Voyage dans le Myanmar

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Annee de sortie: 2010

De bons souvenirs que ce yoyage en Birmanie en février 2012. Premier voyage seul, dans un pays particulier et ce fut au final un voyage unique sur beaucoup de points, les paysages, les couleurs, l’isolement comme les rencontres.

Une bonne semaine en Birmanie (le pays a été renommé Myanmar par la junte militaire il y a quelques années, et la capitale Rangoon en Yangon), qui m’a permis de faire un tour certes basique mais dense du pays, en fait, j’ai vu 3 des 4 endroits principaux où se rendent la plupart des touristes visitant le pays (le 4ème étant le lac Inle), me concentrant sur les lieux historiques, majoritairement des visites de temples bouddhistes donc.

Je n’ai pas été très inspiré niveau photo, je ne suis pas du genre à mitrailler ce qui m’entoure, préférant m’attacher aux monuments et paysages impressionnants mais comme dans la plupart des pays il aurait pu être intéressant de photographier la vie quotidienne et les visages des birmans, ce que d’autres ont déjà fait mieux que moi.
La modernité a largement gagné Yangon, téléphones portables, publicités et voitures à profusion, mais les gens gardent certaines habitudes d’un autre temps, vestimentaires déjà. Les birmans sont à cheval entre Inde et Chine et la gamme des visages va de l’un à l’autre, il y a beaucoup de minorités ethniques mais la majorité sont les « birmans ethniques » descendants du royaume birman, qui ont des traits tibétains et une peau cuivrée. Au niveau politique, rien à signaler, aucun souci pour le touriste, le pays s’est beaucoup ouvert récemment manifestement, des t-shirts Aung San Suu Kyi sont en vente dans la rue, internet est répandu (mais lent), il y a un change officiel à un taux correct (2 monnaies ici, dollar US et kyat, hotels et billets d’entrée pour les lieux touristiques à payer en dollars). Le guide touristique que j’avais acheté d’occase à Bangkok pourtant de 2010/2011 était totalement à l’ouest sur la situation générale du pays (espionnage des touristes, carte sim à 2000$…) mais aussi sur les prix qui ont pris entre 50 et 300%. Le niveau de vie me semble comparable avec celui du Cambodge, qui a aussi subi une dictature des décennies, la Birmanie est même plus développée sur certains aspects (il y a des trains et les routes sont meilleures par exemple). Enfin ça reste très vieillot, bougique, les murs, les trottoirs, le mobilier, tout est usé jusqu’à la moëlle. L’atmosphère est surannée mais ça lui donne un côté sympathique. Quelques hotels classes massifs sont récents, mais à part ça, il y a surtout des batiments vieillots et kitsh en ville et des immeubles coloniaux anglais délabrés. Les trishaw, vélo tricycles de transport sont rouillés, les voitures complètement pourries (et il roulent à droite avec le volant à droite), les bus de ville pas mieux (par contre pour les longs trajets des cars récents) forment une circulation dense et poussiéreuse.

Niveau bouffe, je ne suis pas difficile (je mange partout en Thaïlande), mais c’est un point noir ici, il est assez difficile de trouver des endroits corrects où manger à moins de payer assez cher dans des restos adaptés aux standards occidentaux. Manger dans la rue semble vraiment un défi, les stands sont à même le sol, les plats traînent, proches de la poussière, certains vendeurs ambulants avec des fondues à brochettes de viande m’ont marqué tellement ça avait l’air dégueulasse, et franchement je ne suis pas difficile d’habitude.

Pas un nuage du séjour, gros soleil et chaleur plutôt sèche tout du long, les paysages s’en ressentent, rien à voir avec le climat tropical de la Thaïlande. Ça se refroidit la nuit, parfois j’ai carrément eu vraiment froid le soir.

