Les dernières photos promo ne mentaient pas, les gars de Gatecreeper se sont mis au melodeath à l’ancienne au point d’apparaitre avec des t-shirts de groupes phares du genre: In Flames en tête a été fortement écouté, mais aussi Dismember ou encore Grave. Nous avons donc aujourd’hui un groupe métamorphosé (édulcoré ?) qui ne ressemble presque plus du tout à ce qu’il était auparavant. Riffs mélodiques tout en puissance, vocaux plus aussi épais que sur leurs méfaits précédents, on est d’abord limite à se dire que le groupe aurait dû changer de nom. Puis on se ravise, on hoche la tête en rythme tant ça fonctionne, le catchy ayant remplacé le rugueux. Ça va bien fâcher les fans de leurs débuts et en rabattre sûrement de nouveaux…
Dark Superstition est une immersion dans une atmosphère lourde, où la mélodie ne sacrifie jamais l’intensité brute qui caractérisait auparavant Gatecreeper. Produit par Ryan Williams, l’album injecte une fraîcheur mélodique dans des structures souvent simples mais très maîtrisées, replaçant le groupe dans un créneau mélodique tout en conservant une certaine agressivité. On reconnaît ici des influences profondes des pionniers du death metal suédois et d’un melodeath des années 90, avec une production claire qui met en avant chaque instrument, offrant à la fois puissance et lisibilité.
Toutefois, cette transition stylistique n’est pas sans risques : certains passages manquent parfois d’originalité et la formule, bien que séduisante, pourrait paraître trop lisse pour un public exigeant de brutalité constante. Mais là où Dark Superstition convainc le plus, c’est dans sa capacité à rendre accessible un son traditionnel sans en diluer l’impact, offrant des refrains qui restent en tête et des crescendos dynamiques qui justifient pleinement cette évolution. En somme, un disque qui divisera, mais qui marque un tournant réussi dans la discographie de Gatecreeper.
Gatecreeper
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