Même pas deux ans après Moksha, The Last Of Lucy fait son retour avec ce Godform, poursuivant dans ses envies technico-brutales. Les Californiens s’appuient à nouveau sur leur fabuleux batteur, poussant le groupe à aller toujours plus vite (notamment les gratteux qui font eux aussi la course). Cependant, les breaks mélodiques sont nombreux et permettent d’aérer le propos du groupe, sans quoi ça tournerait vite à la démonstration trop harassante. Aussi l’on se permet même d’aller du côté du jazz, notamment sur « Twin Flame » où un saxo apparaît entre deux déflagrations tirant ici sur le mathcore. On est en effet ici quelque part entre Archspire et Psyopus. Une recette légèrement renouvelée mais un résultat habituel : une surpuissante violence couplée à une impressionnante virtuosité.
À travers Godform, le groupe réussit à conjuguer complexité technique et atmosphères contrastées, ce qui est loin d’être évident dans ce genre extrême. La production, claire et puissante, met bien en avant la précision chirurgicale des instruments, tandis que les passages plus calmes laissent respirer l’auditeur avant les assauts frénétiques. Les influences jazz apportent une dimension inattendue, notamment sur « Twin Flame », qui se détache par son saxophone et ses nuances propres, donnant un souffle novateur à l’ensemble. Malgré une certaine répétitivité dans l’intensité, le disque impressionne par sa maîtrise sans faille de la brutalité et de la technicité, même si certains pourraient regretter un manque de prise de risque plus marquée dans la construction des morceaux. The Last Of Lucy confirme donc avec Godform sa place parmi les formations majeures du mathcore moderne, alliant passion et exigence.
The Last Of Lucy
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