Nos conteurs écossais favoris au style si atypique sont de retour avec un album qui thématiquement continue à les voir dresser un constat toujours aussi désabusé sur le monde moderne (ce qui se constate immédiatement à la vue de la pochette qui poursuit dans la lignée de la précédente), et en particulier s’agissant des moyens de communication modernes au premier rang desquels figurent évidemment les réseaux sociaux.
L’excellent « Allatonceness » ouvre ce nouvel album, avec une saturation qui surprend d’abord pour rapidement convaincre au point qu’on en viendrait à regretter que le duo n’ait pas choisi de maintenir cette orientation sur l’ensemble de l’album. La suite est en effet plus conventionnelle pour du Arab Strap, mais pas pour autant décevante ou ratée : le plus électronique « Bliss » ou le bien chaloupé « Sociometer Blues » maintiennent un haut niveau de qualité conforme à ce à quoi le groupe nous avait habitué sur son précédent album. « Hide Your Fires » en forme de fausse ballade malgré une mélodie un peu simpliste, n’en est pas moins une fois encore bien réussi. On est un peu plus circonspect s’agissant de quelques titres plus « fades », ou en tout cas moins accrocheurs comme « Summer Season » ou « Molehills » (malgré un final électro-punchy décoiffant et bienvenu). Heureusement « Strawberry Moon » remonte le niveau comme il se doit un peu plus loin. Le fait que nos 3 titres préférés aient été choisis comme singles pour promouvoir l’album n’est probablement pas un hasard et montre que le duo est très lucide quand il s’agit d’identifier ses meilleurs compos (et donc probablement ses moins bonnes, par élimination). Même si le 4ème single « You’re Not There » tendrait à venir contredir cette affirmation car il rejoint malheureusement le clan des titres moins réussis de l’album, avec son clavier façon cheap synthé/musique d’ascenseur surprenant mais pas dans le bon sens du terme. On confessera aussi ne pas trop aimer cette orchestration un peu surabondante (ce violon sur « Molehills » ou « Safe & Well ») qui afadit le propos et donne un côté pompeux ou un peu niaiseux à ces compos.
Au final même si « Dreg Queen » redresse la barre d’une jolie façon, et que « Turn Off the Light » clotûre l’album avec une saturation retrouvée, et si I’m Totally Fine reste globalement un bon album, il apparaît tout de même entaché par quelques compos faiblardes, qui l’empêchent de rivaliser avec son excellent prédecesseur qui nous avait tant plu et qui les voyait réussir magistralement leur come-back après un long hiatus.
Tracklist :
01 – Allatonceness
02 – Bliss
03 – Sociometer Blues
04 – Hide Your Fires
05 – Summer Season
06 – Molehills
07 – Strawberry Moon
08 – You’re Not There
09 – Haven’t You Heard
10 – Safe & Well
11 – Dreg Queen
12 – Turn Off the Light
Arab Strap
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