Sybreed – 28 avril 2005 – Glaz’art – Paris

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Une interview avec Drop (guitare) et Ben (chant) à l’occasion de leur passage en concert au Glaz’art en compagnie de Dry Silence, Leiden et X-Vision.

Quelques minutes plus tard, Sybreed investira la scène du Glaz’Art et va effectuer une excellente prestation (sa 2ème en France après le Metal Therapy quelques jours auparavant) devant un public assez peu nombreux mais dont visiblement une bonne partie était là pour eux. Enchaînant avec aisance les titres de leur 1er album, le groupe réussira même à bien faire bouger la « fosse » sur l’excellent « Machine Gun Messiah » et sur l’un des 3 nouveaux titres joués ce soir, « Neurodrive ». Les suisses ont bénéficié d’un bon son, et Ben a su faire preuve d’une impressionnante aisance tenant la scène avec charisme et assurant brillamment (malgré quelques petits couacs tout à fait pardonnables) les voix alternées chantée/gueulée. Drop était bien déchaîné à la gratte, et cette énergie communicative faisait bien plaisir à voir. Le groupe a malheureusement du écourter quelque peu sa set list, à regret puisqu’on pouvait lire que le groupe envisageait d’interpréter le « Shout », hymne intemporel de Tears For Fears, qui aurait pu être bien énorme !
Qu’importe, 40-45 minutes de jeu environ, un set très convaincant qui donne vraiment envie de les revoir bientôt, en tête d’affiche si possible ! Quant aux nouveaux morceaux, ils n’augurent que du meilleur (en particulier « Technocracy ») pour le prochain album du groupe qu’on attend désormais avec impatience !

Setlist :
Reevolution
Technocracy (*)
Synthetic Breed
Take The Red Pill
Machine Gun Messiah
Neurodrive (*)
Revive My Wounds (*)
Bioactive

Ben : On est officiellement apparu fin 2003. En fait on était dans Rain et on a décidé de changer de nom quand l’un de nos guitaristes est parti chez Zuul Fx. Le changement de nom était justifié parce qu’on avait changé d’orientation musicale, et de fond conceptuel. On a commencé à enregistrer notre 1er album, Slave Design fin 2003, jusque février 2004. On a signé dans la même période, un contrat avec Reality Entertainment, qui ont sorti l’album aux USA début septembre 2004. On a fait une tournée dans la foulée, pendant 1 mois sur une vingtaine de dates, avec les français de Lyzanxia et un groupe ricain qui s’appelle Freakhouse. Nous avons par la suite signé avec Jerkov pour la France, et l’album vient de sortir officiellement en France. Donc on fait quelques dates histoire de nous faire un peu connaître ici !

En fait il n’est à ce jour sorti qu’aux USA et en France. C’est vrai que ça peut paraître un peu étonnant en effet, mais ce sont les hasards de la recherche de label. Et en fait c’est que Reality est un label américain et indépendamment de la nationalité, ça nous a semblé bien carré et facile avec eux.

Oui mais en même temps on n’a pas signé sur un label spécifiquement metal. C’est pas Nuclear Blast ou Roadrunner entre guillemets.

Ben c’est notre premier album, on n’est pas connu, alors évidemment on vend pas des tonnes de disques. Mais ça marche pas trop mal considérant la concurrence énorme qui existe surtout là-bas. Ils sont vachement nationalistes pour la musique donc c’est pas évident. On n’a pas des ventes faramineuses, mais on a un bon succès d’estime. On a quelques fans là-bas, des bonnes chroniques. On va continuer à développer ça mais en même temps c’est important pour nous de développer tout ça en Europe aussi.

Drop : moi j’ai 20 ans.
Ben : je suis un peu vieux, j’ai 25 ans (rires). Le batteur, Alex a 19 ans.
Drop : le guitariste, Greg en a 20 aussi.
Ben : et Luis.
Drop : il en a 22-23.
Ben : on sait jamais son âge à lui ! (rires)

Drop : Bah c’est vrai que j’ai commencé en 1997, donc j’avais. bah 12 ans.
Ben : mais ce mec (montrant Drop) est né avec une gratte tu sais.

Drop : Oui je fais la fête (rires).Nan plus sérieusement, je ne fais que de la musique c’est vrai.
Professionnellement j’essaye d’en vivre en produisant d’autres groupes par exemple, c’est surtout ça qui rapporte tant que tu n’es pas connu avec ta musique.

Drop : nan pas encore car ils ont des problèmes pour trouver des labels et sortir les trucs, mais y en a un en particulier qui s’appelle Fate, un groupe genêvois, et quand ça sort faut vraiment écouter ça, parce que c’est vraiment vachement bien.
Ben : ouais un super groupe d’electro metal, un petit peu un mélange de gros metal indus et d’electro dark.
Drop : avec Ben en guest sur un titre.
Ben : Ouais nan ça fallait pas le dire (rires) !
Drop : bah si ça fait vendre.
Ben : Mais non !!!! (rires). (prenant une voix de pub) « Surtout auprès des 12-25 ans » (rires).

