd’hui, les groupes rock ou metal français bénéficiant d’une visibilité internationale choisissent presque systématiquement l’anglais, au point que l’on peine à identifier une scène rock française définie par sa langue.

Au-delà de ce constat, ces réflexions m’ont rappelé l’émergence d’une multitude d’artistes incontournables qui composent aujourd’hui le patrimoine culturel français. Une question s’impose alors : peut-on véritablement se revendiquer français sans avoir la moindre idée de qui sont Charles Trenet, Jacques Dutronc ou Serge Gainsbourg ?

Pour prétendre à une identité culturelle française au sens profond, une connaissance minimale de ces icônes semble indispensable. S’en priver reviendrait à passer à côté d’une richesse qui forge l’imaginaire collectif. Comment imaginer avoir 25 ans en France aujourd’hui sans connaître au moins un morceau de Jacques Brel ?

Ces figures ne sont pas de simples chanteurs : elles incarnent des époques entières, témoignent d’évolutions sociétales et définissent une certaine « french touch » musicale. Les ignorer totalement reviendrait, pour un Français, à passer à côté d’une partie significative de son héritage – un peu comme ne pas savoir qui est Victor Hugo en littérature ou Claude Monet en peinture. La Chanson française, avec son accent sur les textes poétiques et l’expression personnelle, constitue un marqueur fort d’identité, même si elle a connu un déclin relatif depuis les années 1990, sous l’effet conjugué de l’influence anglo-saxonne, et de la montée du Rock, du Rap et de l’Electro.

Cet article se propose de retracer son histoire et de dresser un panorama détaillé de ses artistes indispensables – car ils sont nombreux, avec une compilation à écouter.

Une Anthologie Chronologique

J’ai constitué une liste d’une soixantaine de morceaux couvrant les années 1940 à aujourd’hui – véritable anthologie du patrimoine de la chanson française. Elle traverse les grandes époques : des classiques intemporels des années 1940-1960 (Trenet, Piaf, Montand, Aznavour), l’âge d’or des années 1960-1970 (Brassens, Brel, Gainsbourg, Dutronc, Nougaro, Gréco, Moustaki, Dassin), jusqu’aux vagues plus récentes des années 1980-1990 (Renaud, Bashung, Cabrel, Goldman, Souchon, Farmer, Balavoine), avec quelques touches contemporaines (Pink Martini, Keren Ann).

Cette sélection s’équilibre entre plusieurs traditions : la chanson à texte poétique et engagée (Brassens, Brel, Ferré, Renaud), la variété élégante et mélodique (Aznavour, Bécaud, Dassin, Fugain), les figures provocantes ou iconiques (Gainsbourg, Dutronc, Bardot), les voix féminines marquantes (Piaf, Gréco, Barbara, France Gall, Mylène Farmer), sans oublier quelques incursions jazz et expérimentales (Nougaro, Salvador, Paris Combo).

Beaucoup de ces morceaux sont des tubes absolus entrés dans l’imaginaire collectif français, constamment repris, samplés ou cités encore aujourd’hui. Ces chansons ont façonné une identité française faite de poésie, d’humour, de mélancolie, de rébellion douce et de joie de vivre – des valeurs parfois aux antipodes de l’énergie brute du metal, mais qui n’en constituent pas moins un socle culturel essentiel.

On est donc très loin sur Eklektik Rock de la Chanson au niveau musical et je n’écoute quasiment jamais ces artistes, mais n’empêche que je connais tous ces artistes, chanteurs, musiciens, souvent auteurs/compositeurs, qui ont bercé d’une façon ou d’une autre ma jeunesse et ma vie à travers les films, émissions télé etc.

J’ai découvert cet aspect de la musique avec les disques de mes parents, des compilations de Trenet, Brel, Brassens, Dutronc, ou Claude Nougaro. Ensuite le seul disque de ma génération que j’ai beaucoup écouté pendant mes années étudiantes est La Marmaille Nue de Mano Solo, auquel je reste assez attaché. Je suis meme allé jusqu’à mettre dans la playlist Sinsemilia que j’ai vu pas mal de fois sur scène à l’époque en festival. Je vous ai épargné Tryo…

L’un des aspects les plus frappants de ce répertoire, c’est qu’une grande partie de ces chansons étaient des chansons d’amour qui se dansaient en couple, comme des slows. La Vie en rose, Et maintenant, Avec le temps, Paroles… paroles, La Bohème – autant de morceaux qui créaient une intimité physique et émotionnelle sur les pistes de danse, dans les bals populaires ou les soirées privées. Cette dimension corporelle et romantique était intrinsèque à la chanson française : on ne l’écoutait pas seulement, on la vivait physiquement, enlacé à l’autre.

