Concert des Smashing Pumpkins à Bangkok

Concert des Smashing Pumpkins à Bangkok

jonben
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4 octobre 2025
il y a 11 mois
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Quand un groupe qui a marqué votre adolescence passe enfin dans votre ville, difficile de résister à l’envie d’y aller. Les Smashing Pumpkins, groupe phare du rock alternatif des années 90 ont joué à Bangkok. Des problèmes d'acoustique ont terni l'expérience mais c'était tout de même un plaisir de les entendre interpréter leurs tubes emblématiques.
Concert des Smashing Pumpkins à Bangkok

Quand un groupe qui a marqué votre adolescence passe enfin dans votre ville, difficile de résister à l’envie d’y aller. Les Smashing Pumpkins jouaient à Bangkok le 1er octobre 2025, et pour un fan comme moi, c’était a priori un concert à ne pas manquer, d’autant que je n’avais jamais vu le grouep sur scène. Sauf qu’à la lecture des tarifs, l’enthousiasme est vite retombé : 6 100 THB (environ 155 €) pour être devant la scène, 5 100 THB (130 €) et 4 100 THB (105 €) pour les zones intermédiaires, et une place à 2 600 THB (66 €) décrite comme « sans vue ». Les concerts d’artistes internationaux à Bangkok atteignent souvent ces prix, les artistes pop jouant dans des stades en France aussi, mais je vais d’habitude plutôt assister à des shows plus underground, rarement au-delà de 2 000 THB (50 €), dans de petites salles.

J’habite à Bangkok depuis 10 ans et on a quand même pas mal de concerts de groupes internationaux qui passent, par exemple en 2025: Alcest, Touché Amoré, La Dispute, Northlane, Saosin, This Will Destroy You, The Aristocrats, Death (Left to Die), Mogwai, Dark Tranquility, Jinjer, Unprocessed, Alpha Wolf, Carnifex, Massacre, Pestilence, Arkangel, Imperial Triumphant, Krisiun. Également Green Day et Guns N’Roses qui tous deux coûtaient un bras. En jazz, Hiromi, Ibrahim Maalouf et Yussed Dayes. Liste non exhaustive.

Finalement, le hasard m’a rattrapé : la veille du concert, une connaissance publie sur Facebook un billet à prix réduit — un de ses amis, malade, ne pouvait pas s’y rendre. Je n’ai pas hésité longtemps.

Le concert avait lieu à Union Hall, au dernier étage d’un centre commercial un peu vieillot, vers le marché Chatuchak, l’un des plus grands marchés du monde, véritable labyrinthe de plus de 15 000 stands où l’on trouve de tout. C’est une salle longue où la scène semblait minuscule au regard de la foule. À mon arrivée, le lieu est déjà bondé, et je remarque vite que le public est composé à 90 % d’étrangers — surtout des Occidentaux, certains venus exprès de Kuala Lumpur, Hanoï ou encore d’autres villes de Thaïlande.

Après une queue interminable pour acheter des bières (l’organisation semblait dépassée, certains évoquant une société chinoise encore novice dans ce type d’événements, il n’y avait plus de bières assez vite), j’entre dans la salle au moment où le groupe attaque « Heavy Metal Machine ». Je ne pensais pas qu’ils commenceraient exactement à 20h, et pas de première partie de prévue mais ce n’est pas étonnant, difficile de trouver des groupes locaux appropriés. Je rejoins ma zone — la deuxième, bien remplie — et constate que la zone la plus proche de la scène est à moitié vide, un déséquilibre qui n’aide ni à l’ambiance ni à l’acoustique. Le son n’est pas trop fort, mais confus, un vrai maelstrom sonore.

C’est tout de même un plaisir de voir Billy Corgan se démener sur scène à presque 60 ans — un âge qu’il ne paraît pas vraiment. Avec son crâne rasé et son allure d’ovni musical, il semblait déjà hors du temps à 30 ans, et cette impression demeure, habillé comme il est d’une sorte de combinaison longue de gourou du futur. Toujours habité par sa musique, il alterne entre intensité et détachement, incarnant à la fois le leader charismatique et le rêveur étrange qui a façonné une partie du rock alternatif des années 90.

James Iha, son éternel acolyte et second couteau discret mais indispensable à la guitare, est toujours présent, fidèle à son poste, tandis que Jimmy Chamberlin, batteur historique du groupe, assure une section rythmique toujours aussi précise et puissante, malgré un son de batterie malheureusement assez aseptisé ce soir-là. Leur présence donne une certaine continuité à la légende du groupe, même si l’alchimie n’a pas toujours semblé retrouver la magie d’autrefois.

J’ai du mal à rentrer dans le concert, à vrai dire je connais moins les albums à partir de Machina/The Machines of God et suis surtout fans des albums jusqu’à celui-là. « Heavy Metal Machine » m’a toujours laissé assez de marbre, d’autant qu’on est très loin du Heavy Metal, meme si les Smashing ont pu froler le Metal par moments.

Le son est le premier problème évident. Tout est très brouillon, beaucoup trop compressé, il y a très peu de dynamique. La batterie de Jimmy Chamberlin sonne artificielle ; les guitares, elles, sont noyées dans une boue sonore. Impossible de distinguer ce que jouent James Iha et Kiki Wong, guitariste additionnelle, pourtant très active sur scène. Le seul instrument véritablement perceptible est la voix de Billy Corgan, toujours ce timbre reconnaissable entre mille et intacte malgré les années.

