Death Metal – Trente ans de violence sonore

Death Metal – Trente ans de violence sonore

Equipe Eklektik
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14 novembre 2025
il y a 10 mois
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Le Death Metal est un genre musical bruyant et controversé, né il y a près de trente ans, a évolué depuis en une multitude de sous-genres, tout en étant souvent perçu comme une musique bas du front, alors qu'il révèle une complexité et une créativité insoupçonnées.
Death Metal – Trente ans de violence sonore

Mine de rien, le Death Metal, style ô combien bruyant et controversé, existe depuis une petite trentaine d’années maintenant. Trente ans pendant lesquels ce genre musical a évolué d’une simple surenchère de brutalité Thrash en une galaxie de sous-genres aux ramifications infinies. Aujourd’hui considéré dans la culture populaire comme la musique des serial killers, le summum de la violence sonore, le Death Metal est en réalité bien plus complexe et créatif que son image de musique pour psychopathes ne le laisse entendre.

La question « qui a inventé le Death Metal ? » fait partie des débats les plus enflammés de la scène Metal Extrême, et pour cause : personne ne s’est réveillé un matin avec l’idée d’inventer le Death Metal. Les premières itérations du genre étaient simplement des groupes de Thrash Metal qui cherchaient à pousser le son jusqu’à ses limites créatives et physiques. Cette course à l’armement sonore, cette surenchère de brutalité, est devenue le moteur de création de tous les genres de Metal Extrême qui ont suivi. Le Death Metal a été le premier, pionnier du growl, des blast beats, de l’imagerie gore, du son le plus violent et le plus extrême possible. Mais pour ses pratiquants comme pour ses auditeurs, il allait devenir une drogue de passage vers des idées encore plus audacieuses et complexes.

Cet article ne va pas aborder le Death Metal Mélodique, le Brutal Death, le Technical Death ou le Death Doom. Ces sous-genres auront leurs propres chapitres. On va se concentrer ici sur le Death Metal conventionnel, celui qu’on appelle maintenant le Death Metal « old school » : ses origines, son évolution, et ce qu’il est devenu aujourd’hui. Parce qu’il reste, même aujourd’hui, l’un des styles de Metal Extrême les plus importants et créativement pertinents.

Possessed ou Death : qui sont les vrais pères fondateurs ?

Si l’on veut être rigoureux sur le plan chronologique, c’est en 1984 que les mots « death metal » ont été associés pour la première fois, lorsque le groupe californien Possessed sortit une démo trois titres intitulée Death Metal. C’est pourquoi Possessed sont souvent désignés comme les véritables pères fondateurs du genre — une affirmation qui n’est pas dénuée de fondement.

Cependant, il faut remettre les choses en perspective : les deux plus grands courants du Metal extrême, le Black et le Death, ont en réalité été initiés par des groupes de Heavy/Thrash cherchant à repousser les limites de la brutalité. Leurs premières tentatives, marquées par des productions rudimentaires, relevaient davantage de l’intention que de la forme. Sans leur manquer de respect, le morceau “Death Metal” de Possessed sonne à peu près comme “Black Metal” de Venom : du thrash sale, rapide, avec des voix approximatives et un son cradingue. On pourrait presque imaginer les deux morceaux sur le même disque.

La réalité, c’est que beaucoup de ces premiers groupes de Death Metal essayaient simplement de jouer du Thrash Metal. Paul Mazurkiewicz, batteur de Cannibal Corpse déclarait en interview que Slayer était sa plus grande influence, que quand il avait entendu Dave Lombardo jouer sur l’album quintessentiel Reign in Blood, il avait compris comment il voulait jouer désormais. Avant d’être une esthétique musicale à part entière, ce qui allait devenir le Death Metal était propulsé par un désir de jouer aussi vite et furieusement que humainement possible, et par une exploration de thèmes sombres et occultes qui allaient devenir le terrain commun du genre dans son ensemble.

Donc musicalement, le premier vrai disque de Death Metal, c’est plutôt Scream Bloody Gore de Death. Ça s’est passé trois ans plus tard, en 1987. C’était le moment qui a donné envie à tout le monde de faire la même chose. Le génial Chuck Schuldiner n’est plus là pour revendiquer sa paternité du Death Metal (il est malheureusement décédé d’un cancer en 2001), mais on comprend pourquoi le débat existe. Le Death Metal a-t-il été inventé par le groupe qui a écrit le morceau « Death Metal », ou par le type de Metal joué par le groupe Death ?

