Avec Rituals, Other Lives change radicalement de peau. Ceux qui attendaient un successeur direct à Tamer Animals risquent d’être surpris : le folk pastoral et organique d’hier cède la place à une pop orchestrale dense, habitée, aux frontières du trip-hop et de l’art rock. Le groupe d’Oklahoma City troque les violons et les guitares boisées pour les nappes synthétiques et les rythmes électroniques feutrés.
Dès « Fair Weather », la métamorphose s’impose : les arrangements sont somptueux, d’une précision presque cinématographique. La voix de Jesse Tabish, toujours en clair-obscur, flotte au-dessus d’un océan de textures où cordes, cuivres et machines se croisent sans jamais s’écraser. On pense parfois à Radiohead époque Amnesiac, ou à Pure Reason Revolution pour ces harmonies suspendues entre spleen et beauté. Chaque morceau construit un univers à part, souvent mélancolique mais jamais froid.
En se réinventant ainsi, Other Lives démontre une audace rare. Là où tant de groupes indie s’essoufflent après deux albums, eux élargissent leur horizon sonore sans perdre leur âme. Rituals est un album hypnotique, à écouter d’une traite, comme une traversée nocturne entre rêve et réalité. Un remède élégant à la saturation guitare-batterie du rock actuel.
Other Lives
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