Je me déplace pour tester le son depuis d’autres endroits : rien n’y fait, la bouillie sonore reste omniprésente. Plusieurs spectateurs autour de moi partagent le même constat : la salle est mal conçue au niveau acoustique pour accueillir un concert, avec sa forme en couloir. Le son était a priori bien meilleur tout devant. En plus, à part pour ceux qui auront payé le prix fort, on ne voit pas grand chose, ça aurait été un minimum d’avoir des écrans géants pour les spectateurs du fond qui j’imagine n’ont rien vu du tout, même pas un bout du crane chauve de Billy Corgan.

Nous ne sommes au’au début du set et le groupe enchaîne ses trois plus gros tubes — « Bullet With Butterfly Wings », « Today » et « 1979 » — un choix curieux, mais forcément ça fait mouche et une bonne partie de la salle entonne ces morceaux en chœur avec Corgan. D’autres morceaux emblématiques viendront plus tard : « Porcelina of the Vast Oceans » (avec un long solo de Corgan), « Bodies » et « Zero », où la formation retrouve brièvement la rage et la lourdeur qui faisaient sa force à l’époque de Mellon Collie and the Infinite Sadness. Après une reprise bizarre de « Take My Breath Away », un vieux tube des années 80 (bande son du film Top Gun), que Corgan chante quasi seul sur une bande pré-enregistrée, on a un beau moment avec « Mayonaise » et son duo de guitares claires — enfin audibles. Mais ces instants de grâce alternent avec des passages confus, où l’énergie du groupe semble retomber, voire se désagréger.

Ce moment du concert est quand même particulièrement bon, avec un enchaînement sur « Disarm » et « Cherub Rock », autres titres de SIamese Dream, entrecoupé d’un « Tonight, Tonight » forcément marquant. Surtout d’ailleurs quand Corgan est seul à égrainer l’arpège du couplet. En général, je trouve que les moments de grace du concert auront été les plus intimistes, ceux qui évitaient les bandes pré-enregistrées (comme sur « 1979 » où c’était dommage d’avoir exactement les sons et la rythmique de l’album, alors qu’ils pourraient faire une version live moins chargée).

Enfin malgré des passages à vide, sur scène Billy Corgan tient toujours la barre. James Iha, lui est impassible, donnant l’impression d’être ailleurs parfois. Jimmy Chamberlin, pourtant énergique, est trahi par un son de batterie aseptisé. Quant à Kiki Wong, la 3ème guitariste, elle se démène sur scène, c’est de loin la plus énergique mais ça paraissait un peu vain : il n’y pas vraiment besoin d’uen troisième guitare et son jeu restait quasiment inaudible.

Le concert s’étire sur près de deux heures, pour une vingtaine de morceaux, avant de s’achever brusquement sur une bande-son étrange. Les lumières se rallument, sans rappel, sans un mot d’adieu. Une conclusion frustrante, à l’image du concert : quelques étincelles de génie, mais globalement mal servi par la technique et la mise en scène.

La soirée aura tout de même permis de replonger dans une partie de ma jeunesse, de chanter les refrains d’un groupe mythique. J’aime toujours leur musique, leurs 4 premiers albums surtout (et la setlist a privilégié Siamese Dream et Mellon Collie). Seul petit regret qu’ils n’aient pas joué mon morceau préféré d’eux, « To Forgive », mais il ne fallait pas rêver.

Les Smashing Pumpkins méritaient quand même mieux comme scène. Le public aussi. Peut-être un jour les reverra-t-on dans une salle plus petite, mais il y a peu de chances comme ce concert a manifestement été un succès au niveau billetterie. Je ne sais pas si le groupe a vraiment un public en Thaïlande, le prix des billets a surement refroidi pas mal de monde, mais j’imagine quand même, ils avaient déjà joué à Bangkok il y a 30 ans.

Toutes ces photos sont de l’organisateur Neon Brigde.

Setlist – Smashing Pumpkins @ Union Hall, Bangkok – 1er octobre 2025

  1. Glass’ Theme
  2. Heavy Metal Machine
  3. Bullet With Butterfly Wings
  4. Today
  5. 1979
  6. Pentagrams
  7. Edin
  8. Take My Breath Away (Berlin cover)
  9. Mayonaise
  10. Disarm
  11. Tonight, Tonight
  12. Cherub Rock
  13. Sighommi
  14. Bodies
  15. Porcelina of the Vast Oceans
  16. Jellybelly
  17. Ava Adore
  18. 999
  19. Zero
  20. The Everlasting Gaze

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Krakoukass et moi avons fondé Eklektik en 2004, peu après mon installation à Paris, à la suite de la disparition du webzine dont le forum avait été notre terrain d’échanges. Avec des parcours musicaux proches, entre rock et metal, nous partagions le goût de l’ouverture et de la découverte permanente de nouveaux sons. Au fil du temps, mes goûts se sont affinés : je m’intéresse surtout aux groupes et styles des années 90 à aujourd’hui, avec une touche de 70s. J’ai longtemps profité des concerts parisiens et des festivals européens, et j’ai également joué de la guitare plusieurs années au sein d’Abzalon. Mes terrains de prédilection restent le metal/hardcore, le death technique, le sludge/postcore et le rock/metal progressif, avec des escapades régulières du côté du jazz fusion et du funk.

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