Yangon

A Yangon, l’attraction principale est la pagode Shwedagon, pagode est le terme qu’ils donnent à tout ensemble de temples, celui-ci possédant un stupa géant doré, des tonnes d’or et de pierres précieuses, et des temples annexes autour du chemin piéton qui en fait le tour. Un endroit réellement exceptionnel, avec la réputation d’être le plus beau stupa du monde. Il y règne une atmosphère paisible, avec de nombreux moines et pas mal d’animation, ce qui fait que j’y suis resté bien 2 heures pour attendre le coucher du soleil. J’y suis même retourné à la fin de mon séjour. J’ai versé de l’eau 3 fois sur une statue de Bouddha et un d’éléphant, un moine m’a expliqué, des autels sont placées à 8 coins de la pagode, ils correspondent au jour dans la semaine de la naissance de chacun, il y a 8 possibilités parce que le mercredi est divisé en deux, le Bouddha étant né le matin. Le coup de la flotte, les 3 fois, un des nombreux rituels bouddhistes, qui diffèrent selon les pays. Visite également du temple qui accueille le plus grand bouddha de Birmanie, un bouddha couché, de construction récente, belle statue mais curieux de la voir placée dans un espèce de hangar géant. Tous ces endroits sont très paisibles, comme tous les lieux bouddhistes, mais en dehors de ça la ville est assez animée, la journée du moins parce que lesoir dès 22h c’est morne plaine, les boulevards pourris du centre-ville se vident, rien ne reste ouvert longtemps.

Bonnes adresses à Yangon :

Pyin Oo Lwin 2 – 184 Mahabandoola st – (01) 24 32 84
Guesthouse au 4ème étage d’un building en plein centre ville, en hauteur donc plus de lumière et d’air, et un peu moins de bruit, par contre l’escalier est rude pour y monter. Les chambres sont correctes, propres, 10$ la simple, 15 la double. Il y a dans l’entrée un salon sympa avec télé avec TV5.
En face le Brown Café est un peu vetuste et sent le renfermé mais bon café et nourriture correcte.

Le Planteur
Je me suis fait plaisir le dernier jour au retour à aller dans un restaurant gastronomique cuisine fusion entre française et asiatique (cuisinier suisse) avec une touriste chinoise rencontrée sur place. C’est supposé être le meilleur resto de Birmanie, le cadre était superbe, le service, la nourriture également (poulet fermier importé, rien à voir avec le poulet local rachitique, avec morilles et sauce au champagne), un verre de St-Emilion pour accompagner ça. Des entrées bien soignées avant. Un très bon moment, nourriture de grand classe dans un jardin superbe, je m’en suis sorti pour vraiment pas cher vu le niveau (un peu plus de 30$).

Mandalay

Mandalay est la capitale culturelle du pays, d’ailleurs une ancienne capitale du royaume birman, et elle est entourée de quelques lieux qui furent également capitales de ce royaume à un moment de l’Histoire. Je passerais un jour en vélo à visiter la ville puis louerais un scooter pour voir sur une journée 3 de ces anciennes capitales qui ont encore des monuments historiques.
Avant ça, voyage depuis Yangon en car de nuit. Un certain temps pour accéder à la gare de cars qui est au pègue, 15 bornes du centre ville. Je pars tôt et prend un bus de ville, juste après avoir maté Underworld 4 au ciné, c’était le seul film en anglais, dans un cinéma rustique mais fonctionnel. On m’avait marqué sur un papier en écriture birmane le nom du bus, je n’ai pas eu de mal à trouver, ça m’a coûté 3 fois rien, quelques centimes pour une heure dans un bus miteux surpeuplé entre des gens qui ne doivent pas voir souvent un touriste dans les transports. Une expérience particulière, faut imaginer un bus dans un état lamentable, une épave avec des bancs à la place des sièges. Je saute du bus quand je comprend enfin où il faut descendre. La gare routière est informe et poussiéreuse et j’avais du temps à poireauter comme j’avais prévu large mais je trouve quand même un cyber café en cherchant dans un dédale de ruelles poussiéreuses autour. Internet y était très lent mais ils ont au moins un générateur pour compenser des coupures d’électricité régulières. Le car part à l’heure, il était ultra moderne, quelques mois à peine, j’ai réussi à dormir mais me suis bien caillé, me réveillant régulièrement. Le chauffeur voulant sûrement démontrer les capacités de l’air conditionné, la température est descendue à 17° (c’était écrit bien gros en rouge devant moi). Un classique en Asie la clim à fond, glacée, pendant les transports de nuit. Le mec à côté de moi avait une doudoune, dans un pays où il fait 30° de moyenne.

Je chope un taxi en sortant du bus et arrive à l’aube dans un hotel bas de gamme de Mandalay, plus de chambre simple, alors je zone dans des rues désertes à 6h du mat, j’en essaye quelques autres mais c’est encore plus cher, les prix ont bien augmenté, largement ceux de Thaïlande, et pour des hotels merdiques. Je reviens au premier et me repose quelques heures , pour repartir en vélo, loué au boy de l’hotel.

