Malgré une pochette évocatrice et qui ne laisse pas indifférent, j’avoue ne pas du tout m’être intéressé au moment de sa sortie à ce deuxième album de Kanonenfieber, one-man band (en tout cas en studio, car ils sont bien 4 sur scène) que l’on doit à un mystérieux allemand répondant au pseudonyme Noise (et également à la manœuvre dans au moins deux autres projets plus frontalement black : Leißa et Non Est Deus). Bien mal m’en a pris tant cette découverte tardive s’avère marquante. Racontant les horreurs de la première guerre mondiale du point de vue de la chair à canon allemande, Noise balance un black death à la production impeccable, chanté en allemand, à la fois furibard mais extrêmement accrocheur avec pour point d’orgue un Ausblutungsschlacht sur lequel, à grand renfort d’orchestration symphonique, il nous conte la bataille de Verdun de façon assez saisissante et incroyablement épique. On n’aura jamais autant aimé détester les horreurs de cette monstrueuse grande guerre.Cet album mêle avec pertinence une atmosphère guerrière à des passages mélodiques puissants, témoignant d’une influence évidente de groupes comme Marduk ou Behemoth, notamment dans la façon de manier l’intensité et l’ampleur orchestrale. La technique de Noise au chant guttural en allemand apporte une authenticité rare, accentuant la gravité du propos historique. La production claire et puissante, signée par l’artiste lui-même, évite les soubresauts souvent maladroits du genre et offre une immersion totale.Si l’énergie brute est parfois presque écrasante, cela sert le récit et le propos, donnant une densité émotionnelle peu fréquente dans ce style. Quelques longueurs apparaissent néanmoins, notamment sur les titres moins narratifs, mais elles sont compensées par une riche palette sonore où le symphonique et le black-death se marient sans faux-semblants. En résumé, Die Urkatastrophe s’impose comme un hommage poignant, brut et complexe, à une tragédie historique reproduite en musique avec ambition et passion.
Malgré une pochette évocatrice et qui ne laisse pas indifférent, j’avoue ne pas du tout m’être intéressé au moment de sa sortie à ce deuxième album de Kanonenfieber, one-man band (en tout cas en studio, car ils sont bien 4 sur scène) que l’on doit à un mystérieux allemand répondant au pseudonyme Noise (et également […]
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krakoukass
Krakoukass est cofondateur d’Eklektik Rock. Il s’est imposé comme l’une des plumes majeures du webzine depuis ses débuts en 2004, avec des goûts qui couvrent un large spectre allant de la Pop au Death Metal, en passant par le Black, le Neo ou l'Electro, sans oublier des incursions vers le Rock Alternatif, le Doom ou l'Indus. Fidèle aux scènes innovantes comme aux valeurs sûres, il a suivi de près la plupart des pointures du Rock et du Metal mais aussi énormément de groupes plus underground. Son regard critique s’attache autant à la créativité des formations émergentes qu’à l’évolution des grands noms des courants contemporains.
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Kanonenfieber
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