La différence saute aux oreilles. Scream Bloody Gore est clairement plus chuggy, plus complexe et plus atmosphérique. Il y avait une richesse et une créativité dans les riffs de guitare de Chuck Schuldiner qui était complètement nouvelle. C’était aussi la première occurrence du growl comme choix artistique indiscutable. C’était un album sur la mort, un monde souterrain peuplé de zombies, et Schuldiner a choisi d’incarner ses idées en sonnant comme un monstre. Ce serait un tournant pour ce qui allait suivre. Schuldiner citait d’ailleurs Possessed comme une influence massive, mais il a pris leurs idées et créé le Death Metal avec.

Morrisound Studios et les Monstres de Floride

Death venait de Floride. C’est là que la première scène Death Metal allait éclore. Plusieurs groupes de Death Metal de la première vague venaient également de Floride ou ont fini par y déménager : Obituary, Morbid Angel, Deicide, Six Feet Under et éventuellement Cannibal Corpse (originaires de Buffalo) allaient s’installer à Tampa. De là à imaginer que des adolescents défoncés à l’acide ont accidentellement invoqué Satan lors d’une messe noire en Floride pour que ça arrive, il n’y a qu’un pas. Ou simplement, il s’est développé à Tampa parce que les bons groupes, les bons studios et la bonne énergie s’y sont simplement croisés au bon moment.

Tous ces groupes se sont agrégés autour d’un lieu quintessentiel dans la création et la popularisation du Death Metal : Morrisound Studios.

Etait-ce le seul endroit qui comprenait comment enregistrer ce qui était à l’époque un son révolutionnaire ? Difficile à dire, mais le Death Metal ne serait pas devenu le Death Metal sans Morrisound. Si Death a enregistré son premier album Scream Bloody Gore à Los Angeles, le groupe allait enregistrer le reste de sa discographie à Morrisound, déclenchant une sorte de réaction en chaîne. Death allait évoluer vers un Death Metal plus progressif, plus cérébral à partir de son quatrième album Human en 1991, mais le groupe laissait derrière lui une traînée de descendants satanistes et brutaux.

Le plus important et influent d’entre eux est, sans l’ombre d’un doute, Morbid Angel. Un quartet technique et léché qui allait se transformer en power trio et sortir certains des albums de Death Metal les plus influents de tous les temps : Altars of Madness, Blessed Are The Sick et Covenant, qui allaient tremendément influencer le jeu de guitare, la batterie et l’imaginaire occulte du Death Metal. Leur batteur Peter Sandoval est notamment reconnu comme l’un des pères du blast beat, technique de batterie signature du Death Metal. Morbid Angel serait aussi extrêmement influent sur le genre hybride Death Doom avec des morceaux comme « God of Emptiness ».

Deicide est un autre groupe pivot du groupe Morrisound. Ils ont été extrêmement importants dans le développement du genre avec leur album Legion en 1992. Le groupe a évolué vers un son Death Metal plus traditionnel à partir de leur album Once Upon the Cross, mais ils ont toujours eu plus de muscle et d’énergie négative que leurs contemporains, et ont été des figures clés dans l’établissement du satanisme comme thème central du Death Metal.

Cannibal Corpse et les Autres Scènes Nord-Américaines

Le Death Metal old school n’était pas strictement un phénomène floridien. Il y avait la scène de New York, pionnière avec des groupes comme Cannibal Corpse et Suffocation, avec un son plus groovy et brutalement intransigeant. Bien qu’ils aient fini par déménager à Tampa et hybridé leur son, Cannibal Corpse a été pionnier et popularisé les thèmes gore et film d’horreur, ainsi que les sonorités délibérément laides qui ont rendu le Death Metal excitant, et populaire. Ils sont aussi devenus célèbres en apparaissant dans le film Ace Ventura, Jim Carrey étant a priori un fan.

Parmi les autres groupes importants, Incantation, originaire du New Jersey mais ayant déménagé deux ou trois fois dans leur carrière. Ils se distinguaient en n’ayant pas peur de ralentir le tempo de leurs morceaux et par des enregistrements qui sonnaient encore plus sales que Cannibal Corpse. Sur leur quatrième album Diabolical Conquest en 1998, le morceau final fait plus de seize minutes, c’était du jamais vu à l’époque. Immolation sont aussi historiquement importants pour avoir incorporé la dissonance dans leur son, ce qui aurait des implications bien au-delà des confins du Death Metal. Ils étaient aussi sérieusement satanistes à un moment donné. Plusieurs groupes de War Metal, Doom et Black Metal citent Immolation comme influences.

