Mine de rien, le Death Metal, style ô combien bruyant, existe, et perdure, depuis une petite trentaine d’années maintenant. Et en 30 ans il s’en passé des choses. Ci-dessous en 15 références, les albums qu’il faut, selon moi, avoir dans sa discothèque du metal de la mort. Alors oui il en manque. Et plein ! Cette article représente le choix du coeur, et n’est qu’une modeste contribution à ce qui nécessiterait un livre entier si l’on souhaitait être réellement exhaustif.
Voici donc une liste de 15 albums de Death Metal en 15 vidéos à écouter, et également une playlist Death Metal qui reprend des morceaux des groupes cités dans cet article puis une déclinaison de morceaux dans une vaine Death Metal grasse et old school.
Brutal Truth – Extreme conditions demand extreme responses

Ca commence bien, « Extreme conditions… » n’est pas à proprement parler 100% death metal et va empiéter sur les terres viciées du grind. Cependant, ce premier album des frappadingues Kevin Sharp et Dan Lilker reste aujourd’hui une référence absolue en matière de puissance, de brutalité et de maîtrise.
Cannibal Corpse – Vile

Alors là je me suis gratté la tête pendant longtemps. Quel album du groupe mettre en avant ? Devais je m’orienter sur la période Chris Barnes, ou sur la période George Fisher ? Je coupe (presque) la poire en deux. Vile est le premier album ou apparait George « Corpsegrinder » Fisher au « chant », et c’est cet album qui a provoqué le départ (ou l’éviction) de Barnes. Au final, un des meilleurs albums du groupe tout simplement.
Carcass – Necroticism.Descanting the insalubrious

Album à la précision chirurgicale. Fini le gore/grind des deux précédents albums. Michael Amott vient apporter ses solos et sa technique, tandis que la voix effrayante de Jeff Walker associée aux growls de Bill Steer en soutien donne une couleur très particulière au death pratiqué par Carcass. Necroticsim se veut plus lourd, plus complexe, plus travaillé, mais au final ça donne un chef d’oeuvre absolu.
Death – Human

Inutile de présenter Chuck Schuldiner et Death. La technique au service la puissance. 8 titres seulement, mais quels titres ! Le summum de Death pour moi. On pourrait citer aussi sans problème ses deux successeurs également (Individual Thoughts Patterns et Symbolic)
Deicide – Legion

29 minutes de messe noire. Cet album est une offrande faite au démon par un Glen Benton possédé comme jamais sur ce disque. Legion transpire la haine comme rarement, et peut mettre parfois mal à l’aise tellement l’on sent le jusqu’au boutisme du bonhomme dans son attitude et sa hargne.
Entombed – Left Hand Path

Là encore est il vraiment nécessaire de présenter Entombed ? Le son gras et typique du groupe est devenu celui de toute une frange du style, au point de qualifier ce son de « Swedish death metal ». Une des références incontournables.
Krisiun – The great execution

