Malgré l’abondance de mes chroniques/écoutes/découvertes, peu d’albums de hip-hop sont tombés entre mes oreilles en 2019. Peut-être ai-je raté des perles mais à côté du dernier Danny Brown (aujourd’hui sobre, mais toujours très bon) seul le dernier clipping. m’a vraiment interpellé.
Désormais signé chez Sub Pop, le groupe joue avec les textures, expérimente dans son univers ultra sombre, un brin torturé, There Existed An Addiction To Blood nous plonge dans un brouillard alternant phases noisy-industrielles (rappelant vaguement Dälek), titres plus accessibles (« Nothing Is Safe »), grésillements et flow versatile pour un résultat vraiment intrigant. Ce troisième album studio confirme l’approche avant-gardiste de clipping., mêlant un rap souvent agressif avec des sonorités granuleuses, industrielles, parfois presque horrifiques, qui donnent une atmosphère lourde et pesante. Produit par William Hutson et Jonathan Snipes, il intègre des influences de horrorcore et noise, tout en gardant une qualité narrative dans les textes, souvent sombres et violents, qui donne à ce projet une cohérence thématique autour du vampirisme et de la marginalité. Malgré une certaine densité sonore qui peut rebuter à la première écoute, la richesse des compositions et la virtuosité du flow de Daveed Diggs récompensent la patience de l’auditeur.
There Existed An Addiction To Blood est un album exigeant, qui ne se laisse pas apprivoiser facilement mais qui pousse le hip-hop vers des contrées vraiment singulières et inquiétantes, posant clipping. comme une des formations les plus originales de la scène contemporaine.
clipping.
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