Cette tradition s’est largement perdue dans les années 1990. L’évolution des danses (techno, hip-hop, formes plus individuelles ou collectives), les changements dans les rapports amoureux, et la transformation même de la musique populaire ont fait disparaître ce rituel du slow. On n’imagine plus aujourd’hui une génération entière partageant des codes de séduction aussi codifiés autour de chansons mélodiques. C’est toute une grammaire sentimentale qui s’est évanouie avec elle.

Il faut enfin rappeler que la chanson française n’a pas seulement structuré un imaginaire national : elle a aussi irrigué durablement la musique populaire internationale. De nombreux titres sont devenus des standards mondiaux une fois repris ou adaptés par des artistes anglo-saxons, en particulier américains. La Mer de Charles Trenet transformée en Beyond the Sea, Les Feuilles mortes devenues Autumn Leaves, ou encore Comme d’habitude métamorphosée en My Way illustrent cette capacité paradoxale d’exportation indirecte : le texte change, parfois radicalement, mais la mélodie, la structure et la charge émotionnelle demeurent. Ce phénomène souligne une réalité souvent sous-estimée : la chanson française a longtemps servi de matrice à la pop mondiale, malgré la barrière linguistique. On ne peut s’empêcher d’y voir une ironie cruelle contemporaine lorsque l’on constate qu’aujourd’hui, ce que la France exporte le plus efficacement à l’international, je ne les citerai meme pas tant c’est affligeant.

On ne peut s’empêcher d’y voir une ironie cruelle – et presque tragique – contemporaine lorsque l’on constate qu’aujourd’hui, ce que la France exporte le plus efficacement à l’international, je ne les citerai même pas tant c’est affligeant : des sous-produits formatés, éphémères et dépourvus de cette exigence poétique qui faisait jadis rayonner notre culture au-delà des frontières – et pire encore, n’ont souvent rien de français, sinon une langue approximative.

La Question du Texte : Une Spécificité Française

J’ai personnellement toujours eu un rapport assez distant avec les paroles de la musique que j’écoute, mais c’est au final majoritairement dû au fait que j’écoute surtout de la musique anglophone. Je parle pourtant couramment anglais – j’ai vécu aux États-Unis enfant – ce n’est donc pas du tout un problème de compréhension. Mais pour moi, la langue anglaise s’adapte naturellement à la musique : les paroles en anglais s’effacent, deviennent texture sonore, rythme, phonétique. Elles participent à la musique sans nécessairement en être le centre.

Au contraire, les chansons en français requièrent des paroles travaillées car le texte est au cœur même de la musique. C’est une différence fondamentale : là où l’Anglais peut se permettre des paroles moyens voire médiocres sans que cela nuise à l’ensemble (pensez à combien de tubes rock ou metal ont des paroles franchement banales), le français expose immédiatement la faiblesse d’un texte. La langue française, moins naturellement musicale, moins fluide en mélodie, impose cette exigence littéraire.

C’est pourquoi tous les artistes des années 1950 à 1970 étaient des auteurs eux-mêmes ou travaillaient avec des auteurs de talent. Beaucoup s’appuyaient d’ailleurs directement sur des poèmes – Ferré mettant en musique Baudelaire, Rimbaud et Apollinaire, Brassens s’inspirant de la tradition poétique française, Gainsbourg dialoguant avec Verlaine.

Un court historique

L’histoire de la chanson française s’inscrit dans un continuum où se rencontrent traditions populaires, héritage littéraire et apports musicaux venus de l’étranger. Si ses racines plongent dans la chanson réaliste, le cabaret et le café-concert de la fin du XIXᵉ siècle, son renouvellement décisif s’opère dès l’entre-deux-guerres sous l’influence du jazz américain. L’introduction du swing, du rythme syncopé et d’une plus grande liberté mélodique transforme profondément la chanson : elle cesse d’être seulement narrative ou théâtrale pour devenir pleinement musicale. Des figures comme Trenet, puis plus tard Nougaro ou Salvador, incarnent cette hybridation entre langue française, modernité rythmique et élégance populaire.

L’après-guerre marque un tournant majeur, autant artistique que technique. Le développement du microsillon, puis du 45 tours, permet une amélioration notable de la qualité sonore et une diffusion massive des œuvres. La radio, média central de l’époque, joue un rôle décisif dans la constitution d’un répertoire commun, tandis que l’usage généralisé du micro électrique transforme l’interprétation : le chant se fait plus intime, plus nuancé, favorisant l’expression du texte et la proximité émotionnelle avec l’auditeur. Cette évolution accompagne l’émergence de l’auteur-compositeur-interprète, dont la parole est perçue comme personnelle, parfois même transgressive.