Chantres d’un brutal death privilégiant la vitesse, Krisiun a clairement tout compris sur cet album en faisant exactement l’inverse de leurs habitudes. En effet, The Great Execution ralentit le tempo, et gagne en puissance et en brutalité. Malgré sa récence (2011) il s’impose petit à petit comme une masterpiece du groupe.
Incantation – Onward to Golgotha
Rarement le death metal aura été aussi malsain et sulfureux. Seuls Morbid Angel dans une autre forme d’expression du style a touché les enfers d’aussi près.
Massacra – Signs of the decline
Signs of the decline fait partie des albums dont on ne se remet jamais. Seul groupe français de cette liste, Massacra avait sorti sans trop le savoir à l’époque une des pierres angulaires du style. Trop méconnu malheureusement, il est trop peu cité comme référence alors qu’il enterre bon nombre de concurrents, encore aujourd’hui.
Morbid Angel – Covenant
Toute l’essence, la quintessence même pourrait-on dire, de l’ange morbide est contenue dans ce disque. Rampant, sale, maléfique au possible, Covenant sent le soufre de la première à la dernière seconde. Le Dieu du Vide honoré sur la dernière piste finira de toutes façons d’achever l’auditeur par sa classe et sa noirceur.
Napalm Death – Utopia Banished
Les mythiques anglais offrent avec Utopia Banished un mix death/grind de haute volée. Ce disque botte les fesses, et offre une bonne variété dans les titres qu’il propose, avec un titre final (Contemptuous) que n’aurait pas renié Godflesh.
Nile – In their darkened shrines
Nile a su marier à merveille brutal death et ambiances egypto-pharaoniennes. Le summum est atteint sur ce disque, considéré à juste titre comme leur chef d’oeuvre. Intense, dense, et surtout extrêmement bien composé, il fait partie des incontournables du genre.
Obituary – Cause of death
Cause of death est le premier album de death que j’aie jamais écouté. Acheté à sa sortie en 90 uniquement à cause de sa pochette. Imaginez la claque quand j’ai entendu John Tardy la première fois (WTF sytle ‘oO’). Ce disque a été le déclencheur d’une exploration plus poussée du style, et vecteur de ma passion pour les musiques extrêmes.
Comme je le disais en intro, il manque d’autres références du style. Grave, Dismember, Suffocation, Behemoth entre autres, et il est à chaque fois impossible d’être exhaustif. D’autant plus quand on voit qu’une nouvelle génération prometteuse pousse derrière, en se basant sur les grands anciens précités (Necrowretch, Sulphur Aeon).
Nos chroniques Death Metal
Death – Symbolic (2006)
Sixième album de Death, Symbolic représente le point d’équilibre parfait entre brutalité des débuts et technicité prog. Chuck Schuldiner s’entoure d’une dream team et livre huit titres de death progressif ultra-technique qui garde son agressivité brute. « Crystal Mountain » et « Empty Words » démontrent cette capacité à être à la fois brutal et sophistiqué. Symbolic confirme que Death était au-dessus du lot, un des sommets de leur discographie.
Brutal Truth – Sounds of the Animal Kingdom (2007)
Dernier album avant leur séparation en 1999, Sounds of the Animal Kingdom pousse le délire expérimental de Brutal Truth dans ses derniers retranchements. Fini le grind pur et dur, là c’est un mélange de grind, de doom ultra-lent et de passages noise complètement barrés. « Dementia » ouvre avec plus de dix minutes de schizophrénie musicale, alternant entre rampements sludge et explosions grind. Pas l’album le plus accessible de Brutal Truth, loin de là, mais probablement leur plus ambitieux, refusant de se répéter avant de mettre les clés sous la porte.
Napalm Death – The Code Is Red Long Live the Code (2005)
The Code Is Red arrive avec une Napalm Death qui a laissé le grind pur pour un death/grind plus groovy et lourd pour leur treizième album. Barney hurle ses textes politiques avec conviction pendant que les guitares balancent des riffs death/hardcore. L’album est varié, osant ralentir avant de tout péter, incorporant des éléments quasi-industriels. The Code Is Red confirme que Napalm Death reste une force créative refusant de rejouer Scum.
Nile – Annihilation of the Wicked (2005)
Annihilation of the Wicked pousse encore plus loin le brutal death technique teinté d’ambiances moyenorientales. Karl Sanders et sa bande livrent un album d’une densité folle, multipliant blast beats et passages atmosphériques avec instruments traditionnels. « Cast Down the Heretic » démontre cette capacité à être brutal et sophistiqué. Si In Their Darkened Shrines reste leur chef-d’œuvre, celui-ci confirme que Nile maîtrise parfaitement sa formule.