Belle ballade tranquille à pédaler. La ville possède un carré central avec des douves, l’ancien palais royal, au nord-est, un gros ensemble de temples de styles variés puis une colline, la Mandalay Hill, dont j’entreprend l’ascension à pied, en pleine chaleur. Au final, ça se tente, plusieurs étapes successives et temples intermédiaires jusqu’au sommet. Je croise des badauds qui zonent, quelques moines, un groupe qui accompagne des mariés. D’en haut la vue est évidemment impressionnante  Je redescends; de retour sur mon vélo, d’autres temples m’attendent, dans des styles différents, l’un massif et carré, l’autre tout en bois de teck sculpté. Je termine avec le palais royal, curieusement déconseillé dans mon guide pourrave, l’argent reviendrait à la dictature mais en fait un billet unique de 10$ permet de visiter tous les monuments historiques de la ville. Le palais vaut de toutes façons indéniablement le coup, construit en bois, c’est impressionnant comme il est bien conservé. Il semble très vide, ça manque de la vie foisonnante qu’il devait y avoir à l’époque, là pas un chat.

Autour de Mandalay

Je vais manger le premier midi à Mandalay dans un resto indien végétarien que je recommande, un endroit central mais paisible sur une terrasse à l’étage d’un immeube dans une ruelle (Marie Min, au croisement entre 27ème et 74-75ème rues). La nourriture est bonne, les proprios parlent très bien anglais et sont communicatifs, le type me convainc facilement de louer une mobylette pour le lendemain. Assez cher, 10$, mais je n’ai vu aucun autre loueur et il ne devait en avoir que 2 à louer.

Je viens la choper le lendemain matin, et direction Sagaing à une quinzaine de kilomètres. La route est bonne, je déboule après un bon trajet, géré avec les photocopies de cartes fournies par le loueur, ça se fait bien, sur un énorme pont metallique, qui mène de l’autre côté du fleuve où se trouves les collines de Sagaing, connues pour être parsemées de temples. La route était très sympa, les birmans semblaient étonnés de voir un occidental sur un scooter, eux qui ne voient des touristes qu’en car d’habitude. Jésus, Marie et une sainte quelconque sont mon assurance vie en stickers sur le scooter, mes loueurs indiens sont catholiques. A Sagaing, pagodes, stupas et bouddhas à gogo comme d’hab’, ça grouille de bouddhisme en Birmanie, mais aussi des points de vue classieux sur le paysage environnant.
Pour Inwa, j’arrive au bout d’une longue route à un embarcadère de fortune où il me faut attendre le bac pour traverser un canal. Le bas, c’est un bateau en bois à peine assez large pour quelques mobylettes mais les types sont habitués à en faire passer. De l’autre côté une presqu’île assez vaste où siégeait autrefois une capitale, désormais des champs où ne persiste que quelques constructions en dur, quelques monastères bouddhistes et une haute tour en bois, que je relie avec mon scooter par des chemins de terre poussiéreux. Le Bagaya Kyaung, monastère traditionnel en teck est particulièrement intéressant, perdu au milieu de rizières, des moines y passent encore leur journée, ils dirigent même une petite école pour jeunes enfants qui voient défiler dans leur classe quelques rares touristes.

Après le voyage inverse en bac sur le canal, je termine par la visite d’Amarapura et son célèbre pont en teck, le plus long de Birmanie, qui traverse un lac. Le pont est très photogénique et toujours très utilisé, de nombreux groupes d’ados y zonent. Je commence à être crevé et ne resterais pas jusqu’au coucher du soleil mais retournerais sur Mandalay pour trouver un hôtel acceptant que j’y prenne une douche, sachant que j’ai prévu de prendre le train de nuit le soir-même. Après un bon moment à sillonner avec ma bécanne de compète les rues en quadrillage de la ville, j’en trouve un qui possède une douche sur son toit et accepte de me la laisser utiliser moyennant finance. Belle vue de là-haut, en résulte les 2 dernières photos de la ville, qui semble recouverte d’une chappe de poussière voilant les montagnes à l’horizon. Frais et changé, je rend la mobylette et mange de nouveau indien (une sorte de guacamole fameux avec pain chapati), puis le patron est assez sympa pour m’emmener à la gare prendre mon train.