Les années 1960 et 1970 constituent l’apogée de la chanson française, non seulement sur le plan artistique, mais aussi sur le plan sociétal. Dans un contexte de libération progressive des mœurs, la chanson devient un espace d’expérimentation symbolique, où se disent plus librement le désir, l’ironie, la provocation et le rapport au corps. Des artistes comme Brigitte Bardot, Jacques Dutronc ou Serge Gainsbourg jouent un rôle déterminant dans ce mouvement. Par la légèreté faussement naïve, l’humour désinvolte ou la provocation assumée, ils contribuent à faire évoluer les représentations de la sexualité, du couple et de la liberté individuelle, souvent avec une avance symbolique sur les normes sociales dominantes. La chanson devient alors un miroir des transformations culturelles en cours, mais aussi l’un de leurs moteurs les plus visibles.

À partir des années 1980, les mutations s’accélèrent. L’essor du clip, la généralisation de la cassette puis du CD, et plus tard la révolution numérique, modifient profondément les modes de production et de diffusion. La chanson française s’hybride davantage avec le rock, la pop et les musiques électroniques, tout en perdant progressivement son rôle fédérateur au profit d’un paysage musical fragmenté, structuré par des genres, des publics et des logiques de niche. Ce déplacement ne signe pas une disparition, mais un changement de fonction : longtemps pilier d’une culture commune, la chanson française devient l’un des éléments d’un écosystème culturel éclaté, où l’héritage demeure vivant sans occuper la position centrale qu’il avait autrefois.

Les Figures Incontournables

Charles Trenet (1913-2001)

Surnommé le « Fou chantant », Trenet est crédité d’avoir inventé la chanson moderne en France dans les années 1930-1940. Des titres comme La Mer ou Douce France sont devenus des classiques intemporels, repris par des générations entières. Il incarne la joie, le swing et une poésie légère qui ont marqué l’identité française d’après-guerre.

Édith Piaf (1915-1963)

La « Môme Piaf » demeure l’incarnation absolue de la chanson française dans le monde entier. Sa voix déchirante et son interprétation viscérale de l’amour, de la douleur et de l’espoir ont fait de titres comme La Vie en rose, Hymne à l’amour ou Non, je ne regrette rien des hymnes universels. Issue des rues de Belleville, elle a transformé sa vie tragique en art pur, devenant une icône dont l’influence traverse les époques et les frontières.

Georges Brassens (1921-1981)

Poète anarchiste à la guitare, Brassens a élevé la chanson française au rang de littérature. Ses textes ciselés, empreints d’humanisme libertaire et d’humour tendre, dépeignent une France des copains, des amoureux et des marginaux avec une élégance rare. Les Copains d’abord, Supplique pour être enterré à la plage de Sète ou La mauvaise réputation témoignent d’un artiste qui refusait les honneurs tout en devenant une référence absolue de la chanson à texte.

Jacques Brel (1929-1978)

Le Belge qui aimait passionnément la France, Brel a révolutionné la chanson par son intensité dramatique et sa présence scénique volcanique. Ses textes, d’une profondeur existentielle rare (Ne me quitte pas, Amsterdam, La valse à mille temps), explorent l’amour, la mort, la solitude et l’absurdité humaine avec une sincérité bouleversante. Son héritage dépasse largement la francophonie – il reste l’un des auteurs-compositeurs les plus repris au monde.

Serge Gainsbourg (1928-1991)

Génie provocateur et caméléon musical, Gainsbourg a révolutionné la chanson par ses textes audacieux, ses mélodies innovantes et son évolution constante – du jazz à la funk en passant par le reggae. Des albums comme Melody Nelson ou des chansons comme Je t’aime… moi non plus ont fait de lui une icône mondiale de la culture française. Son influence s’étend bien au-delà de la chanson : il a redéfini ce que pouvait être un artiste français, entre sophistication et subversion.

Charles Aznavour (1924-2018)

Avec plus de 1 200 chansons écrites et 100 millions de disques vendus, Aznavour incarne la chanson française dans toute sa dimension internationale. Sa voix rocailleuse et son phrasé unique ont porté des textes d’une finesse psychologique remarquable. La Bohème, Emmenez-moi ou For Me Formidable témoignent d’un artiste qui a su conjuguer l’élégance de la variété française avec une carrière mondiale exceptionnelle.

