Concert du 22 janvier 2026:
Hasard du calendrier, c’est le lendemain du très bon concert de Town Portal qu’avait lieu cette date diamétralement opposée. Les canadiens de Counterparts faisaient donc leur retour en Europe trois ans après leur tournée en compagnie notamment de Kublai Khan et Paleface Swiss (groupe hautement représenté sur les t-shirts du public du soir), cette fois-ci ce sont les coreux de Sunami, les emo/post-hardcoreux de One Step Closer et des deathcoreux de God Complex qui les accompagnent.
Pour la toute première date de cette tournée 2026 (qui passera par la France le 12 février), c’est à la MeetFactory de Prague que ça se passe. Une salle très bien garnie que j’investis alors que God Complex démarre son set. Les britanniques ayant signé un plutôt bon EP en 2025 (He Watches In Silence) sonnent ici méconnaissables, poussant la violence du côté du deathcore grâce au mur créé par leurs trois guitares. Alors qu’on était davantage du côté du hardcore/metal chaotique sur album, le groupe opte sur scène pour une lourdeur faisant la part belle aux moshparts en tout genre mais constamment grasses. Le vocaliste, entre deux éructations, invitera les danseurs à préparer leurs prochains mouvements en scandant des « 2 step! » ou autre « circle pit! ». Un set bien épais, un poil répétitif et un surprenant final très engageant (lorgnant du côté de The Acacia Strain) pour une première partie divertissante.

On saute ensuite du coq à l’âne avec One Step Closer. Le groupe de Pennsylvanie étant sur le papier le plus soft de la soirée, celui-ci m’aura surpris d’emblée par son entame très énergique. N’ayant pas trop suivi le groupe depuis quelques temps, notamment depuis All Your Embrace (2024), j’ai retrouvé leur hardcore mélodique (joué sans basse) plutôt bien fait malgré quelques incartades un peu molles faisant un peu retomber le soufflé. Aussi, la manie du chanteur à demander au public de s’avancer vers la scène (quasiment à chaque coupure), c’était à se demander s’il voulait qu’on lui fasse remarquer que ça correspond presque au nom de son groupe (« un pas plus près »). Sympa mais pas totalement convaincu.

Encore une fois, on change diamétralement d’ambiance avec Sunami. Après le côté gentil/bienveillant de One Step Closer, le quartet californien est venu avec la ferme intention de casser des bouches. Entouré de ses trois potes typés repris de justice, le chanteur Josef Alfonso a débarqué sur scène avec une apparence un peu décalée, habillé d’un sobre polo noir, un peu comme un trader en week-end. Le polo tombera un peu plus tard, le résultat d’une collection de bourre-pif bien costauds. Le hardcore métallique mâtiné de beatdown et de moments slam death de Sunami ne fait pas dans la dentelle, distillant une violence ravageuse contaminant le pit semblant bien être venu pour le groupe vu que quelques connaisseurs auront droit à leurs singalongs. Comme pour One Step Closer, pas de bassiste à l’horizon pour Sunami mais cette absence ne se fera aucunement ressentir tant la lourdeur était de mise. Pas de subtilité donc, forcément un peu de redondances mais l’effet défouloir promis était bien là.

Après avoir perdu quelques neurones, la transition avec Counterparts a été assez rude. Le groupe canadien a affublé la scène d’un backdrop représentant la statue se trouvant sur la cover de leur dernier EP en date (Heaven Let Them Die, qui sera joué en intégralité), EP qui date de 2024, ce qui est un peu étonnant vu l’écart de temps depuis sa sortie, mais pourquoi pas ? Le groupe mené par Brendan Murphy (End) n’aura pas mis longtemps à conquérir le public, ce dernier maîtrisant la majorité des paroles du groupe. Avec ses lights plus sombres contrastés par les espèces de vitraux rouges, le set s’est voulu plus introspectif malgré la puissance des embardées plus radicales (l’introductif « A Martyr Left Alive »), les grosses moshparts s’opposant aux mélodies émotionnelles dégagées (comme avec « Witness »). A côté de son dernier EP, le groupe passera en revue sa longue carrière (il célèbrera ses vingt ans l’an prochain), jouant des vieilleries comme « Choke » (issu de Tragedy Will Find Us – 2015) pour en tout dix-huit titres (dont un rappel de deux) avec la même emphase jusqu’au terme du concert. Nerfs, puissance et émotions étaient au rendez-vous, les fans en ont eu pour leur argent.
Merci à Denise de Kinda Agency pour l’accred !

Counterparts
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