Drop : Musicalement oui.

Drop : véritablement oui.
Ben : moi j’en ai fait partie pendant un an en fait. Y a eu une période de transition, moi je suis arrivé suite au départ du chanteur Michael, à l’époque on parlait déjà de changer de nom. Y a certaines raisons un peu fallacieuses qui ont fait qu’on a gardé le nom de Rain et finalement on s’est rendu compte que changer de nom était une nécessité et que c’était tout à fait bon pour nous.
Du Rain original il n’y a que Drop en fait, et un peu Luis qui en faisait partie de façon plus sporadique.

Ben : il y a effectivement en commun ce concept futuriste ça c’est sûr. Je suis très influencé par des films comme Blade Runner, ou par la littérature de science-fiction des années 60 comme Philip K. Dick, ou des gens comme Gibson, l’auteur qui a inventé le mot « cyberpunk ». Par contre j’ai une approche un peu différente de Fear Factory dans le sens où il n’y a pas d’idée d’aliénation de l’Homme par la technologie, c’est plutôt un concept centré sur l’être humain, son asservissement par lui-même finalement, et l’idée sous-jacente derrière le nom du groupe – qui peut se lire de 2 façons : « Hybrid » pris phonétiquement ou la contraction de « Synthetic Breed »- idée d’évolution. Sybreed est un groupe post-apocalyptique, c’est l’avant-changement quoi ! C’est la définition du chaos de l’existence humaine, vision chaotique de l’évolution avec une vision futuriste de la chose qui est finalement plus une transposition du présent. Une vision peut-être très pessimiste mais qui appelle finalement au changement. C’est le passage à un autre état de l’être humain, le fait de se défaire de différentes formes d’esclavage.

Ben : Tout à fait, c’était complètement fait pour d’ailleurs. On nous l’a parfois reproché, les américains en parlant comme d’une référence trop « obvious », trop évidente, facile. Enfin bon, j’avais vraiment trouvé que ce film (tout du moins le 1er) avait un truc particulier, un peu perdu dans la science-fiction d’aujourd’hui avec ce traitement de la vision de l’être humain. Et puis j’aime bien le titre slogan (un peu comme « Reevolution »), et je trouvais que cette phrase était fabuleuse donc je me suis dit, allez hop on y va, on fait un morceau sur ce film parce que je le trouve monstrueux et puis voilà. Après tout, tu prends Fear Factory c’est une relecture de Blade Runner et de Terminator, alors pourquoi pas Matrix. Donc voilà c’était fait pour !

Drop : Oui en effet, on peut pressentir celles-là, mais c’est vrai qu’on a aussi beaucoup d’influences qui viennent de la new wave, de la pop-rock ou même de l’émo, maintenant je peux pas te citer de groupes en particulier il y en a beaucoup. C’est un concentré, un mélange de plein de choses, qui donne Sybreed.
Ben : Ouais bah c’est vrai qu’avec l’âge on a un peu tous évolué on est partis du métal pour découvrir d’autres choses. J’ai été clairement très influencé par Fear Factory, en particulier notamment pour le chant. Après c’est vrai que j’aime beaucoup des trucs goth ou new wave, je suis très influencé par Zeromancer par exemple, dont je suis vraiment fan. C’est pareil, toute la vague d’émo-rock à l’américaine qui se ressent parfois dans certains riffs.

Drop : je ne sais pas te dire comme ça, mais ce qui m’intéresse c’est plus l’idée du truc : le fait que ça sonne ensoleillé.
Ben : Finalement on a plus envie d’enlever cette image froide, digitale, et d’aller vers un metal indus chaud en quelque sorte. C’est vrai qu’il y a un gros côté rock aussi chez nous. Nine Inch Nails c’est un groupe important par exemple même si c’est peut-être pas évident à la base. Je pourrais même te sortir 3O Seconds To Mars, qui m’a beaucoup marqué. Donc voilà on a notre base metal et on construit autour.

Drop : oui 3, d’ailleurs on en joue ce soir.
Ben : Y en plus qui sont finis mais pas assez pourq u’on se permette de les jouer live. En gros le prochain cd est prêt à 50%. Je peux te donner les titres des nouveaux morceaux qu’on va jouer ce soir si tu veux : « Technocracy », « Neurodrive », et « Revive My Wounds ». Ces morceaux montrent un peu la nouvelle orientation du groupe avec ce côté un peu rock limite émo. Je dirais que c’est du futur metal en somme. C’est un truc futuriste sans que ce soit forcément informatique, digital.