Enfin, il y avait aussi une scène canadienne solide. Cryptopsy est le groupe de Death Metal canadien le plus influent. Leur son sera pivot dans la création des esthétiques Technical Death Metal et Brutal Death Metal. Gorguts est l’autre groupe important du Canada et un groupe fondateur pour le Death Metal progressif.

Les Albums Incontournables

Si le Death Metal a une trentaine d’années d’existence, certains albums se détachent comme des monuments incontournables du genre. Impossible d’être exhaustif, mais voici quelques références essentielles qui ont marqué l’histoire du style.

1987 – Death – Scream Bloody Gore
1989 – Morbid Angel – Altars of Madness
1989 – Autopsy – Severed Survival
1990 – Obituary – Cause of Death
1990 – Entombed – Left Hand Path
1991 – Death – Human
1991 – Bolt Thrower – Warmaster
1991 – Suffocation – Effigy of the Forgotten
1991 – Dismember – Like an Everflowing Stream
1991 – Immolation – Dawn of Possession
1991 – Carcass – Necroticism – Descanting the Insalubrious
1992 – Cannibal Corpse – Tomb of the Mutilated
1992 – Deicide – Legion
1992 – Massacra – Signs of the Decline
1992 – Incantation – Onward to Golgotha
1992 – Napalm Death – Utopia Banished
1992 – Brutal Truth – Extreme Conditions Demand Extreme Responses
1995 – Death – Symbolic
1995 – At the Gates – Slaughter of the Soul
1996 – Cryptopsy – None So Vile
1998 – Gorguts – Obscura
2000 – Immolation – Close to a World Below
2002 – Decapitated – Nihility
2002 – Nile – In Their Darkened Shrines

Pour un article plus en détails, listant une trentaine d’albums de références avec une playlist associée, je vous renvoie vers notre article publié en 2013: Death Metal – Best of from the grave

Retrouvez également des centaines de chroniques sur notre page dédiée au genre: https://www.eklektik-rock.com/genre/death-metal

Le Retour des Morts-Vivants

En 2025, le Death Metal n’est pas seulement vivant : il s’est démultiplié.
S’il reste des formations fidèles à l’esprit des origines – riffs écrasants, growls caverneux, atmosphères morbides – la plupart de ses héritiers ont fait évoluer la formule. Des groupes comme Bloodbath (avec des membres de formations Metal majeures de Suède) ont cependant perpétué avec brio cette approche old school, rappelant la puissance crue des années 90 sans chercher à la moderniser outre mesure.

Mais pour beaucoup, le Death Metal n’a été qu’un point de départ. Les musiciens qui ont grandi avec Death, Morbid Angel, Entombed ou Obituary ont poussé les frontières du genre dans toutes les directions possibles. Certains ont cherché plus de technique et de complexité, donnant naissance au Technical Death Metal avec des groupes comme Necrophagist ou Obscura. D’autres ont ralenti le tempo et accentué l’atmosphère, créant le Death Doom popularisé par Autopsy ou Hooded Menace.

Le courant Death mélodique initié dans les années 90 par la scène suédoise (At the Gates, In Flames, Dark Tranquillity), a ajouté des harmonies et un sens du riff plus accessible, ouvrant la voie à des générations entières de groupes européens. À l’opposé, la scène Brutal Death Metal et Slam (Suffocation, Devourment, Abominable Putridity) a cherché à intensifier la violence sonore et la lourdeur rythmique. D’autres encore ont plongé dans des expérimentations plus abstraites et chaotiques avec le Death Dissonant (Ulcerate, Ad Nauseam, Portal) ou fusionné le genre avec le Black Metal dans ce qu’on appelle le Blackened Death Metal (Behemoth, Belphegor, Akhlys).

Aujourd’hui, une nouvelle génération – Gatecreeper, Tomb Mold, Hath, 200 Stab Wounds, Baest, Frozen Soul, Creeping Death, Undeath et bien d’autres – reprend le flambeau avec une maîtrise impressionnante. Ces groupes ne cherchent pas forcément l’innovation à tout prix : ils incarnent surtout une passion sincère pour un son viscéral et direct, fidèle à l’esprit du Death Metal originel.

En somme, plus qu’un simple genre, le Death Metal est devenu un langage. Un socle à partir duquel les musiciens du monde entier continuent d’expérimenter, d’hybrider et de hurler leur vision du chaos.