Jacques Dutronc (né en 1943)

Avec son ironie détachée et ses tubes des années 1960-1970 (Et moi, et moi, et moi, Il est cinq heures, Paris s’éveille, L’Opportuniste), Dutronc représente l’esprit yéyé rebelle et parisien. Collaborateur de Serge Gainsbourg, il incarne une certaine cool attitude à la française, entre détachement ironique et élégance rock. Il reste une figure intemporelle de la pop-rock hexagonale.

Léo Ferré (1916-1993)

Poète anarchiste et compositeur visionnaire, Ferré a porté la chanson française vers des sommets de sophistication musicale et littéraire. Metteur en musique de Baudelaire, Rimbaud et Apollinaire, il a aussi créé des œuvres personnelles d’une intensité rare. Avec le temps, hymne désabusé sur le passage des années, reste l’une des plus belles chansons françaises jamais écrites. Son radicalisme politique et artistique en fait un artiste à part, adulé par les uns, incompris par les autres.

Barbara (1930-1997)

La « Dame en noir » du piano-voix, Barbara a incarné l’élégance mélancolique de la chanson française. Son répertoire intime et pudique (Dis, quand reviendras-tu ?, L’Aigle noir, Nantes) explore les zones d’ombre de l’âme avec une délicatesse rare. Auteure-compositrice-interprète complète, elle a imposé une présence scénique magnétique et une écriture autobiographique d’une sincérité bouleversante.

Claude Nougaro (1929-2004)

Nougaro a fusionné la chanson française avec le jazz et le swing comme personne avant lui. Fils de chanteur d’opéra toulousain, il a créé un univers unique où se mêlent la sensualité du jazz (Le Jazz et la Java, Armstrong), l’humour et une poésie urbaine teintée d’accent du Sud-Ouest. Sa collaboration avec des jazzmen de renom et son sens du rythme ont fait de lui un pont essentiel entre deux mondes musicaux.

La compilation

AnnéeArtiste(s)Titre
1943Charles TrenetQue reste-t-il de nos amours ?
1946Charles TrenetLa mer
1947Édith PiafLa vie en rose
1950Édith PiafHymne à l’amour
1950Henri SalvadorJazz Méditerranée
1951Yves MontandSous le ciel de Paris
1956Jacques BrelQuand on n’a que l’amour
1959Jacques BrelLa valse à mille temps
1961Gilbert BécaudEt maintenant
1962BarbaraDis, quand reviendras-tu ?
1962Brigitte BardotLa madrague
1962Claude NougaroLe jazz et la java
1963Juliette GrécoLa javanaise
1964Brigitte BardotUn jour comme un autre
1964Charles AznavourHier encore
1964Georges BrassensLes copains d’abord
1964Johnny HallydayLe pénitencier
1965Charles AznavourLa bohème
1966Georges BrassensSupplique pour être enterré…
1966Jacques DutroncLes playboys
1966Juliette GrécoUn petit poisson, un petit oiseau
1967Claude NougaroArmstrong
1967Jacques DutroncJ’aime les filles
1968Jacques DutroncIl est cinq heures, Paris s’éveille
1968Serge ReggianiIl suffirait de presque rien
1968Yves MontandÀ bicyclette
1969Georges MoustakiLe métèque
1969Joe DassinLes Champs-Elysées
1971Léo FerréAvec le temps
1971Serge Gainsbourg & Jane BirkinBallade de Melody Nelson
1972Michel Fugain & Le Big BazarUne belle histoire
1973Dalida & Alain DelonParoles… paroles…
1973Serge GainsbourgJe suis venu te dire que je m’en vais
1974Claude FrançoisLe mal aimé
1974Michel DelpechLe chasseur (Les oies sauvages)
1975Nicole CroisilleTéléphone-moi
1975Nino FerrerLe sud
1976Michel SardouJe suis pour
1977France GallMusique
1977Michel PolnareffLettre à France
1981Hervé CristianiIl est libre Max
1982Jean-Jacques GoldmanComme toi
1982Julien ClercFemmes… Je vous aime
1985Daniel BalavoineTous les cris les S.O.S.
1985Michel JonaszLa boîte de jazz
1985RenaudMistral gagnant
1987Isabelle AntenaLe Poisson Des Mers Du Sud
1988Alain SouchonQuand j’serai K.O.
1988Mylène FarmerPourvu qu’elles soient douces
1989Patrick BruelPlace des grands hommes
1990Michel BergerLe paradis blanc
1991Stephan EicherDéjeuner en paix
1992Les InnocentsL’autre Finistère
1993Alain SouchonFoule sentimentale
1993Mano SoloPas du gâteau
1994Francis CabrelLa Corrida
1995Thomas FersenAu café de la paix
1997Pink MartiniSympathique (Je ne veux pas travailler)
1998Alain BashungLa nuit je mens
1998SinsémiliaDouanier 007
1999-M-Je dis aime
2001Paris ComboLettre A P
2002Carla BruniQuelqu’un m’a dit
2004Keren AnnL’onde amère
2009RoseJ’ai 18 Ans
jonben