Obituary – Frozen in Time (2005)
Après une séparation, Frozen in Time marque le retour avec un son qui revient aux sources. John Tardy continue de growler avec sa voix caverneuse unique pendant que les frères Tardy assurent les bases solides. L’album est direct, old school, assumant totalement l’héritage du death floridien 90s. Pas leur meilleur album, mais un comeback honnête qui prouve qu’Obituary peut encore sortir des disques solides sans révolutionner quoi que ce soit.
Deicide – The Stench of Redemption (2006)
Premier album avec Jack Owen (ex-Cannibal Corpse) à la guitare, The Stench of Redemption marque un tournant. Fini les albums convenus, le groupe revient avec la rage des débuts. Glen Benton crache sa haine antichrétienne pendant qu’Owen et Santolla se partagent des solos techniques. L’album est plus varié, osant ralentir et incorporer des solos mélodiques sur une base brutale. Preuve que Deicide n’était pas fini, juste en manque de sang frais.
Dismember – The God That Never Was (2006)
Un de leurs derniers albums, The God That Never Was confirme que Dismember maîtrisait ce death suédois gras et saturé. L’album livre du death’n’roll teinté de crust punk qui groove autant qu’il défonce. Matti Kärki growle avec sa voix reconnaissable pendant que les guitares balancent ce son HM-2 poussé à fond. Pas leur album le plus essentiel, mais il prouve que Dismember savait encore écrire du bon death suédois sans se répéter.
Krisiun – The Great Execution (2012)
The Great Execution marque un tournant : habitués à jouer à vitesse lumière, les Brésiliens ralentissent le tempo et gagnent en lourdeur et groove. Le résultat est dévastateur, les riffs prennent aux tripes d’une manière nouvelle. La production d’Erik Rutan donne un son massif qui colle parfaitement. The Great Execution s’impose comme leur chef-d’œuvre, preuve qu’on peut évoluer sans se trahir.
Morbid Angel – Illud Divinum Insanus (2011)
Huitième album après huit ans d’absence, Illud Divinum Insanus est l’album le plus controversé de Morbid Angel. Trey et David incorporent des éléments industriels, électroniques, presque techno, résultat : la moitié des fans hurle à la trahison. Quand Morbid Angel joue du death pur, ça défonce toujours, mais les expérimentations mal digérées polluent l’ensemble. Un échec artistique assumé, preuve que même les légendes peuvent se planter.
Carcass – Surgical Steel (2013)
Retour surprise après 17 ans d’absence, Surgical Steel arrive en 2013 comme un uppercut inattendu. Le groupe livre un album qui sonne exactement comme la suite de Heartwork, mélangeant death mélodique ultra-technique et lourdeur caractéristique. Jeff Walker et Bill Steer prouvent qu’ils n’ont rien perdu, la production moderne met tout en valeur sans tuer l’énergie. Surgical Steel aurait pu être un exercice de style nostalgique, mais c’est un vrai album de Carcass qui mérite sa place dans leur discographie.
Cannibal Corpse – Chaos Horrific (2023)
Seizième album studio, Chaos Horrific prouve que Cannibal Corpse n’a rien perdu après 35 ans de carrière. Corpsegrinder continue de growler comme un possédé pendant que les guitares de Barrett et Rutan balancent des riffs qui n’ont rien à envier aux albums classiques. La production d’Erik Rutan donne un son massif tout en gardant la clarté nécessaire. Cannibal Corpse refuse de ralentir et confirme qu’ils restent une machine de guerre parfaitement huilée.











Brutal Truth
angrom
il y a 13 ansBelle sélection (en tout cas pour les disques que je connais), Pour les autres, je vais en profiter pour les découvrir !
shaq
il y a 13 ansL’album Enjoy the violence de Massacra est encore plus représentatif de l’époque et du groupe (Gods of hate !!!) :)
Un p’tit mot également sur les compilations Masters of brutality (1992), qui valent le coup d’être compulsées afin de toucher toutes les facettes et tous les groupes phares du mouvement à cette période.
Bon petit choix à part ça :)
Kane
il y a 13 ansC’est un peu mon Masters of Brutality à moi ;)
Pour Massacra j’hésitais entre les deux. Mais ayant découvert le groupe avec ce disque j’ai porté mon choix sur celui-ci. J’ai mis la main sur Enjoy the violence bien plus tard. En 95 on ne trouvait pas aussi facilement les CD qu’aujourd’hui.
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