Lexique Death Metal – Les Termes Techniques

Blast beats : Technique de batterie signature du Death consistant à alterner des frappes ultra-rapides entre la caisse claire et la grosse caisse (généralement en double pédale) tout en maintenant un rythme constant sur les cymbales. Le résultat est un mur sonore dense et implacable qui donne cette impression de vitesse et de brutalité caractéristique du genre. Peter Sandoval de Morbid Angel et Dave Lombardo de Slayer sont considérés comme les pionniers de cette technique.

Chuggy/Chugging : Technique de guitare consistant à jouer des notes graves palm-mutées (étouffées avec la paume de la main) de manière saccadée et rythmique, créant un son percussif lourd. Le terme vient du son « chug-chug-chug » produit par cette technique. C’est la base rythmique de la plupart des riffs Death Metal.

Dissonance : Utilisation volontaire d’accords et d’intervalles qui sonnent « faux » ou disharmonieux, créant une tension musicale et une atmosphère dérangeante. Immolation, Gorguts et Ulcerate ont fait de la dissonance leur marque de fabrique, influençant bien au-delà du Death Metal.

Double pédale : Système de deux pédales de grosse caisse permettant au batteur de jouer des frappes ultra-rapides en alternant les pieds. Indispensable pour jouer des blast beats et maintenir des tempos élevés.

Gore : Imagerie graphique ultra-violente mettant en scène sang, viscères et mutilations, qu’n retrouve généralement dans les films d’horreur. Cannibal Corpse en a fait sa signature avec des pochettes d’albums bannies dans plusieurs pays. Le gore est devenu un cliché du Death Metal au point que certains groupes l’ont abandonné pour des thématiques plus variées.

Growl: Technique vocale gutturale consistant à produire un son grave et profond venant du diaphragme, créant cette voix « monstrueuse » caractéristique du Death Metal. Chuck Schuldiner de Death est crédité d’avoir fait du growl un choix artistique assumé. Contrairement aux idées reçues, un growl bien exécuté ne détruit pas les cordes vocales.

Mosh/Mosh pit : Forme de danse violente pratiquée lors de concerts de Metal et Punk, consistant à se bousculer et former des cercles de chaos dans la fosse. Le « wall of death » est devenu un classique des concerts Death Metal.

Palm mute : Technique de guitare consistant à étouffer partiellement les cordes avec la paume de la main près du chevalet, créant un son sec et percussif. C’est la technique de base pour jouer des riffs « chuggy ». Le palm mute permet de jouer très vite tout en gardant les notes définies.

Lexique Death Metal – Les Sous-Genres

Slam : Sous-genre du Brutal Death Metal caractérisé par des passages ultra-lents et ultra-lourds où le riff ralentit drastiquement pour créer un effet d’écrasement. Ces passages sont faits pour le headbanging et le mosh les plus violents. Le Slam est souvent critiqué pour sa simplicité mais c’est exactement le but.

Death Doom : Hybridation entre Death Metal et Doom Metal, caractérisée par des tempos ralentis, des atmosphères oppressantes et mélancoliques, tout en conservant les growls et la lourdeur du Death Metal. Morbid Angel, Incantation et Gorguts ont été pionniers de cette approche qui privilégie l’atmosphère écrasante à la vitesse.

Death Metal Mélodique (Melodeath) : Sous-genre originaire principalement de Suède incorporant des mélodies de guitare harmonisées et des structures plus accessibles au Death Metal traditionnel. At The Gates, In Flames et Dark Tranquillity en sont les principaux représentants.

Death Metal Progressif : Fusion de Death Metal et de Metal Progressif, caractérisée par des structures complexes, des changements de tempo fréquents et une virtuosité technique. Death (à partir de Human), Cynic et Atheist sont les précurseurs du genre, puis Opeth en est la référence. Chuck Schuldiner est considéré comme le pionnier de cette approche plus cérébrale.

Swedish Death Metal : Sous-genre/son caractéristique du Death Metal suédois, notamment de Stockholm. Se distingue par l’utilisation massive de la pédale Boss HM-2 qui crée un son extrêmement saturé et gras (buzzsaw/tronçonneuse). Entombed, Dismember, Grave et Unleashed ont popularisé ce son immédiatement reconnaissable.

Technical Death Metal (Tech Death) : Sous-genre du Death Metal poussant la virtuosité instrumentale et la complexité compositionnelle à l’extrême. Caractérisé par des signatures rythmiques changeantes, des solos ultra-rapides et des structures non-conventionnelles. Cryptopsy, Necrophagist et Obscura sont des références.

