Arab Strap – As Days Get Dark

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Style: Rock indépendant mélancoliqueAnnee de sortie: 2021Label: Rock Action Records

Commencer un album avec un titre aussi monstrueux en voilà un pari risqué… Car « The Turning of Our Bones » est probablement un des meilleurs titres de l’année tous genres confondus, avec sa rythmique électronique façon Massive Attack et le chant désenchanté de Aidan Moffat avec son accent écossais à couper au couteau. Alors forcément « Another Clockwork Day » apparaît automatiquement comme un peu fade en comparaison mais on aurait tort de s’arrêter là, car l’album contient encore son lot de pépites, et même ce titre écouté attentivement s’avère au final de très bonne facture.

As Days Get Dark est mon premier contact avec Arab Strap tandem écossais actif principalement entre 1995 et 2006 et dont la caractéristique principale est sans nul doute le chant très particulier de Aidan Moffat, un chant qui tient d’ailleurs la plupart du temps plutôt du registre parlé ou même conté même s’il se laisse aller à quelques passages chantés ((dans un registre proche de Nick Cave, avec davantage de retenue ou peut-être davantage encore Matt Berninger de The National) servant avec délice des mélodies qui sont la plupart du temps magnifiques. En fait de rock indépendant, il faut noter qu’Arab Strap utilise surtout l’électronique, et seulement ponctuellement les guitares (branchées comme sur « Here Comes Comus! » où elles s’effacent rapidement derrière un piano et l’électronique à nouveau, ou acoustiques comme sur « Sleeper ») quand il le faut, pour sublimer ses compositions.

Qu’on se le dise, le duo n’est pas revenu en 2016 après un hiatus de 10 ans pour venir animer nos fêtes de famille et nous inciter à faire tourner les serviettes. Le ton de l’album est sombre, mélancolique, à l’image de ce très beau « Tears on Tour » avec son piano, sa boîte à rythmes et son solo Dire Straitsien qui nous les tirerait justement presque (les larmes) en évoquant les décès et le deuil. Le duo s’emploie aussi à décrire son époque avec la sévérité et le cynisme que cette dernière ne peut qu’inspirer aux esprits lucides (cf « Fable of the Urban Fox » sur le racisme). Mais qu’on cherche à comprendre le message distillé tout au long des 47 minutes sur les 11 titres que dure l’album, ou qu’on choisisse simplement de se laisser porter par l’ambiance et les mélodies on y trouvera assez facilement son compte, car les moments brillants ne manquent pas. En plus du premier titre déjà évoqué, on remarquera la belle ritournelle « Bluebird » et ses chants d’oiseau, la tuerie « Kebabylon » et son saxophone, ou le violon et la mélodie superbe de « Fable of the Urban Fox ».

Tout est beau, apaisé, à l’image de l’avant-dernier titre « Sleeper » (qui évoque d’ailleurs pas mal le registre de The National) qu’on pourrait de prime abord (et à tort) trouver un peu trop long, mais qui nous transporte littéralement sur 6min24 de félicité. Une sacrée découverte pour ma part qui risque bien de me donner envie d’explorer un peu la discographie de ce groupe atypique!

Tracklist :
01 – The Turning of Our Bones
02 – Another Clockwork Day
03 – Compersion, Pt.1
04 – Bluebird
05 – Kebabylon
06 – Tears on Tour
07 – Here Comes Comus!
08 – Fable of the Urban Fox
09 – I Was Once a Weak Man
10 – Sleeper
11 – Just Enough

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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