Hardcore Superstar + Babylon Bombs + Enemy Rose – 29 septembre 2006 – Trix – Anvers – Belgique

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Merci Satyricon de m’avoir permis la semaine précédente de constater que le Trix, nouvelle salle belge à l’itinéraire mal expliqué, se situait à un poil de barbiche suintant la bière de l’Hof ter lo. 432 places maximum, une décoration Jeanne Massienne pour ce qui concerne les couleurs, le Trix pourrait tout aussi bien accueillir des soirées psychédéliques que gothiques ou lounge. C’est donc affalé sur un matelas-canapé rouge orangé que je m’imprègne de l’atmosphère de plus en plus anachronique au fur et à mesure que le public investit les lieux : j’avais l’impression de participer à un casting pour un film reportage sur le big rock des 80’s. Des looks comme je n’en avais vus qu’à travers de vieilles vidéos ou dans mes vieux magazines. Les bandanas, les jeans castrateurs, les jupes ras du fion, les perf’ qui n’ont pas quitté leur cintre et donnent cette touche dégingandée des rockers rebelles en herbe, tout y passe. Sympatoche. Un peu moins sympatoche l’ouverture des salles à 19h30 et un début de show 1h30 plus tard. Faudra m’expliquer là. Bon certes ça permet de déguster de la Hoeggarden à 1,50 euros mais tout de même c’est un peu longuet et ne permet pas à l’ambiance wakènewol de perdurer.

21h donc, les standards rock qui rythmaient les descentes de bière sont réduits au silence et les 5 types de Enemy Rose terminent de causer avec la faune locale pour investir la petite scène devant un public curieux et timide sans être hostile.

Quelque chose fait immédiatement penser qu’on ne va passer ni un mauvais ni un grand moment. C’est bien évidemment souvent le cas et ça l’est donc ici : le groupe est malheureusement desservi par un son brouillon – je commence d’ailleurs à me dire que ça vient de la salle et que je vais en chier pour le reste de la soirée – ce qui ne facilite pas l’implication auditive qu’ils seraient en droit d’attendre. Car ils sont plutôt à l’aise pour un groupe ayant à peine 1 an et dont le site laisse à penser qu’il s’agit du premier concert. Je tape 2 ou 3 fois du pied et reconnaît, malgré la quasi cacophonie, des influences qui lorgnent plutôt du côté des 60’s et 70’s et qui prennent le doux nom de Stones ou Stooges. C’est donc le côté brut, le concentré d’énergie du rock qui est ici représenté. Le bassiste et le batteur semblent inquiets et concentrés, le guitariste soliste et le chanteur essaient de porter ce petit monde à un niveau qu’ils n’atteindront pas ce soir-là pendant que le guitariste rythmique retient une partie de mon attention avec son attitude tout droit sortie d’une édition collector de Rock&Folk. Bref ça chauffe un peu la salle tout en lui laissant suffisamment de force pour le défilé suédois.

20 mintutes plus tard débarquent en toute simplicité les suédois de Babylon Bombs, que j’avais distraitement écoutés sur album quelques jours avant histoire de voir de quoi il retournait. Je suis rarement rentré aussi rapidement dans un concert ! Le son est limpide, clair, puissant, rock n’ roll à souhait, place cette fois au Big Rock à l’américaine : les 2 gratteux enchaînent les riffs qui tuent et les soli qui font mouche avec une aisance écoeurante et une énergie communicative. Ça file la putain de banane ! Le petit blondinet allie ses descentes de manches à des démonstrations de souplesse – position du sauteur de haie et autres prouesses gymnastiques pour les connaisseurs – pendant que le chanteur – beau gosse de son état – multiplie les gestes convenus mais ô combien jouissifs du frontman qui assure et harangue la foule pour lui botter le cul. Les types mettent les roubignoles sur la table comme s’ils étaient premiers aux charts, s’amusent entre eux, grimacent, s’éclatent et assurent musicalement. Le public est condamné à répondre présent, inutile de lutter. Malgré le look et le logo flashy, le groupe aurait plus tourné, quelques années en arrière, avec Great White qu’avec Motley Crue. Toujours est-il que ce soir – et pour pas mal de soirs à travers l’Europe – ils ouvrent pour ceux qui nous ont pondu sans doute l’album de rock burné de l’année : leurs compatriotes de Hardcore Superstar. Subtile transition, isn’t it ?

Un peu plus subtile en tout cas que celle, un peu longuette sur les bords, reliant les 2 groupes scandinaves étant donné le laps de temps qui s’écoule avant l’arrivée de la tête d’affiche. Retard de « star » obligatoire ? La théorie que je commence à échafauder dans ma tête trouvera, tout au long du set, matière à s’étoffer tant l’attitude du chanteur ne correspond pas à ce que j’en attendais. On se situe en effet plus au niveau de l’arrogance « sérieuse » que de l’envie « fun » de faire bouger des culs. Evidemment le type assure en grande partie le show avec force mimiques (meci Steven Tyler et Axl Rose) et une mobilité digne d’un haricot sauteur pendant que le guitariste en partie édenté (et qui doit apprécier, quant à lui, Joe Perry) nous assène avec fidélité et un groove supplémentaire les accords de leur dernière bombe éponyme. Le bassiste, imposant et jovial, ménage aussi peu son énergie et son sourire que le batteur. Les tubes matraquent le crâne et mettent le feu à une fosse aussi déchaînée que clairsemée. On a bien sûr affaire à un groupe de scène (avec ce genre de musique l’inverse est tout de même rare) pourtant je ne peux m’empêcher de bouder un peu mon plaisir lorsque je considère la performance vocale du chanteur souvent soutenue par une aide technique de l’ingé son lorsqu’il s’agit de « pousser ». Une relative déception donc, en grande partie due à une aléatoire subjectivité exacerbée mais qui ne renie en rien le talent de ces 4 géants venus du Grand Froid pour nous donner une leçon de variations thermiques.

set list :

1/ Kick On The Upperclass
2/ Blood On Me
3/ Last Forever
4/ She’s Offbeat
5/ I Can’t Change
6/ Hateful
7/ Hello/Goodbye
8/ Bag On Your Head
9/ dear old fame
10/ We Dont Celebrate Sundays
11/ Standin On The Verge

rappel :

12/ wild boys
13/ Liebben
14/ my good reputation

Photos de Dark Hypp

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

darkantisthene a écrit 276 articles sur Eklektik.

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Commentaire

  1. So says:

    je dis sincères félicitations à Dark Hypp pour ses photos, elles sont vraiment bonnes, surtout pour une « première ». (putain de matos aussi, la classe)

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