jonben

Krakoukass et moi avons fondé Eklektik en 2004, peu après mon installation à Paris, à la suite de la disparition du webzine dont le forum avait été notre terrain d’échanges. Avec des parcours musicaux proches, entre rock et metal, nous partagions le goût de l’ouverture et de la découverte permanente de nouveaux sons. Au fil du temps, mes goûts se sont affinés : je m’intéresse surtout aux groupes et styles des années 90 à aujourd’hui, avec une touche de 70s. J’ai longtemps profité des concerts parisiens et des festivals européens, et j’ai également joué de la guitare plusieurs années au sein d’Abzalon. Mes terrains de prédilection restent le metal/hardcore, le death technique, le sludge/postcore et le rock/metal progressif, avec des escapades régulières du côté du jazz fusion et du funk.

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4 commentaires

jonben

il y a 10 mois

La légende Brigitte Bardot qui meurt aujourd’hui à 91 ans, juste le jour de la publication de l’article…

RBD

il y a 10 mois

C’est pas possible, tu as fait exprès…

Il faut avouer que je n’aime pas beaucoup la chanson : trop intéressé par la musique, je n’apprécie pas quand elle est réduite à accompagner un texte comme si ce dernier n’arrivait pas à prendre toute sa force seul. Comme la douce froideur monotone du français s’accorde mal au Rock ou à l’opéra. Il faut que ce soit la musique qui s’y adapte comme décor, l’inverse étant très difficile. Il s’est donc épanoui plutôt avec la chanson.

Au demeurant, je crois que les Français sont beaucoup plus poètes que musiciens. Comparativement aux autres pays d’Europe, la modestie des traditions musicales populaires de l’ancienne France, pour ce qui a été pendant des siècles le pays le plus peuplé du continent et de loin, le prouve assez. D’ailleurs je préfère parler de chanson francophone du fait que pas mal d’artistes célèbres et importants dans le genre n’étaient pas français ou étaient nés hors de France.

C’est en voyageant un peu que j’ai compris néanmoins l’importance mondiale de la chanson francophone. Cet adossement à une tradition littéraire majeure, à une culture encore appréciée sur la planète entière, la tonalité du français y donnent un charme particulier aux oreilles étrangères.

Il me semble qu’il y a un consensus chez les nombreux amateurs pour considérer que l’âge d’or est passé, au moins depuis le saut du millénaire qui a coïncidé avec l’essor des télécrochets alors que l’invasion exponentielle du hip-hop était déjà bien poussée. À mon sens, l’hégémonie du Rap en France vient de ce que cette préférence séculaire pour le texte plutôt que la musique y a trouvé un nouveau terrain pour de nouvelles générations. Est-ce un progrès… ?

jonben

il y a 10 mois

Non coincidence, et j’avais choisi cette photo d’elle spontanément, meme si elle n’est pas à proprement parler une chanteuse. J’ai trouvé qu’elle représentait bien l’image de la Chanson Française, pas dans le sens purement musical mais dans celui de son icone internationale.
J’ai écouté pas mal de morceaux d’elle dernièrement, c’est jazz ou poésie sur guitare, toujours bien foutu.
Ce n’est pas elle qui composait ou écrivait ses morceaux mais elle a toujours su s’entourer avec intelligence, en particulier de Serge Gainsbourg. « Initials BB » de Gainsbourg (1968) est excellent comme morceau d’ailleurs aussi.

Krakou

il y a 9 mois

Je te l’ai dit avant que tu le publies : je ne souscris pas à ce que tu écris ici, je n’aime pas le ton « vieux con / c’était mieux avant » de l’article, je n’aime pas le titre racoleur qui évoque un supposé déclin, et de surcroit je déteste la quasi totalité des titres listés en fin de chronique (à de rares exceptions près). Je suis français mais je ne reconnais pas ici ce qui fait mon « patrimoine ». Il y a aussi manifestement quelques oublis comme par exemple de ne pas voir figurer un seul titre de JJ Goldman (pas que je sois fan mais le gars a clairement laissé son empreinte qu’on le veuille ou non). Et je pense contrairement à toi qu’il y a de bonnes choses dans la scène française actuelle. Il faut savoir chercher, comme pour n’importe quelle scène.

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