Bagan

J’arrive à Bagan après une nuit apocalyptique dans le train, c’est la Upper Class mais les sièges sont défoncés, et toutes les fenêtres ouvertes, le courant d’air est dingue et on se gèle, d’autant que je n’ai pas de couverture, un vague sweat léger comme tout vêtement chaud. Je suis entouré d’une famille nombreuses, les gamins n’ont pas de siège et sont couchés à même le sol. Difficile de dormir, je me réveille régulièrement pour observer des minuscules souris parcourir le wagon, certaines même me réveilleront en me grimpant dessus.
5 heures du matin à la gare, je sors hagard et grelottant et m’assoit à l’arrière d’une camionnette avec les 2 autres occidentaux du train, il nous dépose devant le Eden Motel du village de Nyaung U, que l’Indien de la veille m’a conseillé. C’est juste à côté de Bagan où ne se trouve que des hôtels de luxe. Je finis ma nuit puis loue un vélo pour me balader. D’abord un passage dans un resto génial en bord du fleuve, assez bas en cette saison, c’est le Bagan Beach à Nyaung U. Resto de grande classe, récent, cadre superbe, bonne bouffe pour un prix très correct, j’y retournerai le dernier jour.
Dans ce modeste village, une pagode est remarquable, le Shwezigon, encore un bel ensemble de temples en activité, le stupa géant doré est un des premiers du genre et a inspiré le Shwedagon de Yangon. Mais l’attraction principale à Bagan, ce sont les milliers de temples de l’ancienne capitale du royaume de Pagan, détruit par les mongols en 1287.

Je sors donc du village direction la brousse, je pédale sous un soleil de plomb, dans la poussière, dans un paysage étonnant, la plaine environnante est parsemée de milliers de temples bouddhistes en brique, de toutes tailles, la plupart vieux de plus de mille ans. Ils datent d’une époque où la plaine entière était une immense ville, capitale de l’empire birman qui comptait 500,000 habitants. Chaque coin de rue, chaque famille, possédait son temple dont les dimensions témoignaient de sa puissance financière. Toutes les constructions civiles, qui étaient en bois, ont disparu, remplacées désormais par des champs et des broussailles sur un sol sableux. Le site est sublime et comparable à celui d’Angkor au Cambodge, qui n’est lui vieux que de 500 ans mais délabré par un climat tropical humide alors qu’il est ici très sec, ce qui a permis leur conservation. Certains temples à Bagan sont gigantesques, une partie sont encore utilisés et ont été retapés, mais la plupart sont à moitié à l’abandon, on peut y entrer, parfois gravir des escaliers hasardeux pour accéder au toit.

J’y resterai 3 jours et ferais une excursion au Mount Popa, une montagne à quelques kilomètres de Nyaung U, et son fameux promontoire de roche volcanique sur le sommet duquel est posé un monastère bouddhiste auquel on accède par un long escalier où on croise un paquet de macaques. Ça valait bien le coup, le voyage en jeep dans une savane très sèche en cette saison comme le site lui même et la vue sur les environs.

Les couchers de soleil sont particulièrement marquants à Bagan. Le soir-même, en charrette à cheval, j’accède à un spot bien situé au milieu des temples pour le contempler. Le décors est surréaliste, tous ces temples de brique disséminés à travers l’horizon, ça n’a aucun sens au premier abord. Le site s’étend sur une zone énorme, ce qui le rend d’autant plus impressionnant, il faut imaginer la vie foisonnante qu’il devait y avoir, bien se mettre à l’esprit que ce lieu n’a jamais été conçu pour être ainsi, que c’était une ville fruit d’une civilisation importante qui occupait tout l’espace il y a un millénaire.

Je repars ensuite en car de nuit encore vers Yangon, pour une dernière journée dans ce pays paisible, où le bouddhisme règne en maître  Je repasserai la dernière après midi à la pagode Shwedagon, endroit mystique, y attendant le coucher de soleil qui vient faire scintiller à heure dite les jouyaux incrustés dans la stupa.

Ce fut un court voyage – même si j’ai pu l’optimiser avec quelques trajets de nuit, que j’ai payé en terme de confort – mais il m’aura permis d’avoir un bon aperçu du pays, dont j’ai préféré voir l’aspect historique plutôt que la nature, sachant que celle-ci est plutôt proche de celle de Thaïlande ou du Cambodge que j’ai déjà visités. Pour ceux qui souhaiteraient visiter le pays, avec une bonne semaine de plus le Lac Inle, connu pour ses paysages et les villages lacustres qui le borde peut être une étape supplémentaire, il y a également au sud de Yangon quelques stations balnéaires et des plages qui apparemment n’ont rien à envier en beauté à celles de Thaïlande.

Sur Jux, un diaporama de mes photos les plus flagrantes des attractions touristiqueshttp://jonben.jux.com/131983

Pour des infos touristiques et une carte détaillée du pays : http://wikitravel.org/en/Myanmar

 

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 510 articles sur Eklektik.

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