Brutal Death Metal : Sous-genre du Death Metal poussant la brutalité et la technicité à l’extrême. Caractérisé par des tempos ultra-rapides, des structures complexes, des growls gutturaux profonds et une production volontairement lourde et massive. Suffocation, Cryptopsy et Cannibal Corpse sont parmi les pionniers du style.

War Metal : Sous-genre du Death Metal fusionné avec du Black Metal, caractérisé par un chaos sonore extrême, une production volontairement immonde et des thématiques guerrières/apocalyptiques. Blasphemy, Archgoat et Conqueror sont les pionniers. Le War Metal est probablement ce qui se fait de plus brut dans le Metal.

Grind/Grindcore : Genre musical extrême fusion de punk hardcore et de Death Metal, caractérisé par des morceaux ultra-courts (parfois moins d’une minute), une vitesse démentielle et une production volontairement crade. Napalm Death, Brutal Truth et Terrorizer sont les références.

Equipe Eklektik

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Eklektik est un webzine francophone sur les musiques à guitares saturées et autres musiques actuelles créé en mars 2004.

47 articles publiés

3 commentaires

RBD

il y a 9 mois

Le Death Metal approche même dangereusement de la quarantaine… Je n’ai pas grand’chose à redire sur la présentation, à part recommander les ouvrages qui approfondissent cette histoire. Il est vrai que cela a commencé par la présence de plusieurs pionniers en Floride, condition pour qu’un studio local s’intéresse à ce qu’ils demandaient, acquérant aussitôt un savoir-faire qui a attiré rapidement d’autres groupes venus de plus ou moins loin aux États-Unis, puis ailleurs.

Pendant un moment on assimilait « old-school » avec mid-tempo mais c’est réducteur. Peut-être pourrait-on insister sur la place particulière de certaines scènes nationales apparues assez vite avec leur propre approche du Death Metal dans sa forme la plus traditionnelle : la Suède avec sa HM-2 au premier chef, mais aussi la Finlande ou les Pays-Bas.

Pour le Death-Doom je citerais plutôt les premiers groupes qui ont vraiment intégré des riffs tirant vers le Doom proprement dit tels qu’Autopsy, Asphyx ou Morgoth. Chris Reifert est d’ailleurs arrivé avant les groupes indiqués qui se sont limités à ralentir par moments, ce qui ne suffit pas à mon sens pour en faire du Doom. Et à le faire, il faudrait citer parmi eux Obituary qui a ralenti encore plus ouvertement sans pour autant verser dans le Doom.

De même je ne partage pas cette conception du Death Progressif, j’attache un côté narratif essentiel dans la définition. Je reverserais donc Cynic ou Atheist dans le technique ou l’expérimental. De mon point de vue je réserve cette étiquette à Opeth, Edge of Sanity, plus récemment Blood Incantation et Gojira s’en rapproche maintenant… Au reste, la frontière du Death Technique et du Brutal est en train de se brouiller largement, Suffocation étant cité de plus en plus souvent comme référence du Death Technique, ce qui n’est pas complètement idiot.

Je critique pour le plaisir, mais en réalité c’est un bon travail. J’aime bien cette idée de langage.

jonben

il y a 9 mois

Merci pour ton commentaire. Tu as des livres précis à recommander qui abordent le sujet?
Au sujet du Death Progressif, effectivement je pense que tu as raison. Death, Cynic et Atheist sont les précurseurs du genre, mais n’en font pas partie.

Je mentionne Edge of Sanity et leur album Crimson (1996) dans l’article sur le Metal Prog. Avec les premiers Opeth. c’est le début du Death Progressif. D’ailleurs Akerfeldt growle sur cet album! Et Dan Swanö (le type derrière Edge of Sanity) a produit les 2 premiers albums de Opeth!
Amorphis pourrait aussi être mentionnés, mais ils quittent le Death en devenant Prog (pareil pour Katatonia).

RBD

il y a 9 mois

Très classiquement, je signale « Extremity Retained » écrit par Jason Netherton de Misery Index et traduit par Camion Blanc. L’auteur est loin d’être une buse, il écrit bien s’efforce de prendre du recul sur tout ce qu’il a entendu et vécu, sensible notamment à la diversité des scènes à travers le monde comme on ne s’en douterait pas de la part d’un Américain.

Il y aussi « Choosing Death » d’Al Mudrian, une présentation plus neutre mais juste, qui date un peu (2004 je crois). Je n’ai pas lu la réédition augmentée, mais elle a le mérite de rester assez proche des débuts pour pouvoir en témoigner fidèlement. C’est aussi chez Camion Blanc.

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