Drop : C’est à cause des américains. Ils voulaient 2 titres qui puissent passer en radio, et pour ça ils doivent faire moins de 4 minutes.Donc comme « Reevolution » fait 4 min 5 sec, j’ai du enlever 5 secondes, qui correspondent en fait au moment où Ben dit « fuck ».
Ben : c’est bien parce que je le dis à 2 autres endroits mais ils ne s’en sont pas aperçus. (rires)

Drop : Oui ils sont bien passés en radio mais c’est vrai que personnellement j’étais pas trop ok de rajouter 2 chansons à la fin alors qu’il y avait déjà les 2 morceaux en meilleures versions.
Ben : Enfin on a quand même été 6ème dans un chart local radio c’est pas mal !

Drop : Moi je télécharge beaucoup de cds.
Ben : Fallait pas le dire !! (rires)
Drop : Nan mais je vais expliquer pourquoi : en fait je trouve que c’est un super moyen de promo. En général sur 20 disques que je prends sur le Net, y en aura 15 que je vais acheter après. C’est une pré-écoute, bien pré d’ailleurs parce qu’en général tu le chopes bien en avance. Je peux pas attendre dès que je sais qu’il y a un disque que je veux, il faut que je le chope. Mais c’est clair que j’achète après si j’aime.
Ben : On entend plein d’opinions extrêmes à ce sujet : « ouais c’est bien, ouais c’est mal ». Finalement c’est comme tout il faut que ce soit bien utilisé, c’est tout. Moi c’est pareil que Drop je télécharge quelques trucs à droite à gauche, et j’achète derrière si ça me plaît car j’ai envie d’avoir l’objet. Ce que j’aime pas, je l’efface et puis voilà.
Drop : faut pas se leurrer non plus, c’est pourquoi faire les lecteurs mp3 ? ?
Ben : Pour moi y a un calcul mathématique évident c’est qu’il y a plein de groupes que je n’aurais pas découverts sans le Net, et dont je n’aurais donc pas acheté les cds. Sans compter les trucs que tu trouves pas ici.
Mais à mon avis un mec qui n’a pas les moyens, n’aurait peut-être pas téléchargé l’album, mais de toute façon il n’aurait pas acheté le disque pour autant.
Tout le problème c’est pour les labels, parce qu’il y a un gros formatage de la musique. Le marketing a pris vraiment trop de place. On est vachement dans la consommation de masse de la musique. A mon avis le téléchargement n’est pas en cause. Je peux comprendre un groupe qui est un peu démodé, qui perd trop de thune. Mais par exemple Metallica ça me fout un peu les boules. Finalement ce qui fait peur aux grosses majors c’est de perdre leur pouvoir. Mais c’est à elles de revoir leur façon de fonctionner aussi et de produire un peu de musique de qualité, ce serait pas mal.

Ben : il est bon, moi j’adore, je suis super fan.
Drop : Moi j’aime bien mais je préfère The Fragile quand même qui était plus large.
Ben : moi je l’aime bien parce qu’il est vachement rentre-dedans. Pour moi c’est un très bon album de NIN qui n’a rien à voir avec les autres.
Drop : C’est un bon artiste c’est clair.
Ben : c’est pas un bon artiste c’est un génie !

Ben : c’est une de mes plus grosses influences au chant, j’adore.

Drop : je le trouve bien. Je suis content car j’aimais pas celui d’avant, il était trop basique « allez hop tu me fais un blast-beat, je te fais un riff gni gni gni. », j’étais assez déçu.
Ben : il est très bien c’est clair. Bon City reste indétrônable pour moi, mais il chie quand même grave !

Drop : Kruger, Nostromo, Knut, Samaël.
Ben : ouais là on tape dans les valeurs sûres.
Drop : sinon y a Forceed aussi, dans la veine de Unfold.
Ben : sinon y a Sora aussi, qui font un truc à la Dredg, assez énorme.
Sinon c’est vrai qu’on n’a pas trop de contact avec la scène suisse.
Drop : C’est pas qu’on n’a pas de contact, c’est qu’en Suisse les groupes ne se contactent pas trop entre eux. Pas comme en France où vous avez des collectifs. En Suisse c’est même plutôt style à se foutre des bâtons dans les roues même. Moi je trouve ça stupide.
Ben : On a reçu quelques coups, on les a rendus.
Drop : Voilà mais bon, moi je me dis que si je n’aime pas un groupe à Genêve, j’en parle pas, et puis voilà.

Drop : Moi j’écoutais surtout les vieux trucs, style les premiers Pleymo, les premiers Watcha.

Drop : euh. Disons que je l’aime autant que le nouveau Kyo. C’est-à-dire, c’est bien mais ils auraient pu changer de nom à ce moment là. C’est vraiment le jour et la nuit.
Maintenant en France y a des trucs qui commencent à bien monter : Gojira, Manimal, Psykup.
Ben : Moi je suis un fan de Anorexia Nervosa personnellement. Y a aussi Carnival in Coal bien énorme.

Drop : Merci pour l’interview et venez nous voir à l’occase !
Ben : Vive le vin rouge (rires) !

Merci à Drop et Ben pour leur gentillesse.

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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